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Le centre historique de Bruges
La Flandre vive
Qu'on se le dise : Bruges en a fini avec le long engourdissement où l'a plongée l'ensablement de son port au XVIe siècle. D'année en année, elle se dépouille de l'image de « Bruges-la-Morte » que Georges Rodenbach lui a superbement prêtée au bout d'un XIXe siècle romantique à souhait. Aujourd'hui, la perle des villes d'art de Belgique sait sourire à la terrasse d'un café, au pied du beffroi, quand un rayon de soleil vient la caresser, ou se calfeutrer derrière les fenêtres à meneaux de ses hôtels historiques, quand les éléments sont moins cléments. Bruges bouge, invente, innove, mais elle se souvient aussi, quand il le faut, que le talent de ses enfants l'a dotée d'un des plus riches patrimoines architecturaux d'Europe. Bruges, ou la démonstration que l'Histoire peut être un tremplin pour l'avenir.

Des marchands maîtres et mécènes
La « Venise du Nord » : un autre cliché qui a la vie dure... et qui ne mérite peut-être pas tout à fait de disparaître. Pas tellement pour le côté aquatique de la comparaison : entre la large majesté du Grand Canal de la Sérénissime et le réseau serré et torturé des cours d'eaux brugeois, la similitude n'est sans doute pas si évidente. Mais Venise et Bruges ont toutes deux bâti leur fortune sur le commerce. Là, les comptoirs de l'Adriatique, puis le rêve oriental, soieries et épices... Ici, l'industrie drapière des Flandres et la puissance économique de la Hanse. Dans ce XVe siècle vécu comme un apogée, les négociants de dix-sept nations y ont des comptoirs. On y vend des tissus d'Italie et d'Orient, des fourrures de Russie, des métaux de Hongrie et de Bohême. La laine vient des îles britanniques toutes proches, les fruits de Grenade et d'Egypte, les épices d'Arabie, les vins du Rhin. En 1468, en une seule marée, on voit 150 vaisseaux accoster à ses quais. La bourgeoisie marchande, immensément riche, investit dans la beauté de la ville. C'est elle qui fait bâtir le long des canaux ses somptueuses demeures. Elle encore qui commande aux peintres de Flandre, triptyques et retables pour orner ses chapelles funéraires. Elle toujours qui porte toute une civilisation à son sommet.

Bruges la Belle
Dans la ville, la beauté éclate à chaque pas : sur le Markt, la place du Marché, que domine l'altière silhouette des halles et du beffroi ; à la façade de l'hôtel de ville, petite châsse de pierre festonnée jusqu'au toit ; dans la puissante tour de brique de Notre-Dame qui s'envole vers les nuages, comme pour signaler au passant les trésors qui l'attendent sous ses voûtes. Charles le Téméraire et sa fille Marie de Bourgogne l'ont élue comme dernière demeure et ils y dorment sous de somptueux gisants de cuivre doré et ouvragé. Dans une niche, diaphane sur un fond de marbre noir, se détache une Vierge à l'Enfant de Michel-Ange qui reflète toute la sérénité d'un jeune génie de 25 ans. Beauté au Béguinage encore, passé le lac d'Amour et ses frondaisons romantiques. Fondé pour protéger les dames esseulées par le départ de leurs chevaliers en Terre sainte, il aligne ses maisons de poupées, blanchies à la chaux, dans une ronde paisible et hors du temps.

Un peintre à l'hôpital
Baigné par les eaux tranquilles d'un canal que vient à peine troubler le passage des bateaux-mouches, l'hôpital Saint-Jean ne se contente pas d'être un des plus anciens d'Europe. Ses voûtes séculaires, qui accueillaient jadis toutes les misères de la ville mais aussi tous ses réconforts, protègent aujourd'hui les chefs-d’œuvre du dernier des Primitifs flamands : Hans Memling. Affectant la forme d'une chapelle gothique, la châsse de sainte Ursule raconte, en six tableaux d'une précision miniaturiste, le cheminement de la sainte rhénane vers le martyre. A côté, un grand retable à volet illustre les épousailles mystiques de sainte Catherine. Memling semble avoir trouvé là l'équilibre parfait entre la vigueur des figures, pleines de vie et de couleurs, et la délicatesse toute retenue de la Vierge et de sainte Catherine, célébrant leur union céleste en un souffle muet.

L'hôpital Saint-Jean a transféré ses derniers patients dans des locaux neufs en 1977.
A la pointe de la rénovation urbaine, Bruges est inépuisable et vous succomberez tôt ou tard à la tentation d'y goûter à nouveau. Alors, vous flânerez sans fin par les lieux aux noms si évocateurs : quai du Rosaire, rue de l'Ane aveugle... Et vous découvrirez le secret de Bruges : toute de brique et de dentelle, sa mémoire tient dans un carreau de fenêtre que le volet de l'Histoire protège désormais.
Pour visiter Bruges avec Clio
BL 60 - 3 jours

En 1419, le duc de Bourgogne Philippe le Bon transfère la capitale de ses états dans la ville flamande de Bruges. Déjà florissante, cette région devient le centre d'un des pouvoirs les plus affirmés d'Europe. ... Découvrir ce voyage
 

 
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