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Où et quand partir ? Saisons & Climats, le guide du voyageur
Jean-Noël Darde
Maître de conférence à l'université de Paris VIII-Saint-Denis

Depuis plus de dix ans, le guide Saisons & Climats, publié aux éditions Balland, s'est imposé comme l'ouvrage de référence. Chaque année en effet, cette « bible » s'étoffe de rubriques nouvelles qui rendent encore plus indispensable la possession et la consultation de ce manuel conçu pour celui qui veut voyager « intelligent ». Depuis 2001, Clio s'est adressé à Jean-Noël Darde pour indiquer sur son site www.clio.fr les données climatiques les plus essentielles. Aussi lui avons-nous demandé de nous présenter son ouvrage.

Qu'est-ce qui est à l'origine de ce guide de voyage ?

D'une expérience, il y a maintenant près de douze ans, à l'occasion d'un voyage en Crète. Séjournant en été sur la côte sud de cette île, je me suis rendu compte qu'un « vent » à décorner des bœufs, quand il souffle des jours et des jours sans répit, peut arriver à gâcher des vacances. À sa première édition, Saisons & Climats traitait ainsi quasi exclusivement des climats dans tous les pays et les régions du monde et déterminait pour chaque destination les « meilleures saisons » du point de vue du confort climatique. Ce seul sujet lui a assuré le succès, tant il est souvent négligé ou traité de manière assez fantaisiste dans les collections de guides destination par destination. Il s'agissait donc d'éviter qu'à son retour le voyageur se plaigne sur le mode : « Il faisait trop chaud, trop froid, il a plu tous les jours… ». Depuis, Saisons & Climats s'est ouvert à bien d'autres thèmes, mais toujours en les traitant dans le même esprit : grâce à des informations puisées aux meilleures sources, aider à mieux choisir sa destination, ou sa période de séjour dans tel ou tel pays.

Quelles sont ces sources ?

Pour les données climatologiques, je prends un grand soin à ne les recueillir qu'auprès de spécialistes en ce domaine, notamment les instituts nationaux de météorologie. J'évite les sources de seconde main comme les offices de tourisme qui, en la matière, prennent parfois leur désir pour la réalité et voient souvent le beau temps partout et toute l'année ! J'ai le même souci d'aller vers des sources de référence pour tous les autres contenus. Ainsi le chapitre « La santé en voyage » bénéficie chaque année des informations recueillies lors du plus récent colloque international sur la médecine du voyage.

Pour chaque pays, y a-t-il une « meilleure saison » à conseiller ?

Le plus important, c'est de connaître le climat qui nous attend. Mais il existe évidemment des « meilleures saisons », celles du meilleur « confort climatique » pour telle ou telle activité.

Ainsi, dans Saisons & Climats, des tableaux permettent d'appréhender, pour toutes les destinations du monde, les « meilleures périodes », les « périodes favorables » et enfin les « périodes les moins favorables ». Mais je prends la précaution de distinguer le cas des séjours « visite et découverte » et celui des séjours « soleil, mer et plage ». Ainsi, en Grèce, le printemps est idéal pour partir à l'assaut des ruines, mais la mer est encore très fraîche ; en revanche la canicule du mois d'août, propice au plongeon dans la Méditerranée, peut facilement transformer la montée vers l'Acropole en véritable Golgotha.

Il est d'ailleurs rarement pertinent de parler du climat d'un pays, il faut le plus souvent parler des climats. Quoi de commun entre le nord du Chili, une des régions les plus arides du monde, et le sud du même pays où l'on enregistre, à Bahia Felix, un record mondial inverse, celui du nombre de jours de pluie annuel !

Souvent cependant, le voyageur part visiter un pays de long en large ; il faut alors proposer une solution moyenne, qui lui permettra d'éviter à la fois le froid, la canicule et les déluges. Le créneau des mois d'avril et mai en Bolivie en est un bon exemple : il permet d'apprécier les splendeurs de Potosi, – ville perchée à 4 000 m d'altitude – en évitant à la fois la rigueur du froid nocturne de l'Altiplano et la chaleur étouffante des terres basses si on visite les anciennes missions jésuitiques au nord-est de Santa Cruz.

Souvent il ne s'agit donc pas tant de conseiller « la meilleure saison » que de permettre au voyageur de prévoir le climat qui l'attend et de préparer sa valise en conséquence. Un froid très rigoureux sous un ciel très bleu peut laisser d'excellents souvenirs… à la seule condition de disposer des vêtements adaptés.

Et les saisons à éviter ?

Là encore, le problème se pose différemment selon les destinations. On peut raisonnablement envisager de visiter tout le long de l'année les capitales européennes, même si le printemps et l'automne sont les saisons les plus « climatiquement » propices. De manière plus générale, il en est de même pour tous les pays dont le niveau de développement offre des infrastructures – hôtels, routes, moyens de transport – capables de pallier les rudesses et violences relatives de leur climat.

En revanche, dans certains pays, la mauvaise saison est celle où les conditions climatiques interdisent, ou du moins rendent très difficiles, certains déplacements. Pour reprendre le cas de la Bolivie, il est à l'évidence fortement déconseillé de prétendre visiter la région des missions au plus fort de la saison des pluies (janvier). Les routes qui y conduisent sont en terre, à cette époque plutôt en boue, et souvent impraticables. On trouve beaucoup de cas similaires en Afrique, notamment pour la visite des parcs animaliers. Autre exemple : les rigueurs hivernales de Saint-Pétersbourg, en Russie, ont leur charme, mais à la condition d'avoir la garantie d'un hôtel confortable et chauffé aux normes occidentales.

Quelles sont les données climatiques les plus significatives ?

La température, bien entendu, mais en prenant soin de donner à la fois, pour un mois et un lieu donné, la moyenne des températures maximales – en général relevées en début d'après-midi – et la moyenne des températures minimales – relevées à l'aube, à un moment où le voyageur est le plus souvent au fond de son lit. On trouve encore dans certains guides ou catalogues touristiques des températures « moyennes » (mélange des moyennes des maximales et des minimales) ! Non seulement elles ne signifient rien, mais encore elles induisent le voyageur en erreur en masquant les températures les plus rigoureuses, comme les insupportables canicules. Pour obtenir cette valeur, il faut corriger la température en fonction de l'hydrométrie ; en effet une température élevée liée à un taux d'humidité faible reste très supportable, mais la même température accompagnée d'un taux d'humidité élevé devient vite très éprouvante.

Et les autres données climatiques ?

Saisons & Climats en présente au total plus de 50 000, pays par pays, région par région. Outre les températures, on y trouve la hauteur des précipitations mensuelles, mais aussi le nombre de jours de pluie par mois – étant considéré comme « jour de pluie » celui qui a vu tomber plus d'un millimètre d'eau. S'y ajoute le nombre d'heures de soleil par jour. À Édimbourg, en décembre, la chute moyenne de 55 mm de pluie correspond à une seule heure de soleil, alors que ce même mois, à Fort-de-France (Martinique), une pluie trois fois plus importante s'accompagne de huit heures de soleil quotidien ; mais il est vrai que les jours y sont alors plus longs qu'en Écosse.

Quels sont les autres critères mis en avant dans Saisons & Climats pour éclairer le choix d'une destination ?

Nous venons de signaler la durée horaire du jour. Dans cet ouvrage, douze planisphères affichent mois par mois le nombre d'heures de jour selon la latitude. Ainsi un voyageur quittant Paris, au mois de juin, pour se rendre à Buenos Aires se rendra compte qu'il s'apprête à perdre plus de six heures quotidiennes de jour !

Vous accordez aussi une place importante aux données sur l'affluence touristique…

La plupart des pays bénéficient en effet d'une rubrique « foule ». Pour ne vous citer qu'un exemple, je garde un souvenir inoubliable d'une visite à l'Escorial, près de Madrid, au tout début d'un mois de janvier. Déambuler quasiment seul dans la bibliothèque de Philippe II valait bien d'avoir à y supporter un froid presque polaire ! Un froid d'ailleurs typique de l'hiver de la Castille : rude mais sec, et donc finalement assez supportable.

À vrai dire, la raison principale de mon voyage à Madrid était justement de prendre contact avec les services de documentation de l'OMT (Organisation Mondiale du Tourisme) dont le siège est installé dans la capitale espagnole. Dans le domaine des statistiques touristiques, et notamment des variations saisonnières des flux touristiques par destination, l'OMT dispose des données les plus fiables et régulièrement mises à jour.

C'est en effet, souvent, une excellente décision de décaler ses dates de voyage afin de voyager hors des grands moments d'affluence touristique, quitte à ne pas bénéficier du confort climatique optimal. Venise, Louxor, Pétra, le Taj Mahal, les sites du Machu Picchu et de Teotihuacan gagnent tous, sans exception, à être visités loin de la foule déchaînée.

Quels sont les nouveaux chapitres venus enrichir Saisons & Climats au fur et à mesure des nouvelles éditions ?

D'abord un chapitre « La santé en voyage », rédigé sous le contrôle de médecins de la SMV (Société de Médecine du Voyage), qui présente les risques sanitaires et les moyens d'y faire face. Le chapitre « Obtenir un visa » informe sur les délais nécessaires et le coût des démarches. Un hors-texte en couleur, « Internet et les voyageurs », propose des sites météorologiques de référence à consulter avant un départ. Ils sont particulièrement utiles pour se garder des risques de cyclone, si l'on s'apprête à partir à la Réunion en janvier ou, en septembre, dans les Caraïbes ou à Taïwan. Enfin, « Le coût de la vie, pays par pays », permet de mieux organiser son budget.

Et les nouveautés de l'édition 2002 ?

L'édition 2002 a innové avec un chapitre « Le monde tel qu'il est ». Il s'agit de présenter en un tableau comparatif la situation socio-économique de tous les pays. Ce sont des informations indispensables pour permettre au voyageur d'être en phase avec la réalité du pays qu'il se propose de visiter.

Tous ces chapitres sont naturellement mis à jour et complétés chaque année. Toutes les données présentées dans Saisons & Climats aident à choisir la bonne destination. Par exemple, à la fois pour tenir compte des événements, mais aussi du taux de change particulièrement intéressant de l'euro vis-à-vis du real, le Brésil – que ce soit pour visiter ses villes baroques ou jouir de ses plages – s'impose comme une des destinations de l'année.

Jean-Noël Darde
Novembre 2001
 
Bibliographie
Saisons et climats. Où partir en 2006? Saisons et climats. Où partir en 2006?
Jean-Noël Darde
Où partir en 2006?
Hachette, Paris, 2005
Plus de 50 000 données climatiques (températures, ensoleillement, pluies) sont exploitées : région par région, ville par ville.
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