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Les primitifs flamands
La réalité lumineuse
Au fil d’un long XVe siècle, les Pays-Bas, bourguignons puis espagnols, ont été les témoins d’une révolution d’une ampleur qualitative rarement notée. Une poignée d’artistes de génie a donné naissance au tableau en tant qu’univers autonome et à un réalisme pictural inédit. Près de six siècles après leur création, leurs œuvres, miroir de l’univers qui les vit éclore, fascinent toujours autant.

Primitifs, vraiment ?

Les termes « primitifs flamands » sont nés au XIXe siècle, non pas comme une dénomination péjorative, mais simplement pour souligner leur antériorité en tant que peintres de chevalet par rapport aux artistes qui leur succéderont au XVIe siècle. Tentant d’échapper à cette connotation peu flatteuse, l’historien d’art Erwin Panofsky, en 1953, préférait parler « d’Ars Nova », en référence au renouveau, musical celui-là, du XIVe siècle. Vaine tentative : le terme de « primitifs », plus commode, est resté, mais il est toujours bon de rappeler ce qu’il recouvre réellement. Nous parlons bien d’une phase tout à fait novatrice, parallèle à la Renaissance florentine et d’une importance aussi essentielle dans l’évolution de l’art européen. Elle se caractérise par un langage illusionniste, en rupture avec l’esthétique précieuse du gothique international du siècle précédent, et est le fruit de l’alliance paradoxale d’une vigoureuse monumentalité et d’une vision microscopique léguée par les miniaturistes. Puissance et raffinement : tout le contraire d’un primitivisme à dénigrer !

Le contexte

L’émergence de l’Ars Nova est étroitement liée au contexte géographique et social qui en constitue le terreau fertile. Le lieu, ce sont les Flandres qu’une série d’aléas dynastiques ont placées aux mains des ducs de Bourgogne. Ces Pays-Bas bourguignons, gouvernés avec sagesse par quatre ducs successifs, sont alors une des régions les plus prospères d’Europe. A une vie de cour de plus en plus raffinée fait écho l’émergence d’une bourgeoisie d’affaire, avide d’atteindre le confort de vie de la noblesse. Les bourgeois sont ainsi les principaux commanditaires des œuvres. Les riches Flamands, mais aussi les membres des communautés de négociants et de financiers espagnols et italiens, comme les Portinari ou les Arnolfini, veulent tous décorer leurs intérieurs de ces panneaux lisses comme des miroirs, incorporés dans un cadre, telle une vitre dans un châssis de fenêtre, sorte de boîtes à images qui dispensent sur chaque mur et dans chaque espace le même enchantement visuel.

La technique

Cette réputation d’excellence, la peinture des primitifs flamands la doit en grande partie à la technique développée par les maîtres. Vasari affirme que Van Eyck aurait inventé la peinture à l’huile, avant qu’Antonello de Messine ne la diffusât dans la péninsule. Peu importe au fond. L’important est la découverte que l’on peut lier les pigments avec de l’huile plutôt qu’avec l’eau et l’œuf utilisés dans la tempera. Grâce à l’huile, on peut superposer de fines couches de couleurs transparentes ou glacis, en allant du plus clair au plus foncé. La couche de préparation claire reflète la lumière à travers les couches successives, donnant une intensité de couleur unique.


Entre les tours de Bruges et Gand comme le chante Jacques Brel

Les deux villes rivales ont été les fers de lance du dynamisme économique des Etats bourguignons, et elles conservent tout naturellement bon nombre de panneaux réalisés sur place. A l’abri depuis sa création dans la cathédrale de Gand, l'Agneau mystique de Jan van Eyck crée un espace illusionniste et symbolique. Dans ce gigantesque retable, superbement ordonné, l'imitation de la réalité est d'une précision confondante. Le souci de reproduire chaque détail est une constante dans l'œuvre du maître, dont le sens de l'observation est particulièrement aigu. Cela vaut pour la texture des vêtements (les capes en brocart des anges musiciens dont les mouvements des lèvres correspondent aux quatre voix de la polyphonie), les meubles (le livre posé sur les genoux du Baptiste, dont on peut lire les phrases) ou encore les figures humaines (les corps nus d'Adam et Eve, d'une humanité impressionnante). Dans les jardins du Paradis, on a pu identifier trente espèces de fleurs et de plantes, ainsi qu'une quinzaine d'arbres et d'arbustes !
A Bruges, Hans Memling a son musée, installé dans le superbe bâtiment médiéval de l’hôpital Saint-Jean. Parmi les œuvres se détachent les portraits plein de vie des bourgeois flamands, ou le Mariage mystique de sainte Catherine, à la composition parfaite, avec l’ample manteau de la sainte, toute en retenue au moment de célébrer ses noces célestes. La châsse de sainte Ursule illustre la vie et le martyre de la vierge de Cologne. On peine à croire comment tant de détails peuvent tenir dans des espaces aussi réduits.
Un petit pont jeté sur un canal romantique mène au musée Groeninge. Dans ses salles feutrées, on retrouve Van Eyck. La Madone au chanoine Van der Paele est prodigieuse par le portrait d’un réalisme terrible du vieillard agenouillé dans son surplis translucide. Le peintre a aussi laissé un émouvant portait de son épouse Marguerite, toute d’humilité sous sa coiffe à cornes. Enfin, le dernier des grands maîtres brugeois, Gérard David, livre une vision très personnelle du Jugement de Cambyse, plaçant la dramaturgie au sein d’un paysage agreste et apaisé.
En un siècle, les maîtres flamands ont bien ajouté une page merveilleuse au grand livre de l’art universel...
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En 1419, le duc de Bourgogne Philippe le Bon transfère la capitale de ses états dans la ville flamande de Bruges. Déjà florissante, cette région devient le centre d'un des pouvoirs les plus affirmés d'Europe. ... Découvrir ce voyage
 

 
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