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La Gemäldegalerie de Berlin
Une collection « réunifiée »
La Gemäldegalerie de Berlin – prestigieuse galerie dédiée à la peinture européenne du XIIIe au XVIIIe siècle – est installée depuis 1998 au sein du Kulturforum, un ensemble de bâtiments modernes abritant depuis la fin de la Guerre froide plusieurs institutions culturelles. Inaugurée elle-même neuf ans après la chute du Mur, elle fut conçue, par le jeu des volumes et de la lumière, comme un pur lieu de contemplation, magnifique écrin digne d’une collection riche en chefs-d’œuvre.

Ouverte au public dès 1830 dans l’Ancien Musée, celle-ci avait déménagé une première fois au Bode Museum, avant d’être partagée, au lendemain de la seconde guerre mondiale, entre différentes institutions de l’Allemagne de l’Est et de l’Ouest, et, principalement, au musée Dahlem. Aujourd’hui, la prestigieuse pinacothèque, enfin rassemblée dans les mêmes murs, a retrouvé son intégrité et est devenue de fait, sur le plan culturel, l’un des plus puissants symboles de la réunification.

L’origine des collections

Deux figures princières sont à l’origine des collections de peintures : le grand Electeur Frédéric-Guillaume Ier (1620-1688) qui réunit à Berlin un premier cabinet d’art, puis Frédéric le Grand (1712-1786) qui fit aménager en 1756 une galerie rococo destinée à abriter les tableaux qu’il affectionnait. Mais c’est l’archéologue Aloys Hirt (1759-1839) qui, le premier, imagina constituer un véritable musée, en sélectionnant les œuvres disséminées ici et là, et en les soumettant à une classification strictement scientifique, dans l’esprit des Lumières. Hirt bénéficia de l’appui de Frédéric-Guillaume II, mais ce n’est qu’en 1820, sous Frédéric-Guillaume III, qu’une commission, présidée par Guillaume de Humboldt, se pencha véritablement sur la question.

Cinq ans auparavant, le gouvernement prussien avait acheté à Paris la collection du marquis Vincenzo Giustiniani (1564-1637), amateur des œuvres du premier Baroque italien, et des tableaux du Caravage, notamment l’Amour vainqueur. Mais c’est l’acquisition en 1821 de la collection d’Eward Solly (1776-1848) – un commerçant anglais établi à Berlin – qui fut véritablement déterminante : trois mille tableaux qui faisaient la part belle aux maîtres italiens du trecento (Giotto, Lippo Memmi, Pietro Lorenzetti…) et du quattrocento (Botticelli, Mantegna, Carpaccio, Cima…) , mais aussi aux primitifs flamands (à l’exemple de Van Eyck) et aux maîtres de la peinture allemande ancienne (dont Hans Holbein le Jeune). Cet ensemble détermina dès lors l’excellence du fonds de la Gemäldegalerie, représentative de fait de « toutes les périodes de la peinture », et non seulement du Baroque et de la Haute Renaissance, comme dans la plupart des collections du temps.


« D’abord réjouir ensuite instruire »

La construction d’un premier musée – l’Altes Museum – fut confiée à l’architecte Karl Friedrich Schinkel et achevée en 1830. La nouvelle institution se caractérisait à la fois par une présentation rigoureusement historique, mais aussi par la valorisation esthétique des œuvres, dont la puissance d’enchantement devait, dans l’esprit romantique, toucher au cœur et vivifier l’âme. « D’abord réjouir ensuite instruire » était ainsi devenu, au fil des ans, le nouveau mot d’ordre des responsables de la prestigieuse galerie, notamment son premier directeur, Gustav Waagen. Celui-ci, malgré d’importantes restrictions budgétaires, fit l’acquisition de La Jeune Fille à la coupe de fruits de Titien, du retable de Middelburg de Rogier van der Weyden ou encore de la Madonna Terranuova de Raphaël.

Le Bode Museum

Après que Berlin eut été promue capitale de l’empire allemand en 1871, la galerie de peintures, vitrine désormais du nouvel Etat, fut confiée au savant Wilhem von Bode. On lui doit, en 1874, l’acquisition de la plus importante collection privée d’Allemagne, celle de l’industriel Barthold Suermondt, qui comptait entre autres de nombreuses œuvres de maîtres hollandais dont Frans Hals, Borch, Jan Steen et Jan Vermeer, auxquels Bode ajouta ensuite des tableaux de Rembrandt, à l’exemple du Portrait dit d’Hendrickje Stoffels. Mais le conservateur zélé accumula aussi d’autres trésors, non seulement de l’art italien – depuis Giotto jusqu’à la Renaissance et les écoles vénitiennes –, mais aussi de l’art flamand depuis les primitifs, notamment Hugo van der Goes, jusqu’à l’époque baroque, en particulier treize toiles de Rubens. En 1897, s’imposa de fait la construction d’un bâtiment plus spacieux. Inauguré sept ans plus tard dans « l’île aux musées » sous le nom de Kaiser-Friedrich-Museum, il fut, par la suite, rebaptisé « Bode Museum », en hommage à son illustre directeur. A sa mort en 1929, ce dernier fut remplacé par son plus proche assistant, le célèbre historien d’art Max Jacob Friedländer, vite écarté par les nazis en 1933.

De la survivance à la renaissance

La seconde guerre mondiale entraîna d’irréparables pertes. En 1945, plus de quatre cents tableaux disparurent à l’intérieur même de la ville dans l’incendie d'un bunker, où, croyant les protéger, on les avait entreposés. Fort heureusement, la majeure partie du fonds avait été évacué dans des mines de sel en Thuringe. A l’image de la ville, désormais scindée en deux, les collections furent partagées entre le musée Bode à l’est et le musée Dahlem à l’ouest, qui, en dépit de son étroitesse, ne cessa de s’enrichir d’œuvres nouvelles à partir des années soixante. En 1998, la prestigieuse Gemäldegalerie fut enfin réunie dans ses nouveaux bâtiments du Kulturforum, offrant à nouveau au regard dans un même ensemble les chefs-d'œuvre qui avaient fait son renom.
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Berlin offre aujourd’hui le visage séduisant d'une capitale culturelle où se mêle le souvenir des fastes de la cour de Prusse à Sans-Souci, le charme des quartiers à la mode autour des rues ombragées ... Découvrir ce voyage
 

 
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