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Le Rocher d'or
La magie du Bouddha
Les Môns
L'histoire des peuples qui s'installèrent en Asie du Sud-Est au cours des millénaires est complexe et n'est pas encore entièrement élucidée. Dans le cas du territoire actuel de la Birmanie, l'absence de vestiges archéologiques significatifs antérieurs au VIe siècle ne facilite pas l'établissement d'une chronologie indiscutable. Cependant, les annales chinoises nous apprennent qu'existait, au IIIe siècle de notre ère, un « Royaume P’iao », c'est-à-dire des Pyus qui étaient l'avant-garde de la migration tibéto-birmane des Bama (Birmans s.s.) qui déferla ensuite dans le Nord et le Centre du pays pour fonder le brillant royaume de Pagan. Le Sud du pays, du delta de l'Irrawadi à l'embouchure de la Sittang, autour de la région de Pégou, était en revanche le domaine du peuple Môn, dont la langue, radicalement différente, appartient au groupe môn-khmer, de la famille des langues austro-asiatiques. Le peuple Môn fut vraisemblablement le premier de la péninsule indochinoise à être en contact avec la civilisation indienne. En effet, selon la tradition bouddhique, le grand empereur bouddhiste indien Ashoka, aurait envoyé des missionnaires au pays des Môns au IIIe siècle av. J.-C., mais la présence du bouddhisme n'y est cependant attestée formellement qu'à partir du Ve siècle, à l'époque où s'installèrent, sur la côte de la mer d'Andaman, de petites colonies indiennes venues de l'Orissa.

Le bouddhisme birman
Lorsque le bouddhisme se scinda en deux grands courants au début de notre ère, il est probable que les Môns, en contact avec Ceylan, adoptèrent très vite le canon traditionnel du bouddhisme theravada par opposition au courant du mahayana qui triompha ensuite de la Chine au Tibet et au Japon et pénétra le Vietnam septentrional, l'Indonésie puis le Royaume khmer. Repoussés vers le Sud par l'invasion des Birmans, les Môns recentrèrent leur royaume dans les régions de Pégou et de Suddamavati (aujourd'hui Thaton), à l'embouchure de la Sittang. Lorsqu'au XIe siècle, le roi birman de Pagan, Anawrahta, entreprit la conquête du royaume Môn de Thaton, il fit prisonnier le roi Makuta et déplaça la famille royale à Pagan, ainsi que tous les artisans et les érudits Môn. C'est ainsi qu'il rencontra le moine Shin Arahan qui le convertit au bouddhisme du theravada, le « Petit Véhicule ». Naturellement, Anavrahta imposa sa croyance à son peuple. Afin de développer le culte du Bouddha, il entra en contact avec le roi de Ceylan qui lui envoya une réplique de la célèbre dent du Bouddha de Candy. Ces reliques furent suivies de bien d'autres, comme celles qui furent enchâssées dans les pagodes de Pagan ou ces cheveux du Bouddha qui sont, dit-on, enserrés dans l'immense stupa de la pagode Schwedagon à Rangoon. Aujourd'hui, la population birmane reste bouddhiste à 89 pour cent.

Le nouveau royaume Môn
Lorsque les troupes mongoles eurent mis fin au royaume de Pagan en 1287, les Môns, qui avaient échappé à l'invasion, fondèrent un nouveau royaume à Pégou qui subsista jusqu'au XVIe siècle. Grand centre d'études bouddhiques de l'école theravada, en particulier à la fin du XVe siècle, sous le règne du « bon roi » Dhammazedi, le pays Môn a vu se multiplier les pagodes et les stupa. C'est de cette époque que datent, dans leur forme actuelle, la grande pagode Shwemawdaw et l’immense bouddha couché Shwethalyaung qui ornent aujourd'hui Pégou. Cependant, parmi les grands lieux de pèlerinage qui attirent les fidèles, il en est un, situé entre Pegou et Thaton, à une centaine de kilomètres de chacune de ces deux villes, qui ne ressemble à aucun autre dans le monde : la pagode de Kyaiktiyo.

Un site de légende
Perchée à 1100 mètres d'altitude sur la montagne Paunglaung , dernier contrefort méridional du plateau Shan, la pagode de Kyaiktiyo est un stupa doré de sept mètres de haut qui, construit au sommet d'un extraordinaire rocher de granit, au bord d'un escarpement, semble prêt à basculer dans le vide. L'équilibre de ce rocher paraît réellement tenir du miracle et il n'est pas étonnant que la légende s'en soit emparée. La pagode Kyaiktiyo – c'est-à-dire « le stupa sur la tête de l'ermite » – ne tiendrait en équilibre que par la vertu magique d'un cheveu que le Bouddha aurait donné à l'ermite Taik Tha. Ce dernier en fit cadeau au roi en l'enjoignant de le mettre dans un rocher qui aurait la forme de sa tête. Le roi, doté de pouvoirs surnaturels, trouva le rocher au fond de l'océan et le transporta sur un bateau – qui se transforma aussi en pierre – et le déposa au bord de la falaise avec l'aide du génie qui règne sur le paradis abritant la mère du Bouddha !

Le Rocher d'or
Le site est vénéré au moins depuis le XIe siècle. Chaque année, de novembre à mars, des dizaines de milliers de pèlerins empruntent le chemin qui monte, de station en station, vers le Rocher d'or, s'arrêtant parfois pour acheter dans les petites échoppes qui le bordent des offrandes, des amulettes, des remèdes souverains à base d'insectes ou de serpents. Après avoir fait un arrêt près de la pagode Kyaukthanban –le bateau de pierre –, ils arrivent sur l'esplanade où ils peuvent acheter, dans les boutiques tenues par des moines, de minces feuilles d'or. Seuls les hommes sont autorisés à emprunter la passerelle qui conduit maintenant au rocher pour y appliquer les feuilles d'or. Certains, dit-on, parfaitement confiants dans la magie du Bouddha, le feraient légèrement osciller jusqu'à faire passer, petit à petit, un fil sous la masse du rocher ! Que se soit au soleil, sous les feux de midi, dans la lumière pourpre du soir ou encore la nuit lors de la fête des Mille Lumières qui se tient lors de la pleine lune de décembre, le Rocher d'or s'anime de reflets chatoyants qui délivrent une image féerique dans la brume bleutée qui enveloppe souvent la montagne. Les derniers rayons du soleil s'accrochent sur la pagode toute d'or qui couronne le rocher, surmontée d'une ombrelle ornée de Hamsa, l'oiseau mythique qui est le véhicule de Brahma tout autant que l'oiseau symbolique des Môns.
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BI 31 - 16 jours

Ancien fleuron de l'Empire des Indes britannique, la Birmanie devenue indépendante a renoué avec une Histoire longue et complexe qui vit les Birmans venus du Nord s'imposer aux nombreuses minorités – ... Découvrir ce voyage
 

 
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