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Les dzongs
forteresses de la foi
De Guru Rimpoche au royaume interdit
Peuplé aujourd'hui par trois groupes ethniques principaux, les Bhotiā, les Népalais et, depuis le XIXe siècle, les Lhotsampa, le Bhoutan fut occupé par les hommes dès le début de notre ère, mais c'est au VIIIe siècle que son identité s'affirma, quand le pays reçut la visite du maître indien Padmasambhava – Gourou Rimpoche, le « Précieux Maître » – qui, chassant les représentants de la religion traditionnelle Bon Pô, y implanta durablement un bouddhisme tantrique proche de celui pratiqué au Tibet. Selon la tradition légendaire, Gourou Rimpoche fonda de nombreux monastères, dont le plus impressionnant demeure sans conteste le monastère de Taktshang, le « Nid de tigre », suspendu entre terre et ciel sur une falaise dominant la vallée de Paro. Longtemps divisé en principautés rivales, le Bhoutan en tant qu'Etat n'exista réellement qu'au début du XVIIe siècle, quand le moine Ngawang Namgyal, repoussant les attaques des Tibétains et unifiant les vallées méridionales du pays, donna naissance au Druk Yul, le « pays du Dragon ». Ngawang Namgyal prit le titre de Dharma Raja, assumant tant le pouvoir spirituel que temporel et instaurant ainsi une véritable théocratie. Le Bhoutan connut alors plusieurs siècles d'un isolement qui ne prit fin que récemment, sous la dynastie des Wangchuck qui règne sur le pays depuis 1907, mais ne décida d'ouvrir les portes du pays qu'en 1974 !
Cependant, durant cette phase d'isolement, le Bhoutan se montra souvent agressif, entreprenant la conquête des Douars, dans le Bengale oriental, du Ladakh, à l'autre extrémité de l'Himalaya, et dut, à de nombreuses reprises, se frotter aux Mongols et aux Tibétains. Ce fut ainsi que le pays se dota dès le XIIIe siècle, d'un étonnant réseau de forteresses, agrandies et rendues inexpugnables au XVIIe siècle : les dzongs.

Les dzongs
Au cœur de ce pays perdu où, en contrebas des sommets inaccessibles du Kula Kangri, la chaîne himalayenne s'adoucit en plateaux et en hautes collines verdoyantes arrosées par la mousson, les dzongs occupent en général de magnifiques sites défensifs. Perchés sur une arête rocheuse, dominant une vallée fertile, ils donnent à qui s'en approche, une impression de tranquille majesté. Construits par les paysans réquisitionnés pour des corvées, leur architecture unique fut codifiée par Ngawang Namgya dans une série de règles, le Driglam Namzha, qui dicte, encore aujourd'hui, le style architectural aussi bien que le vêtement porté par les Bhoutanais, la coiffure des femmes, l'usage obligatoire de la langue bhotia et même les danses rituelles des grands festivals religieux que sont les tsechus. Tous les dzongs ont donc en commun de hauts murs au fruit sensible, faits de pierres et de briques recouvertes d'un enduit de chaux blanche. Les seules ouvertures percées dans ces massives courtines qui forment la face externe des bâtiments périphériques se situent dans leur partie supérieure qui est rehaussée d'un bandeau décoratif ocre. L'ensemble des bâtiments est surmonté de toitures à faible pente, superposées à la manière des toits de pagode, ornées de motifs en cuivre doré. Naturellement, le plan varie en fonction du site sur lequel est érigé le dzong, mais ils présentent en général une forme allongée, épousant le relief dont ils semblent jaillir.

Une triple fonction
L'originalité des dzongs ne réside pas que dans leur architecture. Si leur rôle de forteresse est devenu désuet dès l'arrivée en Inde des Britanniques qui disposaient d'une artillerie moderne, les dzongs sont restés vivants et ont gardé toute leur importance de par leurs autres fonctions qui reflètent ce qu'est l'organisation politique traditionnelle du Bhoutan. Bien à l'abri derrière les murailles, de nombreux édifices s'organisent autour de plusieurs cours. Les premières sont bordées de bâtiments monastiques abritant une communauté de moines et un temple bouddhique, sobrement décoré de peintures murales figurant souvent un mandala à la structure symbolique complexe. Les édifices qui s'ouvrent sur les autres cours sont, en revanche, destinés au gouverneur – le ponlop – de la province et à ses services administratifs ou, dans le cas des dzongs de Punakha en hiver et de Thimphu en été, à abriter alternativement les instances du pouvoir central, même si le roi réside depuis 1953, dans le palais Dechencholing qui, non loin du dzong de Thimphu, est entouré de cultures en terrasses afin de signifier l'importance capitale donnée à l'agriculture dans un pays pratiquant depuis 1989 une politique volontariste et autoritaire de préservation du mode de vie traditionnel et des coutumes ancestrales.
 

 
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