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Le Zwinger de Dresde
L’art et la gloire
Riche de la fougue baroque de ses monuments, du romantisme de ses paysages urbains et de son rayonnement artistique, Dresde mérite assurément son surnom de « Florence de l’Elbe ». A la lisière de la ville du début du XVIIIe siècle, dans cet espace appelé Zwinger en allemand, un palais déploie le faste exubérant de ses pavillons, devenus emblématiques de la capitale saxonne. Sa construction est entamée en 1711. Le prince Electeur de Saxe, Auguste II, dit « le Fort », vient alors d'être élu sur le trône de Pologne, devenant ainsi le maître de l’un des plus vastes territoires d'Europe. Fervent admirateur de Louis XIV qu'il a rencontré lors d'un séjour à Versailles, et convaincu, comme son modèle, qu'art et gloire sont indissociables, il s'efforce d'accroître son prestige par l’éclat de sa cour. Pour servir de cadre à ses fastueuses fêtes, il confie à Matthäus Daniel Pöppelmann la réalisation du bâtiment original du Zwinger, exemplaire unique d'une architecture de fête conçue pour être permanente. Des galeries basses, percées d'arcades, encadrent une vaste place rectangulaire et relient six pavillons rococo plus élevés. Au XIXe siècle, un bâtiment de style Renaissance conçu par Gottfried Semper viendra clore la place du côté de l'Elbe. Alors que les arcades sont assez sobrement traitées, les pavillons s’assimilent à des pièces d'orfèvrerie, ornés de pilastres et de colonnes doublées, parfois même triplées, de toits à double pente ou en bulbe, de frontons brisés et de cartouches, sans parler de l'abondante décoration sculptée due à Balthasar Permoser. Ce décor grandiose est inauguré en 1719, à l'occasion du mariage du prince Frédéric-Auguste, fils d'Auguste II et futur Auguste III, avec l'archiduchesse d'Autriche Marie-Josèphe. L’extravagante fête baroque se prolonge pendant près d'un mois et n'est que la première de la longue série de célébrations, tournois, carnavals et autres festivités qui se déroulent dans le vaste jardin géométrique aménagé au cœur du Zwinger.

L’incarnation du paradis terrestre

Pöppelmann lui-même parlait du Zwinger comme d'un « jardin d'Eden ». Le palais se voulait une imitation des jardins des Hespérides, une sorte de paradis, sur lesquels veillait Atlas. Les pavillons et galeries situés du côté des remparts sont aménagés en jardins et abritent une précieuse collection de plantes exotiques, notamment d'orangers si recherchés dans les régions du nord. La terrasse du Wallpavillon, joyau de l’édifice, mène au Nymphenbad, ou bain des Nymphes. Le subtil mélange du style rocaille de ses grottes et de la grâce de ses figures féminines en fait l’une des plus belles fontaines baroques d’Allemagne. L’ensemble du palais, y compris ses sculptures et ses peintures, s’inscrit dans un projet décoratif très symbolique. Dieux et héros, grâces et nymphes, personnifications de la nature et génies s’allient pour servir le Printemps. Représenté en Hercule, Auguste le Fort est omniprésent dans cette architecture : il domine le Wallpavillon et le grand plafond central de la salle de marbre du Zwinger. La couronne qui surplombe la porte d’entrée, dite Kronentor, et les aigles qui la portent illustrent aussi en dimensions monumentales cette référence au roi : l’intention déclarée est bien de faire apparaître cette construction comme un lieu de représentation de la vaillance et du plaisir, symbole de la prospérité de la Saxe électorale.

La galerie des maîtres anciens

Au prestige du palais lui-même s’ajoute celui des collections qui y sont conservées. Leur histoire remonte à 1505, date à laquelle Frédéric le Sage fait venir Cranach l’Ancien en Saxe. Mais ce n’est que sous Auguste le Fort que la collection dépasse la production provinciale. L’intérêt se porte alors sur les œuvres qui témoignent d'un travail fin et fouillé, d’où l'acquisition de « petits maîtres » flamands en tous genres. Mais ce goût n’est pas exclusif et l’on sait aussi apprécier les grandes œuvres décoratives comme les Noces de Samson de Rembrandt ou le Triomphe de Flore de Poussin. Succédant à Auguste le Fort, Auguste III poursuit le développement et la mise en valeur de la collection. Il l’enrichit de nombreux tableaux italiens dont le Christ à la monnaie de Titien, mais aussi du Saint Jérôme de Rubens ou du Capitaine des chasses de Velasquez. C’est également lui qui acquiert la véritable perle rare de la galerie : la Madone Sixtine de Raphaël. L'achat de cette toile très prisée est considéré comme un illustre effet de la conversion de son père au catholicisme : elle ne fut possible que grâce à l’intervention du pape Benoît XIV en faveur du prince allemand. Son acheminement jusqu’en Saxe excita encore les convoitises, si bien que le chef-d’œuvre dut être maquillé en un grossier paysage de montagne pour la durée du voyage.
A la veille de la dernière guerre, la galerie comptait plus de 2 200 tableaux de maîtres anciens. Durant près de deux siècles, la richesse des collections accumulées par les princes Electeurs et de la vie artistique suscitée par ce trésor a fait de Dresde une digne rivale des plus prestigieuses cours d'Europe.

Le secret de la porcelaine

Les joyaux du Zwinger ne se limitent pas à la peinture. Ses galeries abritent également une salle d’armes, un salon de mathématiques et de physique, mais aussi et surtout le musée de la Porcelaine. On raconte que, pour faire face à ses dépenses démesurées, Auguste le Fort avait chargé ses chimistes de fabriquer de l’or. Au lieu de cela, leurs travaux les conduisirent à être les premiers d’Europe à percer le secret de la porcelaine dure. La manufacture créée à Meissen à la suite de la découverte de cet or blanc acquit rapidement une réputation mondiale pour la qualité et la finesse de sa fameuse porcelaine de Saxe.

En 1945, l’impitoyable bombardement de Dresde n’épargna pas le palais du Zwinger, mais ses trésors les plus précieux, mis à l’abri dès 1938, furent néanmoins sauvés. Au lendemain de la guerre, lorsque le formidable chantier de reconstruction de la ville est entamé, le palais est l'un des premiers édifices de Dresde à renaître de ses cendres. Ce prodige du baroque allemand resplendit désormais à nouveau dans toute sa beauté originelle.
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AL 102 - 4 jours

Capitale de la Saxe, Dresde a conservé, du temps où ses ducs traitaient d'égal à égal avec les princes les plus puissants d'Europe, un patrimoine exceptionnel. Palais et églises baroques se reflètent ... Découvrir ce voyage
 

 
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