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L'église Saint-Blaise de Raguse
apogée du Baroque dalmate
Plantée comme un point blanc dans la mer de tuiles rouges qui caractérise, vue du ciel, la vieille ville de Dubrovnik, l'église Saint-Blaise est sans doute la plus chère au cœur des habitants de l'ancienne Raguse. Le saint n'est-il pas le protecteur de leur cité depuis plus de mille ans, à leur côté dans les périodes fastes comme dans les temps les plus douloureux, comme l'ultime refuge de la pieuse population croate ?

Le paradis sur terre

« Si vous cherchez le paradis sur terre, venez à Dubrovnik ! », s'exclamait déjà le prix Nobel de littérature J. B. Shaw. C'est bien ainsi qu'apparaît la cité, dominée par le mont Saint-Serge du haut de ses 400 mètres et par la puissante forteresse bâtie sous Napoléon. La ville rayonne par la blancheur de ses ruelles et par ses bâtiments, témoins d'un étonnant mélange de styles. Le gothique y fait bon ménage avec la Renaissance, le Baroque s'y montre tolérant avec ses prédécesseurs. On pénètre en son cœur en empruntant Placa ou Stradum, resplendissante artère où fleurissent commerces et terrasses, lieu de toutes les promenades diurnes ou nocturnes. A son extrémité, la rue s'élargit pour former une place, dite « Luza », ainsi nommée en raison de l'existence, jadis, d'une loggia. Derrière la colonne de Roland de Roncevaux, qui porte haut son épée Durandal, symbole médiéval de l'indépendance d'une commune fière de sa liberté, la noble et originale façade de l'église Saint-Blaise se déploie, fastueux rappel de l'importance du saint dans la légende de la ville.

Saint-Blaise, omniprésent

Dubrovnik est une ville de saints. Lorsque Raguse mange dans la main de Byzance, on vénère Serge ; dès que les Grecs s'éloignent, on se voue à Blaise. Martyr arménien en Cappadoce en 316, Blaise de Sébaste est le patron de la ville depuis 972, date à laquelle certaines de ses reliques sont apparues, après que le martyr eut averti les habitants d'une attaque imminente de Venise. Depuis, Vlaho – son nom slave – impose dans la ville une étonnante omniprésence. Son effigie figure sur les étendards, ses statues sur les portes, les tours, les forts et les remparts dont Dubrovnik est corsetée. Il est devenu le défenseur des gorges malades depuis qu'il sauva la vie d'un enfant qui s'étouffait avec une arête de poisson. Pour lui, chaque 3 février, la ville s'étourdit dans une fête mi-chrétienne mi-païenne. Les gens de toute la contrée, revêtus du costume traditionnel, confluent vers la ville, munis des bannières des paroisses. Sur le parvis de l'église, ils les font tournoyer devant l'évêque, avant que celui-ci ne célèbre une messe en plein air. S'ensuit une procession où les reliques du saint sont promenées en tête du cortège, au son des cantiques. C'est l'occasion de voir le somptueux « chef de Blaise », œuvre magistrale du XIIe siècle, tout en or, émaux et filigranes d'argent miellés, habituellement conservé dans le trésor de la cathédrale. L'après-midi, la fête se prolonge jusque tard dans la nuit, en des réjouissances bien plus profanes, celles-là.

Un air de Baroque vénitien

Très tôt, un oratoire est élevé au saint protecteur, sur l'emplacement du couvent Sainte-Claire, mais il sera reconstruit et amplifié après la grande peste de 1348, si dévastatrice ici comme ailleurs. Après un âge d'or aux XVe et XVIe siècles, Dubrovnik subit de plein fouet le terrifiant tremblement de terre du 6 août 1667. La moitié de la population – 5 000 personnes – périt sous les décombres, la plupart des bâtiments sont détruits ou gravement endommagés. Le deuil est pourtant de courte durée. La ville est vite repensée dans un style baroque auquel la pierre blanche de Dalmatie confère un éclat particulier, en un singulier contraste avec la sobriété de Placa. Surmontant un imposant perron, la façade de la nouvelle église Saint-Blaise, jumelle de celle de San Maurizio à Venise, doit davantage au Baroque de la Sérénissime qu'à celui de la Ville éternelle. Elle prend la forme d'un écran richement orné, où quatre colonnes corinthiennes entourent un portique plein d'exubérance, qui ne déparerait pas le long d'un canal du sestiere de San Marco. Le dôme, tout en équilibre, laisse à peine deviner les volumes intérieurs, compacts et chaleureux. Une courte nef, tout ornée de marbres, de dorures et de bas-reliefs, ouvre largement sur le rutilant maître-autel, point focal de l'ensemble. Il abrite une splendide statue du saint, en argent massif, modelée au XVe siècle, et réputée miraculeuse pour avoir échappé, seule, à un incendie qui endommagea l'édifice et obligea à sa reconstruction de 1706 à 1715, sur les plans de l'architecte vénitien Marino Gropelli. On ne se lasse pas d'observer la finesse des traits du visage, du drapé des vêtements et des mains qui portent une maquette de la ville entourée de ses fortifications, précieux témoin de la Raguse d'avant le tremblement de terre.

Pourtant, Raguse, c'est fini. L'ancienne république rivale de Venise, en optant pour son nom slave de Dubrovnik, a scellé définitivement son appartenance à l'Orient. Mais, dans son cœur de chair et de pierre, elle n'a pas oublié Blaise, son saint patron arménien.
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