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Nessebar
Perle de la mer Noire
Fondée il y a presque trois mille ans sur un éperon rocheux, la cité bulgare de Nessebar s’avance, telle une sentinelle sur la mer Noire, l’antique Pont-Euxin. A la croisée de l’Orient et de l’Occident, elle vit en effet se succéder de nombreuses civilisations et passa tour à tour sous domination grecque, romaine, byzantine et turque, avant d’intégrer, à la fin du XIXe siècle le royaume de Bulgarie. Erigée sur une presqu’île mesurant à peine 850 mètres de long sur 300 mètres de large, elle témoigne par ses vestiges antiques, ses nombreuses églises, et ses vieilles villas à pans de bois d’un riche et fascinant passé, dont le visiteur tourne peu à peu les pages en se perdant dans le dédale de ses ruelles entrelacées. Classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1983, elle est reliée au continent par un isthme où s’arrêtent bus et voitures, interdits en ses murs. La ville moderne, quant à elle, s’étend le long du littoral sur plusieurs kilomètres et constitue, au nord de Burgas, une vaste station balnéaire – Slancev-Brjag ou « Côte du Soleil » – particulièrement prisée l’été par les vacanciers, pour son agréable climat et la beauté de ses plages. A l’antique cité qui en est dépourvue est réservé le prestige historique, patrimonial et artistique dont elle rayonne indéfiniment dans la succession des saisons.

Durant l’Antiquité

Sans doute l’un des plus anciens foyers de civilisation de Bulgarie, Nessebar fut à l’origine occupée par les Thraces, et, d’après Strabon, s’appelait alors Menabria en hommage à son fondateur, le légendaire Ména. De nombreuses découvertes archéologiques ont confirmé la présence d’un centre actif et raffiné dès l’âge du bronze, auquel succéda, après l’implantation de colons doriens de Mégare, une cité grecque florissante. Hérodote l’évoque à deux reprises sous le nom de Messembria et indique qu’elle existait déjà en 513 avant J.-C. Au nord de la péninsule, les vestiges d’un mur défensif édifié au VIe siècle en témoignent encore aujourd’hui tandis qu’on peut observer au septentrion les ruines d’une acropole, d’une agora et d’un temple dédié à Apollon. A partir du Ve siècle, Messembria obtint le privilège de frapper sa propre monnaie, en bronze et en argent d’abord, puis en or au IVe siècle, aux effigies de Zeus, Déméter ou encore Dionysos. Conquise par les Romains en 72 avant J.-C., la ville, rattachée à l’Empire au sein de la province de Thrace, conserva longtemps son prestige culturel et commercial. Véritable trésor national, le musée archéologique de Nessebar possède ainsi de remarquables collections de vases, de statues, de stèles funéraires et de bijoux en or. Au fil des siècles, Messembria entama cependant un progressif déclin avant d’entrer naturellement dans l’orbite de Byzance au moment de la partition définitive de l’Empire romain, en 395 après J.-C.

La période médiévale et l’apogée de Nessebar

De par sa situation géographique au bord de la mer Noire, Messembria devient à cette date un enjeu de taille dans la lutte entre Grecs et Bulgares, et fut tour à tour conquise et reprise par les uns et les autres. D’abord sous tutelle byzantine, elle connaît un grand rayonnement artistique dès les Ve et le VIe siècles, période à laquelle sont construits successivement deux sanctuaires de style constantinopolitain : l’immense basilique Sveta-Sofia, ancienne église épiscopale aujourd'hui en ruines et appelée aussi Vieille Métropole, et la basilique de la Vierge-Miséricordieuse, qui dominait la mer, avant d’être submergée par les vagues.

En 812, la ville est prise pour la première fois par les Bulgares sous la conduite du khan Kroum, qui lui donne le nom de Messembre, transformé par la suite en Nessembre d’où dérive l'appellation actuelle de Nessebar. Dès 864 cependant, le tsar Boris Ier de Bulgarie la restitue aux Byzantins. Constamment convoitée, parfois perdue à nouveau, Nessebar demeure le plus souvent, jusqu’à la fin du XIIe siècle, rattachée à Byzance. Mais ce n’est déjà plus le cas entre 1187 et 1393, à l'époque du second royaume bulgare, qui voit aussi son apogée sur le plan artistique et architectural. En 1366, la ville est reprise aux Bulgares par les chevaliers d’Amédée VI, comte de Savoie, et échappe, moyennant rançon, à la destruction, avant d’être « offerte » à l’Empire byzantin. De nombreux aristocrates byzantins, exilés ou en villégiature, y financent déjà, depuis le XIIIe siècle, la construction de somptueux sanctuaires et chapelles, valant à Nessebar l’appellation de « ville aux quarante églises ». Edifiée au milieu du XIVe siècle, l’église médiévale du Christ-Pantocrator est ainsi l’une des mieux conservées de Bulgarie. Epousant un plan à trois nefs, séparées les unes des autres par deux rangées d’arcades, elle est surmontée en son centre d’une coupole octogonale et, à l'ouest, d’une tour carrée. Mais son originalité réside surtout en sa décoration extérieure, alternant la brique, le pierre taillée et les incrustations vernissées de grès. Saint-Théodore, Sainte-Prascovie, ou encore Saint-Michel-et-Saint-Gabriel témoignent aussi dans la péninsule de la même fièvre bâtisseuse. S’y ajoute la mystérieuse Saint-Jean-Aliturgertos – Saint-Jean-l’Incroyant –, vraisemblablement jamais consacrée, ce qui expliquerait sa curieuse appellation.

De la domination ottomane à la renaissance nationale

Un demi-siècle après la disparition de l’Etat bulgare, Nessebar tombe en même temps que Byzance aux mains des armées turques commandées par Karadja-Beg. Sous la férule ottomane, elle porte désormais le nom de Misivri, mais demeure un évêché grec. D’autres églises orthodoxes sont alors édifiées, de dimension cependant beaucoup plus modeste qu’aux siècles précédents. Les Turcs ne les toléraient en effet qu’à condition qu’elles ne dépassassent pas la hauteur d’un homme à cheval. C’est le cas de l’humble église de Sveti-Pas, bâtie en 1609 au-dessous du niveau de la rue et ne comptant qu’une nef simple, dont les murs décorés à fresques évoquent la vie de Jésus et de Marie. L’activité principale sur le plan artistique consiste avant tout désormais en la production d’icônes par ailleurs fort réputées. En revanche, datée du XIe siècle, l’église Saint-Etienne, ou Nouvelle Métropole, fut remaniée au XVIe siècle et constamment embellie jusqu’au XVIIIe siècle. Pour autant, il faut attendre l'avènement, en 1878, d'une principauté bulgare indépendante et l’époque de la renaissance nationale pour que le patrimoine urbain prenne un nouvel essor avec la construction de nombreuses maisons dans le style « de Plovdiv », mêlant la pierre et le bois et caractérisées par de larges toits surplombant les étroites ruelles pavées de Nessebar. L’une d’entre elles, édifiée par Panajot Muskojanin, un riche commerçant, accueille aujourd’hui les collections du musée ethnographique. A partir de 1925, Nessebar devient ainsi une station balnéaire réputée, tandis qu’on commence à restaurer la vieille ville et à construire de nouveaux quartiers sur le continent. Véritable « perle de la mer Noire », elle est sans doute l’un des plus beaux sites de Bulgarie.
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BUL 32 - 12 jours

Petit pays balkanique étendu du Danube aux Rhodopes, mais héritier d’un puissant Etat médiéval qui inquiéta Byzance, la Bulgarie abrite un important patrimoine archéologique dont les éléments les plus ... Découvrir ce voyage
 

 
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