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Trêves romaine
La plus vieille dame d'Allemagne
Trèves a oublié de vieillir. Toujours vive et gaie, elle accueille ses visiteurs en leur chuchotant qu'elle est la plus vieille dame d'Allemagne, une cité qui porte allègrement ses deux mille ans et des poussières... Rome a largement marqué de son empreinte ce site stratégique des bords de la Moselle, et elle y a laissé quelques-uns des plus beaux témoins de sa grandeur au nord des Alpes.

Une cité impériale
Camp militaire fondé par Auguste vers 17 av. J.-C., chargé de protéger la frontière du Rhin, la colonie se développe rapidement. Dès 44, elle est décrite comme une urbs opulentissima, avec un marché, des bâtiments administratifs, des temples. Elle profite de la Pax romana pour prospérer : vins, céramiques, verreries, écoles latines et grecques en font la renommée. Le visage de la ville change aussi : un pont de pierre remplace le pont de bois primitif, des bains et un amphithéâtre gigantesque servent au loisir de la population, des remparts longs de sept kilomètres en assurent la tranquillité. Après la réorganisation politique de Dioclétien (Tétrarchie), Trèves devient capitale des Gaules. Forte de ses 70 000 habitants, elle séduit Constantin qui y installe, avec sa mère Hélène, une cour fastueuse, scellant le destin impérial de la cité qui devient une des plus importantes métropoles de l'Empire. Elle reste capitale de l'Occident romain jusqu'à la fin du IVe siècle, avant de subir les assauts des Francs et d'être finalement incorporée au royaume de Clovis en 511, entamant une autre phase de son histoire. Aujourd'hui, il est possible de retracer, à travers les monuments romains de la ville, la journée d'un visiteur du IVe siècle dans la capitale impériale.

Le parcours d'un romain du IVe siècle
Abordant Trèves par le nord, notre visiteur en franchit l'enceinte en passant sous la Porta Nigra. Construite vers 175, dans le contexte des campagnes militaires de Marc-Aurèle en Germanie, elle est faite de gros blocs de grès jaune que les fumées ont progressivement noirci, lui donnant son nom actuel. Les pierres sont maintenues entre elles par des crampons de fer trempés dans du plomb en fusion, technique qui permet de ne pas recourir à l'emploi de mortier et assure une solidité exceptionnelle. Elle comporte une cour intérieure qui piège les assaillants en les exposant aux attaques des défenseurs. Système efficace : la Porta Nigra n'a jamais été forcée.
Notre visiteur est un hôte de marque. Aussi, à peine son arrivée est-elle connue dans la ville, qu'il est reçu par l'empereur Constantin en son palais. Le maître de Constantinople l'accueille dans l'Aula palatina, la grande salle d'audience du palais qu'il a fait ériger vers 310. C'est un espace grandiose aux murs de brique recouverts d'un crépi rouge, couleur impériale. Aujourd'hui, l'Aula est connue sous le nom de Basilique, de par sa similitude avec ces édifices qui servaient tout à la fois de palais de justice et de salle de réunion.
Les mondanités terminées, il est temps de faire connaissance avec la population de Trèves. Pour cela, un seul lieu à fréquenter : les bains. La ville en compte plusieurs, dont les plus imposants sont les thermes impériaux (Kaiserthermen). Offerts par Constantin à sa capitale, ils prennent place parmi les plus grands du monde romain, après ceux de Caracalla et de Dioclétien à Rome. Notre ami commence par prendre un peu d'exercice à la palestre, puis, après avoir abandonné ses vêtements dans l'apodytérium (vestiaire), il entame un consciencieux nettoyage dans le tepidarium, bassin d'eau tiède. Plusieurs minutes dans le sauna bien chaud (caldarium), grâce à un ingénieux système d'hypocauste, et le voilà qui effectue une brève immersion dans la piscine d'eau froide (natatio du frigidarium). Les chairs bien raffermies, il est prêt à consacrer quelques heures à la lecture à la bibliothèque des thermes, ou à discuter des derniers potins dans la bonne compagnie des notables de la cité.
Le temps passe vite, et l'après-midi avance. Notre ami décide d'aller se divertir aux spectacles donnés dans l'amphithéâtre. Le voici dans l'enceinte, formidable, qu'un riche mécène a offerte à la ville à la fin du Ier siècle. Elle s'appuie en partie sur la pente naturelle du terrain, le remblai ayant servi à égaliser l'autre côté. Bien installé sur un des vingt-six rangs de gradins, il s'enthousiasme, comme vingt mille de ses contemporains, aux combats brutaux des redoutables gladiateurs, avant que l'empereur, soucieux de soigner sa popularité, n’offre les princes francs Ascaricus et Merogaisus aux bêtes sauvages.
Mais, déjà, le soleil décline sur les vignes qui enserrent la cité. Un dernier coup d'œil sur les boutiques du forum, un bon dîner confortablement allongé dans le triclinium du premier magistrat de la ville, et notre visiteur peut goûter au repos, après cette journée bien remplie. D'autres voyages l'attendent. Demain, dès l'aube, il quittera Trèves en franchissant la Moselle sur le pont que les autorités romaines ont édifié au milieu du IIe siècle. Ses piles de basalte soutiennent d'énormes poutres étayées par des pierres en saillie. Il ignore, notre bon personnage, que près de deux millénaires après lui, des milliers de gens emprunteront le même passage, sur le plus vieux pont au nord des Alpes encore ouvert à la circulation.

L'histoire se referme. Nous laissons notre illustre Romain continuer son périple dans l'Empire qui est le sien. Pour achever d'en percevoir la réalité, il nous reste à pousser la porte du musée de Rhénanie (Rheinisches Landesmuseum). Ses collections, très riches, d'où émergent de somptueux tapis de mosaïques et une extraordinaire série de tombeaux romains, retracent la vie quotidienne, l'économie, la culture intellectuelle et artistique, mais aussi les croyances de ce monde disparu, dont nous sommes plus que jamais les héritiers privilégiés.
 

 
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