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Origines et formation de la Scandinavie
Régis Boyer
Professeur émérite de langues, littératures et civilisations scandinaves
à l’université de Paris IV-Sorbonne

De l'âge de pierre jusqu'aux temps historiques, les peuples qui se sont établis en Scandinavie ont développé une culture originale que caractérisent, entre autres, une grande mobilité, une esthétique utilitaire, une conception spécifique de la famille élargie et du droit, une même vision de l'homme et du monde. Au-delà des langues parlées en Scandinavie, critère majeur de différenciation dans le vaste ensemble indo-européen, comment définir les caractères de ces peuples de marins et de commerçants, ouverts tant aux influences celtes que latines ou germaniques ? Telle est la question que nous avons posé à Régis Boyer, auteur de nombreux ouvrages dont Les Vikings. Histoire et civilisation (Plon, 2002).

La préhistoire de la Scandinavie

Le Nord n'a acquis sa physionomie actuelle que depuis assez peu de temps, à l'échelle géologique, s'entend, et l'époque n'est pas bien éloignée où cet ensemble ne faisait qu'un seul bloc avec le continent et avec la Grande-Bretagne, ce qui explique les migrations de populations qui, peu à peu, ont constitué la réalité que nous appelons Scandinavie – laquelle, au demeurant, a longtemps été tenue dans l'Antiquité pour une île, Scandzia insula.

Vers 10 000 avant J.-C., là comme ailleurs, la Scandinavie était peuplée de chasseurs-pêcheurs-cueilleurs qui étaient vraisemblablement venus du sud, sans que l'on puisse préciser davantage : ils disposaient de grossiers instruments de silex et de barques de peau à armature de bois, premiers indices de ce qui demeurera une nécessité impérieuse, la navigation, en ces lieux où l'eau était et reste omniprésente, au point de dicter la conduite de l'existence. L'archéologie décèle la présence de ces peuplades à Allerød au Danemark ou à Fosna en Norvège. Vers 7000, de nouveaux venus, en provenance du sud-est et un peu plus évolués, sont repérables à Klosterlund au Danemark. Vers 6000 et jusqu'en 3000, c'est la peuplade dite de Kongemose (Danemark) qui s'installe, notamment à Ertebølle au Danemark ou à Viste en Norvège que nous connaissons mieux grâce aux célèbres køkkenmøddingerne, ces amoncellements de débris de cuisine, comparables à nos décharges modernes. Ce sont ces peuplades successives qui, vraisemblablement, auront progressivement repoussé vers les nord les Sames – Lapons étant un terme péjoratif – qui ont dû être les premiers habitants de ces lieux.

La colonisation indo-européenne de l'âge de la pierre

Mais l'histoire débute véritablement avec l'irruption des Indo-Européens dont on discerne deux vagues successives, la première vers 3000 sans doute, la seconde vers 1800, non pas comme on le dit trop souvent sous forme d'invasions, mais bien par le biais de colonisations ou d'influences reçues. Là-dessus, on pourra passer rapidement : les Scandinaves sont sans le moindre doute des Indo-Européens, leur langue, une branche septentrionale du germanique, en témoigne ainsi que le surgissement de l'agriculture et de l'élevage, l'arrivée du cheval qui jouera un rôle non négligeable dans la religion, le type d'habitat, l'organisation sociale, le mode d'administration et d'inhumation. De la sorte s'achève ce que les spécialistes du Nord appellent l'âge de la pierre, dénomination qui, comme les suivantes, ne correspond pas tout à fait à nos habitudes « continentales ». Certaines découvertes comme celle d'une superbe tête d'élan servant de poignée de propulseur prouvent que, déjà, ces sociétés sont orientées vers l'utilitaire et ont un sens incontestable du beau même appliqué aux objets plus ou moins courants, deux traits qui ne se démentiront jamais plus dès lors.

L'âge du bronze : une esthétique affirmée

Pourtant, on peut dire que le sujet devient réellement intéressant avec l'âge dit du bronze (1800 à 400) parce qu'il nous propose toute une série de témoins qui attestent d'une haute culture tant artistique que domestique, peut-être originaire d'Asie Mineure. C'est l'âge des célèbres pétroglyphes – gravures rupestres – qui couvrent toute la Scandinavie avec une étonnante profusion et uniformité : ils prouvent l'existence d'une religion pratiquée par une société évoluée – certains parlent d'aristocratie – que dominent le culte de la fertilité-fécondité, représenté par « la » soleil – un chef-d'œuvre comme le petit chariot solaire de Trundholm, tiré par un cheval et menant le disque solaire posé à la verticale dans le chariot se passe, là-dessus, de commentaires – et l'ithyphallisme de tous les personnages ; la magie de type chamanique, semble-t-il, puisque la pratique de l'extase, de la transe et du « vol » paraît avoir été bien connue ; et une cosmogonie centrée sur l'arbre : tous caractères qui se perpétueront jusqu'à l'époque dite littéraire, à partir du XIIe siècle. Le bateau tient aussi une place prépondérante et sera appelé à une longue fortune jusqu'à la culmination viking. Toutes sortes d'autres détails démontreraient qu'une religion bien assise est en place dont l'Edda, un jour, au XIIe siècle, se fera la traduction. Ajoutons que, sur le plan purement artistique, ces pétroglyphes sont d'une évidente qualité et préfigurent étonnamment ce que nous appellerons bien plus tard les « formes scandinaves », des objets usuels en particulier.

Nous foulons un sol ferme cette fois avec l'âge du fer (400 avant J.-C. à 800 de notre ère) que l'usage est de diviser en quatre phases selon l'influence majeure reçue. Le propre des peuplades scandinaves est, en effet, l'instabilité ainsi qu'une très grande ouverture aux incitations venues de l'extérieur en raison du contact constant dans lequel elles se trouvent avec l'étranger à cause de leur principale activité, le commerce.

L'âge du fer celtique : itinéraires croisés

C'est ainsi qu'entre - 400 et le tournant de l'ère, nous parlons d'âge du fer celtique en raison de déteintes domestiques dans l'habillement notamment, onomastiques, artistiques et religieuses. Ce point, pour évident qu'il soit, introduit déjà ce qui demeurera une source quasi inévitable de confusions entre Celtes et Scandinaves : on sait à quel point les peuplades celtiques furent sans cesse en mouvement, on connaît la diversité extrême de leurs prestations, et il est souvent très difficile de démêler, notamment en matière d'art, ce qui revient au Nord ou ce qui tient aux Celtes, notamment continentaux. Le bateau fait de notables progrès techniques comme le montre l'esquif de Hjortspringkobbel (Danemark) mais c'est le moment où le Nord déferle sur le continent : ce mouvement commence avec les Cimbres et les Teutons – des Danois – que suivent, entre autres, les Lombards, des Norvégiens ; les Vandales, Danois ou Suédois ; les Burgondes, Norvégiens ou Danois ; les Suèves, Souabes ou Suédois ; sans parler des Gots – Suédois très probablement – qui iront installer, au nord de la mer Noire, une sorte d'empire à partir duquel ils rayonneront sous leurs deux branches, Ostrogots ou « Gots glorieux » et Visigots ou « Gots sages ». Les hommes de Théodoric ou ceux d'Alaric développeront une civilisation remarquableperont les voies de pénétration suivies par ces ethnies mal connues et difficiles à caractériser.

L'âge du fer romain : le temps des rois et des runes

Avec l'âge du fer dit romain – du commencement de l'ère au début du Ve siècle – l'influence reçue est latine. Les échanges deviennent nombreux et féconds et dénotent un intéressant jeu de chassé-croisé. César (De Bello, 51 avant J.-C.) puis Tacite (Germania, 98 de notre ère) nous proposent des portraits que vérifieront assez bien nos connaissances ultérieures. Les Danes, venus du sud de la Suède, s'installent au Danemark auquel ils donnent leur nom – territoire des Danes ; la Suède ou nation des Sviar – Svithjod, les Sviar sont l'ethnie qui occupe le centre de la Suède – prend corps autour de Sigtuna et d'Uppsala – Stockholm n'existe pas encore ; la Norvège ou Nordrvegr, voie du Nord, commence à s'organiser, notamment dans le sud, autour de quelques centres importants comme Trondheim. Il n'est question ni de l'Islande ni des Féroë qui relèvent de l'âge viking – environ 800 pour ces dernières, 874 pour la première.

La Scandinavie est bien en place, organisée en une multitude de « royaumes » chacun gouverné par un konungr ou roi, en fait une sorte de grand prêtre-sacrificateur, intermédiaire entre son peuple et les dieux et expressément chargé d'assurer à ses sujets la fertilité et la fécondité, donc choisi par ses pairs til ars ok fridar, « pour une année féconde et pour la paix ». Notons bien, pour détruire une erreur comme inexpugnable chez nous, que le roi n'est pas un chef de guerre et qu'au demeurant, les préoccupations martiales ne figureront jamais au premier rang des intérêts du Nord. Il vit d'agriculture, d'élevage, sans excès en raison de l'aridité des sols et de la rigueur des climats, et surtout de pêche et de commerce, lequel demeurera l'activité fondamentale du Nord, la fonction première des Vikings, le célèbre bateau viking prenant sa forme caractéristique avec l'esquif de Nydam au Danemark : c'est déjà une sorte de knörr, si ce n'est qu'il n'a pas encore de mât ni de quille.

La culture de ces peuples est évoluée : témoins, les runes qui, pour n'être pas une invention scandinave, puisqu'elles sont nées dans le sud de la Germanie vers 200, vont connaître une belle diffusion, peut-être sous l'impulsion des énigmatiques Eruli ou Hérules. Mais la passion de l'aventure doit bien avoir dicté la première vague d'établissement, celle des Angles – des Danois – associés aux Saxons – des Germains continentaux – qui s'installeront, entre IIIe et IVe siècles, en Angleterre, laquelle leur doit son nom de terre des Angles. Cette association des Angles et des Saxons nous permet, au passage, de souligner un trait fondamental des nations du Nord : leur sens de la confédération, de l'association qui dictera leur mode de vie jusqu'à nos jours et qui explique pour une bonne part le succès à venir des opérations vikings.

L'âge du fer germanique ancien : la naissance du droit

De 400 à 600 environ s'instaure l'âge du fer germanique ancien, fort confus en raison des collusions entre Scandinaves et Germains continentaux et des grandes migrations déjà évoquées – ce que l'on appelle, là-bas, le folkvandringstid, l'époque des errances populaires. Temps d'insécurité dont témoignent les nombreux « trésors » enfouis dans le sol et que retrouve l'archéologie ainsi que les tilflugtsborg ou forteresses-refuges qui subsistent en Gotland, Öland et Bornholm, ces trois îles où se sera cristallisé, en quelque sorte, le génie du Nord.

Il est probable que c'est à ce moment-là qu'un début d'administration ou d'organisation politico-sociale se met en place avec le byggd, sorte d'unité territoriale occupée par une « famille » ou un clan ; les byggdir se regrouperont ensuite en hérad ou fylki qui sont les amorces des provinces actuelles. Fait notable, il semble que ce soit alors que chaque byggd se dote d'une instance à la fois législative et judiciaire, dite thing, ou assemblée des hommes libres délibérant de toutes les importantes questions pendantes. L'institution durera jusqu'à nos jours et connaîtra une fortune remarquable en Islande, bien plus tard. Le thing exprime par définition le primat du droit, de la loi librement consentie et la faculté inaliénable que possède tout homme libre de donner son opinion sur tout sujet : tous points qui ne disparaîtront plus. Désormais, d'ailleurs, les témoignages étrangers – Cassiodore, le Got Jordanes avant Grégoire de Tours par exemple – nous permettent de ne plus trop naviguer au jugé.

L'âge du fer germanique récent : routes commerciales et expansion territoriale

Avec l'âge du fer germanique récent (600 à 800), d'autres observateurs comme Procope de Césarée se plaisent à noter le véritable fourmillement qui caractérise les Gots, entre autres peuplades. Mais ce qu'il faut appeler la vocation commerciale de ces peuples s'affirme sans conteste. Ainsi, les grands centres commerciaux de Lindholm Høje ou de Hedeby, au Danemark, surgissent : ils seront appelés à une longue fortune, le dernier nommé en particulier sera l'un des grands centres de ralliement des Vikings. Au demeurant, l'île de Gotland, dans la Baltique, qui possède une longue tradition, notamment en qualité de plaque tournante dudit commerce entre Nord et continent connaît une période faste, visible aux nombreux vestiges qu'elle a conservés. Les chroniques, malheureusement entachées de légende, nous donnent de grands rois – Ivarr vidfami ou Haraldr hilditönn – au Danemark tandis que les premières tentatives de conversion au christianisme prennent place avec la mission, infructueuse, du Northumbrien Willibrord, toujours au Danemark, vers 700. La Norvège, pour sa part, a dû posséder une dynastie de « rois », les Ynglingar – dont descendra au IXe siècle le célèbre Haraldr à la belle chevelure – qui, préfigurant le phénomène viking, vont amorcer un mouvement d'expansion vers l'ouest : Orcades, Shetland, Hébrides puis Féroë avant l'Islande. Pour la Suède, elle voit l'émergence de la brillante civilisation dite de Vendel ou de Valsgärde, au centre de ce pays, qui dénote de profondes déteintes germaniques continentales ainsi qu'un goût raffiné pour les beaux objets. C'est aussi le temps des grandes pierres historiées de Gotland, avec leur curieuse forme de champignons en coupe verticale et qui portent de superbes figurations d'interprétation difficile, où il n'est tout de même pas interdit de « lire » des scènes mythologiques ou guerrières de fière allure. Le motif du bateau y règne avec grande élégance. En même temps, les Suédois s'en vont établir sur la rive nord de l'actuelle Allemagne, ou plus à l'est, des comptoirs comme Wollin à l'embouchure de la Vistule, Grobin ou Apuole dans l'actuelle Lituanie, Wiskiauten ou Truso.

En tout état de cause, nous disposons maintenant du vaste corpus des inscriptions runiques en ancien futhark – du nom des six premiers caractères de cet alphabet à vingt-quatre signes – qui, malgré les difficultés de leur interprétation, nous permettent de nous faire une idée recevable de la culture et de la civilisation de ces peuples. Remarquons au passage que, en dépiique, comme une autre, qui sert à noter tout ce que l'on voudra. Elles se simplifieront, de façon fort curieuse mais dont la recherche est en train, sans doute, de trouver une élucidation, vers 800 pour passer à seize signes seulement.

L'unité scandinave

Le problème qui demeure pendant est celui de savoir sur quelles bases s'est réalisée l'unité scandinave au cours des siècles. On fera litière de critères ethniques : il n'y a pas de « race » scandinave, le grand dolicocéphale blond aux yeux bleus est un leurre ; ou géographiques : la diversité des paysages entre fjords de Norvège, vastes plaines du Danemark ou forêts coupées de lacs suédois est vraiment trop grande quoique, partout, règnent le froid, la disparité des saisons – une froide très longue, une « chaude » brève et intense – et surtout l'immensité des distances sans parler de l'omniprésence de l'élément aquatique sous toutes ses formes ; ou encore historiques : si le Danemark a pu connaître de puissants lignages de rois-marchands, la Norvège, compartimentée comme elle l'est toujours par les fjords et les fjells, n'a eu longtemps que des roitelets aux pouvoirs bien limités, la Suède ayant dû, longtemps, osciller entre pouvoir des Sviar et celui des Gautar – sans doute les Geatas de Beowulf, poème anglo-saxon. Demeure l'irritant problème qu'ont pu poser les Sames – ou Lapons – qui furent, d'aventure, le substrat autochtone que seront venus recouvrir les apports indo-européens.

La famille et le clan

En fait, je ne vois que quatre critères sûrs qui auront peu à peu présidé à la formation de la Scandinavie. Le premier est d'ordre sociologique et s'appelle œtt ou « famille », au sens très large, qui aura été le centre même de la vie en société. Tacite, déjà, en faisait l'entité fondamentale sur laquelle tout reposait : le droit, bien entendu, mais aussi le commerce, la guerre, la religion. Bien plus tard, les sagas islandaises dites « de familles » en donneront une idée qui aura traversé les siècles. Puis cette notion floue appelée land, qui s'applique à une unité territoriale centrée sur un lieu de culte en plein air – sans doute, qu'il est abusif de rendre par « temple », cette notion n'a pas de sens ici – joint à un thing et régi, si l'on veut, par un chef ou « roi ». Il peut s'être agi d'une circonscription géographique, ou politique, ou familiale que rassemblaient des intérêts juridico-économiques, voire militaires – ce dernier point, avec la plus grande circonspection.

La langue et la culture

Mais le troisième critère me paraît, de loin, le plus pertinent : il est linguistique. Les Scandinaves sont ces Germains du Nord qui se comprenaient sans effort entre eux. La langue qu'ils parlaient, ou proto-norois ou urnordisk dans leurs usages, s'est miraculeusement conservée en vieil islandais qui n'a pas évolué depuis un millénaire ! D'autre part, de nombreux éléments de linguistique montrent que cette langue est tout à fait germanique : loi de Grimm ou passage de bh, dh, gh à, respectivement, b, d, g ou de p, t, k à f, th, h ; phénomènes de la métaphonie ou Umlaut, de l'apophonie ou Ablaut et de la fracture ou Brechung, qui rendent compte des déclinaisons et des conjugaisons. Ajoutez-y d'originales lois de prononciation, ces langues possédant un double accent, l'un de force comme en allemand, l'autre dit musical ou accent second conservé aujourd'hui encore en suédois et norvégien, ou sous les espèces du stød danois ou du coup de glotte islandais. Ces remarques techniques sont indispensables à qui veut comprendre que les non Scandinaves n'ont jamais douté de la spécificité des Scandinaves qu'ils ne confondent pas avec les autres Germains.

Autant dire que le critère culturel au sens propre unit les peuples du Nord : leurs religions qui comportent le même corpus de croyances, de mythes et de rites, les mêmes coutumes, la même vision du monde, de l'homme et de la vie. Par là s'explique aussi l'étonnante uniformité avec laquelle ils auront franchi les grandes étapes de l'histoire, – ainsi, ils auront été christianisés en même temps autour de l'an mille, – et toujours unis, malgré de légitimes originalités « locales », au point de former, depuis que nous les connaissons, un bloc extrêmement perméable aux influences extérieures sans aliéner pour autant sa personnalité.

Régis Boyer
Octobre 2002
 
Bibliographie
Les Vikings. Histoire et civilisation Les Vikings. Histoire et civilisation
Régis Boyer
Plon, Paris, 2e édition 2002

L’Art viking L’Art viking
Régis Boyer
La Renaissance du Livre, Tournai, 2001

A History of the Vikings A History of the Vikings
Gwyn Jones
Oxford University Press, Oxford, 2001

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