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Les mouvements baptistes
André Paul
Historien, bibliste et théologien

Du IIe siècle avant Jésus-Christ jusqu'au IIIe ou même IVe siècle après, divers mouvements, dits couramment sectaires, se manifestèrent dans le Proche-Orient ancien et en Occident jusqu'à Rome. On les qualifie de « baptistes ». Ils virent le jour dans les marges du judaïsme et plus précisément dans ce que l'on appelle judéo-christianisme. La région du Jourdain, en Transjordanie et dans les abords de la mer Morte, est attestée comme leur lieu choisi d'implantation. Peut-être nombre d'entre eux y prirent-ils naissance. Tous recherchaient volontiers l'eau courante d'un fleuve pour le bain par immersion qui les caractérise, en grec baptisma. Mais cela ne suffit pas à les distinguer. Certes, l'acte baptismal, répété chez d'aucuns quotidiennement, demeure central dans le système doctrinal et la vie religieuse de ces divers groupes. Dans certains cas, on peut le dire sacramentel sinon magique, sous l'influence de courants syncrétistes, grecs ou orientaux qui, plus ou moins directement, préparaient ou imprégnaient la Gnose.


Des témoignages complexes

Plusieurs témoins signalent en effet les attaches gnostiques de telle ou telle secte baptiste. On connaît surtout ces courants sectaires par les auteurs ecclésiastiques des quatre premiers siècles, Justin (100-165) à Rome, Irénée (130-200) à Lyon, Hippolyte (170-235) à Rome, Origène (185-255) et Eusèbe (265-340) à Césarée, Épiphane (315-403) à Salamine et d'autres, tous soucieux de dénoncer l'hérésie, la Gnose d'abord au IIe siècle. Essentiellement marqué par la polémique, le témoignage de ces personnalités est à prendre avec discernement sinon avec réserves. De quelques rares sectes nous sont aussi parvenues les œuvres. Il est difficile sinon impossible de faire l'histoire de ces mouvements baptistes comme celle d'un vaste courant unifié. En dépit des traits récurrents d'un groupe à l'autre, il n'y a guère d'unité entre eux. On doit se contenter d'un inventaire des particularités significatives et distinctives possédant entre elles un lot suffisant d'affinités. Certaines de ces sectes ont un fondateur ou un promoteur resté célèbre. D'elles sont nées de vraies religions : pour une part, le christianisme dérive du courant baptiste de Jean, et le manichéisme d'une réforme profonde de la secte d'Elkasaï. Une seul courant vraiment baptiste a persisté jusqu'à nos jours, celui des Mandéens.


Flavius Josèphe et Jean le Baptiste

Attestés par Philon d'Alexandrie, Flavius Josèphe et Pline l'Ancien, et à leur suite par les Pères de l'Église, les Esséniens évoquent à leur façon les mouvements baptistes de l'Antiquité pré chrétienne. Une partie des textes retrouvés près de la mer Morte entre 1947 et 1956 atteste des croyances et des pratiques assez proches des leurs. Aujourd'hui, avec du recul, on ne peut affirmer qu'il y ait pour autant identité entre l'expérience des ascètes de Qumrân et les mœurs esséniennes. Nonobstant, il semblerait que, de part et d'autre, le régime des lustrations ou ablutions purificatrices, en ces lieux retirés, ait visé à suppléer les rites sacrificiels du Sanctuaire de Jérusalem. Mais il n'est pas adéquat de présenter les groupes d'ascètes des environs occidentaux de la mer Morte comme réellement baptistes. Il y avait cependant de vrais groupes baptistes à l'époque.

Flavius Josèphe rapporte une expérience singulière. Dans sa jeunesse et cherchant sa voie, il séjourna chez les Esséniens puis auprès de Bannos, sorte de moine du désert dont les traits et les mœurs rappellent d'assez près ceux de Jean Baptiste. Voici ce qu'il écrit : « Ayant entendu parler d'un certain Bannos qui vivait au désert, se contentait pour vêtement de ce que lui fournissaient les arbres, et pour nourriture, de ce que la terre produit spontanément, et usait de fréquentes ablutions d'eau froide de jour et de nuit, par souci de pureté, je me fis son émule » (Autobiographie 11). Josèphe était par ailleurs bien informé sur la vie d'un représentant célèbre du mouvement baptiste, Jean. Ce dernier pratiquait un rite d'immersion individuelle appelé « baptême ». Devenu homme au rayonnement notoire, on l'affubla d'un surnom qui dit bien l'objet de sa réputation : « le Baptiste », littéralement « l'Immerseur ». Ce mot dérive du grec baptizein, « plonger », « immerger ». On n'employait ce verbe que rarement pour un bain complet ; on avait recours à d'autres formules. Josèphe étaie le témoignage des Évangiles (Antiquités judaïques XVIII, 116-118). Il atteste lui-même le titre de Baptiste, ho baptistês, qui valait à Jean sa notoriété. Il précise qu'on venait à ce dernier « pour s'unir dans le baptême », dans un rite véritable d'initiation. Le but de l'acte était l'entrée signifiée, consacrée, dans un groupe d'élus. Pour Josèphe, le baptême de Jean servait également à « purifier le corps », l'âme étant purifiée au préalable « par la justice ». Voilà donc un mouvement judaïque que l'on peut dire sans ambages baptiste. Il compte parmi les sources directes du christianisme : Jean le Baptiste fut proclamé par les tout premiers témoins « précurseur » et « annonceur » du fondateur, Jésus de Nazareth dit le Christ. Mais la religion chrétienne se développa sur la base d'un corps de doctrines et de rites qui dépasse très largement le cadre baptismal. (À partir du XVIIe siècle, un courant baptiste totalement nouveau se distinguera, dans l'Église d'Angleterre d'abord. Il en naîtra les Églises baptistes, toujours vivantes, mais minoritaires par rapport aux grandes institutions d'où elles sont issues.) La survivance d'éléments judaïques ou judéo-chrétiens liés au courant baptiste de Jean est attestée au Ier siècle par les Actes des apôtres (19, 1-7) et jusqu'au IIIe par d'autres témoins.


Masbothéens et Ébionites

Dans leur désignation des hérésies juives ou judéo-chrétiennes, les Pères de l'Église signalent plusieurs courants explicitement baptistes. Au milieu du IIe siècle, le philosophe et débatteur chrétien Justin mentionne les Baptistaï, « Baptistes », dans son Dialogue avec Tryphon (80, 4). C'est dans une liste des « sept hérésies juives » qu'on les retrouve, avec des variantes, chez Eusèbe de Césarée, Épiphane de Salamine et d'autres. On peut assimiler ces Baptistes aux Masbothaïoï que signale l'historien Hégésippe vers 180, dans ses Hypomnemata ou « Mémoires » contre les Gnostiques. Les deux noms ont en effet le même sens, l'araméen masbûtâ signifiant « immersion » ou « baptême ». Hégésippe implique les Masbothéens dans la naissance de sectes gnostiques. L'idée était très répandue au sein des milieux chrétiens que les hérésies avaient des racines judaïques. Vers l'an 200, l'Africain Tertullien attribuait la pratique d'immersions quotidiennes à tous les Juifs, à cause de leur nature impure. À ces Baptistes ou Masbothéens, ajoutons les Hémérobaptistaï, « Hémérobaptistes ». Comme le dit l'étymologie – hêméra, « jour » et baptisma, « baptême » –, ceux-ci s'adonnent à des immersions quotidiennes. On sait peu de choses sur eux également. Épiphane, le grand chasseur d'hérésies, nous dit d'eux au IVe siècle qu'ils se plongeaient entièrement dans l'eau chaque jour, été comme hiver. À cette condition, ils seront purifiés au point de plaire à Dieu qui les mènera jusqu'au salut éternel.

Parmi les courants judéo-chrétiens à fort rayonnement baptiste, il faut classer les Ébionites, que l'on tend à considérer comme les successeurs de la première communauté de Jérusalem. Leur nom, Ébiônaïoï, est une forme grecque dérivée de l'hébreu ébyonîm, « pauvres ». Selon des sources anciennes auxquelles Épiphane fait écho, ils considéraient l'eau comme une chose divine. Ils sont comptés pour la première fois parmi les « hérétiques », comme secte gnostique plus précisément, dans le grand traité Contre les hérésies d'Irénée de Lyon (vers 180). Cela tient à la tradition d'Asie Mineure, d'où venait Irénée et où enseignait l'hérésiarque Cérinthe. Comme les Ébionites, ce dernier rejetait la doctrine de la conception virginale de Jésus, né d'une « jeune fille » (néanis en grec, selon la traduction d'Isaïe 7, 14 par Aquila) et non d'une « vierge » (parthénos, dans la version des Septantes reprise par le Nouveau Testament). De fait, le judéo-christianisme des Ébionites dut évoluer dans une direction gnostique, ce qui fit classer ces derniers parmi les hérétiques. Ces gens avaient leur propre Évangile, l'Évangile selon Matthieu. À leurs yeux, Paul de Tarse était un « apostat de la Loi ». Origène les mentionne à plusieurs reprises. Il les présente comme des Juifs qui croient en Jésus le Messie. Il les répartit en deux catégories : ceux qui acceptent que Jésus soit né d'une vierge et ceux qui le refusent. Ils vivent, précise-t-il, selon la Loi judaïque, préconisent la circoncision, interprètent les règles alimentaires de la Loi à la manière des Juifs, célèbrent la Pâque à la date fixée par ceux-ci. Ces Ébionites pratiquent de fréquentes lustrations voire immersions, tout habillés, surtout après les rapports sexuels et les contacts avec les étrangers. Autant d'actes rendus par le verbe baptizein. Nonobstant, ils s'astreignent parallèlement au baptême d'initiation typiquement chrétien, unique celui-ci.

Deux mouvements baptistes majeurs sont à traiter à part : les Elkasaïtes, dont le manichéisme sera une ligne dérivée au destin long et prospère ; les Mandéens, qui comptent encore plusieurs milliers d'adeptes.


Les Elkasaïtes

C'est une branche particulière du judéo-christianisme, à la fois baptiste et syncrétiste, que l'on repère au début du IIe siècle. C'est le seul groupe de l'époque que l'on puisse décrire comme une secte baptiste véritable et la plus influente des sectes baptistes. Hippolyte de Rome, Origène et Épiphane la connaissent. Ils rapportent qu'elle eut comme fondateur un prophète juif du nom d'Elkasaï, avec des orthographes diverses. Voilà une personnalité saillante des mouvements baptistes. Lui est attribué un livre de Révélation qui, selon Origène, serait tombé du ciel. L'ouvrage proclame une nouvelle absolution des péchés à la troisième année du règne de Trajan (vers 100), sous la forme d'un baptême. On y perçoit une position favorable aux Parthes orientaux et donc anti romaine, ce qui était courant à l'époque dans cette partie du Proche-Orient. Le mouvement débuta probablement aux alentours de la frontière syro-parthe sur le Haut-Euphrate, dans la Mésopotamie du Nord où il s'épanouit. Il s'étendit ensuite vers l'ouest, jusqu'à Rome, et vers le sud dans le secteur méridional de la Transjordanie. Ces déploiements s'opérèrent aux IIIe et IVe siècles, croisant alors des courants chrétiens.

La doctrine semble celle d'une secte juive marginale vite empreinte de christianisme, spécialement acquise aux croyances et pratiques judéo-chrétiennes. On pense ici à Alcibiade, un maître elkasaïte d'Apamée en Syrie. Sous le pontificat de l'évêque de Rome Calixte Ier (217-222) et au temps d'Hippolyte, cette personnalité intervint dans le débat sur la discipline pénitentielle : elle proposa le concept d'un « second baptême pour le pardon des péchés » au nom de la Trinité, en accord avec la pratique baptismale elkasaïte. Origène mentionne la secte à Rome en 247, tandis qu'une autre source la donne pour florissante en Babylonie. Le caractère judaïque de l'elkasaïsme se manifeste par l'observance rigoureuse du sabbat, la circoncision, la prière en direction de Jérusalem, le recours à des règles matrimoniales et alimentaires strictes. Il faut ajouter les ablutions ou immersions, dont Hippolyte fait une description précise. Un second baptême offrait aux pécheurs chrétiens également la « paix et une part au salut parmi les justes ». Le rite du baptême proprement dit empruntait à la pratique chrétienne ; il réclamait un ministre ou témoin de l'acte. L'immersion réitérée, appelée elle-même baptisma, prenait une forme nettement différente, sans l'intervention d'un quelconque agent. Épiphane souligne le rejet des sacrifices et du sacerdoce, ce qui semble signifier une dimension sacramentelle sinon magique du baptême.

L'influence du syncrétisme des sociétés ambiantes se devine dans le goût des Elkasaïtes pour l'astrologie et les croyances superstitieuses. Les tendances gnostiques sont claires aussi, avec la doctrine de la révélation et la transformation du Logos, le « Dieu très haut » et son « Envoyé », la doctrine des éléments et les anges, et les astres démonisés. De plus, le rôle joué par l'elkasaïsme dans la naissance du manichéisme implique un lien manifeste avec la Gnose. Le successeur le plus marquant d'Elkasaï fut Mani (217-274). Membre de la communauté elkasaïte durant vingt ans, ce dernier fut contraint de quitter le mouvement après des tentatives infructueuses de le réformer. Il fonda le manichéisme.


Les Mandéens

C'est le seul mouvement baptiste qui existe encore de nos jours. Quelques milliers de membres vivent toujours au sud de l'Irak, aux environs de Bassora, et, près de là, au sud-ouest de l'Iran. D'après une étymologie possible, leur nom, l'araméen mandayâ, les désignerait comme les hommes de la « connaissance » (mandâ). Eux-mêmes s'appellent les Nazoraïa, « Nazoréens », évocation d'une secte judéo-chrétienne des premiers siècles de notre ère. Les auteurs musulmans parlent volontiers des Sabayâ, « Baptistes ». Les Mandéens ne furent révélés à l'Occident qu'en 1652. Les voyageurs allèrent en nombre sur place s'informer sur eux. On les étudia réellement à partir du XIXe siècle. C'est alors qu'on édita leurs textes, avec traduction, et qu'on considéra savamment leur langue. Les exégètes du Nouveau Testament et les historiens du christianisme s'intéressèrent beaucoup à eux au début du XXe siècle, d'aucuns les considérant comme une source de la doctrine et des rites chrétiens (Bultmann). Ce qui supposerait leur grande ancienneté. Il est certain qu'à l'origine, ils avaient des liens idéologiques avec les mouvements évoluant en marge du judaïsme de Palestine, en Transjordanie exactement. Ce qui peut nous mener jusqu'au IIe siècle chrétien, mais guère plus haut. Sans nul doute, ils ont contribué à la formation de la Gnose ancienne, dont ils sont de quelque façon une variante orientale durable. Le corpus des écrits que l'on possède ne s'est constitué qu'au VIIIe siècle. Les sources attestent néanmoins le mouvement mandéen au IVe siècle et même probablement vers l'an 200.

À la base du système doctrinal des Mandéens il y a un dualisme opposant le « monde d'en haut » et le « monde d'en bas », le « lieu de la lumière » et le « lieu des ténèbres ». Ce qui n'empêche pas Dieu d'intervenir par la création, comme dans les récits bibliques. Création qui se poursuit par l'action permanente de la Divinité et sa révélation par l'Envoyé céleste. Ce dernier est le fondateur de la religion de lumière opposée à sept religions de ténèbres, parmi lesquelles le mazdéisme, le judaïsme, le christianisme, le manichéisme et l'islam. Jésus est un faux prophète. Le vrai prophète, c'est Jean Baptiste, identifié à l'Envoyé ou « connaissance de vie ». D'aucuns pensent que les Mandéens remontent jusqu'au mouvement de ce dernier, ce qui est très improbable. La littérature mandéenne qui nous est parvenue est immense. Elle consiste en trois grands ensembles : d'abord et surtout, la Ginzâ ou « Trésor », ou encore Sidrâ Rabba, « Grand Livre » ; ensuite, le Livre de Jean ou Discours des rois ; enfin, le Livre des âmes, avec une centaine de poèmes relatifs surtout au rituel du baptême et à la liturgie des morts.

Les pratiques baptismales des Mandéens consistent dans une immersion totale et régulière (masbûtâ, l'équivalent araméen de baptisma), chaque dimanche, dans une eau courante (appelée yardna, « Jourdain »). On se plonge trois fois dans l'eau, puis on se livre à d'autres ablutions bien codifiées (qui rappellent celles des musulmans), le prêtre prononçant des formules rituelles avec même invocation de « noms secrets ». Suit une onction à l'huile de sésame, trace d'une influence chrétienne possible, sur les rives du fleuve. On distribue enfin du pain et de l'eau. Ce baptême est administré sous une forme simplifiée aux enfants et aux mourants. À côté de la cérémonie baptismale festive du dimanche, on a recours, s'il le faut, à des ablutions fériales du matin ou simples immersions dans un fleuve, dans le cas de fautes spécifiques ou en des occasions particulières. Secte baptiste judaïque à l'origine, s'affirmant ensuite comme hostile au judaïsme et au christianisme, le mandéisme se développa comme une religion véritable, à l'instar du manichéisme.

André Paul
Mai 2005
 
Bibliographie
Contre le hérésies : dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur Contre le hérésies : dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur
Irénée de Lyon
Le Cerf, Paris, 2001

Le Mandéisme Le Mandéisme
H.-C Puech
La Pléiade
In Histoire générale des religions. Tome II
Gallimard, Paris, 1948

L'eau, sa vie et sa signification dans l'Ancien Testament L'eau, sa vie et sa signification dans l'Ancien Testament
P. Reymond
Brill, Leyde, 1958

Le mouvement baptiste en Palestine et Syrie (150 av. J.-C.) Le mouvement baptiste en Palestine et Syrie (150 av. J.-C.)
J. Thomas
Gembloux, 1935

Baptistes Baptistes

In Reallexikon für Antike und Christentum I. p.1167-1172
1950

Christ au Jourdain. Le baptême de Jésus dans la tradition judéo-chrétienne Christ au Jourdain. Le baptême de Jésus dans la tradition judéo-chrétienne
Daniel Vigne
Etudes bibliques
Gabalda, Paris, 1992

The baptist sects The baptist sects
K. Rudolf
In The Cambridge History of Judaism. Vol. III : The Early Roman Period.Publié sous la direction de W. Horbury, W.-D. Davies, J. Sturdy. Pages 471-500 et 1135-1139 (bibliographie)
Cambridge, 1999

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