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Le parc des glaciers et le Perito Moreno
Le glacier le plus vivant de la planète
La Patagonie argentine

Après l'époque des grandes découvertes et des explorations de Magellan, Amerigo Vespucci ou Juan Diaz de Solis, pour ne citer que les plus célèbres, et les difficiles tentatives de colonisation tentées au début du XVIe siècle par Pedro de Mendoza, les régions du Nord de l'Argentine se développèrent autour de Buenos Aires, Cordoba et San Miguel de Tucumán, subordonnées à la vice-royauté du Pérou jusqu'en 1776. Les Espagnols ne se souciaient guère des régions plus australes, si ce n'est pour contrer les ambitions des Anglais, corsaires ou pirates, qui menaçaient le passage par le détroit de Magellan. Quand, en 1816, l'Argentine acquit son indépendance, les pauvres terres de cette région que Magellan avait appelée « Patagonie », intéressaient peu et furent laissées à leurs occupants indigènes, les Tehuelche. Une convention non écrite fixait la limite entre l'Argentine espagnole et le territoire des Tehuelche sur le petit fleuve Rio Salado. Au départ chasseurs nomades de guanacos et de nandous, les Tehuelche adoptèrent, comme les « Indiens » d'Amérique du Nord, le cheval qui leur permit de mettre en valeur les steppes de Patagonie, modifiant leur mode de vie et leur organisation sociale. Ils se rassemblèrent en clans de quelques centaines d'individus sous l'autorité d'une « classe équestre » dominée par un chef victorieux et multiplièrent les raids de pillage – les malones – au nord du Rio Salado. En 1872, le chef Calfucura attaqua avec six mille hommes plusieurs villes de la province de Buenos Aires, tuant trois cents créoles et s'emparant de deux cents mille têtes de bétail. La réaction du belliqueux président argentin Julio Argentino Roca ne se fit pas attendre. Il envoya son armée bien équipée contre les indigènes qui résistèrent vigoureusement avec des armes d’un autre âge avant d'être vaincus. A la suite de cette campagne – la conquista del Desierto – la Patagonie devint partie intégrante de la République argentine, jusqu'en Terre de Feu.


L'expert Moreno

Ce fut dans le contexte de cette époque difficile que d'intrépides voyageurs, aventuriers ou scientifiques éclairés, explorèrent les régions encore inconnues du piémont andin. Peu après les premières expéditions du savant suisse Georges Claraz, le naturaliste argentin Francisco Pascacio Moreno (1852-1919) fonda la Sociedad Científica Argentina et partit à la découverte des territoires encore inconnus. Surnommé « l'Expert » – Perito –, Moreno explora en 1872 le territoire du Río Negro. En 1876, il longea les Andes du Sud, y découvrit le lac Nahuel Huapi, puis l'immense lac auquel il donna le nom de Lago Argentino. En 1877, ce fut le lac Viedma, dominé par l'impressionnante cime du Cerro Chaltén, qu’il rebaptisa mont Fitz Roy en hommage au commandant du HMS Beagle, sommet qui défia longtemps les meilleurs alpinistes et ne fut vaincu qu'en 1952 par Lionel Terray. Sa capture par les Tehuelche en 1880, auxquels il n'échappa que la veille de son exécution, n'empêcha pas Moreno de repartir en Patagonie en 1885 ! Une ville de la province de Santa Cruz est nommée en son honneur Perito Moreno et il donna aussi son nom au plus spectaculaire des glaciers d'Argentine.


Le Parc national Los Glaciares

Partant de la côte, le voyageur qui se dirige vers la cordillère des Andes à cette latitude traverse l'immensité d'une steppe semi-aride où il faut les milliers d'hectares pour nourrir les moutons et les chevaux des grandes estancias. Les arbres y sont rares, mais les arbustes épineux y abondent, ainsi que nombre de plantes aromatiques, parmi lesquelles il faut citer le calafate, une variété d'épine-vinette qui donna son nom à la principale localité sur les rives du Lago Argentino. Ce fut en 1913 qu'un immigré espagnol, José Pantín, installa un bar, un magasin de provisions et une auberge et, de simple relais pour les voyageurs, Calafate devint, en 1927, une ville reconnue par le gouvernement argentin. Conscient de l'exceptionnel spectacle offert par les lacs et les glaciers de la région, le gouvernement argentin décida, dès 1937, de protéger les lieux en en faisant un parc national.


Les glaciers

Toute la partie sud de la cordillère des Andes, partagée entre le Chili et l'Argentine, est couverte d'un immense champ de glace qui représente la troisième réserve d'eau douce de la planète après l'Antarctique et le Groenland. De ce bouclier de glace descendent quarante-huit langues dont deux des plus importantes alimentent le lago Argentino, d'une superficie de 1 600 kilomètres carrés (près de soixante fois celle du lac d'Annecy). Le glacier Uppsala, nommé en souvenir de l'expédition suédoise de l'université d'Uppsala qui navigua dans ces eaux au début du XXe siècle, est le plus grand de tout l'hémisphère sud avec une superficie de 595 kilomètres carrés. On s'en approche en bateau, navigant sur le Brazo Upsala parmi de spectaculaires icebergs d'un bleu éclatant. Si le glacier Uppsala est affecté depuis une vingtaine d'années d'une forte régression, il n'en est pas de même pour le Perito Moreno. De plus de mille mètres d'épaisseur au sommet, deux cents mètres à l’arrivée dans le lac (dont 120 mètres immergés), il ne cesse de progresser, avançant en moyenne de deux mètres par jour, faisant tomber des pans entiers de glace plusieurs fois par heure dans le lago Argentino, offrant un spectacle pratiquement unique au monde : « Le Perito Moreno est le glacier parmi les plus spectaculaires que j'aie vus. [...] Sa couleur est frappante : elle est d'un bleu laiteux, inoubliable, donné par les glaces si denses alentour. Lorsque tombent dans l'eau des pans entiers du glacier, ces fracas gigantesques projettent jusqu'à vos pieds ses éclats, tandis que le bruit assourdissant est comparable à des coups de tonnerre. » (In : « A la rencontre de la Patagonie », dans Route des Amériques, n°2-1999). Cependant, la particularité unique du Perito Moreno résulte du fait que sa langue de glace vient heurter un verrou rocheux, obstruant la liaison entre un bras du lago Argentino, le brazzo Rico, qui n'a pas d'exutoire et se remplit progressivement de l'eau de fonte, jusqu'à une hauteur pouvant atteindre dix-neuf mètres au-dessus du niveau du lac ! Au bout de deux à cinq ans, l'eau finit par creuser une brèche en forme de galerie dans l'extrémité de la langue glaciaire, tunnel qui s'effondre ensuite dans un fracas assourdissant. La dernière rupture – desprendimiento – eut lieu en mars 2016. Le glacier Perito Moreno fut classé dès 1981 par l'UNESCO comme « domaine d’une beauté naturelle exceptionnelle ».
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