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Kashgar
Une ville-oasis de légende
Soie, ivoire, laques et amandes

Dès l’ouverture de la route de la soie, il y a plus de deux mille ans, Kashgar fut le point de rencontre des caravanes qui venaient de l'est, du cœur de la Chine après avoir longé le désert du Taklamakan, et de l’ouest depuis les hauts cols glacés du Pamir. Pour tous les voyageurs, l’arrivée dans la ville-oasis située à 1 335 mètres d’altitude, était ressentie comme un moment de joie, de soulagement et de repos après les immenses difficultés rencontrées dans le désert ou dans les hautes montagnes. A Kashgar, les caravanes se chargeaient de soie, d’or, de jade, de laine, de fourrures, de textiles, d’ivoire, de bronzes, de laques, d’épées, de verre, mais aussi d’épices, d’amandes, de dattes, de poires, de noix, de mûres et de pêches séchées , de poivre, de teinture d’indigo, d’encens, de bois de santal, et de bien d’autres produits. Fidèles compagnons des hommes, les animaux portaient les charges ; les chameaux de Bactriane côtoyaient les yaks du Tibet, les petits chevaux mongols, les ânes, les mules et les bœufs.
Sur cette piste exténuante des milliers de bêtes de somme périssaient chaque année. Aux étapes importantes, et tout particulièrement au marché de Kashgar, les caravaniers devaient racheter ou échanger des bêtes. Kashgar attira de nombreux commerçants d’Asie centrale et devint rapidement un lieu de négoce incontournable où tout se vendait ou s’échangeait.

Le plus grand et le plus remarquable des marchés d'Asie centrale.

Située dans la région autonome Ouïgoure du Xinjiang, dans le Nord-Ouest de la Chine, Kashgar est aujourd’hui principalement peuplée d’Ouïgours, un peuple turcophone. La vieille ville a su garder un charme unique et indéniable avec la mosquée Idkah et ses bazars où barbiers, réparateurs, orfèvres, boulangers, bottiers, tenanciers de stands de thé ou de boutiques se côtoient dans une ambiance de « bout du monde ». Mais c’est le dimanche matin, au moment où les milliers de paysans se rassemblent pour la grande foire hebdomadaire, que la ville reprend véritablement ses traditions millénaires. Dans ce spectaculaire marché exaltant et coloré, on vend de tout : des tapis, des bijoux, du jade, des paniers, des légumes… et ce, dans une atmosphère des plus chaleureuses.

Une histoire mouvementée

Après l’ouverture de la route de la soie, Kashgar fut probablement le premier des royaumes bouddhistes du bassin du Tarim. Du IIe siècle après J.-C. jusqu’au IXe siècle, le bouddhisme y fut prospère et les influences culturelles et artistiques indiennes et perses y furent prépondérantes. Le manichéisme et le christianisme nestorien occupèrent également une place importante dans la région. A partir du Xe siècle, période pendant laquelle le khanat kharakhanide régna sur la région depuis Kashgar, la population se tourna progressivement vers l’islam. Au XVIIIe siècle, les Mandchous, alors à la tête de la Chine, s’intéressèrent au bassin du Tarim et soumirent Kashgar et sa région. Mais au siècle suivant, un chef militaire musulman, Yakoub Beg, prit le contrôle de tout ce territoire, déclara l'indépendance de la Kachgarie en 1866 et fit fortifier la ville dont il fit sa capitale. Il conclut des traités avec la Grande-Bretagne et la Russie et reçut le soutien de l’Empire ottoman. L’immensité du territoire, presque aussi grand que celui de l’Europe de l’Ouest, fragilisait cependant son autorité et, onze années plus tard, une armée mandchoue forte de 60 000 hommes écrasa la rébellion musulmane et mit fin au règne de Yakoub Beg.

Kashgar, ville du « Grand Jeu »

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, Kashgar tient un rôle prépondérant dans le cadre du « Grand Jeu » qui voit s'affronter la Grande-Bretagne et la Russie pour la maîtrise de l'Eurasie. En 1890, grâce à l’établissement dans la cité d’une agence indo-britannique, Kashgar va rapidement devenir un centre d’observation et d’information incontournable. De cette période, on retiendra le nom de sir George Macartney, qui passa vingt-huit ans dans la ville en qualité de consul général britannique et qui sut créer un important réseau d’informateurs attentifs au moindre geste des Russes.
Entre 1895 et 1915 se succédèrent dans le Xinjiang les missions scientifiques de différentes nations européennes à la recherche des trésors archéologiques enfouis depuis des siècles dans les sites ensablés du désert du Taklamakan. Presque tous ces grands explorateurs de la route de la soie ont longuement séjourné à Kashgar. Rappelons les noms du Suédois Sven Hedin, du Britannique sir Aurel Stein, et des Allemands Albert von Le Coq, Albert Grünwedel et Theodor Bartus.
 

 
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