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Le Bakong
Le premier temple-montagne
Un monde de terre et d'eau
Lorsque le Mékong quitte les hauteurs de l'Himalaya puis les hautes collines laotiennes par les rapides de Sambor, il arrive dans une plaine étale, un monde où l'eau et la terre se mêlent intimement, de la plaine cambodgienne à son delta de Cochinchine. Dès le début de notre ère, lorsque les populations locales commencèrent à maîtriser les techniques de drainage, ces régions amphibies virent apparaître de prospères royaumes, tel celui du Fou-Nan qui, le premier, fut fortement marqué par l'influence indienne apportée par les navigateurs et commerçants indiens venus des côtes de Coromandel ou du Bengale, une empreinte qui marqua profondément tant la religion que l'architecture de ces régions. Au Fou-Nan succéda, à partir du VIe siècle, le royaume du Tchen-La dirigé par des souverains khmers indianisés, portant des noms sanskrits. A cette époque, le contraste était patent entre les terres inondables, domaine de la culture du riz, où fut fondée la première capitale khmère de Sambor Prei Kuk et les terres intérieures, comme celles de la plaine d'Angkor, au nord du grand lac Tonlé Sap, toujours vouées à une agriculture archaïque sur brûlis.

Jayavarman II, la naissance du royaume khmer
Au VIIIe siècle, le Tchen-La tomba sous la domination du royaume javanais de la dynastie des Çailendra, qui contrôlait toutes les terres bordant la mer de Chine méridionale. Le grandiose temple bouddhique de Borobudur à Java, qui fut édifié à cette époque, influença certainement l'éclosion de l'architecture khmère et la naissance du temple-montagne. En effet, c'est en Indonésie, à la cour des Çailendra, que passa sa jeunesse celui qui allait rendre aux Khmers leur indépendance et poser, en 802, les prémices de l'empire d'Angkor : de culture hindouiste poussée, adepte du shivaïsme, Jayavarman II conquit de vastes territoires près du Tonlé Sap.

La plaine d'Angkor
Le développement des défrichements, les fondations agricoles, les rizières gagnées sur la forêt et, surtout, la mise au point d'un nouveau système complexe d'irrigation reposant sur la construction de grands réservoirs, les barays, permirent, pour la première fois en Asie, d'obtenir trois récoltes de riz par an. L'excédent de récolte donna ainsi la possibilité de libérer artisans, artistes, architectes, savants et prêtres du travail aux champs, et au nouveau royaume d'accroître sa puissance et de développer une véritable civilisation urbaine. Jayavarman II se dota ainsi de cinq capitales successives, Indrapura, Kuti, Hariharalaya, Amarendrapura et Mahendraparvata, entourées d'une enceinte et de douves, à l'exception de Mahendraparvata situé sur la montagne sacrée du Phnom Kulen.

Hariharalaya
Située sur le site contemporain de Roluos, Hariharalaya fut la première et la dernière des capitales de Jayavarman II. Comme son nom l'indique, elle était dédiée à Harihara, divinité duale composée par moitié de Shiva et de Vishnou. Ainsi que toutes les villes khmères, les bâtiments profanes étaient construits en matériaux légers et, des palais aussi bien que des chaumières, il ne reste plus que d'infimes traces laborieusement déchiffrées par les archéologues. En revanche, nous pouvons toujours admirer aujourd'hui les édifices religieux montés en briques, latérite ou grès. C'est autour d'eux que s'organisait le plan urbain dont ils constituaient le cœur.

Le devaraja
Dès lors, le souverain devint le pivot de la société khmère, garant de la prospérité du pays, le roi étant considéré comme la manifestation terrestre de la divinité, Vishnou ou, plus souvent Shiva, doté des attributs transcendantaux du dieu : le devaraja ou « roi-dieu ». A partir du règne de Jayavarman II, l'essence divine fut représentée sous la forme du linga, symbole phallique de Shiva dont l'installation sur une montagne ou une colline, lors d'une cérémonie élaborée, conférait au roi les droits divins.

Indravarman Ier
Après le règne terne de Jayavarman III, celui d'Indravarman Ier inaugura les premières grandes réalisations angkoriennes. La mise en valeur de la plaine de Roluos fut rehaussée par la réalisation du premier grand baray à Lolei ; en 879, fut édifié le premier grand temple du site, le Preah Kô, consacré au taureau Nandi, la monture de Shiva, et le temple funéraire dédié aux prédécesseurs d'Indravarman.

Le Bakong, premier temple-montagne
En 881, Indravarman consacra le linga dédié à Shiva personnalisé en Indreshvara (le protégé d'Indra), déification d'Indravarman, et fit construire au centre de la cité d'Hariharalaya, le premier temple-montagne khmer. Entouré de trois murs d'enceinte avec des ouvertures en forme de gopura – porte monumentale – et d'une double ceinture de douves, le Bakong se présente sous la forme d'une pyramide à cinq degrés sur une base carrée de 65 mètres de côté, décorée de garuda, nâga et yaksa. Ceux qui l'ont édifié ont voulu faire du temple la figuration parfaite du mont Mérou, la montagne mythique haute de 80 000 lieues, séjour des dieux hindouistes. On y accède par quatre longues chaussées-digues sur pilotis qui mènent à quatre escaliers axiaux qui s'ouvrent par des gopura flanqués, à chaque étage, d'échiffres en forme de lions, de plus en plus petits au fur et à mesure que l'on s'élève. Sur la terrasse était érigée une tour centrale, un prasat, qui a été remplacée au XIIe siècle par une tour dans le style d'Angkor Vat. Elle est entourée de douze petits prasat, forme réduite du sanctuaire central, tous construits en brique sauf les linteaux qui sont en grès finement sculpté. Les angles des terrasses inférieures sont aussi décorés d'éléphants en ronde-bosse, signes de la stabilité de l'univers, tandis que les huit tours en briques des sanctuaires annexes symbolisent les huit corps de Shiva. Avec ses douves qui figurent l'océan primordial, les effets d'optique qui renforce la perspective s'élevant vers le ciel, le temple-montagne symbolise aussi le point nodal où le macrocosme et le microcosme se rejoignent dans la personne divinisée du roi, assurant ainsi l'harmonie du monde. Amas de terre et de pierres lors de sa découverte, le Bakong fut l'objet, entre 1936 et 1943, d'une remarquable restauration par anastylose qui, réalisée par Maurice Glaize, donnait enfin à voir ce qu'avait été le prototype des plus grandes réalisations de l'architecture khmère, dont l'exemple le plus célèbre demeure le temple d'Angkor Vat.
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