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Le trésor de la Hofburg
Symbole ancestral du pouvoir des Habsbourg
C’est au cœur du prestigieux palais impérial de Vienne, qu’est logée la célèbre Schatzkammer, ou « chambre du trésor ». Installée dans la partie la plus ancienne de la Hofburg, dite « aile des Suisses », elle regroupe, à travers cinq sections, les joyaux de la couronne, ainsi que de nombreux objets et insignes du pouvoir. D’une valeur inestimable, tant par la richesse de leurs matériaux que par leur portée symbolique, ils invitent le visiteur à retracer mille ans d’histoire européenne incarnés entre autres par la couronne impériale du Saint Empire germanique (962), la couronne impériale d’Autriche (1602), le trésor de l’ordre de la Toison d’or (XVe siècle), mais encore par une coupe d’agate associée au Saint Graal, ainsi qu’une canine de narval longtemps perçue comme une corne de licorne.

Parfois disparates, les pièces ici réunies nous indiquent ainsi l’évolution, dans leur fonction, des collections d’apparat. Comme trésor princier, elles étaient, au Moyen Age, l’incarnation vivante et sacrée du pouvoir. Mais, doublées à la Renaissance d’un cabinet de curiosités et d’objets d’art, elles se parent aussi d’une dimension ostentatoire et symbolique, visant à restituer, tel un microcosme, la richesse et la complexité du monde. A l’époque des Lumières, à la fois rationnelle, encyclopédique, férue de sciences naturelles, le trésor s’enrichit de pierres précieuses, sublimées par la taille et l’art des joailliers, à l’image du Florentin, l’un des plus gros diamants au monde. A la faveur de la Révolution française puis de la défaite de Napoléon Ier, vinrent s’ajouter d’autres pièces prestigieuses, ainsi le berceau en argent de l’Aiglon. A la fin du XIXe siècle enfin, l’empereur François-Joseph fit transférer vers les salles du nouveau Kunsthistorisches Museum la plupart des précieuses pièces d’orfèvrerie et des petites statues, sans déplacer pour autant l’ancestrale Schatzkammer, où vint prendre place, en 1921, le trésor nouvellement acquis des Capucins. Mises à mal au moment de l’Anschluss, les collections furent alors amputées des emblèmes du Saint Empire romain germanique, transférés par Hitler à Nuremberg puis restitués en 1946. Mais, depuis 1954, le trésor de la Hofburg resta ouvert au public sans interruption et fut même agrandi de nouvelles salles en 1987.

D’un souverain à l’autre

Construit à partir de 1275, le noyau central de la Hofburg se trouvait au niveau de l’actuelle porte des Suisses, datée de 1552, puis baptisée deux cents ans plus tard du nom de la garde au service de l’empereur François Ier. Placé ici à l’origine, le trésor impérial déménagea à plusieurs reprises avant de retrouver sa place dans l’aile des Suisses en 1723. Entre-temps, l’empereur Rodolphe II (1576-1612) l’avait fait installer au XVIe siècle dans le bâtiment dit « de la Stallburg ». Esthète raffiné et collectionneur passionné, il l’avait enrichi de nombreuses œuvres d’art, mais aussi de sa couronne éponyme, réalisée en 1602 en or, émail et pierres précieuses et appelée à devenir par la suite la couronne impériale d’Autriche. A sa mort, en 1612, une partie des œuvres et objets d’art qu’il avait réunis à Prague vint aussi rejoindre la Schatzkammer.

Dès le règne de Léopold Ier (1658-1705), on dispose d’inventaires précis, et c’est avec l’avènement de Marie-Thérèse (1740-1780) qu’on observe d’importantes modifications. Déplorant l’engouement hérité des cabinets de curiosité pour les objets naturels, ainsi les coraux ou les œufs d’autruche, sertis dans des montures artistiques qui les magnifiaient, l’impératrice n’avait pas hésité alors à qualifier sa propre couronne de « bonnet de fou ». Cette formule désobligeante encouragea la valorisation avant tout artistique des collections, au détriment des objets insolites, et la présentation du trésor impérial fut alors totalement réorganisée, intégrée à un mobilier et une décoration rococo particulièrement prestigieuse. En 1782, Joseph II s’employa à scinder la salle du Trésor en deux avec, d’un côté, les collections religieuses et, de l’autre, les collections profanes.

Un trésor sauvegardé, haut-lieu du patrimoine viennois et européen

De nos jours, le trésor de la Hofburg, devenu musée public, n’a de cesse de fasciner ses visiteurs. On y découvre tout d’abord les insignes impériaux retenus pas l’empereur François Ier en 1804 – avec, à côté de la couronne de Rodolphe, le globe et le sceptre –, puis les insignes de l’archiduché d’Autriche. S’offre ensuite au regard le trésor de l’ordre de la Toison d’or, venu de Bruxelles en 1794, avec, parmi les parements liturgiques de l’ordre, la croix de serment, ornée des armes du duché de Bourgogne. Marie de Bourgogne (1457-1482), fille de Charles le Téméraire, avait en effet apporté en dot une grande partie du duché de son père à son mari l’archiduc Maximilien d’Autriche (1459-1519), lui-même futur empereur habsbourgeois.

Les pièces les plus anciennes, importées en 1800 de Nuremberg, proviennent du Saint Empire romain germanique, et sont conservées dans la quatrième section. Exécutée dans un atelier d’orfèvrerie rhénan, la couronne en or, pierres précieuses, perles et émail fut ainsi réalisée pour le sacre d’Othon le Grand, en 962, à Rome. Symboles respectifs de justice et de sagesse, y sont représentés, à côté du Christ en majesté, le roi David et le roi Salomon. Le globe impérial, réalisé à Cologne, fut remis pour sa part en 1191, lors du sacre d'Henri VI, appartenant à la maison de Hohenstaufen. A ces pièces emblématiques, s’ajoutent la Sainte-Lance, considérée de fait comme contemporaine du Christ, ainsi que l’épée de l’empire, exécutée en 1220 pour le sacre de Frédéric II.

Enfin, si la plupart des œuvres d’art autrefois conservées dans la Schatzkammer appartiennent aujourd’hui aux collections du Kunsthistorisches Museum, nombre de pièces de la cinquième section ne font pas référence à la seule dignité impériale, mais rappellent aussi comment les Habsbourg aimaient asseoir leur prestige sur la beauté d’objets rares et précieux. Le bouquet de joyaux réalisé pour Marie-Thérèse au milieu du XVIIIe siècle, resplendissant de pierres précieuses, d’argent et de cristal de roche, en est l'une des plus remarquables illustrations. Figurant des fleurs ouvragées, il indique comment l'art parvient à sublimer la nature, à l'élever au rang de la perfection, seule digne des souverains.
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Vienne, capitale d'Empire, est restée depuis les Habsbourg, mécènes et mélomanes, une capitale artistique qui brille par la richesse de ses musées et la beauté de son architecture baroque et moderniste. ... Découvrir ce voyage
 

 
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