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Le temple des Lamas
Les ors du Tibet à Pékin
Bruissante d'une activité économique tout entière tournée vers l'avenir, Pékin ne manque pourtant pas de trésors venus tout droit de l'époque impériale, passés sans dommage à travers les affres du temps et les errements politiques du XXe siècle chinois. Il en va ainsi du temple des Lamas qui veille sur la capitale chinoise depuis plus de trois siècles. Aussi appelé temple de Yonghe ou bien, en chinois, Yonghe Gong (littéralement : « palais de la Paix et de l'Harmonie »), le temple des Lamas est le plus grand des temples pékinois consacrés au bouddhisme tibétain.

Un temple né de la volonté impériale

C'est sous le règne de l'empereur Kangxi (1661-1722), dans la Chine des Qing (1644-1911), que débute la construction du temple des Lamas en 1694. Loin de la vocation que nous lui connaissons aujourd'hui, le bâtiment était alors une résidence officielle pour les eunuques de la cour impériale avant d'être converti en palais pour le prince Yongzheng, qui fut empereur de 1722 à 1735. Après l'accession du prince au trône impérial, le bâtiment prit le nom de palais de la Paix et de l'Harmonie, et les tuiles en céramique verte firent place aux tuiles jaunes, la couleur impériale. Ce n'est qu'en 1744 que l'empereur Qiaonlong (1735-1796), fils et successeur de Yongzheng, fit de l'édifice une lamaserie, un temple dédié au bouddhisme tibétain, statut qu'il a conservé jusqu'à nos jours. Comme beaucoup d'autres temples de la ville, le Yonghe Gong était alors directement subventionné par l'administration impériale : des sommes colossales étaient allouées à la réfection des bâtiments ainsi qu'au financement des cérémonies qui se tenaient à l'occasion des festivités du Nouvel An, de l'anniversaire de l'empereur ou de l'impératrice douairière ou bien de l'anniversaire du Bouddha. Ces cérémonies pouvaient durer plusieurs jours et rassembler des dizaines d'officiants.

Chinois et Tibétains

Les voyages et les enseignements des maîtres tibétains, qui bénéficièrent du soutien des empereurs à partir de la dynastie des Yuan (1279-1368) jusque sous les Qing, ont formé le creuset des contacts entre les bouddhismes tibétains et chinois. Mais, en dépit du patronage impérial, la relation entre les Chinois et le bouddhisme tibétain est très ambiguë, oscillant entre fascination et répulsion. Le terme même de « lamaïsme », passé dans le langage courant, s'avère équivoque : sans équivalent dans la langue tibétaine, il sert parfois à stigmatiser la religiosité spécifique qu'il recouvre. L'empereur Qiaonlong lui-même, malgré les subsides qu'il accorde au temple, fait graver en 1792 un Discours sur les lamas dont les stèles sont encore visibles au Yonghe Gong. Défendant la politique impériale face à ses sujets parfois critiques, il y affirme notamment ne pas être « un instrument bigot dans les mains des lamas ». Le « lamaïsme » n'est plus forcément considéré comme du bouddhisme par des Chinois choqués par le culte rendu à la personne du « bouddha vivant » vénéré comme un dieu, ainsi que par le système de réincarnation des grands lamas, institutionnalisé depuis le XIVe siècle. Mais l'accoutrement coloré et exotique des moines tibétains, le faste et la pompe des cérémonies, qui peuvent rassembler jusqu'à dix mille fidèles se prosternant, suscitent l'admiration. Les rites du Nouvel An au Yonghe Gong étaient ainsi l'un des spectacles les plus recherchés à Pékin, et ce d'autant plus qu'il se terminait par une distribution d'argent à la foule. Ces rites formaient le principal contact entre les Chinois et les lamas ; leur exubérance pouvait fasciner comme elle pouvait conduire à l'accusation de « superstition ».

Dans les arcanes du bouddhisme tibétain

Situé non loin du temple de Confucius, le Yonghe Gong se présente comme une succession de pavillons disposés le long d'un axe central nord-sud d'une longueur de quatre cent quatre-vingts mètres. C'est à l'extrémité sud de cet axe que l'on pénètre dans le sanctuaire par la porte de l'Harmonie (Yonghemen). Les cinq salles principales sont séparées par des cours et des portiques.

La salle des Rois célestes est dédiée à Maitreya, le bouddha du futur, dont la statue souriante trône au centre de la salle entourée de deux pagodes de bois de santal, chacune ornée d'images de longévité. Les statues en terre cuite polychrome des quatre Gardiens célestes veillent sur le Mahābodhisattva. Cette salle servait à l'origine d'entrée principale au Yonghe Gong. Derrière le sanctuaire de Maitreya se trouve une statue de Wei Tuo, bodhisattva protecteur des monastères. Sur le chemin du pavillon suivant se dresse un grand brûleur d'encens en bronze sur un socle de marbre qui s'élève à plus de quatre mètres. Il est orné de deux dragons jouant avec une perle. La salle de l'Harmonie est le bâtiment principal du temple des Lamas. Elle abrite les statues de bronze des Bouddhas des trois âges : Siddhārtha Gautama, ou Shakyamuni, le Bouddha du Présent, Kasyapa Matanga, le Bouddha du Passé, et Maitreya. Sur les côtés de la salle se trouvent les statues de dix-huit arhats assurant la protection des Bouddhas. Une peinture d'Avalokiteshvara, l'un des grands boddhisattvas les plus vénérés en Chine, orne l'un des murs de la salle. On pénètre ensuite dans la salle de la Bénédiction éternelle, où se trouvaient les anciens quartiers de vie du prince Yongzheng, du temps où le Yonghe Gong était une résidence princière. C'est là que fut exposé le cercueil de l'empereur à sa mort, en 1735. Aujourd'hui, la salle abrite une statue de Bhaishajyaguru, Bouddha de médecine, « Maître guérisseur ». Avec ses cinq pagodes dorées, la salle de la Roue de la Loi est sans doute la plus spectaculaire du monastère. Cœur spirituel du temple, c'est le lieu consacré à la lecture des Ecritures et à la célébration des services religieux. La salle est dédiée à Je Tsongkhapa (1357-1419), le fondateur de l'école des Bonnets jaunes, la tradition Gelug du bouddhisme tibétain. Une statue en bronze de six mètres de haut le représente dans la salle. Elle fut coulée en 1924. Enfin, passant la dernière cours du temple, on parvient au pavillon des Dix Mille Bonheurs, édifié en 1750. Cette salle contient une immense statue de Maitreya, haute de vingt-six mètres et sculptée dans un seul bloc de santal blanc. Il s'agit d'un cadeau de Kelzang Gyatso (1708-1757), le septième dalaï-lama, à l'empereur Qiaonlong.

Les lignes harmonieuse et délicates du Yonghe Gong en font l'un des monuments les plus remarquables de Pékin. Il abrite toujours plusieurs dizaines de moines qui perpétuent les liturgies et les traditions de l'école des Bonnets jaunes, par delà les dissensions bien connues entre le gouvernement chinois et les lamas tibétains. L'histoire veut justement que le temple des Lamas ait été sauvé de la Révolution culturelle par l'intervention directe du Premier ministre Zhou En lai (1898-1976). Il est de nouveau accessible au public depuis 1981.
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