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Carthagène des Indes
Le port de transit de l'or des Amériques
Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1985, la vieille ville de Carthagène des Indes a conservé un magnifique patrimoine architectural témoin du rôle qu'elle a joué dans l'histoire de l'Amérique espagnole, quand son port voyait transiter chaque année l'or et l'argent du Pérou. Forte aujourd'hui d'environ un million d'habitants, située au bord de la mer des Caraïbes, à environ 120 kilomètres à l'ouest de Barranquilla, sur la côte septentrionale de la Colombie, Cartagena de Indias porte le même nom que le port espagnol de Carthagène fondé lui-même par la Carthage punique.


De l'or...

La ville fut bâtie sur des îles situées dans une baie, à proximité du golfe de Darien. Les marais qui l'entouraient à l'origine furent bonifiés de manière à rattacher les îles à la côte, mais, à l'inverse, le canal El Dique qui relie le rio Magdalena à la mer, a coupé la péninsule de Barù, devenue ainsi une île. La vieille ville – installée sur l'île de la Manga, entourée de murailles et protégée par le fort San Felipe – est séparée aujourd'hui de ses banlieues par plusieurs lagunes. Ainsi mise en sûreté, Carthagène a conservé intactes ses fortifications et il en va de même des maisons et des sanctuaires remontant à l'époque coloniale, ce qui en fait l'une des plus belles villes d'Amérique du Sud.

C'est en 1501 que l'Espagnol Juan de La Cosa, un membre de l'expédition de Rodrigo de Bastidas, commence à reconnaître les côtes de la future Colombie. Il fonde, en 1525, Santa Marta, et c'est Pedro de Heredia, un hidalgo madrilène, qui établit en 1533 la future Carthagène, à l'emplacement de Calamari, un ancien village abandonné. La découverte, à proximité, de nombreux trésors récupérés dans des tombes indigènes assure rapidement la prospérité de ce qui n'est encore qu'un village fait de modestes maisons de bois, jusqu'à ce que l'incendie qui le détruit en 1552 entraîne sa reconstruction en pierre.

Bien abrité au fond de sa baie, le port de Carthagène va largement profiter des pillages effectués à l'intérieur du continent, sur les hauts plateaux andins, à partir de la conquête de l'Empire inca. Acheminées par le rio Magdalena, les richesses provenant de l'arrière-pays y transitent avant d'être exportées vers Cuba et l'Espagne.

La traite des esclaves va également contribuer à la fortune de la ville dans la mesure où, dès le début du XVIIe siècle, elle se voit attribuer par le roi d'Espagne le monopole de ce « commerce » pour l'Amérique du Sud, un statut analogue à celui dont bénéficie alors le port mexicain de Vera Cruz. D'énormes fortunes s'accumulent et la richesse de la cité suscite rapidement les convoitises des pirates et des ennemis du roi d'Espagne.

... et des pirates

Les galions chargés d'or ou d'argent sont des proies bien tentantes pour les navires arborant le pavillon noir, mais certains capitaines intrépides n'hésitent pas à s'en prendre directement à la ville elle-même. Les Anglais John Hawkins et Francis Drake, en 1567 et 1586, le Français Jean Ducasse en 1697 attaquent ainsi Carthagène et s'y emparent d'un riche butin. Les Anglais vont toutefois essuyer un échec quand l'amiral Edward Vernon tente de la prendre en 1741. Il se heurte en effet à la farouche résistance du gouverneur basque Don Blas de Lezo qui, avec ses trois mille hommes, va tenir tête victorieusement à des forces près de huit fois supérieures, finalement contraintes à la retraite.

C'est à l'issue de ce siège mémorable que la couronne d'Espagne entreprend, dans le but de dissuader de nouveaux agresseurs, de fortifier la ville et ses alentours et c'est ainsi que Carthagène devient la cité coloniale la mieux protégée de toute l'Amérique espagnole.

Le souverain de Madrid n'imagine pas alors qu'il va devoir compter avec le soulèvement des colons qui survient en 1811 et qui voit les habitants de Carthagène être les premiers à proclamer l'indépendance sur le territoire de la Nouvelle Grenade. Très éprouvée lors des combats de la guerre qui suit, la cité est reprise par les forces loyalistes en 1815, mais elle s'émancipe totalement de la couronne espagnole en 1821, après que le libertador Simon Bolivar lui a attribué le titre de « Ville héroïque ».


Demeures et églises coloniales

L'enceinte fortifiée et tout l'appareil défensif conçu pour faire face à d'éventuelles attaques venues de la mer retiennent d'emblée l'attention du visiteur. Deux séries de murailles furent établies : celle entourant le centre de la ville et celle protégeant le faubourg de Getsemani. Les premiers travaux sont engagés à la fin du XVIe siècle par l'ingénieur militaire italien Giovanni Bautista Antonelli, puis poursuivis jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Les fortifications les mieux conservées sont celles de la vieille ville, avec seize bastions demeurés intacts sur les vingt-trois d'origine. A l'extérieur, le castillo San Felipe de Barajas a été édifié de 1630 à 1675, mais les corsaires français Desjean et Ducasse le détruisirent en partie lors de leur raid de 1697. Restauré, le fort résista victorieusement aux assaillants anglais en 1741 et fut doté ensuite d'une puissante artillerie. L'aménagement d'importantes structures souterraines devait également faciliter sa défense.

Maisons et demeures aristocratiques remontant à l'époque coloniale donnent tout leur caractère à la plaza de los Coches et à la plaza de La Aduana, la plus importante de la ville. La maison dite aujourd'hui « Bodegon de la Candelaria » fut, selon la tradition, le lieu d'une apparition de la Vierge et la superbe demeure de style colonial du marquis de Valdehoyos vaut aussi par le fait qu'elle accueillit pendant quelque temps dans ses murs Simon Bolivar.
La construction de la cathédrale débuta en 1575, mais ne se termina qu'en 1612, après qu'elle eut été détruite en 1586 lors du raid lancé contre la ville par Francis Drake et après que son toit se fut effondré au cours de sa reconstruction. Le monastère San Pedro Claver est dédié à la mémoire de ce missionnaire catalan qui se consacra, à partir de 1610, à l'amélioration du sort des esclaves.

A l'extérieur de la ville, le couvent de la Popa fut édifié à partir de 1606 en l'honneur de la Vierge apparue en ville. Confisqué et transformé en fort militaire lors des guerres d'indépendance, il fut ensuite laissé à l'abandon pendant un siècle avant que les moines augustins ne le restaurassent à partir des années soixante, pour lui redonner sa fonction religieuse. Il abrite la statue de bois de Nuestra Senora de La Candelaria, la Vierge patronne de Carthagène, et renoue ainsi le fil rompu du temps.
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