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Pingyao
la cité des confins calmes
Quand la Chine s'éveillera
La citation apocryphe de Napoléon selon laquelle, « quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera », devint, en 1973, le titre d'un livre remarqué d'Alain Peyrefitte. Aujourd'hui, nul ne conteste que la Chine se soit éveillée. Depuis trois décennies, elle se lance vers le futur et se modernise à une vitesse extraordinaire, mais cela ne va pas toujours sans dommage pour le patrimoine du pays. Certes, tous les grands sites historiques, de la Cité interdite à l'armée de terre cuite du Premier Empereur, sont soigneusement protégés et attirent toujours plus nombreux les touristes chinois, mais, malheureusement, les vieux centres des villes, les maisons traditionnelles – les siheyuan – tombent bien souvent sous les assauts des bulldozers, pour être remplacés par des gratte-ciel ou de nouveaux « quartiers chinois » aux larges avenues et bâtiments en béton qui ressemblent étrangement à des décors hollywoodiens. Heureusement, il y a quand même de notables exceptions, et Pingyao en est le plus remarquable exemple.

Quand la Chine tentait de s'éveiller

Arrivée au pouvoir en 1644, la dynastie Tsing (Qing) avait établi un pouvoir absolu et s'était, au XVIIIe siècle, repliée dans un superbe isolement mais, affaiblie au siècle suivant par de sanglantes révoltes, elle se trouva soumise, lors des guerres de l'opium, à l'ingérence des puissances occidentales. Malgré le conservatisme du gouvernement impérial, des Chinois surent développer des entreprises privées de type moderne dans le domaine des filatures de soie, du grand commerce ou des mines, en particulier dans la province du Chan Si (Shanxi)... Les réseaux bancaires occidentaux hésitant à investir dans des entreprises chinoises et les commerçants ayant besoin de facilités financières, la première banque d'escompte chinoise fut créée en 1823 dans la cité de Pinyao. Dès l'année suivante, la Rishengchang Exchange House ouvrait une succursale à Taiyuan, la capitale du Chan Si. A la fin du XIXe siècle, Pinyao comptait vingt-deux banques et était parfois surnommée le « Wall street chinois »! Cette prospérité se maintint jusqu'au début des années trente, quand, du fait de l'insécurité grandissante, les activités financières se concentrèrent sur Pékin. Bien que restée centre administratif, Pinyao s'endormit alors pour n'être plus qu'une petite ville de province qui eut ainsi la chance d'échapper aux destructions de la guerre civile, de la révolution culturelle et, faute de ressources, des campagnes de modernisation plus récentes. Cependant, la préservation de son cadre exceptionnel fut surtout l'œuvre de Ruan Yisan, professeur d'urbanisme de l'université de Shanghai qui obtint, en 1986, le classement de Pinyao comme « ville historique nationale »,avant son admission, onze ans plus tard, au patrimoine mondial de l'humanité établi par l'UNESCO.

Une longue histoire et six siècles d'urbanisme

La ville apparut au IXe siècle avant notre ère sur un site occupé depuis le Néolithique, quand fut édifié un premier rempart de terre. Développée autour du manoir des seigneurs Yao – d'où le nom de Pinyao, parfois traduit par « cité des confins calmes » –, elle devint le centre d'un comté au IIIe siècle av. J.-C, sous le règne du premier empereur. Marco Polo la décrivit, au XIIIe siècle, comme « une cité prospère et un grand centre de commerce et d'industries ». Ce fut sous la dynastie des Ming, en 1370, la troisième année du règne de l'empereur Hung-wu Ti (Hongwu), que la cité acquit la physionomie qu'elle a conservée jusqu'à aujourd'hui. Entièrement reconstruite un peu au sud-ouest de la cité ancienne, son urbanisme fut inspiré par les principes de la géomantique chinoise. Située au confluent de la rivière Hui Ji et de la Liu Gen, elle affecte un plan géométrique strict. Ceinte d'imposantes murailles crénelées d'une longueur totale de plus de six kilomètres et d'une hauteur d'une dizaine de mètres, ponctuées de soixante-douze tours de guet, la cité offre le plan d'une tortue, symbole de la longévité, dont les portes sud et nord représentent la tête et la queue, tandis que les deux portes que comportent chacune des murailles est et ouest figurent les quatre pattes de l'animal. A l'intérieur des remparts, les rues se coupent orthogonalement, délimitant six quartiers soigneusement répartis selon les fonctions yin et yang, autour de la tour centrale de la cité, du plus pur style Tsing, construite en bois en 1688. Lorsque l'on pénètre dans la ville par la porte sud et que l'on suit la grande rue Qing-Ming, on trouve la ville divisée en six zones qui se répondent deux par deux : à l'est le temple taoïste de Qingxu qui abrite aujourd'hui le musée de Pingyao, le temple du dieu de la ville, Chenghuang Miao, régulateur des forces yin, et le temple confucéen Wenmiao, construit en 1163 ; à l'ouest se succèdent les forces yang représentées par les temples bouddhistes, les bâtiments administratifs du comté et le temple de Guandi, le mandarin rouge, dieu de la guerre. A côté de ce florilège d'architecture monumentale, Pingyao offre l'attrait exceptionnel, maintenant unique en Chine, d'avoir conservé intactes ses maisons et boutiques construites entre le XVIIe et le XIXe siècle. La plus célèbre et la plus imposante est naturellement la maison Rishengchang, avec ses trois cours intérieures, ses bureaux, ses entrepôts, restaurés en 1995 dans leur configuration du début du XXe siècle. Le plus remarquable reste que la vie de cette cité qui compte aujourd'hui juste 50 000 habitants intra muros, se poursuit dans les maisons et boutiques parfaitement préservées. Riche demeure de commerçants, la maison Léi Lutai offre dans ses quatre cours entourées de bâtiments en bois à un étage, des fresques et bas-reliefs sculptés en bois qui montrent l'opulence acquise par les magnats des affaires dans la Chine du XIXe siècle. Outre les temples Shuanglin Zhenguo, situés hors des murs, les environs de Pingyao offrent encore un véritable joyau : la maison du clan Qiao, exceptionnelle demeure aristocratique traditionnelle qui compte plus de trois cents pièces et qui fut rendue célèbre lorsqu'elle servit de décor au tournage du film de Zhang Yimou « Epouses et concubines »...
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