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Le Bayon
Fascinant visage de l'art khmer
Joyau archéologique de l’Asie du Sud, le vaste complexe de temples regroupés à Angkor, l’ancienne capitale du puissant empire khmer, constitue le cœur spirituel et culturel du Cambodge. Parmi les dizaines d’édifices répartis sur des centaines d’hectares, le complexe d’Angkor Thom est le plus colossal. En son centre géométrique parfait, le Bayon, temple-montagne de Jayavarman VII, captive depuis des siècles par ses visages gigantesques qui scrutent les quatre points cardinaux, et, plus encore, par la finesse de ses bas-reliefs, une des merveilles de la sculpture khmère à son apogée.

Les dieux-rois

C’est Jayavarman II, prince de sang khmer contemporain de Charlemagne, qui fonde le royaume d’Angkor. Pour légitimer la puissance dont il dispose, il se fait couronner par un prêtre brahmanique, s’autoproclamant premier devaraja (dieu-roi). A partir de cette époque, le monarque régnant sera assimilé à Shiva, roi des dieux hindous. Durant plusieurs siècles, les monarques divins se succèdent, rivalisant d’efforts afin de surpasser leurs prédécesseurs en construisant des temples toujours plus grandioses pour y placer le linga royal, symbole de Shiva et du Devaraja. Après un épisode qui voit le peuple Cham contester la suprématie khmère, le roi Jayavarman VII (1181-1218) planifie sur le site d’Angkor l’érection d’une nouvelle capitale : Angkor Thom.

L’architecture khmère

La période angkorienne (IXe-XIIIe siècle) voit l’apogée de l’art et de l’architecture au Cambodge. L’art khmer est très influencé par des prototypes indiens, mais son contenu reste spécifiquement cambodgien, surtout quand le bouddhisme Mahayana s’impose à la fin du XIIe siècle. Les temples d’Angkor représentent le mont Meru, demeure des dieux dans la cosmologie indienne. Les tours centrales symbolisent les sommets du mont. Elles sont entourées d’un mur, matérialisant la terre, ainsi que de douves et de bassins évoquant les océans. La statue du devaraja est enchâssée au cœur de l’édifice religieux, axe spirituel du royaume. Les tours-sanctuaires centrales abritent les statues des dieux hindous auxquels les temples sont dédiés. L’architecture khmère en pierre rappelle les premières structures en bois. Portes et ouvertures factices sont fréquentes, un bon éclairage intérieur se révélant superflu puisque seuls les prêtres peuvent pénétrer dans le cœur du complexe. En revanche, la présence de galeries sur le pourtour indique que les fidèles utilisaient ces espaces pour leurs circumambulations cérémonielles. Lors de la conversion de la cour au bouddhisme, selon la volonté de Jayavarman VII, le tracé au sol des temples ne change guère. L’idée du dieu-roi est intégrée à la nouvelle religion d’Etat et les statues de Bouddhas incarnant le devaraja remplacent les dieux hindous. C’est précisément le cas au Bayon, la plus spectaculaire de ces tours-sanctuaires.

Le Bayon

L'édification du Bayon aurait nécessité vingt-et-une années de travaux, contraignant des milliers de paysans à délaisser leurs rizières pour en assurer la construction, erreur fatale qui aurait grandement fragilisé le pays khmer, la production agricole diminuant et entraînant le lent déclin du royaume. Quoi qu’il en soit, le Bayon demeure la réussite la plus ambitieuse du roi Jayavarman VII. L’emplacement de la tour centrale, à l’intersection des diagonales du carré parfait formé par l’enceinte de la cité, prouve que les murs et le temple sont contemporains. Le temple-pyramide est couronné d’une tour de 45 mètres de haut, elle-même flanquée de quatre visages gigantesques. Ces têtes, coiffées de fleurs de lotus, symbole de l’Eveil du Bouddha, sont entourées de cinquante-et-une tours plus modestes, également pourvues de visages. Ecoutons Pierre Loti quand il découvrit ces structures en 1912 : « Je frémis tout à coup d’une peur inconnue en apercevant un grand sourire figé qui tombe d’en haut sur moi […] et puis un autre sourire encore, là-bas, sur un autre pan de muraille, […] et puis cinq, et puis dix ; il y en a partout […]. » Les traits de ces visages sont en effet très frappants et leurs lèvres pleines, relevées aux commissures, leur ont valu le surnom de « sourire d’Angkor ». Peut-être – la question est encore discutée entre spécialistes – s’agit-t-il d’une représentation de Jayavarman VII en Avalokiteshvara, le Bouddha de la compassion universelle. Si les figures constituent le côté le plus impressionnant du Bayon, les bas-reliefs qui décorent les murs sont une illustration extrêmement précieuse de la vie quotidienne et guerrière à l’apogée du royaume khmer. Voici le roi en plein combat contre les Chams, reconnaissables à leur coiffure insolite semblable à une fleur de lotus retournée. Des éléphants assistent les guerriers. Plus loin, des pêcheurs lancent leurs filets dans les eaux de rivières agitées, des brochettes de poissons sèchent sur des casiers, attendant leurs acheteurs. Des bœufs attelés tirent de lourds chariots vers le marché où la foule se passionne pour des combats de coqs. C’est tout un royaume et ses habitants qui s’animent sous nos yeux, et toute une civilisation, dans sa puissance et son raffinement, qui nous interpelle à travers sept siècles d’histoire.
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