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L'Institut français de Pondichéry
Jean-Pierre Muller
Directeur de l'Institut français de Pondichéry

L'Institut français de Pondichéry, l'IFP, le plus important des instituts de recherche dépendant du ministère français des Affaires étrangères, a été créé en 1955 à la suite de « l'accord de cession de facto » des comptoirs français de l'Inde signé en octobre 1954. En cinquante ans d'histoire, l'IFP est devenu un immense réservoir de savoirs sur les cultures, les sociétés et les environnements de l'Inde et a engrangé dans ses murs de précieux documents et matériaux de recherche. Loin de s'endormir sur ses lauriers, l'IFP a su adapter ses objectifs et ses modes de fonctionnement aux exigences du monde moderne et à la profonde et rapide mutation que vit l'Inde, son pays hôte. À son origine « fenêtre ouverte sur la France » selon la formule de Pandit Jawaharlal Nehru, l'Institut, en s'insérant dans les réseaux nationaux et internationaux de la recherche, est ainsi devenu pour la France et, au delà, pour l'Europe, un observatoire privilégié du développement durable de l'ensemble des pays du Sud auxquels l'Inde, qui fait l'expérience d'innovations politiques, sociales, scientifiques et culturelles qui pourraient servir de références, donne un relief tout particulier. En choisissant le slogan « From tradition to modernity » pour thème de son cinquantenaire, qui sera fêté en février 2005, l'IFP entend montrer qu'il souhaite rester un instrument privilégié du réseau de coopération qui unit la France à l'Inde et, plus largement, l'Europe à l'Asie. L'actuel directeur de l'IFP, Jean-Pierre Muller, qui a pris ses fonctions début 2003, présente brièvement l'histoire de l'IFP, de sa « gestation » à sa « maturation », et pose les fondations d'une nécessaire « renaissance ».

La gestation

L'idée d'un institut à Pondichéry a été lancée pour la première fois en 1891 par le capitaine Martinet, fondateur de l'Alliance française de Pondichéry. Elle fut reprise pendant la seconde guerre mondiale par Paul Josselin, chef du service de l'Instruction publique. Elle a reçu un soutien politique quand, en 1949, M. Catrice a émis à l'Assemblée de l'Union française le vœu de créer un institut à Pondichéry. Lorsque la question du rattachement de l'Inde française à l'Union indienne s'est posée, les Français ainsi que les Pondichériens attachés à la France désiraient en effet perpétuer le lien pluriséculaire entre la France et l'Inde par le biais de la culture. Au moment des préparatifs de la cession de Pondichéry, l'idée refit surface lors d'une réunion à laquelle participaient l'ambassadeur de France, M. Stanislas Ostrorog, M. Panikkar, historien, délégué du gouvernement indien et le Dr Jean Filliozat, titulaire de la chaire d'indianisme au Collège de France. Le Pandit Nehru avait pour sa part souhaité faire de Pondichéry une « fenêtre ouverte sur la France ». Le mot « Institut » apparaît alors dans les lettres échangées entre les deux gouvernements. Le principe de la création « d'établissements ou institutions destinés à des études préparant à des diplômes de langue et de civilisation françaises, à la recherche scientifique ou à la diffusion de la culture française dans le domaine des lettres, des arts et des sciences » était acquis à la signature de l'accord sur les Établissements français en Inde, signé le 21 octobre 1954 (art. 28).

La naissance

L'acte de naissance de l'Institut français de Pondichéry était signé. L'immeuble de la rue Saint-Louis lui fut affecté. Il fut décidé aussitôt que l'Institut aurait trois sections : une de langue et de civilisation françaises, à l'instar des instituts français existant déjà dans certains pays étrangers ; une de sciences pour satisfaire le vœu de l'Inde qui était avide de connaissances scientifiques pour bâtir l'Inde nouvelle ; une d'indologie chère au Dr Filliozat. L'Institut fut officiellement inauguré le 21 mars 1955 sous la présidence de l'Ambassadeur de France en Inde, S.E. le Comte Ostrorog, en présence de Shri Radja-Gopal-Achary, Gouverneur général de l'Inde entre l'octroi du statut de dominion et la proclamation de la République, et plusieurs éminentes personnalités indiennes et françaises. Le traité de cession des Territoires français à l'Inde – transfert de facto –, signé le 28 mai 1956, consacre l'IFP dans sa mission de recherche et d'enseignement supérieur dans son article 24.

La croissance

La section de langue et littérature françaises, placée sous la direction de Raymond Gélibert, qui assurait aussi la fonction de directeur du collège français, a organisé une série de cours publics de civilisation française. Elle n'a cependant vécu que quelques années puisque, dès 1958, la mission d'enseignement et de diffusion de la culture française qui lui était dévolue a été confiée à l'Alliance française et que le centre audiovisuel qui lui succéda fut rapidement supprimé. La deuxième section, consacrée à l'indianisme – ou à l'indologie – fut la première à fonctionner effectivement sous la houlette de Jean Filliozat, qui dirigeait simultanément l'IFP et l'École française d'Extrême-Orient. Cette section a aussitôt entrepris de collecter des manuscrits sur feuilles de palme, a mis en place une collection de photos d'icônes importantes ou rares et a commencé à traduire et éditer, avec notes et commentaires, des manuscrits sanskrits et tamouls. La section scientifique et technique, qui n'a réellement vu le jour qu'en 1956, entreprit des travaux de cartographie de la végétation, à l'échelle du millionième, sous la direction de Pierre Legris, un ingénieur des Eaux et Forêts qui avait déjà servi dans les colonies. La constitution d'un herbier et des collections de pollens tropicaux et d'échantillons de sols étaient à la base de ce travail d'inventaire. Pierre Legris deviendra ensuite, de 1978 à 1988, le second directeur de l'Institut.

La maturité

En 1988, sous la direction de Jean-Pierre Pascal, l'Institut français de Pondichéry fut réorganisé en trois départements dont les intitulés correspondaient de fait aux activités développées au sein de l'Institut : le département d'écologie, héritier direct de la section scientifique et technique ; le département d'indologie, qui succédait à la section du même nom ; le département de sciences sociales qui consacrait les nombreux travaux réalisés en géographie au cours des années 1980, grâce notamment au dynamisme de Jean Racine qui en fut le premier responsable. En décidant de créer laboratoire de géomatique en 1994, François Houiller dotait l'institut d'outils modernes de représentation et d'analyse des interrelations spatiales et temporelles entre ces sociétés et leur environnement.

Le renouveau

Au fil des années, l'IFP a ainsi progressivement trouvé sa place et affirmé son rôle dans le domaine de la coopération scientifique entre la France et l'Inde. Une production scientifique abondante, et appréciée, en a résulté. Outre la publication d'articles scientifiques, on notera par exemple : l'édition de livres – environ cent cinquante en sciences humaines et sociales, incluant surtout des éditions critiques, traductions et commentaires de textes sanskrits –, des cartes avec notices sur les sols et la végétation de l'Inde du Sud, des CD-ROM sur l'héritage culturel et des systèmes multimédias d'identification des paramètres de l'environnement. En attestent également les nombreux accords et conventions passés avec des organismes français, indiens et d'autres pays d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord et la longue liste des étudiants, dont de nombreux doctorants, chercheurs et autres visiteurs de tous pays qui ont séjourné quelques jours à plusieurs mois à Pondichéry. Aussi essentiel est le rôle qu'a joué, en parallèle, l'Institut en engrangeant dans ses murs de précieux documents et matériaux de recherche : un fonds documentaire important ; des collections de manuscrits et de photos rares ; une banque de pollens, traceurs des paléoenvironnements, parmi les plus riches du monde ; un herbier de 40 000 spécimens contenant de très nombreuses espèces endémiques ; une cartothèque…

Un Institut français en Inde au XXIe siècle : pour quoi et pour qui ?

Vouloir camper sur ce passé, aussi prestigieux soit-il, aurait cependant été une erreur fatale. Le monde et l'Inde tout particulièrement ont considérablement changé au cours des deux dernières décennies. Et cette transformation s'accélère. L'Institut se devait de prendre en compte une redistribution des cartes, qui se traduit par exemple par la diversification des relations scientifiques entre le Nord et le Sud tant sur le plan des thématiques que sur celui des modalités de collaboration. La mondialisation qui impose une pratique nouvelle de la recherche au plan international, la différentiation de plus en plus marquée de la recherche au sein des pays en émergence tels que l'Inde, l'apparition de nouveaux problèmes de société, d'économie et de santé et l'acuité croissante des problèmes d'environnement, l'harmonisation internationale progressive des critères d'évaluation de la recherche, le développement extrêmement rapide de techniques de plus en plus sophistiquées : toutes ces évolutions sont autant de raisons qui plaident pour une nouvelle conception des modes de fonctionnement et d'évaluation de l'IFP. Pour relever tous ces défis, l'Institut devait s'obliger à une autocritique, en admettant qu'il puisse y avoir inadéquation entre certaines survivances de pratiques appartenant au passé et les exigences du monde moderne, et parfois même une conception teintée d'archaïsme de son rôle. Et à l'aube de son cinquantenaire, il était légitime que l'IFP s'interroge sur son futur.

Les bases d'une renaissance

Comment alors assurer à l'Institut les moyens d'une renaissance, réasseoir sa crédibilité, en le faisant participer activement à une dynamique scientifique globale que trois mots clés pourraient définir : excellence, partenariat, ouverture ? Il faut tout d'abord définir le juste rôle d'acteur scientifique que l'IFP peut jouer. De ce point de vue, et sans aucun doute, l'activité de l'Institut est au cœur de la question du développement durable, celle de la régulation, à la fois globale et locale, d'un système complexe et dynamique dans lequel l'environnement, les ressources et les sociétés sont des parties en interactions. Et de ce point de vue, l'Inde est un terrain de recherche particulièrement pertinent. Il est utile de rappeler, par exemple, que :
- L'Inde est le deuxième pays le plus peuplé de la planète et un de ceux où la population est la plus dense. Du fait de cette pression démographique, certains des grands problèmes ou déséquilibres, exacerbés au Sud, tels que la gestion de l'eau, la dégradation de la biosphère, l'aménagement des villes, la gestion du système de santé se posent avec une acuité particulière et à une échelle singulière ;
- l'Inde moderne est le fruit d'une des plus grandes civilisations du monde, elle a ses racines profondément ancrées dans une culture millénaire. Cela lui confère un regard original sur le temps et l'espace des sociétés et, même si elle est proactive avec le reste du monde, sa démarche reste prudente. L'Inde soumise aux vents de la mondialisation mais aussi à l'origine du concept de non-dualité pourrait-elle proposer au monde de nouveaux modèles, intégrés, de développement ?
- L'Inde est la plus grande démocratie du monde. Comme une sorte d'immense laboratoire, elle expérimente des approches originales de développement à diverses échelles, de l'État central aux conseils de village – le village panchayat. La double révolution verte est une référence mondiale de cette originalité.
- L'Inde est caractérisée par une grande variété de peuples, avec des histoires diverses, vivant dans les milieux variés. Une conséquence originale est le fait que des comportements sociaux caractéristiques de périodes passées restent vivants et des périodes définies comme différentes peuvent coexister dans le monde contemporain.
Le Président Nehru voulait que l'Institut soit pour l'Inde une « fenêtre ouverte sur la France ». Cinquante années plus tard, et compte tenu de l'évolution du monde – et de l'Inde en particulier – et de l'expérience accumulée par l'IFP sur les cultures, les sociétés et les environnements physiques et biologiques de l'Inde, l'Institut peut être, pour la France et l'Europe, une porte ouverte sur cette Inde en mutation.
Il est ainsi important que l'Institut :
- continue de s'intéresser à quelques-unes des clés historiques de l'Inde classique, celles de ses religions, de sa littérature, de ses langues – le sanskrit et le tamoul – pour mieux comprendre les fondements de l'Inde moderne ;
- promeuve des projets de recherche sur les grandes questions de société et sur les relations entre les sociétés humaines et leur environnement, par exemple sur la gestion sociale de l'eau, le développement urbain, les tendances démographiques et la mobilité sociale, la microfinance, l'impact de l'industrialisation sur les systèmes ruraux, la diffusion des nouvelles technologies ou les problèmes de santé liés à la diffusion des maladies transmissibles ;
- approfondisse les recherches descriptives sur la biodiversité par des études sur le fonctionnement des écosystèmes, en considérant l'homme comme un paramètre important de leur évolution.

Trois concepts à la base d'une réforme

Pour satisfaire cette ambition, il était nécessaire d'engager une profonde réforme de l'Institut, dans le cadre général de la réforme des centres de recherche du ministère des Affaires étrangères. Trois concepts en constituent désormais le socle :
- le concept de « Maison de la Science » : Avec quinze chercheurs permanents, l'Institut a un « poids scientifique » relativement faible. Mais il a une « surface » importante si l'on considère sa légitimité et sa visibilité politique en Inde, son réseau de partenaires et ses ressources documentaires, immobilières et mobilières. L'Institut est, par nature, un élément avancé privilégié du dispositif français et européen en Asie du Sud. N'est-il pas de sa responsabilité de jouer vis-à-vis des institutions françaises et européennes un rôle « d'ensemblier » des actions coopératives de recherche, de formation et d'expertise avec nos partenaires indiens ? L'avenir de l'Institut réside en tout cas dans sa capacité à mettre en synergie ses compétences et sa culture scientifique originales avec celles, complémentaires, de communautés scientifiques de France et d'Inde et, plus largement, d'Europe et d'Asie du Sud et du Sud-Est.
- le concept « d'observatoire » : Cinquante années après sa création, l'IFP est devenu pour la France, et au-delà pour l'Europe, un observatoire privilégié du développement durable puisqu'il est situé dans un pays qui fait l'expérience, en s'appuyant sur une longue histoire et à l'échelle d'un sous-continent peuplé de plus d'un milliard d'habitants, d'innovations politiques, sociales, scientifiques et culturelles qui pourraient servir de références.
- le concept de « culture de projets » : Il s'agit de baser l'activité de l'Institut sur des projets d'équipe, proposés par les chercheurs à la direction de l'Institut, soumis à l'évaluation par des experts et qui, s'ils sont acceptés, doivent être considérés comme des contrats d'objectifs, de moyens et de résultats entre les équipes proposantes et l'Institut.

Une politique par objectifs

Ce « recadrage » réalisé, une politique par objectifs, qui prend en compte les trois missions de l'Institut – recherche, valorisation, formation – a été mise en œuvre. Trois mots clés en constituent les repères : excellence, partenariat et ouverture.

La recherche : la mise en œuvre d'une culture de projet

Des axes stratégiques de recherche ont été redéfinis dans les trois champs d'activité de l'Institut : savoirs et patrimoine culturel indien pour le département d'indologie ; sociétés et santé pour le département de sciences sociales ; environnement et développement durable pour le département d'écologie. Un resserrement progressif des projets sur ces axes est en cours. Trente projets, dont dix ont été soumis par des chercheurs extérieurs à l'Institut, ont été ainsi validés en 2005 après que leur faisabilité a été dûment vérifiée.

Axes et projets scientifiques de l'IF :
Établissement à vocation pluridisciplinaire, l'Institut accueillait en 2004 tout ou partie de trente projets de recherche – dont dix dirigés par des chercheurs ou enseignants-chercheurs français et indiens appartenant à d'autres établissements – répartis selon dix axes :

Savoirs et patrimoine culturel indiens :
- Analyses indiennes de la langue et de la littérature sanskrite
- Histoire des religions. Études tamoules Dynamiques sociales contemporaines :
- Population et espace en Inde du sud. Santé et sociétés
- Économie et sociétés

Environnement et développement durable :
- Paléo-environnements en Inde du sud
- Applications des NTIC à la taxonomie
- Composantes de la biodiversité
- Usages de la biodiversité et écosystèmes anthropisés

La valorisation : le lancement d'une politique ambitieuse de publication

Les publications sont la première forme de valorisation des travaux d'une institution de recherche : les connaissances acquises par l'IFP doivent impérativement être portées à la connaissance des milieux académiques et, autant que faire se peut, être transférées vers les décideurs sociaux, économiques, culturels et politiques de l'Inde. L'IFP avait accumulé un énorme retard dans la publication des travaux effectués dans son cadre ou avec sa participation. Un plan ambitieux de rattrapage sur trois ans a été lancé en 2003. Concernant l'indologie et les sciences sociales, plus de deux cents ouvrages ont été édités dans les différentes collections de l'Institut. En publiant certains de ses travaux – toutes disciplines confondues – sous forme de CD-ROM, l'IFP s'est mis à l'heure des nouvelles technologies de l'information et de la communication.

L'organisation de séminaires et de colloques est une autre forme de valorisation des recherches menées par l'Institut. Seize séminaires ont été organisés en 2003 et 2004. Plusieurs d'entre eux ont eu une envergure internationale.

La formation : une capacité d'accueil à valoriser

L'IFP s'efforce, en collaboration avec des établissements français et indiens, à jouer un rôle important dans la formation de jeunes chercheurs indiens, français, européens, voire d'autres nationalités. Bien que le contexte budgétaire soit défavorable, L'Institut offre des bourses de doctorat aussi bien à des étudiants indiens, qui peuvent trouver à l'IFP des conditions de travail favorables, que d'étudiants français voire européens qui ont la chance de travailler sur des terrains exceptionnels. L'IFP accueille également des doctorants d'autres institutions et participe à des formations collectives – écoles, « training courses ».

Une nécessaire adaptation des moyens

Cette politique par objectifs a nécessité une adaptation des moyens, humains et matériels, mis à la disposition des équipes et une profonde révision des modalités de fonctionnement de l'Institut. Plusieurs chantiers ont ainsi été ouverts.
Pour assurer leurs missions de recherche, de valorisation et de formation, les équipes peuvent maintenant prendre pleinement appui sur deux « structures transversales » solides :
- Un Laboratoire d'informatique appliquée et de géomatique. Ce laboratoire est devenu en deux ans un des « piliers » de l'Institut. Il est l'acteur essentiel de plusieurs projets de recherche menés dans les trois départements de l'Institut pour lesquels de solides compétences en systèmes d'information géographique (SIG) et en nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) sont nécessaires : écologie des paysages, atlas historique de l'Inde du Sud, atlas économique de l'Inde, système d'identification botanique assistée par ordinateur, cartographie interactive par Internet… Il contribue également à la politique de valorisation du patrimoine scientifique de l'Institut – bases de données cartographiques, informatisation des collections de l'Institut –, participe activement à la nouvelle politique d'édition – diffusion des connaissances sur support multimédia – et est l'artisan d'une politique volontariste de communication – WEB notamment. Il est en outre chargé de la gestion et du développement des ressources informatiques de l'Institut.
- Un Centre de ressources documentaires. La décision a été prise en 2003 de créer un centre unique de ressources documentaires afin de permettre une gestion intégrée et moderne – catalogue unique ; harmonisation des procédures de classement, consultation et prêts – du fonds documentaire de l'Institut et de faciliter l'accès de ce fonds à un large public. Il s'agit là, au-delà de la nécessité de rationaliser l'organisation d'un service, d'un acte symbolique d'ouverture de l'Institut vers ses partenaires institutionnels et tout public intéressé par les résultats de la recherche dans les champs explorés par l'Institut. Le fonds comprend notamment 60 000 ouvrages rassemblés dans une bibliothèque informatisée, plus de 800 périodiques, 8 500 manuscrits sur feuilles de palme sur le shivaïsme du sud de l'Inde (la plus grande collection du monde des textes sur la Shaïva Siddhanta) ; une inestimable collection de 135 000 photos de temples, d'édifices et de statuaires de l'Inde du Sud, dont certains ont depuis disparu.

Partenariats : le resserrement du réseau des partenaires institutionnels

La visibilité et la lisibilité en Inde de l'Institut, d'une part, et l'efficacité de son action, d'autre part, dépendent largement des partenariats institutionnels que l'Institut établit. Désormais, l'Institut accueille et met en œuvre tout ou partie de projets de recherche associant, d'une part, des chercheurs ou des équipes d'institutions françaises (instituts de recherche, universités, écoles) et, au-delà, européennes et, d'autre part, des chercheurs ou des équipes d'institutions indiennes et au-delà, d'Asie du Sud et du Sud-Est.
Aux conventions avec le CIRAD, le CNEARC, le CNRS, l'EFEO, l'EPHE, l'ENGREF, l'INRA, l'IRD et les universités d'Aix-Marseille, Bordeaux, Montpellier, Paris (I, III, VI, X, XII), Rennes et Rouen s'ajoutent des partenariats non institutionnalisés avec diverses universités. En Inde, l'IFP a signé de nombreuses conventions avec des universités, des instituts de recherche et des services techniques des administrations, notamment forestières et de l'environnement. L'IFP collabore aussi avec des équipes européennes (Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, etc.), américaines et de l'Asie du Sud et du Sud-Est (Bangladesh, Laos, Népal, Sri Lanka, Pakistan) et participe à des projets financés par l'Union européenne, la Banque mondiale, le Wellcome Trust, le FNUAP, le Bureau international du travail et des bailleurs de fonds indiens (NRSA, DST, etc.).

Plusieurs projets ont désormais une envergure régionale – la vocation de l'IFP est d'intervenir en Asie du Sud et du Sud-Est – ou internationale et reçoivent le soutien d'institutions nationales françaises ou indiennes et d'organisations internationales

Communication : le lancement d'une politique ambitieuse

L'Institut communiquait peu, en interne comme en externe. Vis-à-vis de l'extérieur, l'éloignement de l'Institut des grands centres de décision ne facilitait pas il est vrai cette communication. Un dispositif complet de communication mettant autant en œuvre les nouvelles technologies de l'information et de la communication a été lancé en 2003. Le fait marquant est la construction d'un nouveau site WEB. Conçu dès le départ pour être inséré dans un réseau d'information, ce site donne des informations sur l'Institut – histoire, missions, personnel, rapports d'activité… –, ses activités de recherche – champs et projets de recherche –, ses ressources – bibliothèque, publications, photothèque, cartothèque… –, sa vie – séminaires, visiteurs, presse, stages et offres d'emploi – et toute une série d'informations pratiques. Il permettra, par des « liens », d'accéder aux sites des partenaires ou toute institution avec laquelle l'IFP est ou peut être lié. Il est également conçu pour permettre un accès « en ligne » à des bases de données. L'IFP a par exemple développé, en collaboration avec l'IRD, un logiciel (« WEB Mapping ») permettant une présentation de cartes interactives sur internet. Un exemple en est donné à l'adresse : http://www.ifpindia.org/geo/h_atlas/atlas.html.
En interne, des panneaux d'affichage et posters présentent l'Institut – ses recherches, ses ressources et ses produits – et ses projets, les principaux événements au sein de l'Institut et chez ses partenaires ; les fiches signalétiques des visiteurs. Des communiqués sur les événements importants sont régulièrement transmis à la presse.

Gestion des ressources humaines et du budget :
une rationalisation et une modernisation en marche


La mise en place d'une politique par objectifs a permis de se faire une idée assez précise du rôle de chacun des agents dans le dispositif ; et la politique de l'emploi et la gestion des personnels, qui conditionnent largement le succès de la réforme engagée, ont été reconsidérées en profondeur. Une première étape a consisté à rationaliser l'utilisation des compétences existantes. Il en est résulté une réduction des effectifs et une meilleure répartition des personnels entre les projets et les services.
Un système de gestion par projet a été substitué au principe du « guichet ». Les chefs de projet et de service ont désormais à justifier, sous la forme d'une « fiche de demande budgétaire » commentée, des moyens qu'ils estiment nécessaires au bon déroulement de leur projet ou de leurs services. Il est maintenant possible de connaître le « coût consolidé », salaires inclus, de chacun des projets et des deux structures transversales et d'apporter rapidement des correctifs. Une culture de recherche de financements extérieurs est progressivement insufflée aux équipes, par principe et par nécessité, en raison du recul du budget des établissements publics. Le budget de la majorité des projets est désormais alimenté par une ou plusieurs sources extérieures. Cet effort soutenu a permis d'engager des personnels sur contrats de projets.

L'IFP en chiffres

En 2005, le personnel de l'iFP se compose de sept détachés du MAE, un chercheur IRD en accueil, dix chercheurs indiens, six allocataires de recherche français, trente ingénieurs et techniciens de recherche et vingt-quatre personnels de service. Outre ces personnels affectés à l'Institut ou rémunérés par lui, l'Institut accueille chaque année une quinzaine de chercheurs et assistants de recherche contractualisés sur projets financés sur ressources extérieures ainsi que des chercheurs confirmés de toutes nationalités et des étudiants français et indiens pour des séjours d'étude de durées variables.
LIFP est installé dans un bâtiment datant du début du XIXe siècle, récemment rénové, dont une aile a été construite en 2002-2004 : Il offre une surface utile de 3 000 m², que se partagent bureaux, laboratoires, herbiers, salles de lecture, salle de conférence, diverses pièces de stockage de documents, dont une pièce de conservation des fonds précieux (manuscrits et photos) et une cartothèque, un laboratoire photographique, un hall d'exposition et des chambres d'hôtes. L'Institut est doté d'un réseau informatique intégré et rénové. Il dispose de quatre véhicules dont 3 « tout-terrain ».

En guise de conclusion

L'Institut français de Pondichéry, base avancée du dispositif de recherche français en Asie – concept « d'observatoire » – est l'un des piliers de la coopération scientifique de la France avec l'Inde et, au delà, de l'Asie du Sud et du Sud-Est. Il en a la « surface » et la légitimité. Pour lui permettre de jouer pleinement son rôle dans une coopération-compétition désormais planétaire, une profonde réforme visant à substituer une logique d'objectifs et de résultats à une logique de moyens a été engagée début 2003. La perspective est double : assigner à l'établissement des objectifs clairs – concept de « culture de projets » –, d'une part ; lui faire jouer une fonction « d'ensemblier » d'actions coopératives de recherche, de formation et d'expertise – concept de « Maison de la Science » –, d'autre part. Cette réforme engagée en 2003 porte déjà des fruits prometteurs.
Désormais plus ouvert, l'Institut développe ses partenariats avec de grandes institutions, tant en France qu'en Inde. Sa « production », sous des formes variées – publications, séminaires, stages de formation… –, s'est fortement accrue. La subvention du gouvernement français ne permettant pas à elle seule de satisfaire les légitimes ambitions de certaines équipes, un effort considérable a été fait pour rechercher des financements extérieurs, notamment auprès d'organisations internationales.
Il était par ailleurs nécessaire d'adapter les moyens mobilisés par l'Institut à cette politique par objectifs. L'Institut dispose désormais de deux « structures transversales » solides, un Laboratoire d'informatique appliquée et de géomatique et un Centre de ressources documentaires intégré. Un important effort de communication, tant en interne qu'en externe, a également été accompli. La mise en ligne d'un nouveau site WEB est l'événement marquant de cette politique. Enfin, l'Institut a commencé d'adapter la gestion de ses personnels et de ses moyens financiers pour mieux servir ses divers projets.
Toutes ces mutations ont contribué à accroître rapidement et fortement la lisibilité et la visibilité de l'Institut. Et de nouvelles perspectives de projets d'envergure régionale et internationale s'ouvrent.
Pour en savoir plus sur l'IFP, consulter le site WEB : www.ifpindia.org - Contact : Jean-Pierre Muller ifpdir@ifpindia.org

Jean-Pierre Muller
 
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