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Le monastère de Rila
Symbole de l'identité bulgare
A plus de mille mètres d'altitude, dans un site grandiose dominé par de hautes pentes boisées d'où émergent des cimes formidables, où la neige subsiste tard dans le printemps, le monastère de Rila dissimule sous son aspect de forteresse le cœur coloré de son église et le joyau préservé de son trésor.

L'incarnation du passé national bulgare
Rila, 13 janvier 1833. Un terrible incendie ravage les bâtiments du monastère. L'émotion est immense dans le pays. Très vite, la reconstruction prend l'aspect d'une œuvre nationale. Elle durera dix ans et mobilisera toutes les forces vives de la nation bulgare, faisant du complexe monastique un lieu hautement symbolique, à la fois par son rayonnement culturel et son accomplissement artistique. Rila joue alors un rôle central dans la « Renaissance bulgare », aboutissement ultime d'une histoire millénaire.
C'est au IXe siècle qu'un saint homme du nom de Jean décide de mener une vie érémitique dans une grotte du massif montagneux de Rila. A la mort de Jean Rilsky, en 946, une petite communauté s'est déjà formée et a édifié un monastère primitif. Miracles et reliques en font bientôt croître la renommée. En 1335, le sébastocrate Hrélu rebâtit l'ensemble sur des plans bien plus ambitieux. L'occupation ottomane et des pillages successifs n'en viennent pas à bout : Rila résiste, et reste pendant des siècles le phare de la tradition liturgique bulgare et de l'esprit national. C'est dans ses murs que le moine Paisij lance en 1762 la publication de son Histoire slavo-bulgare, véritable point de départ de la Renaissance nationale. Au XIXe siècle, pèlerins et dons affluent, permettant d'effacer rapidement le désastre de 1833 et de faire de Rila, aujourd'hui, le plus célèbre monastère des Balkans.

Une forteresse au cœur tendre
Comme un symbole de cette histoire mouvementée, l'aspect général extérieur du monastère, d'où qu'on le considère, fait songer à une forteresse. Les bâtiments, agencés en un quadrilatère irrégulier, offrent au visiteur leurs hauts murs nus aux avant-corps saillants comme des contreforts ou des bastions. Une centaine de mètres en contrebas de cette terrasse, la Rilska reka roule une eau fraîche descendue des montagnes.
La première impression de sobriété s'efface dès que l'on pénètre à l'intérieur du complexe monastique. La cour, entourée sur trois étages de galeries à colonnes de pierre fait tout d'abord penser à quelque palais de la Renaissance italienne. Mais l'étage supérieur, aux balcons de bois, rappelle vite que nous sommes en pays bulgare, par le côté montagnard et rural de son architecture.
Au centre de la cour, l'église s'intègre admirablement à l'ensemble par la colonnade qui délimite son narthex sur trois côtés. Son clocher adoucit le contraste entre l'austérité de la tour de Hrélu et l'exubérance des autres édifices.
La tour de Hrélu, construite en 1335, est un des rares témoins du monastère médiéval et même des constructions féodales bulgares. Massive et puissante, elle élève à plus de vingt mètres du sol ses murs épais aux contreforts carrés. Au sommet, une petite chapelle dédiée à la Transfiguration s'apparente par ses fresques au style de la Renaissance des Paléologue.
Mais c'est bien sûr l'église qui retient toute l'attention. Placée sous le vocable de l'Assomption, elle s'inspire largement des édifices du mont Athos. Elle succède à l'église de Hrélu (1343), trop endommagée par l'incendie et qu'il fallut détruire. A sa place, quelques années suffirent pour édifier l'église actuelle dont la décoration se poursuivit jusqu'en 1860. Son plan est insolite : trois nefs terminées par trois absides auxquelles on a adjoint deux absides latérales, et deux chapelles rectangulaires en hors œuvre, comme les extrémités d'un transept qui n'existe pas, et sur lesquelles viennent s'appuyer les arcades du narthex.
Une fois engagé sous le porche, on découvre un splendide ensemble de fresques, dédiées comme il se doit à la vie après la mort et au Jugement dernier. Elles constituent un excellent préambule à la visite de l'intérieur de l'église. Dans la lumière filtrée que distillent les trois coupoles, les fresques semblent animées d'une vie propre. Il faut savoir tendre une oreille attentive pour écouter ces murs qui parlent des légendes apocryphes de la vie de la Vierge, des visions de l'Apocalypse, des illustrations des Psaumes et de paraboles édifiantes, sous le regard souvent sévère des saints bulgares. Des peintres des écoles de Samokov et de Bansko se sont relayés pour réaliser cet ensemble, comme les deux frères Zacharie et Dimitar Zographe. Les regards se perdent dans les plis des étoffes, auprès des diablotins qui emmènent les pêcheurs vers l'Enfer, dans cette farandole de couleurs extraordinairement fraîches. Et on se prend à rêver à toutes ces mains qui ont rendu possible ce miracle chatoyant...

Un trésor d'art religieux
Les ailes du monastère valent aussi qu'on s'y attarde, pour les vues qu'elles procurent sur l'église et l'ensemble de la cour, dominées par le décor naturel grandiose du parc national de Rila, mais surtout pour le musée historique, installé dans l'aile orientale. Il abrite quelques chefs-d’œuvre rescapés de l'incendie. Le clou en est incontestablement la croix d'autel dite « croix de Rila », œuvre d'un moine nommé Raphaël qui y consacra douze années de sa vie, de 1790 à 1802. L'artiste a fait jaillir du tendre bois de tilleul des scènes de la Bible, animées par plus de deux cents personnages. Des icônes, dont celle de Saint-Jean de Rila du XIVe siècle, et celle de Saint-Arsène, du XVe siècle, voisinent avec le trône de Hrélu, en bois sculpté incrusté d'ivoire et la magnifique porte en bois ajouré provenant du monastère médiéval.

Joyau coloré à l'architecture aérienne, le monastère de Rila réalise l'harmonie parfaite entre l'œuvre des hommes et celle de la nature. C'est là que réside sans doute son pouvoir d'attraction qui, dans notre monde moderne où tout va trop vite, n'a pas fini de nous fasciner.
Pour visiter le monastère de Rila avec Clio
BUL 32 - 12 jours

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