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Le Troodos
cœur vert et saint de Chypre
Chypre est dotée d'un cœur montagneux, coiffé par le mont Olympe (2 134 mètres), comme pour rappeler les liens étroits entre l'île et la Grèce continentale. Dans ce massif imposant, les Chypriotes après souvent y avoir cherché leur sécurité, y trouvent aujourd'hui l'été refuge contre l'extrême chaleur et y pratiquent le ski l'hiver, sous un soleil éclatant. Le contraste avec le reste de l'île, plaines ouvertes sur la mer, est stupéfiant, dans des paysages qui, parfois, évoquent la Suisse. Après les champs d'oliviers et de caroubiers, après les collines sèches où s'accroche la vigne, voici les forêts de pins d'Alep et la vallée des Cèdres, aux reflets bleutés ; après les lézards et les oiseaux méditerranéens, passent les cerfs, les chevreuils, les mouflons. Le Troodos est véritablement l'âme de Chypre, une âme que l'on gagne à travers champs, passant de collines en montagnes, de vallées en crêtes, en suivant des routes étroites et sinueuses qui hésitent entre la départementale de nos campagnes et le chemin vicinal.

Villages…

Le massif du Troodos est semé d'une multitude de villages, où, loin de l'agitation contemporaine qui prend les stations balnéaires en contrebas, le mode de vie est resté on ne peut plus traditionnel. Tout ici rappelle l'architecture de montagne traditionnelle : pierres parfois grossières, murs épais, toits imposants, charpentes de bois brut. On y perçoit, même au cœur du plus brûlant des étés, l'âpreté des conditions hivernales, quand la montagne revêt son blanc manteau. On s'y imprègne aussi d'images qui, ailleurs, renvoient à un temps révolu, mais qui, ici, ont encore cours. Un âne, la tête basse, mène le foin fraîchement coupé vers le fenil communal où il servira en hiver de réserve pour les bêtes. Une carriole, menée d'un pas de sénateur par une mule aux oreilles basses, emporte un paysan jusqu'au marché du village le plus proche, dans le caquètement des poules et des oies. Sur une placette, à l'ombre bienvenue d'un pin, trois hommes, visages émaciés et tannés par le soleil, cheveux argentés, tout de noir vêtus, prennent le frais en sirotant un café épais, ou un ouzo, selon l'heure de la journée. Ils refont le monde pour la énième fois, ce monde déjà presque ancien dont ils sont les derniers protagonistes...

... et églises

Le Troodos est aussi l'âme spirituelle de Chypre, dans un pays où la religion tient encore, par ses croyances et par ses rites, une place essentielle. Chaque village, chaque hameau, cache une église ou un monastère, dont les origines se perdent souvent dans la nuit des temps, témoins humbles ou plus prestigieux de la religiosité des Chypriotes. Les églises, ici, ont la beauté simple d'une foi authentique. Bien que conformes à l'architecture byzantine traditionnelle, elles évoquent plutôt des granges aux toits à double pente, pour mieux résister aux chutes de neige et à l'humidité de la mauvaise saison. Beaucoup paraissent encore bien vivantes, desservies par le pope du village, figure majeure de la vie sociale du Troodos, astiquées et fleuries avec soin par quelque dame dévouée, loin de l'état d'abandon que renvoient souvent nos églises de campagne.
Leur intérêt culturel n'est pas mince, ainsi que l'a officiellement reconnu l'UNESCO en classant dix de ces églises sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité. Accessible par une route en lacets qui s'élève au-dessus des collines et de la mer, le monastère de Saint-Néophyte-le-Reclus porte bien son nom. Au XIIe siècle, Néophyte y mourut presque centenaire – un tropisme pour les moines – dans la cellule-grotte qu'il avait habitée pendant des décennies. L'ermitage troglodytique est couvert de fresques : une Résurrection, le saint prosterné devant le Christ sur son trône ou entre deux archanges. Les peintures qui ornent le monastère adjacent ne sont pas d'une moindre qualité. Elles reflètent l'influence de Mistra, célèbre complexe du Péloponnèse. A la sortie du village de Lagoudhéra, l'église dédiée à la Vierge d'Arakou, présente de façon frappante cet aspect de grange, et l'on se croirait, sur l'esplanade où elle se dresse, dans la cour d'une belle ferme du XIVe siècle où dominent les galeries de bois. Les peintures, datées de 1192, sont d'autant plus précieuses qu'elles n'ont subi aucune restauration, et ne présentent, à cette date ancienne, aucune influence latine. Un maniérisme étrange se dégage du traitement des draperies, de l'allongement du corps des saints, de leur élégance. On reste fasciné devant le Christ Pantocrator, dont la bonté lasse du regard laisse l'impression qu'il nous juge aussi. Saint-Nicolas-au-Toit est nichée au cœur d'une haute vallée sauvage, peuplée de sapins et de peupliers. Le cycle de peintures byzantines qu'il renferme est des plus attachants, dans un style calme et doux, notamment dans le rare motif de l'entrée du Christ à Jérusalem. Enfin, Asinou renferme le cycle le plus complet et le mieux conservé de fresques byzantines à Chypre. Il a été commencé en 1106, avec les visages de Constantin et de sa mère Hélène, et, surtout, La Dormition de la Vierge, pur chef-d'œuvre, ou encore La Présentation de l'église à la Vierge par Nicéphoros.
Les ombres gagnent peu à peu les vallées, mais le Troodos continue de trôner sur l'île d'Aphrodite, verte couronne dont les pierres précieuses sont des églises, fierté de tout un peuple.
 

 
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