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Ouro Preto
Pour tout l'or du monde
Le 24 juin 1698, l'aventurier Antonio Dias de Oliveira découvre de l'or dans la Serra de l'Itacolomi au Brésil. En un demi-siècle, ce sont plus de 800 000 personnes qui vont se ruer sur cette région sans que les autorités parviennent à freiner le mouvement. Au bout de 25 ans, elles finiront par l'accompagner en créant de nouvelles villes : d’abord Mariana et Sabara, puis, en 1711, Vila Rica de Ouro Preto. Chose nouvelle, l'administration religieuse n'y est pas confiée aux franciscains ou aux dominicains comme ce fut le cas ordinairement en Amérique hispanique, mais relève ici des paroisses et des confréries, même si les grands ordres n'y seront pas totalement absents. Ces institutions plus proches des fidèles laissent la porte ouverte à des formes de dévotions plus naturelles et bénéficient ainsi de dons importants dans une région enrichie par l'exploitation minière. C’est dans ce terreau que va s'épanouir un art baroque alors en pleine expansion.

Un baroque brésilien

Le moment baroque est festif. Il magnifie l'éphémère, la splendeur, le bruit ; il est un hommage aux sens. Il transfigure la ville dans ses cortèges commémorant les « Entrées » de souverains, dans les processions du Corpus Christi ou du « Triomphe de l'Eucharistie », ainsi celle qui eut lieu en 1733 à Ouro Preto. Fête urbaine d'abord, elle vit se dérouler pendant une semaine spectacles, danses, musiques, et la nuit fut illuminée de feux d'artifice. Dans l'esprit des fêtes du XVIIIe siècle, le triomphe baroque est une machinerie faite de chars, d'acteurs vêtus avec magnificence et représentant tout un peuple de héros antiques, de vertus, mais aussi d'étoiles, de monstres... Ce spectacle marqué par le luxe intègre la société dans tous ses états, âges, classes, ethnies et se déroule sur le fond de scène constitué par le décor somptueux des nouveaux édifices religieux.

Parmi les immigrants attirés par l'or se trouvent des maîtres d'œuvre, des artisans auxquels les multiples chantiers ouverts à Ouro Preto permettent d'exprimer leur talent. C'est ainsi que vont se mêler tradition renaissante tardive et innovation. La « Matriz del Pilar », vers 1730, présente un plan centré d'esprit renaissant, mais l'architecte l'inscrit dans une ellipse baroque qui pourrait être d'inspiration borrominienne. En 1743, Manuel Francisco Lisboa, simple menuisier à son arrivée au Brésil, devient architecte. Le plan de « Santa Ifigenia » est traditionnel, mais Manuel place avec grâce les tours de façade légèrement en retrait. Il dynamise ainsi le monument et crée un modèle qui sera immédiatement imité.

Les élites locales goûtent très vite ces innovations. Le conseiller communal Da Silva est sensible à la sobriété toute renaissante des façades d'églises à la Vignole. Mais il sait aussi apprécier le contraste avec l'exubérance des décors intérieurs, surchargés, colorés et dorés tels qu'on les trouvait d'ailleurs au Portugal au XVIIe siècle.

L' Aleijadinho

Quelle image romantique que celle de cet « estropié » – c'est son surnom – qui renouvelle l'architecture et la décoration baroque !
Fils de Manuel Francisco Lisboa et de son esclave noire Isabel, Antonio Francisco Lisboa naît en 1738 et se forme sur les chantiers de son père où il acquiert une solide culture architecturale et un grand savoir-faire de sculpteur.
Ses productions sont nombreuses, mais, entre 1800 et 1805, il réalise son chef-d'œuvre à « l'Eglise du Tiers Ordre Franciscain » d'Ouro Preto. La façade convexe est d'une grâce infinie et préfigure les formes mouvantes du chœur où s'intègrent à merveille les retables.
Aux mêmes dates, à Congonhas, il sculpte Les Douze Prophètes, ses statues les plus émouvantes. C'est là, et au Tiers Ordre d'Ouro Preto, que s'écrit la légende romantique de l'Aleijadinho. Très diminué par une douloureuse maladie dégénérative, ou peut-être même par la lèpre, il fixe des outils à ses moignons de bras d'où les doigts ont disparu. Il se fait ainsi porter sur ses chantiers par des aides quand il ne se protège pas avec des genouillères pour grimper aux échelles. La nuit venue, c'est en baldaquin, tous rideaux tirés, qu'il traverse la ville endormie. Il décède le 18 novembre 1814.

Il aura donc fallu à peine cinquante ans pour que surgisse au milieu d'une terre aride une ville à la population bigarrée, bruyante, remuante, où se mêlent Indiens, Noirs, Blancs, métis, aventuriers, aristocrates... et que s'y épanouisse sous la houlette d'artistes de génie une des plus grandes pages de l'aventure baroque.
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