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De Byzance aux Lusignan
Entre légendes, mythes et découvertes archéologiques, l'histoire de l'île de Chypre remonte à l'aube de la civilisation, mais celle de sa capitale, Nicosie, s'ancre dans la période médiévale et l'épopée des croisades. Phénicienne, grecque puis romaine, Chypre devint byzantine au IVe siècle alors que le christianisme y avait définitivement supplanté le culte d'Aphrodite. L'Empire byzantin était régulièrement déchiré par des querelles intestines et, en 1184, Isaac Doukas Comnène, qui tentait de renverser l'empereur honni Andronic Ier, s'empara de Chypre et s'octroya le titre d'empereur. Il ne fut déposé, en 1191, que par l'intervention de Richard Cœur de Lion en route pour la troisième croisade. Richard vendit l'île aux templiers pour 100 000 besants, mais ceux-ci écrasèrent d'impôts les Chypriotes et durent faire face à tant de révoltes qu'ils rendirent Chypre à Richard. Celui-ci la revendit à Guy de Lusignan qui venait d'être chassé du trône de Jérusalem. Le royaume de Chypre allait être le plus durable et le plus prospère des Etats de l’Orient latin.

La cité des Lusignan
Au centre de la plaine fertile de la Mésorée, évêché depuis le IVe siècle, la Ledra antique, devenue Nicosie, avait pris de l'importance face aux villes côtières quand commencèrent à se multiplier, au VIIe siècle, les razzias des pirates arabes. Elle était déjà, depuis un siècle, le siège des représentants du pouvoir byzantin lorsqu’Aimery de Lusignan, qui succéda à son frère en 1197, décida d'en faire sa capitale. La ville était alors ouverte : il la fit ceinturer de fortifications d'une longueur totale de près de quatorze kilomètres. La cathédrale Sainte-Sophie, commencée en 1209 et achevée en 1325, qui abrite les tombeaux de la dynastie, reste aujourd'hui le témoignage majeur de cette brillante période qui s'étendit jusqu'au XVe siècle, troublée seulement par le bref épisode durant lequel l'île de Chypre tomba sous la domination de Frédéric II, de 1228 à 1233, puis par les intrigues des Génois qui, en 1373, vainquirent Pierre II de Lusignan, mirent à sac la ville puis s'emparèrent, en 1382, de Jean Ier. Après avoir souffert d'une razzia par les mamelouks en 1426, la pression génoise sur le royaume restait si forte que le dernier des Lusignan, Jacques II, tenta de jouer des rivalités entre cités italiennes et épousa Catherine Cornaro, fille adoptive du sénat vénitien. Demeurée veuve en 1473, cette dernière gouverna quelques années, puis vendit Chypre à Venise en 1489.

La ville vénitienne
A cette époque, Nicosie comptait 50 000 habitants et quelque 250 églises ! De 1567 à 1570, les Vénitiens confièrent à l'architecte Ascanio Savorguano l'édification de nouveaux remparts d'une longueur de cinq kilomètres, plus puissants, mais qui n'englobaient que le cœur de la cité. Renforcés de onze bastions et percés seulement de trois portes, dont la plus impressionnante est la porte de Famagouste, surmontée du lion de Venise. Ils délimitent aujourd'hui la vieille ville de Nicosie, Laiki Yitonia. Au gré de ses ruelles étroites, de la rue Ledra à la place Eleftheria, le voyageur contemporain retrouve, à travers les bâtiments soigneusement restaurés depuis une trentaine d'années, une grande partie du décor de la cité vénitienne. L'église Saint-Jean-l'Evangéliste, vestige de l'ancien couvent des bénédictins, porte encore les armes des Lusignan, mais les fresques qui la décorent datent, quant à elles, du XVIIIe siècle.

Les Ottomans
Les nouveaux remparts ne purent éviter la prise de Nicosie par Mustafa Pacha en 1571, après un siège de sept semaines. Si les Ottomans convertirent la cathédrale Sainte-Sophie en mosquée et l'église Saint-Nicolas en bedestan, marché aux textiles, ils rétablirent aussi l'autorité de l'Eglise orthodoxe, et la production d'icônes resta remarquable tant en qualité qu'en quantité comme en témoignent l'iconostase conservée dans l'église Panayia Khrysaliniotissa et, au musée d'art byzantin, les collections qui couvrent une période allant du Xe au XVIIIe siècle. On retrouve aussi dans la vieille ville de belles maisons turques, telles que celle de Haji Georghakis Kornesios.

La Nicosie contemporaine
En 1878, les Anglais s'emparèrent de Chypre et, durant près d'un siècle, ajoutèrent une petite touche britannique à la ville de Nicosie qui se développa considérablement hors de ses remparts. Nicosie devint capitale de l'île indépendante et siège archiépiscopal de l'Eglise orthodoxe en 1960, mais, dès 1974, elle fut divisée en deux parties à la suite de l'intervention turque. Cependant, le lent et difficile rapprochement entre les deux communautés autorise aujourd'hui l'espoir d'une normalisation qui rendrait à la cité son unité.
Découvrir Nicosie avec Clio
CHY 31 - 8 jours

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