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En Colombie, la mystérieuse civilisation de San Augustin
Au cœur de la forêt colombienne
La découverte du monde précolombien a d'abord permis la résurrection des cités abandonnées ou englouties par la jungle des Aztèques, des Mayas ou des Incas, mais d'autres provinces de l'Amérique préhispanique n'ont pas acquis la même notoriété. C'est notamment le cas des civilisations découvertes plus récemment dans les Andes septentrionales, voire au cœur des immensités forestières de l'Amazonie. Héritière de la Nouvelle-Grenade fondée au XVIe siècle par Gonzalo de Quesada et Sébastien de Belalcazar, l'actuelle Colombie recèle ainsi les vestiges d'une civilisation originale qui nous a légué un héritage monumental tout à fait impressionnant.

Une « province » méconnue de l'Amérique précolombienne
La région où s'est développée cette culture s'étend dans le Sud-Ouest du pays, sur le versant oriental de la cordillère centrale, là où le rio Magdalena prend sa source, dans un paysage de collines et de forêts luxuriantes surmonté de pics d'origine volcanique. Le village de San Agustin est situé à 1 700mètres d'altitude et bénéficie d'un climat tempéré. Il se trouve dans la partie septentrionale du département de Huila, à 520 kilomètres de Bogota.

On a découvert aux alentours de cette localité des sanctuaires, des tombes, des statues (plus de 400), le tout témoignant de l'existence, en des temps reculés, d'une civilisation antérieure à celle des Incas. Les conquistadores espagnols sont passés à proximité de ces vestiges parvenus jusqu'à nous sans en soupçonner l'existence, et les principaux historiens contemporains de la Conquista – Pedro Simon, Pedro de Cieza de Leon et Juan de Castellanos – ne les mentionnent pas. Ce n'est qu'en 1757 que l'Espagnol Fray Juan de Santa Gertrudis surprit un prêtre en train de creuser des tombes dans l'espoir d'y trouver quelque trésor. Le témoignage de l'intéressé ne fut cependant découvert et publié qu'en 1956, après être demeuré à l'abri des regards pendant deux siècles dans les archives d'un couvent de Majorque. En 1797 – quarante ans après le religieux espagnol – Francisco José de Caldas visite le site et en publie une brève description, insérée dans une étude purement géographique de la région. Il faut attendre l'ethnologue allemand Konrad Theodor Preuss pour qu'il sorte de l'ombre, en 1913-1914... En 1935, le gouvernement colombien décide la création d'un « parc archéologique » et les fouilles réalisées en 1936-1937 par José Perez de Barradas permettent de découvrir la « fontaine » sacrée de Lavapatas. En 1943, son Arqueologia agustiniana permet d'identifier l'existence, sur une période de quinze siècles, d'une « culture mégalithique septentrionale andine », étudiée ensuite par Luis Duque Gomez.

Des statues d'allure insolite
Les principaux sites réunis dans le cadre du parc national ou présents à sa périphérie sont Mesitas (A, B, C, D), la Parada, Naranjos, Ullumbe, El Tablon, Alto de los Idolos, Alto de las Guacas... Les tombes découvertes présentent des aspects très variés (simple fosse, trou avec accès à une chambre latérale, tumulus fait de pierres...). Cette diversité ne correspond pas à une évolution chronologique, mais plutôt à des différences sociales révélées par la nature et la richesse des sépultures. Ces tombeaux sont souvent surmontés d'un tumulus artificiel s'élevant jusqu'à cinq mètres de hauteur avec, pour certains, un diamètre de plus de trente mètres.

Bon nombre de ces tombes sont ornées de pierres sculptées, notamment les célèbres statues monolithiques caractéristiques de la civilisation de San Agustin. Elles faisaient partie du mobilier funéraire et étaient donc inhumées. Seules quelques-unes d'entre elles sont encore à leur place originelle dans les tumuli récemment fouillés. Les autres ont été exhumées et disposées au hasard, parfois assez loin du lieu de leur découverte. Leur taille varie de cinquante centimètres à deux mètres et parfois davantage alors que leur poids peut atteindre quinze tonnes. La pierre utilisée étant disponible en abondance localement, ces statues ont été réalisées sur place.

La sculpture de San Agustin se distingue par l'aspect solennel des œuvres, par le laconisme des formes, la rudesse du modelé et la richesse du décor. Les têtes sont en général énormes, le corps trapu et massif et les membres courts et raides. Le sculpteur s'est surtout intéressé aux visages, avec une bouche armée de longues canines. Hommes félins, ces figures singulières tirent souvent la langue, un détail présent dans les cultures des îles du Pacifique et chez les Amérindiens du Nord-Ouest canadien... Certaines statues présentent, avec la figuration d'un petit personnage juché sur leurs épaules, un curieux dédoublement du sujet représenté.

Une histoire longue de quinze siècles
La datation au carbone 14 a permis d'affirmer que le site de San Agustin était déjà occupé vers 500 avant J.-C., les dates extrêmes retenues pour la fin de ce premier horizon culturel se situant au cours de la première moitié du premier millénaire après J.-C. Cette première période est caractérisée par les tombes à chambre latérale, l'utilisation de cercueils de bois et l'apparition du travail de l'or.

Une seconde période s'étendrait, selon Luis Duque Gomez, du Ve siècle à la fin du XIIe. C'est à elle que correspondent les monticules funéraires, les sarcophages monolithiques et la statuaire qui a permis d'identifier cette culture originale. Une troisième période correspond à une phase de déclin, préalable à la disparition, elle-même antérieure à l'arrivée des Espagnols.

Ce monde, longtemps englouti dans les arcanes du temps avant d'être redécouvert au siècle dernier, conserve encore tout son mystère et nous n'avons que bien peu de lumières sur « l'homme de San Agustin ». Perez Barradas, l'archéologue colombien qui a donné au site ses titres de noblesse, résume ainsi ce que nous pouvons imaginer de ce passé révolu : « Pour sa vie quotidienne, l'homme de San Agustin se contentait d'habiter des huttes de paille. Mais pour ses dieux il édifiait des temples faits de lourdes pierres qu'il amenait de la carrière et travaillait au prix d'efforts titanesques. Pour lui, il fabriquait de grossiers outils de pierre qu'il ne perfectionna pas au cours des âges ; mais, inspiré par l'amour des dieux, il usa de ses outils grossiers pour sculpter, avec une patience infinie, au prix d'un labeur opiniâtre, les statues de divinités dont l'aspect monumental et l'expression d'un art qui touche à la perfection nous surprennent tant... »
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