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L'Amazonie
Immense tache verte à la surface de notre planète, la forêt amazonienne, d'une superficie de 6 millions de kilomètres carrés, demeure, malgré une déforestation galopante, la plus grande forêt pluviale tropicale du monde. Longtemps, elle fut pratiquement impénétrable, si ce n'est par l'immense voie fluviale que forment l’Amazone et le Rio Negro, son affluent principal. L'immense cours d'eau fut ainsi baptisé quand l'expédition de Francisco de Orellana y fut attaquée en 1542 par de farouches guerrières, à moins que ce ne fussent des guerriers aux cheveux longs... Si une part non négligeable de la forêt reste le domaine des Indiens sylvicoles, pratiquant encore une agriculture semi-itinérante sur brûlis, il se trouve, au cœur de l'Amazonie, une impressionnante mégalopole : Manaus.

L'Encontro das Águas
Ce fut en 1669 que le capitaine Francisco da Motta Falcão édifia, sur une terrasse fluviale le mettant à l'abri des crues, le petit fortin de São José do Rio Negrinho, sur les rives du Rio Negro, à une vingtaine de kilomètres de son confluent avec le Rio Solimões avec lequel il forme l'Amazone. L'Encontro das Aguas, la « rencontre des eaux », l'une des curiosités naturelles de la région de Manaus, offre l'étonnant spectacle de ces deux flux d'eaux rouges et noires s'écoulant sans se mélanger sur une vingtaine de kilomètres. D'abord installé pour protéger la navigation sur l'Amazone et décourager les velléités d'expansion des Hollandais déjà installés au Surinam, le fortin fut bientôt flanqué d'une mission et entouré d'un petit bourg – Villa da Barra. Outre les productions vivrières locales, la région exportait un peu de noix du Brésil, de guarana et de bois d'œuvre, mais ce fut dans la seconde moitié du XIXe siècle, lorsque se développa la navigation à vapeur, que Manaus commença à prendre son essor. En effet, la largeur (7 km) et la profondeur (9 m) de l'Amazone permettaient, et permettent toujours, aux navires de haute mer d'atteindre Manaus, à 1 450 kilomètres de l'océan ! En 1850, la ville devint la capitale de la province d'Amazonie.

« Les trente glorieuses »
Déjà les premiers explorateurs européens avaient remarqué l'usage que les indigènes faisaient de la gomme qu'ils extrayaient de l'arbre-hévéa brasiliensis, mais l'utilisation du caoutchouc demeura limité jusqu'à la mise au point par l'Américain Charles Goodyear du procédé de vulcanisation. L'essor des bicyclettes puis de l'automobile allait considérablement augmenter la demande et les seringueiros indigènes commencèrent à inciser frénétiquement les hévéas sauvages pour produire ce précieux « or blanc ».

Entre 1880 et 1910, Manaus connut une prospérité incroyable. Le gouverneur Eduardo Gonçalves Ribeiro put dire « J'ai trouvé un village, j'en ai fait une ville moderne ». On vit en effet surgir, au cœur de la forêt, une cité somptueuse. Négociants, banquiers, ingénieurs et « barons du caoutchouc » édifièrent rapidement des fortunes considérables et se firent construire de somptueuses demeures le long de nouvelles avenues larges de plus de 30 mètres, parcourues par des tramways électriques et éclairées la nuit à l'électricité ! Le Palácio Rio Negro, édifié en 1903 par le négociant allemand Karl Waldemar Scholz, est l'un des plus impressionnants exemples de cet étalage de richesse. Les bâtiments officiels n'étaient pas en reste, tels que Mercado Adolpho Lisboa ou la magnifique maison des douanes, l'Alfandega, inspirée des architectures médiévales et renaissantes, construite en briques importées d'Angleterre...

Apogée….
Manaus envisageait à cette époque de supplanter Rio et São Paulo et de devenir capitale du Brésil. Centre culturel, la ville fut dotée d'une université dès 1909, mais le symbole de la magnificence de cette période reste le Teatro Amazonas, réplique de l’opéra de Paris, construit de briques anglaises, de verres français, de marbres de Carrare et de tuiles alsaciennes. La légende, mais ce n'est qu'une légende, veut que Caruso et Sarah Bernard s'y produisirent !

Déclin et renouveau
Ce furent les Anglais qui introduisirent la culture de l'hévéa à Singapour en 1877, culture qui prit son essor en 1910, tandis qu'en 1907, le chimiste allemand Fritz Hofmann effectuait la première synthèse du caoutchouc. Dès 1920, la richesse de Manaus n'était donc plus qu'un souvenir. Cependant, depuis que Manaus a été déclaré port franc en 1967, que l'industrie s'y est considérablement développée et que la ville a été, en 1998, reliée par une route asphaltée au Venezuela, l'ancienne capitale du caoutchouc a renoué avec la prospérité. Elle est aujourd'hui, avec ses 1 600 000 habitants et ses nouveaux quartiers hérissés de gratte-ciel, la quatrième métropole économique du Brésil.
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BR 31 - 16 jours

Le Brésil est le pays du gigantisme. Occupant près d'un cinquième du continent américain, traversé par le plus impressionnant des fleuves du Monde, il abrite l'immense forêt amazonienne et s'ouvre sur ... Découvrir ce voyage
 

 
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