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Les églises de Chiloé
Au croisement de la Hispanidad et de la culture indigène
Des terres lointaines battues par les vents du Pacifique

L'archipel de Chiloé s'étend du nord au sud sur plus de quatre mille trois cents kilomètres au large des côtes du Chili méridional, entre le canal Chacao, au sud de Valdivia, et le golfe de Corconado au-delà duquel on trouve l'archipel des Chonos à deux pas de la Terre de Feu et du cap Horn. Il comprend une terre principale, l'Isla Grande de Chiloé, où vit la majorité d'une population forte de cent mille habitants, et deux cents autres îles qui, très petites et égrenées entre Isla Grande et la côte du continent, ne sont occupées que pour une cinquantaine d'entre elles. Le gros de la répartition humaine est installé sur la côte orientale des îles, à l'abri des vents d'ouest et au contact d'une « mer intérieure » plus favorable au cabotage et à la pêche que les eaux agitées de l'océan Pacifique. Ces îles ont partiellement conservé leur couverture forestière originelle formée de populations de hêtres du Chili. Les autochtones Huilliches rencontrés au XVIe siècle par les conquérants espagnols étaient des sédentaires vivant de l'agriculture et de la pêche qui se soumirent rapidement au système de l'encomienda imposé par les nouveaux venus. La colonisation commence en 1567, quand Martin Ruiz de Gamboa fonde les villes de Santiago de Castro et de Chacao sur la Isla Grande. Les missionnaires franciscains, arrivés avec les premiers colons, entreprirent alors l'évangélisation des indigènes.


Colonisation et évangélisation

Les jésuites prennent le relais au début du XVIIe siècle avec leur méthode particulière de respect des cultures autochtones. Dans cet esprit, ce sont eux qui entament la mise en place de paroisses indiennes dont le cœur est formé par ces églises de bois qui constituent aujourd'hui le patrimoine architectural de l'archipel. La prédication fut d'abord le fait des missionnaires quittant, l'été venu, leur collège de Santiago de Castro. C'est au cours de ces « tournées » d'évangélisation qu'ils firent construire leurs premières chapelles, bâties avec les matériaux disponibles sur place, c'est-à-dire le bois pour l'essentiel, et confiées à un notable indigène chargé de l'entretien de l'édifice mais aussi de celui du cimetière. C'est ainsi que furent construites, du XVIIe à la fin du XIXe siècle, une centaine d'églises, centres d'autant de communautés paroissiales dont demeurent aujourd'hui une cinquantaine.
L'expulsion des jésuites, intervenue en 1767 dans tous les territoires espagnols, ne remit pas en cause l'œuvre qu'ils avaient entreprise car elle fut poursuivie par les franciscains. Lors des luttes d'indépendance engagées au début du XIXe siècle, les Chilotes demeurèrent loyaux à la couronne d'Espagne, au point que la présence de la garnison établie à San Carlos de Ancud fit que l'archipel devint le quartier général des forces loyalistes engagées dans la lutte contre les insurgés indépendantistes chiliens.
Le XIXe siècle fut une période de prospérité, quand les navires partis chercher le guano sur les côtes péruviennes devaient contourner le cap Horn. Ce temps trouva sa fin avec l'ouverture du canal de Panama, qui vit s'effondrer le trafic maritime animant jusque-là les côtes chiliennes, alors que la surexploitation du bois local privait progressivement l'archipel de sa principale ressource.


La valorisation d'un patrimoine original

Le résultat de cette évolution fut l'exode d'une large partie de la population vers la Patagonie et le détroit de Magellan et le maintien sur place d'une activité primaire ralentie, complétée de plus en plus, aujourd'hui, par le développement d'un tourisme de qualité. Les voyageurs qui s'aventurent jusqu'à ces régions du Chili méridional viennent pour découvrir la quinzaine d'églises – Achao, Castro, Rilan Ichuac, Quinchao, Dalcahue, Tenaùn, Chonchi… – qui constituent les exemples les plus achevés d'une architecture locale dont la tradition s'est maintenue au fil des siècles.
Située près du rivage, l'église typique présente une façade principale dominée par une tour. Son portique comprend colonnades et arcs et les tours sont hautes de deux ou trois étages, avec des tambours hexagonaux ou octogonaux chargés de réduire la prise au vent. Plus profondes que larges, ces églises présentent un plan basilical à trois nefs séparées par des colonnes de bois. La nef centrale est surmontée d'une voûte en berceau et les bas-côtés le sont de plafonds plats.
Construites principalement en bois de cyprès et de mélèze, les églises sont richement ornées, notamment des sculptures sur bois inspirées des modèles fournis par les grands sanctuaires de Lima ou de Cuzco. Le sanctuaire le plus richement décoré est celui de Chao, qui combine sobriété extérieure et exubérance baroque à l'intérieur, où se développent à profusion des motifs végétaux.
Objets d'un entretien sourcilleux de la part des communautés qui les utilisent toujours, inscrites au Patrimoine mondial de l'humanité en 2000, ces églises édifiées au bout du monde demeurent un témoignage supplémentaire de la dynamique évangélisatrice qui accompagna la conquête espagnole et contribua à la définition de l'identité toute particulière de cette région périphérique du Chili.
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