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Le jardin du Maître des filets de Suzhou
Suzhou, au bord de son grand canal, est semblable à Venise, avec ses ponts de pierre enjambant les canaux qui lui donnent un charme tout à fait particulier, et l'ont fait comparer au Paradis...voilà pourquoi la ville fut pendant des siècles la cité de prédilection des lettrés, peintres et poètes qui y firent naître d'étonnants jardins aux noms évocateurs...

Un jardin historique au dessin préservé
Le jardin du Maître des filets fut créé au XIIe siècle sur un terrain où s'élevait une cabane de pêcheur. Le cyprès de 800 ans qui domine le pavillon, « une branche au-delà des bambous », fut le témoin de toute son histoire, mais son aspect actuel date cependant du XVIIIe siècle. Archétype du jardin de lettré, il fut créé essentiellement par trois propriétaires successifs qui y mirent en pratique les principes philosophiques et esthétiques issus du confucianisme et du taoïsme qui guidaient leur vie. Gouverneur de deux régions, Song Zongyuan s'y retira, à peine âgé de 50 ans, pour s'occuper de sa vieille mère, recevoir ses amis et se consacrer à l'étude, à la poésie, à la calligraphie et à la création de cet environnement idéal où régnait l'Harmonie. Le jardin fut relevé de ses ruines, trente ans après la mort de Song Zongyuan, par un marchand, Qu Yancun et ses deux fils, férus de littérature, qui s'épargnèrent la lourde charge de fonctions politiques. Ils consacrèrent leur vie à jouir du jardin, entourés de nombreux poètes et artistes qui chantèrent les délices et les subtilités des huit scènes qui le composent et dont les noms, qui traduisent l'intention du créateur, sont aussi importants que la composition : « Que pénètrent le vent et la clarté de la lune », « Falaise de nuées » ou « Loge où l'on savoure le vin Tusu »…

Eau, montagne, nature et inscriptions
Le jardin est le point contact idéal entre la Nature et l'homme, un moyen donc d'atteindre à cette fusion entre le soi et le cosmos à laquelle aspire la culture chinoise. Quel que soit le point de vue, au-delà des bosquets, des pièces d’eau et des rochers qui évoquent les montagnes, on aperçoit un élément conçu par l’homme. Les fenêtres et les portes aux formes étonnantes sont autant de cadres livrant au regard les vues, toujours changeantes, des cerisiers, des bosquets d’osmanthus ou des bambous. Des dizaines de poèmes sont gravés sur des stèles intégrées aux murs. En se promenant, le propriétaire redécouvre un vers ou un quatrain. Il se l’approprie – la poésie chinoise est un jeu sans fin, un poème n’est jamais achevé et peut être compris de mille manières – et, ce faisant, il place son esprit dans les conditions idéales de la méditation ou de l'enthousiasme esthétique.

Regarder, espérer, observer, attendre.
La disposition labyrinthique des deux parties du jardin, les jeux d’ombres et de lumière, le mouvement de l’eau et des centaines de poissons qui y nagent, le rythme des saisons et les ajouts permanents et sans cesse modifiés de fleurs et de plantes en pots, plongent le lettré qui s’y promène au cœur d’une création vivante, lieu de rencontre et d’équilibre entre l'énergie de l’homme et celle de l’Univers. Le promeneur est mené malgré lui par des sentiers sinueux qui ne permettent jamais de voir le même panorama. Pas de ligne droite, pas un seul pont qui soit rectiligne. Des murs qui viennent briser certaines perspectives et des sentiers aux multiples virages obligent à changer de champ de vision en permanence : le jardin force le promeneur à le découvrir, mais en ne lui permettant de voir que ce qu’il veut bien dévoiler. Le jardin du Maître des filets est une magnifique illustration de ce que Yolaine Escande appelle le « qu » ou principe du tortueux à l'œuvre dans l'art du jardin chinois. Le verbe « Wang », note-t-elle, « recouvre à la fois les sens de regarder, observer et d'espérer, attendre. Il désigne la capacité à se mettre en état de réceptivité intérieure ».

La vie flottante
Cette conception tortueuse a aussi pour résultat un effet de trompe-l'œil qui donne au promeneur l'impression de parcourir un jardin très étendu alors qu'il ne couvre qu'une modeste surface d'un demi-hectare. A travers galeries, ponts, allées étroites, cours pavées de galets, il serpente à travers les pavillons de la demeure, salles des Dix Milles Volumes ou de La Grâce capturée, magnifiquement meublées et ornés de calligraphies qui prolongent le discours des poèmes et des inscriptions gravés à l'extérieur. Lieu d'accomplissement philosophique propice à l'étude mais aussi lieu de plaisir, le jardin du Maître des filets est la parfaite illustration des principes évoqués par Shen Fu, qui fut le chantre hédoniste de la « Vie flottante » au XVIIIe siècle : « En ce qui concerne l’art des jardins avec aménagements d’architecture, de collines, de rocailles et de fleurs, le secret tient en quelques principes : créer de petits espaces clos au sein de vastes étendues ; donner une illusion d’étendue quand l’espace est réduit ; donner de la densité aux vides en matérialisant l’irréel ; alterner le mystère et l’évidence, les approches faciles et les retraites profondes. »
Pour visiter le jardin du Maître des filets avec Clio
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