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Tourfan et Jiaohe
Oasis de sable et de soie
Parcours mythique qui fait encore rêver de nos jours, la route de la soie a frayé son chemin pendant des siècles à travers montagnes et déserts. La traversée de celui du Taklamakan, un des plus arides du monde, étant impossible, c’est légèrement au nord que passait la route, d’oasis en oasis. Tourfan est l’une d’elles, vaste dépression à plus de 150 mètres au-dessous du niveau de la mer. Les environs, roches et sables brûlés par le soleil, ne rendent que plus étonnante cette cuvette verdoyante, où l’on cultive la vigne, et où les hommes, lointains successeurs des caravaniers d’autrefois, ne cessent d'entretenir un commerce actif.

Le pays des Ouïgours
Située dans la province du Xinjiang, Tourfan, même si elle n’en est pas la capitale – c’est Urumtsi – en est sans doute la ville la plus historiquement emblématique. Cette importance, elle la doit à l’influence culturelle des Ouïgours, le principal des peuples qui y vivent. A l’origine, cette tribu turcophone nomadise en Mongolie. En 840, suite à la défaite face aux envahisseurs kirghiz, un grand nombre d'Ouïgours émigrent vers l’ouest. Ils pénètrent dans la région actuelle du Xinjiang et transfèrent leur capitale des bords de l’Orkhon dans la région de Tourfan. Ce « royaume des Ouïgours occidentaux » domine bientôt la région. Progressivement, les Ouïgours abandonnent leur mode de vie nomade pour adopter celui plus policé des populations sédentaires indo-européennes des oasis. Ils finissent par se mélanger à elles. De cette fusion entre nomades et sédentaires naît la brillante civilisation de Kocho. Sur le plan religieux, les populations de la région pratiquent le manichéisme, le bouddhisme ou même le christianisme nestorien. A partir du XIe siècle, on assiste à une islamisation lente mais continue : les Ouïgours adoptent la foi sunnite, et résistent pendant plus d’un millénaire à la volonté des dynasties chinoises de contrôler cette région si importante pour le commerce. Ce n’est que dans le courant du XVIIIe siècle que la dynastie des Qing entame une véritable conquête coloniale, mettant fin à l’indépendance de ce que l’on appelle alors le Turkestan oriental.

Tourfan : minaret, raisins et karez
Contrairement à de nombreuses villes chinoises qui se hérissent de tours modernes sous la pression d’une économie florissante, Tourfan a, jusqu’ici, préservé en grande partie un aspect traditionnel qui en fait tout le charme. Elle est toujours dominée de loin par l’original minaret de la mosquée d’Emin. Sa forme conique, qui se resserre au fur et à mesure de son élévation, est tout à fait caractéristique de l’architecture afghane, que l’on retrouve ponctuellement sur la route de la soie, jusqu’à Boukhara. La prospérité de la ville éclate sur les étals de son marché, festival de couleurs et d’odeurs, preuve que la soie n’a pas été la seule denrée transportée depuis la Chine jusqu’aux rivages méditerranéens, même si elle fut la plus précieuse. Epices et fruits rivalisent d’abondance, mais le produit par excellence reste ici le raisin, introduit d’Asie occidentale. Une proche vallée, dite « la perle dans le désert », concentre l’essentiel de la production, dégustée à table ou transformée en vin. Cette prospérité, en un milieu aussi hostile, n’est pas le fruit du hasard, mais doit tout à l’ingéniosité et au travail des hommes. Ce sont eux qui ont très tôt mis en place le système des karez, identiques aux qanat que l’on rencontre en Perse. Les eaux, provenant notamment de la fonte des neiges des monts Tianshan, qui dominent au nord la dépression de Tourfan, sont précieusement canalisées dans des conduits souterrains creusés au prix d’efforts inouïs. Un maillage serré permet de distribuer le précieux liquide jusqu’à la moindre ruelle, chaque maison disposant ainsi, dans son sous-sol, d’un accès à l’eau courante.

Jiaohe
A une dizaine de kilomètres de Tourfan, dans un paysage minéral d’une sauvage beauté, la ville morte de Jiaohe témoigne, elle aussi, de la prospérité première de l’oasis. Une rivière, aujourd’hui tarie, s’écarte en deux bras au milieu desquels s’élève une sorte d’île. Long de 1 600 mètres et large de 300, ce promontoire naturel domine la plaine de plus de trente mètres, véritable site imprenable, sentinelle à la surveillance de laquelle nulle caravane ne pouvait échapper. Une grande rue, orientée nord-sud, en constitue l’axe principal, sur lequel viennent se greffer quantité de ruelles ouvertes comme des saignées entre des maisons qui dressent vers le ciel d’azur les chicots de leurs murs à demi écroulés. Jiaohe est morte, mais on ne peut s’empêcher, en déambulant dans ses rues, d’imaginer la fiévreuse activité qui l'animait jadis. Au fil de la marche, on tombe sur les restes d’un temple bouddhique aux vastes dimensions, entouré de pagodons. Bien qu’en partie détruit, l’ensemble touche par sa grandeur et son harmonie. Dans une ruelle, des façades trouées de portes et de fenêtres invitent à franchir le seuil. Une cour mène à une vaste salle qui dessert les chambres du logis, et on s’étonne de ne pas rencontrer les propriétaires… Ceux-ci ont depuis longtemps abandonné la ville, jugeant peut-être qu’ils avaient suffisamment œuvré à la grande aventure du commerce de la soie.
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CH 34 - 18 jours

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