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La première capitale de la république de Chine
En juillet 1911, le Yang Tse kiang rompit ses digues lors d'une violente crue, causant la mort d'une centaine de milliers de personnes. Dans une Chine en pleine décomposition politique après la révolte des Boxers (1896-1898), exploitée sans vergogne par les puissances occidentales et en partie contrôlée par des « seigneurs de la guerre », cette catastrophe naturelle confirmait, pour les Chinois, que la dynastie mandchoue des Tsing avait perdu le mandat céleste. Partie d'une mutinerie de la garnison de Wuchang, la révolte gagna rapidement l'ensemble de la Chine. Les militaires insurgés remportèrent la victoire décisive en octobre et les influents membres de la société secrète Tongmenghui, l'Alliance révolutionnaire fondée en 1905 par le docteur Sun Yat Sen, choisirent ce dernier pour devenir le premier président de la première République chinoise, proclamée à Nankin le 1er janvier 1912. Avec l'abdication, le 12 janvier, du petit empereur Puyi, âgé de 6 ans, disparaissait l'empire plurimillénaire de Chine. Quelques mois après, Nankin vit la naissance du Parti nationaliste, le Kuomintang, qui allait diriger le pays jusqu'à la révolution communiste qui transféra la capitale à Pékin en 1949. Au cœur de la ville moderne qu'est aujourd'hui devenue Nankin, sur la place Xinjieku, se dresse toujours fièrement la statue de Sun Yat Sen, mais c'est sur la colline pourpre qui s'élève au nord-est du centre-ville que des milliers de Chinois viennent encore tous les jours rendre hommage au fondateur de la Chine moderne. Edifié entre 1926 et 1929, le mausolée qui abrite sa tombe se dresse fièrement sur les flancs de la colline et reprend, modernisé, le style des tombes impériales traditionnelles, au terme d'une majestueuse volée d'escaliers de 600 mètres de long et 50 mètres de large.

Vénérable capitale
L'histoire de Nankin, qui s'appela également au fil du temps Jinling, Jianye, Baixa, Shengzhou, Jiankang, Jiqing et Yingtianfu (« Respectée par le Ciel »), remonte à l'époque des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.) quand un premier château fut édifié sur le site, à la tête du delta du fleuve Yang Tsé, pour contrôler son confluent avec la rivière Qinhuai. Cependant, ce ne fut qu'en 229 que la ville devint pour la première fois capitale du royaume des Wu, puis, au IVe siècle, celle des Dong et de quatre dynasties qui contrôlèrent successivement le Sud de la Chine, quand le Nord était en proie aux invasions. Au VIe siècle, à l'époque des Six Dynasties, Nankin comptait près d'un million d'habitants, ce qui en faisait la plus grande ville du monde de ce temps, et connut alors une floraison incomparable d'artistes, poètes, philosophes et peintres et calligraphes qui fixèrent les canons classiques de leur art. Des centaines de temples bouddhistes furent construits, dotés d'immenses bibliothèques. De 581 à 1368, Nankin fut cependant rétrogradée au rang de préfecture, la capitale s'installant à Chang'An (Xi'an) puis à Pékin. Elle retrouva son statut lorsqu'Hongwu, le premier empereur de la dynastie Ming, en fit la grande capitale de la Chine unifiée.

La cité Ming
« Avec les Montagnes pourpres en dragon surgissant et les murs de pierre en tigre rugissant, Jinling est la demeure consacrée des empereurs. » Hongwu fit construire un grand palais impérial dont il ne reste plus guère de vestiges, et édifier, comme dans toutes les grandes villes chinoises, une tour du Tambour et une tour de la Cloche qui marquent la position du centre historique de la ville. Il fit également ceindre la cité de puissants remparts qui, pratiquement intacts, restent aujourd'hui les plus longs du monde. La « porte de Chine » qui s'ouvre au sud, près de la rivière Qinhuai, est un chef-d’œuvre d'architecture militaire et de défense urbaine. Non loin de là, le Fuzimiao, complexe du temple de Confucius fondé en 1034, sous les Song, à l'emplacement de l'ancienne université impériale, s'élève le long de la rivière, près d'un monumental mur-rideau orné de deux dragons affrontés en briques vernissées. Détruit en 1937 par les Japonais lors du tragique épisode du sac de Nankin qui fit deux cent mille victimes, le temple fut ensuite restauré dans le respect de l'architecture traditionnelle Ming. Il renferme une précieuse collection de 38 panneaux de jade, or et argent représentant la vie de Confucius. L'aire du temple est aujourd'hui devenue un quartier très animé, lieu de promenade dominicale des habitants de Nankin, attirés par les nombreux restaurants et boutiques qui l'environnent.

Les trésors de la Colline pourpre
Contrastant avec le caractère résolument moderne de la ville, le lac Xuanwu et la Colline pourpre offrent à Nankin un poumon de verdure agreste. Au pied de la Montagne pourpre, le tombeau Xiaoling abrite dans un tumulus la dépouille du premier empereur Ming, Hongwu. Si les bâtiments, saccagés lors de la révolte des Taiping, ont été remplacés par des édifices modernes, la voie des Esprits, qui serpente sur près de deux kilomètres, ponctuée de portes et de tours abritant des stèles, est bordée de statues représentant douze paires d'animaux, lions, chameaux, éléphants, licornes et chimères ainsi que de mandarins et de guerriers. Plus à l'est, presque au sommet de la colline, s'élèvent les neuf étages de la pagode du temple Linggu, édifiée en 1929 à la mémoire des soldats morts lors des batailles menées en 1927 par Tchang Kaï-chek contre les seigneurs de la guerre du Nord de la Chine. Le temple lui-même, fondé en 515 au bas de la colline, fut reconstruit en 1367 à son emplacement actuel. Le pavillon principal, le Wuliang, édifié en 1381, présentait une architecture révolutionnaire pour la Chine de cette époque : entièrement construit en briques, sans aucune charpente ni colonne de bois, sa structure repose sur trois voûtes qui atteignent 22 mètres de hauteur.

Vers l'avenir
Malgré les destructions de la guerre civile puis les ravages de la révolution culturelle, Nankin a continué à prospérer, devenant le grand centre industriel, financier et commercial du bas Yang Tsé. Le renouveau de la ville reste encore aujourd'hui symbolisé par le grand pont jeté sur le fleuve, achevé en 1968, pour lequel le président Mao écrivit : « Le peuple seul est le moteur de l'histoire du monde... »
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CH 51 - 13 jours

Malgré l’immense barrage édifié sur son cours, le Yang Tsé Kiang se fraye toujours un spectaculaire passage à travers les monts avant de déboucher sur la vaste plaine qu’il fertilise de ses limons : il ... Découvrir ce voyage
 

 
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