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L'antiquité, la naissance de la nation arménienne

Au cœur du Caucase et au carrefour des grands empires (mède, perse, macédonien, romain puis byzantin, seldjoukide, ottoman et russe), l'Arménie connut une succession de périodes d’occupation et de sujétion entrecoupées de brefs moments d’indépendance. Quand, à la fin du VIIIe siècle avant notre ère, la puissance du grand royaume d'Ourartou fut brisée par les forces assyriennes de Sargon II, et que, plus au sud, s'effondraient les royaumes néo-hittites, les régions du Caucase virent l'arrivée de nouvelles populations dont la langue appartenait à un rameau isolé de l'ensemble indo-européen, qui se mêlèrent certainement aux populations ourartéennes pour donner naissance à l'entité arménienne. Vassale de l'Assyrie puis des Mèdes et des Perses, conquise par Alexandre le Grand, l'Arménie s'érigea pour la première fois en royaume en ~190 sous la direction d'Artaxias, mais tomba vite sous le joug des Parthes. En ~95, sous le règne de l'artaxiade Tigrane II, l'Arménie réussit à se constituer en Etat indépendant mais éphémère puisqu'il fut pris en ~66 par Pompée ! Le pays tomba ensuite aux mains des Perses et ce fut sous le règne d'un prince parthe, Tiridate III que survint un événement capital pour l'histoire de l'Arménie.


Grégoire l'Illuminateur

Fervent sectateur d'Anahita, Tiridate III persécutait les chrétiens, mais, nous dit la légende, était atteint de lycanthropie ! Sur les conseils de sa sœur, il fit appel à Grégoire l'Illuminateur, issu d’une famille princière parthe, qui avait reçu une éducation chrétienne en Cappadoce, qui réussit à le guérir miraculeusement. Tiridate III se convertit alors au christianisme, brisa les idoles et imposa sa nouvelle foi au pays, faisant de l'Arménie le premier pays chrétien du monde, en 301. L'œuvre de Grégoire fut poursuivie en particulier par Mesrop qui mit au point l'alphabet arménien. Le christianisme survécut aux persécutions ultérieures par les Sassanides puis les musulmans.


L'Age d'or des Bagratides

A la fin du IXe siècle, profitant des luttes entre les Byzantins et le califat abbasside, Achot Ier le Grand Bagratouni, couronné par le catholicos et sacralisé par l’onction d’huile sainte, réussit à se faire reconnaître roi d’Arménie par le calife et l’empereur byzantin. Au milieu du Xe siècle, l'Arménie cessa de payer tribut et atteignit le faîte de sa puissance, dans une période de prospérité sans précédent. Achot III, qui régna de 951 à 977 choisit une ancienne forteresse, non loin de l'Akhourian, un affluent de l'Araxe, pour y établir sa capitale : Ani.


L'apogée de l'architecture arménienne

« Ville aux quarante portes, aux cent palais et aux mille églises », Ani atteignit alors 100 000 habitants – autant que Le Caire – s'entoura de puissantes murailles, se couvrit de palais, de marchés, d'auberges, mais ce sont ses églises qui font d'Ani un témoignage architectural exceptionnel. La cathédrale, achevée en l'an Mil, est due à Tiridate, héritier de la longue tradition des architectes arméniens dont les talents avaient déjà été employés par les Romains et les Byzantins. Brillant ingénieur, l'architecte Tiridate avait résolu, bien avant l'avènement du gothique en Occident, le problème des poussées, lui permettant d'agrandir la nef centrale de la cathédrale et de ménager des ouvertures dans la coupole. Son travail fut si apprécié que c'est à lui que l'empereur Basile II fit appel pour reconstruire la coupole de Sainte-Sophie. On lui doit aussi l'église Saint-Grégoire de Gagkashen, rotonde à trois niveaux. Mais les formes architecturales sont à Ani d'une remarquable variété, comme s'il s'était agi d'un atelier d'expérimentation. L'église Saint-Grégoire d'Aboughamrentz présente un curieux plan dodécagonal, l'église Saint-Sauveur, avec sa vaste coupole reposant sur huit trompes, était décorée d'arcatures aveugles sculptées de décors floraux, tout comme l'église Saint-Grégoire de Honentz. L'église des Saints-Apôtres comporte aussi un jamatoun, salle de réunion ou chapitre, associé à une église ou un monastère, avec une coupole reposant sur quatre colonnes, qui deviendra plus tard un élément caractéristique de l'architecture arménienne.

Au XIe siècle, la Grande Arménie se désagrégea progressivement et, en 1045, Ani tomba aux mains des Byzantins, le dernier des Bagratides abdiqua, puis, en 1064, la ville fut ravagée par les Turcs seldjoukides et définitivement abandonnée.
Un article de Jean-Pierre Mahé
Ani : vie et mort d’une métropole
par Jean-Pierre Mahé

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