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Egon Schiele
Eros et Thanatos
Un talent précoce
Egon Schiele est aujourd'hui reconnu comme l'un des artistes autrichiens les plus importants du XXe siècle, figure remarquable et inclassable de l'expressionnisme viennois porté à l'incandescence.

Né en 1890, il est le fils d'un chef de gare d'origine viennoise et d'une mère issue d'une famille de paysans et d'artisans de Bohême du Sud. Dès l'enfance, le jeune Egon, élevé avec deux sœurs, manifeste un réel talent pour le dessin et, en 1905 – l'année qui voit la disparition de son père –, il réalise ses premières peintures, parmi lesquelles des autoportraits d'une facture tout à fait originale. La mort prématurée du père affecte profondément l'adolescent et engendre chez lui une vision très sombre du monde qui l'entoure. Son oncle, devenu son tuteur, cherche à l'orienter vers une carrière dans les chemins de fer d'Etat – ce qui correspondait à ses propres fonctions d'ingénieur et aux volontés de son frère défunt –, mais, avec le soutien de sa mère, le jeune homme entre, en 1906, à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne.

Pour un art Nouveau
Schiele juge l'enseignement de ses maîtres trop traditionnel et quitte l'Académie pour créer, avec certains de ses camarades partageant les mêmes aspirations que lui, le « groupe pour un Art nouveau », encouragé par certains critiques non conformistes. C'est à ce moment que Schiele rencontre Anton Peschka, qui sera pour lui un fidèle compagnon de route et qui épousera l'une de ses sœurs. En 1907, la rencontre de Gustav Klimt, alors âgé de 45 ans, apparaît comme un moment décisif pour l'évolution du jeune artiste qui va considérer comme son maître le peintre le plus en vue de la Sécession viennoise. Schiele n'a pas encore 20 ans quand il présente ses premières œuvres à l'Exposition internationale des Beaux-Arts de Vienne. C'est l'occasion pour lui d'établir des contacts avec les galeristes et les collectionneurs, ce qui lui vaut d'être employé par l'atelier d'Art de Vienne, fondé en 1903 par Josef Hoffmann.


De la Sécession au Blaue Reiter
Sa manière personnelle s'affirme bientôt dans une direction qui l'éloigne de la « Sécession » pour le rapprocher des expressionnistes du Blaue Reiter qu'il fréquente à Munich. Il expose à Budapest, Munich et Cologne et ses œuvres, comme toutes celles des expressionnistes, suscitent alors des réactions contrastées de la critique. Décrit par certains comme un « cerveau perdu », il poursuit ses expériences d'avant-garde et rencontre, en 1911, Wally Neuzil qui devient sa compagne. Installé à Krumlov, en Bohême, il peint de nombreux paysages urbains. De retour près de Vienne, le couple est en butte à l'hostilité de ses voisins qui lui reprochent des mœurs jugées trop libres et une production de dessins d'inspiration érotique. L'artiste est accusé de détournement de mineurs, un dessin décroché du mur de son atelier et brulé solennellement au tribunal. Une centaine de peintures sont confisquées par le tribunal pour « outrage aux bonnes mœurs ». Il passera 24 jours en prison et ne cessera pas pendant sa détention de dessiner sa cellule et des autoportraits comme "L'artiste prisonnier de lui-même". Cet épisode ne nuit en rien à son succès. Sa renommée s'étend et dépasse les frontières autrichiennes.

En 1913 il rompt avec son égérie et installe un atelier à Vienne. Il participe à de nombreuses expositions en Allemagne, mais aussi en Belgique, en France et en Italie. Il est mobilisé en 1915 pour transférer des prisonniers russes vers les camps de détention et peint alors des portraits de cette humanité en guerre, militaires autrichiens et soldats vaincus . Marié en 1915 à Edith Harms qui était sa voisine, il est muté à Vienne dans le service d'intendance jusqu'en 1918, année au cours de laquelle il réalise un portrait de Klimt sur son lit de mort.

En mars 1918, il organise l'exposition de la Sécession viennoise et peut y présenter une cinquantaine d'œuvres dont la plupart sont vendues. Il ne profitera pas longtemps de ce succès artistique et financier car son épouse décède en octobre 1918 de la grippe espagnole. Trois jours après l'artiste emporté par le même mal. Il a 28 ans.

Eros et Thanatos
Malgré la brièveté de sa carrière, Egon Schiele laisse une œuvre considérable : trois cents peintures et trois mille dessins, aquarelles ou gouaches.

Le musée Léopold à Vienne possède la plus grande collection d'œuvres de l'artiste tandis que le musée du Belvédère abrite plusieurs de ses chefs d'œuvres.

Schiele, qui fut un grand voyageur dans les frontières de l'Europe Centrale, peignit de nombreux paysages mais les portraits dominent dans son oeuvre. Exceptionnellement paisibles, comme celui de Judith Harms en 1915, ou les portraits de scientifiques ou de critiques d'art de son entourage, mais le plus souvent tendus ou dramatiques. De nombreux tableaux sont autobiographiques comme La mort et la jeune fille du Musée du Belvédère inspiré par sa rupture douloureuse avec Wally Neuzil ou la galerie de figures puisées aux hasards des rencontres de la guerre.

Son œuvre est surtout connue pour faire une place importante à l'inspiration érotique, abordant frontalement la sexualité sous toutes ses formes, magnifiée par la force et la nervosité du dessin et la crudité subtile des couleurs. La liberté des poses et les cadrages audacieux ajoutent à la transgression révolutionnaire du sujet. Schiele a réalisé près d'une centaine d'autoportraits dont certains des plus remarquables mettent en scène sa propre sexualité et l'on ne peut s'empêcher de confronter sa démarche personnelle au succès que rencontre alors la psychanalyse naissante. Son œuvre contribue ainsi, à travers l'effort d'introspection qu'elle exprime, à l'exploration en profondeur des émotions humaines, en un temps où la guerre, ses incertitudes et ses drames submergeait l'Europe en remettant en cause les espoirs suscités par les illusions du Progrès.
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