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Le palais de Dioclétien
Une ville dans un palais
Une ville dans un palais
Le voyageur venant de Zagreb qui aborde Split en traversant ses faubourgs ne découvre, dans un premier temps, qu’un paysage urbain qui ne porte guère à la rêverie... Il subsiste cependant, comme dans la plupart des cités méditerranéennes, une vieille ville qui, par un miracle du temps, fait figure de trésor laissé dans son écrin par la plus longue Histoire. Elle s'est développée dans les ruines du palais que l'empereur romain Dioclétien fit construire là, il y a plus de dix-sept siècles, pour y terminer ses jours.

Une retraite impériale

Né près de Salone, en Dalmatie, en 245, devenu empereur en 284, Dioclétien a organisé la Tétrarchie et mis ainsi un terme à la longue crise de l'Empire qui avait marqué le IIIe siècle. Quand il abdique, le 1er mai 305, c’est tout naturellement sa région natale de Dalmatie qu'il choisit comme lieu de sa retraite. Il y a entrepris, peu de temps auparavant, la construction d'une somptueuse résidence dont il a confié en 295 la réalisation aux architectes grecs Filotas et Zotikos dont les noms sont gravés sur les murs du palais. S'il n'est pas possible de déterminer précisément la date du début des travaux, nous savons que Dioclétien, qui a renoncé au pouvoir, mais conservé la dignité d’Auguste, réside à Split de manière continue entre 305 et 311, ce qui semble signifier que la construction du palais, même si elle n'est pas encore terminée, est déjà suffisamment avancée. La chronologie des campagnes militaires de l’empereur nous permet de préciser davantage. Présent en effet en Egypte de l’automne 297 à l’été 298 pour y mater les rébellions de certains généraux usurpateurs, Dioclétien y fonde de nouvelles villes, et une lettre datée de janvier 300 qui lui est adressée par le procurateur de Thébaïde, Aurélius Isodorus, indique le transport de Syène à Alexandrie de colonnes destinées à un monument dont l’empereur a commandé la construction. Nous savons par ailleurs que le palais de Split abrite en quantité des œuvres ou des éléments d'architecture d’origine égyptienne, tels que des statues de sphinx ou des colonnes de porphyre et de marbre. En recoupant ces diverses données, on peut situer l'ouverture du chantier à 298.

Une résidence aux dimensions d'une ville

Sur le plan architectural, le palais de Split apparaît comme une combinaison réussie entre forteresse romaine et luxueuse villa patricienne. Construction massive protégée par d’épais remparts, il est organisé comme un camp militaire, découpé en quatre quadrants par les deux habituelles artères se croisant à angle droit, le cardo et le decumanus. Les remparts, d’environ vingt mètres de hauteur, étaient percés de quatre portes : la porte d’Or, la porte d’Argent, la porte de Fer et la porte de Bronze. Outre un magnifique péristyle situé au sud, cette forteresse, étendue sur 3,8 hectares, abrite thermes, logements de soldats et entrepôts reliés par de nombreuses rues. Les marbres et les granits d’Egypte ornent tant le péristyle que les appartements impériaux et font de cette résidence un monument exceptionnel.
Dioclétien fit ériger, de chaque côté du péristyle, en amont de la grande galerie qui s’ouvrait sur l’Adriatique, un temple dédié à Jupiter, manifestant l’ascendance divine qu'il revendiquait, et un mausolée destiné à lui servir de tombeau. La décoration de marbre, sobre mais majestueuse, et surtout la présence de deux statues de sphinx placées de part et d’autre de l’escalier du porche, renforcent cette destination funéraire, le sphinx jouant, dans la mythologie égyptienne, le rôle de gardien des tombes et des vallées des morts. Sa transformation ultérieure en église et sa restauration entre 1880 et 1885 font que cette partie du palais apparaît comme la mieux conservée.

Le palais après Dioclétien

On ne sait que peu de choses du devenir de la résidence impériale à la mort de son auguste occupant. La province de Dalmatie demeure administrée par le gouverneur de Salone et dépend toujours de l’Empire romain d’Occident. Le palais conserve un caractère officiel. On le voit alors accueillir tout grand personnage de l’Empire en déplacement dans la région, et le dernier proconsul romain Marcellinus y aurait reçu, en 599, une lettre du pape Grégoire Ier. Outre cette dimension officielle qui contribue à la préservation de l’édifice, une activité « industrielle » s'y maintient et permet d'éviter qu'il ne tombe en ruine. Une mention de la Notitia Dignitatum indique en effet la présence dans les bâtiments, depuis la fin du IVe siècle, d’une manufacture textile d’Etat produisant les étoffes nécessaires à l’armée.

La ville médiévale et la redécouverte du palais

La transformation de l’ensemble impérial ne s’est pas réalisée en un jour : ce sont les sources religieuses qui nous permettent de mieux connaître les changements intervenus. Nous pouvons ainsi lire, sous la plume de Thomas l’Archidiacre au XIIIe siècle, que la population de Salone et de ses environs, menacée au VIe siècle par la pression slave, se réfugia dans le palais de Dioclétien et dans ses alentours pour y constituer un premier noyau urbain. En 650, l'évêque fait de l’ancien mausolée de Dioclétien la cathédrale de son diocèse. Au Xe siècle, l'empereur byzantin Constantin VII Porphyrogénète nous confirme que le complexe palatial s’est transformé en une petite ville. De nouveaux édifices viennent ensuite masquer progressivement le palais, et les maisons gothiques viennent occuper l’intérieur même de l’enceinte entre les XIIe et XIIIe siècles, si bien qu’à la fin du Moyen Age, le développement urbain pousse la ville au-delà du rempart où se construisent désormais d'importants faubourgs.

Le souvenir de l'ancien palais demeure cependant vivace et, du XVe au XIXe siècle, nombre de croquis, de reconstitutions, de dessins et de descriptions maintiennent l'intérêt porté à cet édifice d'exception. Des études plus poussées sont réalisées tout au long du XXe siècle, et les travaux de reconstruction et de rénovation de Split engagés à l’issue de la seconde guerre mondiale et poursuivis jusqu'en 1975 permettent la mise au jour de nombreux éléments d'architecture et de décor dont l’existence demeurait jusque-là insoupçonnée, ce qui explique que le palais de Dioclétien a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979.
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