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La cathédrale Saint-Etienne de Vienne
Un joyau serti dans le cœur de l'Autriche
Le Stephansdom est, assurément, le monument le plus cher au cœur des Viennois. Ce n'est pas un hasard s'ils surnomment sa tour altière « Steffl – le petit Etienne », comme un enfant dont chacun se préoccuperait de la bonne santé, gage de la perpétuation de la ville au travers des remous de l'Histoire.

Enchâssée dans la ville

Aucun baron Haussmann n'a percé le cœur de Vienne d'artères rectilignes ou de parvis aérés, aussi, la cathédrale nous apparaît-elle, privilège rare, dans l'espace médiéval qui était le sien aux XIVe et XVe siècles. Ici, nous pouvons encore ressentir l'étroite osmose, tant géographique que spirituelle, qui unissait jadis une ville et son église-cathédrale. La flèche sud, merveille de guipures ajourées portant haut dans le ciel ses festons de pierre, est l'axe de Vienne, où, pour reprendre les mots de l'écrivain Adalbert Stifter, « la cathédrale Saint-Etienne apparaît en quelque sorte comme un centre autour duquel gravite la ville » (Aus dem alten Wien). A maintes reprises, Saint-Etienne fut aussi au cœur de l'histoire autrichienne. Ainsi en fut-il à l'occasion du mariage des petits-enfants de l'empereur Maximilien Ier et des enfants de Ladislas Jagellon, roi de Hongrie et de Bohême. Ces doubles noces de Charles Quint et de son frère cadet Ferdinand furent lourdes de conséquences pour la puissance des Habsbourg. C'est également là que, le 4 août 1782, Mozart épousa Constance Weber en ressentant alors « l'immense bonheur » qu'il évoquera plus tard. Pouvait-il se douter que, moins de dix ans après, sa dépouille serait descendue dans la crypte pour une brève absoute, avant d'être emportée vers le carré des indigents du cimetière Saint-Marc ? En 1916, les obsèques grandioses du vieux François-Joseph semblaient, elles, annoncer le proche écroulement de l'empire austro-hongrois...

Une halle sombre et majestueuse

La cathédrale constitue un exemple remarquable « d'église-halle », à plusieurs nefs d'égale hauteur, solution architecturale fort appréciée dans le monde germanique. Il résulte de ce parti-pris architectural une belle ordonnance gothique, vaste et équilibrée. Il règne ici comme un air de mystère, irréel et difficilement saisissable. Cette impression, c'est l'intérieur lui-même qui la fait naître, par l'obscurité qui règne dans le haut de la nef centrale, démunie de fenêtres, par les figures de saints groupés sans logique mais avec goût devant les corps des piliers, par les réseaux compliqués des arêtes des voûtes, par toute la lumière enfin, doucement atténuée.

De la chaire au tombeau

Saint-Etienne est un endroit rêvé pour qui veut découvrir le travail des sculpteurs du bas Moyen Age. La nef est le domaine d'Anton Pilgram, auteur de la remarquable chaire, taillée – prodigieuse prouesse – dans un seul bloc de pierre. Dans les panneaux de sa balustrade, les quatre Pères de l'Eglise occidentale, grandeur nature, s'appuient sur les livres qu'ils viennent de fermer, fatigués d'avoir médité et écrit. Des visages, de facture réaliste, presque caricaturale dans le cas de saint Jérôme, émane une émotion profonde et tenace. Pour signer son œuvre, Pilgram s'est représenté sur la chaire, dans une grandeur égale à celle des Pères, mais à un endroit moins important. On le découvre, le compas à la main, qui regarde d'une fenêtre placée sous l'escalier. Il est aussi l'auteur de la merveilleuse petite tribune d'orgues, toute ondulante des entrelacs de ses nervures, qui ressemble à un nid d'hirondelle pétrifié accroché au bas-côté de l'église.
Dans le chœur des Apôtres, l'empereur Frédéric III dort de son dernier sommeil, dans un somptueux catafalque de marbre rouge tacheté de blanc, entouré d'une balustrade où les princes électeurs le veillent. Le tombeau fut projeté par Nicolas de Leyde que l'empereur fit venir de Strasbourg en 1463. On y voit le souverain avec ses ornements, une figure qui paraît presque vivante. Sa tête est couronnée, son corps revêtu d'une dalmatique et d'un pluvial, signes du sacre à lui conféré, et de sa dignité de protecteur du peuple chrétien. Cette dalle est travaillée comme un élément composé de plusieurs morceaux, marqué de sombres fentes. La pierre tachetée, qui va à l'encontre de l'articulation plastique, fait de l'œuvre un tableau impressionnant.

Au moment de quitter l'église, la musique s'élève soudain. Mozart, l'Ave Verum. Comment pourrait-il en être autrement, ici, à Vienne ? Lorsque nous aurons retrouvé la rue et que nous nous retournerons une dernière fois pour admirer la cathédrale, sa grande tour nous apparaîtra peut-être comme un « final » étourdissant. Nous serons une dernière fois impressionnés par l'harmonie qui se dégage de l'imposante nef, du toit multicolore de tuiles vernissées, de tout cet édifice qui s'élance vers le ciel comme pour nous en montrer le chemin.
Pour découvrir la cathédrale Saint-Etienne avec Clio
AU 100 - 4 jours

Vienne, capitale d'Empire, est restée depuis les Habsbourg, mécènes et mélomanes, une capitale artistique qui brille par la richesse de ses musées et la beauté de son architecture baroque et moderniste. ... Découvrir ce voyage
 

 
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