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Durrës
Fenêtre albanaise sur l'Adriatique
Deuxième ville et premier port d'Albanie, Durrës est le fruit d'une longue histoire qui plonge ses racines dans l'Antiquité. Malgré les aléas des siècles qui ne l'ont pas épargnée, elle conserve de très intéressants témoins de son antique patrimoine, et un musée archéologique, le plus important du pays, d'une grande richesse.

Dyrrhachium, Durazzo, Durrës

Les Grecs, grands connaisseurs des rivages méditerranéens, ne pouvaient, sans s'y intéresser, passer à proximité de cette péninsule légèrement avancée dans les eaux de l'Adriatique, un site parfait pour surveiller les allées et venues. C'est Corcyre (Corfou), véritable verrou de cette mer fermée, qui se lance la première et fonde la cité de Dyrracheion en 627 avant notre ère. Elle reste grecque jusqu'au IIIe siècle. En 229 avant J.-C., à l'issue de la première guerre d'Illyrie, Rome la fait sienne et la rebaptise Dyrrhachium. Les Romains lui accordent assez rapidement le statut enviable de colonie. Située à moins de 200 kilomètres de Brindisi, la ville devient le port des Balkans où accostent les navires venus de la péninsule italienne. De là part aussi la via Egnatia, route militaire cruciale qui court à travers les territoires balkaniques jusqu'à Byzance, via Salonique. Cette situation géographique stratégique fait que Dyrrhachium sera âprement disputée lors des guerres civiles, notamment par César et Pompée. L'Empire romain devenu chrétien, et scindé en deux au début du IVe siècle, Dyrrhachium prospère encore, donne un empereur à Constantinople (Anastase Ier) avant d'être restaurée par Justinien au VIe siècle. Pendant sept siècles, la ville est ballottée entre pouvoir byzantin, mainmise bulgare autour de l'an mil et incursions normandes venues de Sicile avec Robert Guiscard, avant que le lion vénitien n'y mette pour longtemps la patte. A partir de 1205, la ville apparaît sur les cartes sous le nom de Durazzo. Créant un duché confié à la maison capétienne d'Anjou-Sicile, la Sérénissime est, de fait, le véritable maître de la cité, précieux relais pour ses galères sur la route maritime de l'Orient. Installés dans la région en 1392, les Ottomans laissent, dans un premier temps, les mains libres à Venise, avant que le sultan Bajazet Ier (Bayezid) ne l'annexe à son empire en 1501. Graduellement albanisée, Durrës ne connaît pas de véritable déclin, son port restant essentiel comme débouché de l'Albanie centrale. Elle suit alors le long chemin vers l'indépendance, puis les heurs et malheurs des guerres des XIXe et XXe siècles. Le régime communiste albanais, un des plus fermés du monde, fait cruellement souffrir l'activité portuaire, mais, depuis 1990, la cité a retrouvé son rang et modernise à grands pas son visage multiséculaire.

Vestiges antiques

On peut dire que l'Antiquité a encore de beaux restes à Durrës. L'importance de la cité, et sa taille, sont données par l'amphithéâtre romain des Ier et IIe siècles de notre ère. La présence de constructions modernes sur son emplacement a empêché son excavation complète, mais ce qui est visible ne laisse pas d'impressionner. C'est une des plus vastes arènes jamais construites dans l'Empire romain, et la plus importante à l'est de l'Adriatique. Les gradins, bien dégagés, pouvaient accueillir près de 20 000 spectateurs qui devaient s'enthousiasmer lors des jeux offerts par les riches évergètes de la ville. On distingue encore nettement les vomitoria qui permettaient aux spectateurs de gagner et d'évacuer la cavea en un temps record, ainsi que les structures internes, saisissante évocation de cette société romaine dans laquelle le divertissement tenait une place primordiale. Non loin de là, quelques colonnes remontées marquent encore l'emplacement du forum, lieu privilégié de l'animation de la cité antique. Durrës a aussi préservé d'importants tronçons de ses remparts, qui sont comme autant de jalons témoignant de son évolution. La muraille byzantine, offerte à sa ville natale par Anastase, ne mesurait pas moins de 3,5 kilomètres et 12 mètres de haut. Vénitiens puis Turcs s'employèrent aussi à fortifier la ville. En témoigne la tour Vénitienne, caractéristique du XVe siècle, avec sa forme circulaire et ses imposants moellons. Quant aux murailles ottomanes, elles rappellent la volonté de Bajazet de faire de Durrës une ville de garnison puissamment défendue.

Un nouveau musée

En 2015, à l'issue de près de cinq ans de travaux de restauration et de modernisation, les autorités de la ville ont inauguré le nouveau musée archéologique. Une promenade de salle en salle dans ce magnifique écrin permet d'appréhender de la façon la plus concrète et la plus enthousiasmante l'évolution historique et artistique de Durrës. Sculptures monumentales, objets de la vie quotidienne, tapis de mosaïques aux scènes mythologiques ou familières permettent de toucher du doigt l'environnement des hommes et des femmes qui firent de Dyrrhachium un exemple emblématique d'une importante ville provinciale de l'Empire romain.
A l'issue de cette plongée dans l'Histoire, le retour au présent est bien agréable aussi, au soleil couchant, sur la jolie promenade qui borde le rivage coloré de l'Adriatique ou sur la jetée futuriste qui, depuis quelques années, affirme que Durrës, sans renier ses racines, marche résolument vers l'avenir.
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