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Le mont Popa
L'Olympe des nats
Une émeraude sertie d'or
Malgré la majestueuse présence du fleuve Irrawadi qui la parcourt du sud au nord, la grande plaine centrale de la Birmanie connaît un climat particulièrement aride et offre un paysage de steppe aux nuances ocre et jaunes. Cependant, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Pagan, la prestigieuse capitale qui domina la Birmanie du XIe au XIIIe siècle, apparaît un îlot de verdure. Le mont Popa, vestige d'un ancien volcan qui culmine à plus de 1 500 mètres d'altitude, combine à des précipitations abondantes et à ses deux cents sources, la fertilité des terres issues de la décomposition des roches volcaniques pour en faire une oasis à la végétation luxuriante : il lui doit son nom qui, en pali, signifie mont des fleurs.

Le Taung Kalat
Sur le flanc sud-ouest du mont, subsiste le noyau central de basalte d'une cheminée volcanique : un pic, aux flancs verticaux et au sommet tabulaire, qui se dresse à quelque deux cents mètres au dessus de la vallée, le Taung Kalat, ou « colline piédestal », souvent simplement appelé, par synecdoque, mont Popa. Naturellement, l'aspect spectaculaire de ce piton attira de tout temps l'attention des hommes qui en firent très tôt un lieu sacré, l'« Olympe birman ». C'est par un escalier de 777 marches que l'on accède à son sommet, ascension qui s'effectue dans un luxuriant environnement où s'ébattent de nombreux macaques qui y ont élu domicile. La cime est couronnée par un complexe de temples bouddhistes et de multiples stupas dorés. On y découvre un merveilleux panorama sur la campagne environnante et la caldeira du mont Popa, et l'on peut même, parfois, apercevoir à l'horizon la silhouette des plus hauts temples de Pagan. Mais, bien qu'ils soient objets de pèlerinages dans cette Birmanie profondément bouddhiste, ce ne sont pas ces temples bouddhistes qui reflètent l'âme du mont Popa. En effet, le Taung Kalat est avant tout la résidence de deux des principaux nats, ces esprits tutélaires dont le culte est si profondément ancré dans la tradition birmane que ni l'avènement du bouddhisme ni les tentatives d'éradication par le grand roi Anawratha au XIe siècle, ne sont parvenus à le réduire.

Les nats
Au nombre de trente-sept, les nats ne sont pas, à proprement parler, des divinités, sauf peut-être le roi des nats, Thag Yamin, qui est parfois considéré comme une transposition du dieu hindou Indra et qui tient le registre des bonnes actions des hommes dans un livre aux feuilles d'or et de leurs mauvaises actions dans un livre en peau de chien ! Tous les autres nats se réfèrent à des êtres humains qui connurent une mort violente et injuste. Les nats se doivent d'être régulièrement honorés par des offrandes – alcool, cigarettes, nourriture et argent –, afin qu'ils ne puissent manifester leur mécontentement en attirant la mauvaise fortune sur les hommes.

Monsieur Beau et Madame Face-d'Or
C'est ainsi que l'on désigne les principaux nats du mont Popa. Min Mahagiri, monsieur Beau, fils d'un forgeron, qui était très fort et capable de briser la trompe d’un éléphant, s'attira la haine du roi de Tagaung qui craignait qu’il ne lui prît son trône. Min Mahagiri se cacha alors dans un village, mais le roi conçut un stratagème ; il épousa Saw Me Ya, madame Face-d'Or, la sœur de Min Mahagiri et lui promit de faire de son frère un ministre. Celui-ci sortit alors de sa cachette ; le roi le fit arrêter, lier à un magnolia et brûler vivant. Sa sœur se jeta dans les flammes pour tenter de le sauver, mais échoua et mourut de ses brûlures. Leurs esprits habitèrent dès lors le magnolia que le roi fit couper et jeter dans l'Irrawadi : il vînt s’échouer sur les rives du royaume de Pagan sous le règne du roi mythique Thinligyaung. Les esprits offrirent au roi de protéger sa ville s'il leur donnait un lieu de résidence. Le roi fit alors transporter le tronc au sommet du mont Popa... Mais cela n'est qu'une légende parmi tant d'autres.

Le temple Mahagiri
Au pied du piton volcanique, de nombreux pèlerins s'arrêtent au petit temple Mahagiri où sont représentés par des statues polychromes, un peu naïves, les 37 nats et quelques autres, tels que ce maire d'une commune voisine tué dans un accident de la route ! Coexistant pacifiquement avec le bouddhisme, le culte des nats est célébré lors des Nats Pwé, cérémonies accompagnées de musique bruyante, au cours desquelles une chamane – ou souvent un travesti – entre en transe pour incarner l'esprit des nats. Si vous allez au mont Popa, faites attention, vous y rencontrerez peut-être aussi l'Ogresse de fleurs qui y réside de toute éternité !
Pour découvrir le mont Popa avec Clio
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