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Le paradis après l'enfer
« Good bye farewell! […] Et nous irons à Valparaiso ! » clamait un chant de marins bien connu composé en 1811. Longtemps, l'Espagne s'était arrogé le monopole du trafic maritime avec ses colonies sud-américaines, mais, dès 1820, l'émancipation de ces dernières et, surtout, à partir de 1848, la découverte de l'or en Californie donnèrent un puissant essor à la navigation commerciale vers la côte pacifique des Amériques. Partis de Bordeaux ou du Havre, de Saint-Malo, Saint-Nazaire ou Marseille, d'Amsterdam, Londres, Cadix ou même d'Halifax, les cap-horniers affrontaient, des semaines durant, les quarantièmes rugissants puis les cinquantièmes hurlants, luttant sans trêve, accrochés dans les haubans, contre les vents contraires pour doubler le cap Horn, à moins qu'ils ne se fussent aventurés dans le détroit de Magellan, au risque d'être drossés par les williwaws sur les écueils. Après avoir encore remonté trois mille kilomètres le long des côtes inhospitalières du Sud chilien, la rade bien abritée, aux collines accueillantes et au climat presque méditerranéen où les marins allaient trouver l'apaisement dans les verres de pisco et les bras des filles, semblait la porte de la vallée du Paradis : Val Paraiso...

A l'époque des conquistadors
En l’an 1524, une flotte espagnole explorait la côte pacifique, de l'Equateur au Pérou, sous la conduite de Francisco Pizzare et de Diego de Almagro. Six ans plus tard, l'Empire inca tombait en leurs mains et ils étaient nommés, par le roi d'Espagne, capitaines généraux de ces nouveaux territoires. Mais, devant la rivalité naissante entre les deux compères, le roi fut conduit à confier à Diego de Almagro la conquête des terres situées plus au sud. C'est ainsi qu'il envoya l'un de ses lieutenants, Juan Saavreda, reconnaître la côte chilienne. En 1536, celui-ci découvrit une baie ouverte sur le Pacifique, mais protégée des tempêtes du Sud et des vents d'ouest par un éperon rocheux, la « pointe des Anges ». Juan de Saavedra lui donna le nom de sa ville natale, Valparaiso de Arriba. Le petit port qui y naquit fut reconnu officiellement comme port naturel de la toute nouvelle cité de Santiago par Pedro de Valdivia, dans une charte octroyée en 1544. De 1559 à 1615, les corsaires anglais, en particulier les célèbres sir Francis Drake et Thomas Cavendish, attaquèrent à plusieurs reprises Valparaiso pour s'emparer de l'or qui y était stocké. En 1594, le gouverneur du Chili fit construire un fort au pied de l'actuel cerro Artilleria pour en renforcer la défense.

Le port mythique
Au XVIIe siècle, la piraterie continua à limiter le trafic commercial de Valparaiso, mais, avec la création, en 1778, de la capitainerie générale du Chili, l'activité portuaire augmenta fortement. C'est de là que partaient le vin, le cuir et le fromage qui étaient envoyés au Pérou. En 1730, on y comptait mille habitants, cent maisons et quatre églises, en 1822, avec seize mille habitants, Valparaiso était devenu la seconde ville du Chili et son essor allait encore s'accroître avec l'indépendance du Chili en 1810. Grands établissements de négoces, tel celui du Français Henry Dubern, banques, comptoirs, églises et couvents des augustins, jésuites, dominicains, Hermanos de San Juan de Dios et Mercédaires s'entrelacent alors aux fortifications et aux maisons de maîtres qui montent à l'assaut des collines. Une importante immigration européenne donna alors à la ville son aspect cosmopolite : « Un cocktail de races », selon l’expression du romancier Joaquín Edwards Bello...

Valpo
Plus grand port d'Amérique du Sud, ville interlope où les fortunes se bâtissent aussi vite qu'elles disparaissent, Valparaiso – Valpo comme le disent affectueusement ses habitants – était alors la « Perle du Pacifique ». L'avènement de la navigation à vapeur marqua l'apogée de Valparaiso au début du XXe siècle. La place Sottomayor vit s'édifier les bâtiments néoclassiques de la capitainerie et de la maison des douanes, dans le Paseo Yougoslavo, sur la colline Alegre, se dressèrent de magnifiques demeures telles que le palazzo Baburizza, palais du « baron des nitrates ». Les hauts quartiers – les cerros – aux maisons multicolores parfois agrémentées de murs peints, furent desservis par une quinzaine d'ascensores, toujours en service aujourd'hui. Las, le séisme de 1906 puis, surtout, la percée, en 1910, du canal de Panama, entraîna le déclin rapide de Valparaiso. Aujourd'hui, le bassin de Muelle Prat est surtout dédié au trafic des conteneurs, mais il y flotte toujours cette âme que rien ne peut détruire, car, comme le chantait Pablo Neruda « [...] Sur ta poitrine australe sont tatoués la lutte, l'espoir, la solidarité, la joie comme des ancres pour résister aux vagues de la terre... »
Pour visiter Valparaiso avec Clio
TDM 90 - 28 jours

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