Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Le Gendarmenmarkt
Classicisme berlinois
A deux pas des tilleuls d’Unter den Linden, la place de l’Académie, couramment appelée par les Berlinois « Gendarmenmarkt », constitue sans doute par la symétrie de son ordonnancement et la majesté des édifices qui la bordent, l’un des plus beaux ensembles néo-classiques de Berlin.

Une histoire de religions

Elle est, à l’origine, la place principale de Friedrichstadt, le troisième faubourg de Berlin, fondé en 1688. Au début du XVIIIe siècle, le roi de Prusse Frédéric Ier y fait ériger deux églises jumelles à l’intention respective des protestants français (Französischer Dom) et de la communauté réformée allemande (Deutscher Dom). Les huguenots français, calvinistes, sont en effet arrivés en nombre à Berlin lorsque, en 1685, Louis XIV a décidé de la révocation de l’édit de Nantes qui leur garantissait, depuis 1598 et grâce à Henri IV, une reconnaissance dans toute la France. Solidaires, dynamiques comme bon nombre d’immigrés tenus de refaire leur vie à l’étranger, les huguenots ont rapidement réclamé des lieux de culte dans leur patrie d’adoption. La décision de Frédéric Ier est le signe de leur intégration réussie dans la vie berlinoise. Aujourd’hui encore, on rencontre fréquemment des noms à consonance française dans la population de la capitale allemande, entre autres des « von Chappuis » ou des « von Beauvais ». Sur l’espace central de la place se tient régulièrement un marché très fréquenté, fermé à l’est par la caserne du régiment des gens d’armes. En 1736, de nouvelles écuries sont construites tout autour de la place, lui valant depuis le nom de « Gendarmenmarkt ». Frédéric II, le roi-philosophe ami de Voltaire, donne l’impulsion qui permet à la place de prendre une allure plus solennelle. Il fait démolir les écuries et ériger un théâtre au centre de la place, appelé « Comédie française » (1774). Dans le même temps, il charge l’architecte Gontard de coiffer les églises de deux coupoles monumentales et identiques, prenant pour modèle la piazza del Popolo, à moins qu’il ne faille y voir plutôt l’influence de Sir Christopher Wren à Saint-Paul de Londres. Les travaux n’en sont pas pour autant terminés. C’est au début du XIXe siècle que le Gendarmenmarkt acquiert son visage définitif. Un second théâtre, allemand cette fois-ci, est érigé par un des maîtres du néoclassicisme, Shinkel. Nous sommes en 1821 et le Shauspielhaus devient une des scènes majeures de Berlin.

L’église française

Elle demeure le lieu de culte privilégié de la communauté calviniste de Berlin, toujours active. Bâtie de 1701 à 1705 par deux architectes d’origine française, Alois Cayart et Abraham Quesnay, elle présente un plan rectangulaire pourvu de deux absides, inspiré du temple XVIIe siècle de Charenton. C’est Christian Unger qui élève la belle coupole élancée, montée sur trois portiques à colonnes. Ponctués de statues et de reliefs, les frontons illustrent des scènes bibliques, bien dans l’esprit de la religion calviniste : Jésus et la Samaritaine, le Sermon sur la montagne, le chemin d’Emmaüs. Les statues qui les surmontent font, elles, référence aux diverses vertus. Le Französischer Dom abrite un petit musée des huguenots, sur la Réforme et la Contre-Réforme en France, qui provoqua l’exil de vingt mille protestants à Berlin et dans la province voisine du Brandebourg. On y perçoit, à travers écrits, témoignages et peintures, l’influence déterminante de cette communauté sur l’économie et la culture berlinoises aux XVIIIe et XIXe siècles.

L’église allemande

Contemporain de son vis-à-vis français (1701-1708), le Deutscher Dom est dû, comme il se doit, à un architecte germanique : Martin Grünberg. Nommé église nouvelle à l’origine, ce n’est que plus tard qu’il prendra le nom d’église allemande. L’édifice, de plan central, est remarquable par les cinq côtés, chacun terminé par une abside qui en détermine la forme générale, pentagonale. Comme celle de sa jumelle française, la tour est de la fin du XVIIIe siècle. L’ornementation sculptée répond aux mêmes critères : scènes bibliques et vertus.

Le Schauspielhaus

Sur les fondations d’un premier théâtre national, qui avait lui-même succédé à la Comédie française, Shinkel érige un bâtiment imposant, bien représentatif de la place que la culture doit prendre au sein de la société allemande, aux temps de Goethe et de Schiller. Plus question ici, dans le décor, de références à la Bible, mais, au contraire, c’est l’exaltation de l’âge d’or antique qui est mise en image. Aux commandes de son char tiré par quatre griffons, Apollon, dieu protecteur des arts, couronne le plus haut fronton donnant sur la place. Pégase lui fait pendant, faisant jaillir de son sabot droit la source de l’Hélicon. Le chœur des muses dressées aux angles, accompagne la lyre du dieu. Les reliefs mythologiques font référence aux mondes du théâtre et de la musique. L’intérieur, remanié, a perdu sa salle unique d’origine. On y trouve de nos jours une grande salle de 1 650 places, destinée à la musique symphonique, et une salle plus intime (450 places) pour la musique de chambre. De quoi passer des soirées musicales de prestige.

Le soir, aux beaux jours, il fait bon déambuler sur le Gendarmenmarkt, dans ce décor toujours très évocateur du Berlin d’autrefois. On y croise Schiller, statufié en marbre sur un haut piédestal au centre de la place, mais aussi les ombres de ces milliers d’anonymes qui, pour préserver leur foi, ont transmis à leur terre d’accueil un peu de leur enthousiasme.
Partir en voyage avec Clio
AL 100 - 4 jours

Berlin offre aujourd’hui le visage séduisant d'une capitale culturelle où se mêle le souvenir des fastes de la cour de Prusse à Sans-Souci, le charme des quartiers à la mode autour des rues ombragées ... Découvrir ce voyage
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter