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Le palais des Recteurs de Dubrovnik
Siège de la république de Saint-Blaise
Forteresse dressée sur un éperon rocheux de la côte dalmate, Dubrovnik, l’ancienne Raguse, mérite assurément son surnom de « perle de l’Adriatique ». Ses murailles blanches élevées sur la presqu’île cachent un enchevêtrement baroque de ruelles, places, palais, escaliers, églises et autres couvents, héritage harmonieux de la florissante cité maritime et marchande de Raguse fondée aux environs du VIIe siècle. Sur la place Pred Dvorom, à quelques pas du port et de la cathédrale, se dresse le palais des Recteurs, riche témoin de l’histoire de la ville.

La résidence d'assignation du Recteur

Elu pour un mois par une assemblée de patriciens, le Recteur est à la tête de la république de Raguse, instituée au XIVe siècle. Pour ne pas être distrait de sa tâche et écarter tout risque d’influence ou de corruption, il avait l’obligation d’emménager dans le palais qui lui était dédié et ne pouvait en sortir que dans le cadre de l’exercice de sa fonction, ou pour se rendre à la cathédrale le jour de Noël ou de la Saint-Blaise, patron de la République traditionnellement appelée « République de Saint-Blaise ». Outre ses activités de chef d’Etat, le Recteur était avant tout protecteur de la cité. En tant que tel, il recevait chaque soir en grande pompe les clefs des deux portes de la ville que l’on avait fermées pour la nuit, et les gardait jusqu’au matin où il les remettait, selon le cérémonial inverse, pour que les portes de la ville pussent être ouvertes. Au-dessus de l’entrée du palais, une inscription latine résume à elle seule l’esprit qui animait non seulement le Recteur, mais également tous les membres du Grand et du Petit Conseil qui s’y réunissaient : « Obliti privatorum, publica curate » (Oubliez vos soucis personnels, occupez-vous des affaires publiques). Ce souci réaffirmé de la cité de la part de ses dirigeants lui valut de se garder des multiples convoitises dont elle était l’objet. En dépit de sa soumission officielle aux autorités successives de Byzance et Venise, des royaumes hongrois et croates, la ville sut acheter et préserver son autonomie commerciale et son indépendance politique pendant plus de cinq siècles, ménageant ainsi sa liberté de fait jusqu’à l’invasion des troupes napoléoniennes en 1806.

Les tourments de l’Histoire

A l’image de la république, le palais des Recteurs connut aussi une histoire mouvementée. Les chroniques médiévales de la ville attestent la présence d’une forteresse à son emplacement, entièrement détruite en 1435 lors de l’explosion de son arsenal rempli de poudre. L’ingénieur et architecte napolitain Onofrio di Giordano della Cava qui participait à la construction du réseau d’eau de Raguse est alors engagé par les autorités pour bâtir un nouveau bâtiment sur les ruines de l’ancien. Conçu dans un style gothique très raffiné, le nouveau palais est achevé au milieu du XVe siècle. Mais, dès 1463, une nouvelle explosion endommage gravement l’édifice, en particulier sa façade ouest. C’est un constructeur florentin cette fois, Michelozzo Michelozzi, qui se voit charger du projet de restauration. Son ambition était d’en faire un somptueux palais Renaissance, mais la ville jugeant son projet trop dispendieux, il préserva l’étage gothique intact et se contenta de restaurer en style Renaissance la galerie du rez-de-chaussée. Deux siècles plus tard, en 1667, un tremblement de terre ravagea de nouveau le palais ainsi qu’une grande partie de la ville. Sa reconstruction par Jerolim Skarpa de Korcula lui offrit son visage actuel, enrichi d’ornements baroques.

Une étonnante harmonie

En dépit de sa diversité de styles, le palais surprend par son unité architecturale, et sa sobriété peut même sembler trop modeste pour la république de Raguse, autrefois si riche. Mais cet équilibre harmonieux, sans excès de luxe, caractérise précisément toutes les sphères de la vie de la cité dalmate, comme si la modération de la ville s’était incarnée dans l’édifice. Au-delà de cette simplicité de façade, le raffinement de chaque partie du palais reflète à son tour un aspect de la Cité-Etat. On pénètre dans le bâtiment par la magnifique galerie à arcades de la façade ouest, dont les colonnes gothiques sont surmontées de chapiteaux remarquables pour leur décor Renaissance. Leurs motifs, inspirés de l’Antiquité, représentent ici le Recteur rendant justice aux citoyens de la ville ; plus loin, deux lions rappellent l’influence vénitienne, et, ailleurs, Esculape faisant le commerce de ses remèdes rend hommage à la vocation marchande de la cité. Sous la galerie voûtée d’ogives s’alignent les longs gradins de pierre où s’asseyaient les notables pour assister aux célébrations publiques. Au cœur du palais, la cour centrale – ou atrium – faisait office de place publique où se croisaient les citoyens venus pour des démarches administratives et les familles des criminels incarcérés dans la prison située à droite de la cour. La verticalité de ses proportions est assurément gothique, de même que la vasque surmontée d’ogives. Les arcades Renaissance présentes sur trois côtés empreignent le lieu de majesté, tandis que le quatrième côté est occupé par un monumental escalier baroque menant à une balustrade du même style et permettant d’accéder aux appartements privés et au bureau du Recteur, à la salle du Petit Conseil, aux salles de réceptions et à la chapelle, tous agrémentés de décors baroques et animés de la vie de la République jusqu'à son abolition en 1808. Ces pièces abritent désormais le musée d’Histoire de la ville où sont exposés, entre autres trésors, une bible du XIe siècle et plusieurs tableaux de grands peintres italiens ou croates – dont un tableau du Titien consacré à saint Blaise –, comme autant de réminiscences de la prospérité passée de la république et une nouvelle manière pour le palais d’incarner la grandeur de Dubrovnik.
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