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Paharpur
Le plus grand monastère bouddhique du monde indien
Le Sangha
Au Ve siècle avant notre ère, après qu'il eut reçu l'illumination sous l'arbre pipal à Bodhgaya et réuni ses disciples à Sarnath pour prononcer son premier sermon, le Bouddha passa le reste de son existence à prêcher sa doctrine et à organiser la communauté de ses disciples. Ceux-ci menaient une vie d'ascètes errants, loin des contraintes de la vie sociale, passant neuf mois par an à mendier sur les routes, vêtus de haillons teints en ocre et le crâne rasé, mais sans austérité inutile. Durant la saison de la mousson, ils se rassemblaient cependant auprès de maîtres ayant atteint un haut niveau de réalisation, formant l'embryon de la communauté monastique bouddhique, le Sangha. Au fil des siècles, l'organisation monastique prit de plus en plus d'importance. Les monastères s'installèrent de manière pérenne souvent à proximité de stupas contenant des reliques du Bouddha ou de lieux de pèlerinage, tel, dès le IIe siècle, le monastère de Sanchi en Inde centrale. Ce fut cependant avec l'avènement de l'école du Grand Véhicule, le Mahayana, que l'organisation monastique connut son épanouissement dans le monde indien.

Les grands monastères du Bengale
Durant la seconde moitié du Ier millénaire, l'Inde du Nord fut divisée en de nombreux petits Etats souvent éphémères, mais, au VIIIe siècle, la dynastie des Pala imposa sa domination sur une grande partie de l'Inde orientale, incluant le Bangladesh actuel. Dharmapala – son plus grand souverain (770-810), qui était un fervent bouddhiste – fit restaurer le temple de Bodhgaya et développa au Magadha et au Bengale un réseau de grands monastères – des mahavihara –, centres de dévotion et d'enseignement bouddhique. Si la localisation du grand complexe de Nalanda qui accueillit jusqu'à 8 500 étudiants restait connue, celle des autres grands vihara sombrèrent dans l'oubli au cours des siècles qui suivirent leur abandon, après l'invasion musulmane du XIIe siècle et le déclin définitif du bouddhisme en Inde. Il en fut ainsi du plus grand des monastères bouddhiques jamais édifiés en Inde, le Somapura Vihara.

Paharpur
Rapidement après son abandon, Somapura Vihara ou « ville de la Lune », fut recouvert par la végétation et la terre, s'accumulant entre les racines de grands banians, transforma le site en une colline s'élevant curieusement au-dessus de la plaine alluviale. Les habitants du lieu la nommaient Pahar (la colline) Pura (de la ville). En 1812, un médecin écossais au service de la British East India Company reconnut dans ce site les vestiges d'un temple bouddhiste. Après une étude superficielle faite en 1879 par Alexander Cunningham, premier directeur de l'Archaeological Survey of India, les véritables fouilles furent l'œuvre de K.N. Dikshit et s'achevèrent en 1934. Depuis cette époque, seules quelques investigations limitées furent conduites sur le site, et son histoire demeure parsemée de points d'interrogation.

Une architecture nouvelle
Il semble que le vihara de Paharpur fut l'un des tout premiers exemples de monastères dont l'architecture ait été conçue selon un plan organisé rassemblant les cellules de moines, ici au nombre de 177, autour d'une vaste cour carrée entourée d'un mur d'enceinte de 280 mètres de côté et ouverte au nord par une porte précédée d'un bassin où se reflétait, comme à Angkor Vat, le sanctuaire central. Ce dernier, entièrement construit en briques et de plan cruciforme redenté, combinait, peut-être pour la première fois, le stupa, noyau central de l'édifice, et les salles de culte. Un escalier au nord conduisait à trois terrasses en retrait jusqu'à une hauteur de plus de 20 mètres. La seconde terrasse formait un chemin circumambulatoire donnant accès à quatre chapelles faisant face aux points cardinaux. En revanche, on ne sait pas quelle forme affectait la partie sommitale du temple : tour en forme de stupa, comme les pagodes de Pagan en Birmanie ou un sikhara en forme de pain de sucre comme le temple de la Mahabodhi de Bodhgaya.

Sculptures et terracotta
Le temple de Paharpur est exceptionnel par la profusion de sa décoration. Le premier niveau était orné de 63 bas-reliefs de pierre représentant des divinités hindouistes – Yamuna, Shiva, Krishna – ce qui laisse à penser que la première phase de construction fut effectuée avant le triomphe du bouddhisme mahayana sous la dynastie Pala. La seconde terrasse présente un ensemble de 2 800 plaques de terre cuite réalisées avec une grande maîtrise, représentant quelques scènes de la vie du Bouddha, mais surtout les épisodes de légendes locales, des musiciens, des charmeurs de serpents, des scènes de la vie quotidienne. Non loin du complexe principal, un petit temple, aujourd'hui arasé, était dédié à Tara, attestant l'influence du bouddhisme tantrique au Bengale au XIIe siècle. Tant par son architecture que par sa décoration, le temple de Paharpur s'inscrit dans la lignée des grandes réalisations khmères d'Angkor et influença même peut-être le temple de Borobudur en Indonésie.
 

 
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