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Angkor Vat
L'apogée de l'architecture khmère
Suryavarman II et le Cambodge conquérant
Lointain héritier du royaume du Fou Nan, contemporain des premiers siècles de notre ère, puis du royaume de Tchen La, la dynastie khmère semble dominer le centre du Cambodge actuel lorsque son fondateur, Jayavarman II, rejette en 802 la suzeraineté du royaume Çailendra de Java. Imprégné de culture indienne et adepte du shivaïsme, il instaure le culte solennel du pouvoir divin du roi, le « dieu-roi » ou Devaraja, centré sur le symbole de la montagne, pivot de l’accès de Shiva au monde des hommes, représenté par le temple qui abrite le linga de Shiva. A l'origine, chaque souverain changeait de capitale, épuisant rapidement les ressources environnantes, mais la mise au point de systèmes d'irrigation sophistiqués permit, à partir de la fin du IXe siècle, de fonder une capitale permanente non loin du lac Tonlé Sap, une ville, angkor en khmer. Les rois qui se succédèrent firent appel à des brahmanes pour diriger la construction de nouveaux temples. Pour leur donner plus d'ampleur, la montagne sacrée ne sera plus représentée seulement par le prasat central, mais par le temple entier qui reposera sur une série de terrasses superposées. Figurant la cité des dieux, les étages vont ensuite s’orner de templions figurant la demeure des différentes divinités subalternes. Si certains souverains adoptèrent le bouddhisme à titre individuel, c'est le culte de Vishnou qui s'imposa dans tout son éclat avec l'avènement de Suryavarman II (1113-1145) dont le règne correspond à l'un des apogées du royaume khmer. Souverain belliqueux, il étendit dans un premier temps les limites de son royaume vers la Thaïlande et le Nord de la Malaisie actuelle, aux frontières du royaume birman de Pagan à l'ouest et du royaume du Champa à l'est. Cependant, de 1123 à sa mort, son règne fut marqué par de dures luttes contre ses voisins, le Dai Viet et le Champa. Finalement vainqueur du roi du Champa, il annexa son territoire au royaume khmer, mais laissa le Cambodge exsangue et incapable de résister à une violente reconquête Cham.

Le temple-ville
C'est cependant à ce roi que l'on doit la plus impressionnante de toutes les réalisations architecturales khmères, Angkor Vat, le temple-ville ou la ville-temple. Né de la volonté de Suryavarman II, Angkor Vat est cependant essentiellement l'œuvre du brahmane vishnouïte Divākara Pandita (1040-1120), qui sut garder la confiance de quatre rois successifs. Angkor Vat est le plus vaste et le mieux conservé de tous les monuments d'Angkor, car il ne fut jamais complètement abandonné, mais reconverti en temple bouddhiste au XIVe siècle, malgré l'effondrement du royaume khmer. Avec ses dimensions de 1 500 sur 1 200 mètres, si l'on parcourt l'extérieur des douves de 190 mètres de large qui l'entourent, il est aussi l'un des plus vastes complexes religieux encore en activité dans le monde. Angkor Vat occupe cependant une place originale dans l'évolution des temples khmers. Il est le seul à être ouvert à l'ouest, ce qui laisse penser qu'il fut aussi conçu comme temple funéraire pour Suryavarman II. De plan rigoureusement géométrique, il est le seul à combiner entièrement les deux modèles architecturaux des temples khmers. Le prasat central répond magnifiquement à la conception du temple-montagne. Il forme une sorte de pyramide de plan cruciforme, constituée de trois plateformes successives, ceinturées de galeries dont les angles sont surmontés de tours redentées de forme ogivale, rappelant les bourgeons de lotus, templions dédiés aux divinités secondaires. La troisième plateforme supporte cinq tours qui symbolisent les cinq sommets de la montagne mystique. Douze escaliers abrupts donnent accès au sanctuaire central. Mais le grand temple n'occupe que la partie centrale de l'ensemble qui se déploie aussi horizontalement. Une fois franchis les douves et le mur d'enceinte en latérite, on accède à l'aire sacrée par la célèbre allée pavée bordée de balustrades de grès sculptées en forme de naga, le cobra mythique des légendes hindouistes. De part et d'autre de la chaussée, sur de hautes plateformes, se trouvent deux édifices dont l'usage est inconnu, mais souvent qualifiés de « bibliothèques ». Le temple lui-même est enclos dans un quadrilatère de galeries « pourtournantes », selon le mot inventé pour désigner ce type d'architecture khmère par Maurice Glaize dans les années trente. Véritable ville sacrée, Angkor Vat était desservi, selon les inscriptions en vieux khmer retrouvées sur place, par 18 grands prêtres, 2 740 officiants, 2 202 assistants des rites et 615 danseuses...

Le parangon de l'art khmer classique
Les galeries, d'une remarquable élégance, sont garnies vers l'extérieur de fausses fenêtres aux balustres de grès décorées d'une série de représentations en bas relief illustrant la mythologie hindoue : bataille des Dévas et des Asuras, victoire de Krishna sur Bana, victoire de Vishnu sur les Asuras, barattage de la mer de lait et, surtout, la bataille de Kurukshetra, l'épisode majeur du Mahabharata. Toute l'architecture du temple est couverte d'une décoration foisonnante, mais raffinée, qui atteste la maîtrise parfaite de leur art qu'avaient atteint les artistes d'Angkor. Les galeries, couvertes d'une pseudo voûte en encorbellement, sont surmontées d'une représentation de serpent à tête de lion ou d'aigle. Des frises figurent avec beaucoup de réalisme divers animaux, avec, naturellement, une prédilection pour l'aigle – le Garuda, véhicule de Vishnou – et l'éléphant, mais les sommets de grâce et de raffinement sont atteints par les représentations féminines, en haut-relief, de devatas, divinités secondaires bienfaisantes sans personnalité propre, ou d'apsaras, les nymphes célestes qui les accompagnent. Au nombre de près de deux mille, elles sont le symbole même de l'art khmer et rivalisent de perfection avec les plus belles statues indiennes de Khajuraho ou de Belur. Une inscription khmère trouvée sur une stèle du Mébon célèbre leur beauté dans ces termes : « Comme la grâce du printemps, comme le jour de la plénitude pour la lune, ainsi s’est levée, ravissante, splendide, la beauté de sa fraîche jeunesse [...], les pauvres étanchaient leur soif quand ils avaient la joie de la voir, semblable au grand lac paisible couvert de lotus épanouis... »
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