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Le centenaire de l'Institut byzantin des Assomptionnistes
Albert Failler
Ancien directeur de l'Institut français des études byzantines (IFEB) et de la Revue des études byzantines.

Le 7 octobre 1895, la congrégation des Assomptionnistes érigea à Istanbul un Centre d'études orientales, qu'on appela d'abord École pratique des hautes études et qui allait devenir en réalité un Institut d'études byzantines[1]. Après une vie aussi productive que mouvementée, l'Institut byzantin des Assomptionnistes entrait en semi-retraite en 1980, lorsque s'éteignit tout espoir de recrutement et de renouvellement à l'intérieur de la congrégation, qui demanda aux membres restants d'assurer la succession, en insérant l'œuvre dans un autre cadre intellectuel, juridique et financier. Quinze ans plus tard, l'Institut byzantin des Assomptionnistes entre en retraite, au moment de fêter son centenaire et après avoir trouvé en l'Institut Catholique de Paris le successeur recherché, auquel il confie son patrimoine. Nul doute que le dépositaire saura faire fructifier ce bien, utiliser l'expérience acquise et donner à l'institution une seconde vie qui soit aussi féconde et aussi longue que la première.

Le centenaire offre l'occasion de rappeler et d'analyser le travail qui a été accompli et de rendre hommage aux ouvriers, connus et inconnus, qui ont assuré ou accompagné la marche hésitante et fluctuante de l'Institut à travers un siècle d'existence. Ce rappel légitime sera d'autant plus utile que les membres de l'Institut ont rarement évoqué le caractère propre de leur œuvre, de l'équipe qui l'animait et des publications qui en procédaient.

Rappelons, pour commencer, dans quel but fut fondé l'Institut. Il s'agissait pour la jeune congrégation des Assomptionnistes, qui entendait exécuter avec zèle les souhaits du pape Léon XIII, de contribuer au retour des dissidents des Églises orthodoxes dans le giron de l'Église catholique romaine, pour reprendre le vocabulaire de l'époque ; on visait plus particulièrement et plus immédiatement les Bulgares et les Grecs. Pour ce faire, on choisit un moyen privilégié : former des prêtres autochtones qui pratiqueraient la liturgie byzantine, tout en reconnaissant la primauté et le magistère du pape[2]. Mais pour obtenir ce résultat, il fallait d'abord disposer de formateurs qui aient étudié eux-mêmes l'histoire, la langue et la liturgie des Églises orientales, plus précisément des Églises gréco-slaves. La nouvelle institution était donc avant tout un collège de professeurs, qui avaient pour charge de former, pour les communautés grecques et slaves, des prêtres provenant eux-mêmes de ces communautés. Le séminaire Saint-Léon de Kadiköy, qui avait pris le nom commun de Léon le Grand, le pape du concile de Chalcédoine, et de Léon XIII, le promoteur de la nouvelle institution, fut actif pendant une trentaine d'années. Mais la publication d'une revue et d'ouvrages spécialisés, qui allait devenir l'axe de l'œuvre, ne semble pas avoir été expressément envisagée au départ.

Débarqués d'un monde étranger et n'ayant pour armes que leur zèle ultramontain et leur science, les fondateurs se rendirent rapidement compte que la connaissance doit précéder l'action et, une fois la connaissance acquise, ils semblent avoir douté que l'action qu'on leur proposait de mener fût possible ou même souhaitable. Aussi jugèrent-ils que l'approfondissement de la connaissance devait rester le premier objectif, du moins dans l'immédiat. C'est ainsi que les apôtres se firent érudits. L'histoire de l'Institut, jusqu'à ses derniers avatars, reflète ce dilemme.

L'exposé qui suit est destiné, avant tout, à donner un aperçu général sur l'histoire de l'Institut byzantin des Assomptionnistes, sur ses activités et ses réalisations. L'occasion est d'autant mieux venue que le centenaire coïncide avec le transfert de la bibliothèque à l'Institut Catholique de Paris, qui marque aussi la fin de l'œuvre, du moins dans les caractéristiques qu'elle a revêtues jusqu'à ce jour, et la dissolution de l'Institut tel qu'il a vécu et fonctionné pendant cent ans, c'est-à-dire comme centre autonome de recherche sur l'histoire de l'Église byzantine. C'est le moment, pour l'exécuteur testamentaire que je suis en quelque sorte, de dérouler les images de cette activité centenaire pour en fixer au moins quelques-unes et les arracher au temps qui passe.

Avec l'effacement des Assomptionnistes, c'est une seconde vie qui commence, tant pour l'Institut, qui est réduit à la conservation des livres et de la documentation qu'ont réunis ses membres au cours de ces cent années, que pour la revue, qui a constitué par le passé l'organe de diffusion de l'Institut, le réceptacle des recherches faites en son sein et la manifestation la plus visible de son existence. L'exposé est fondé uniquement sur des données déjà rapportées ailleurs et il ne procède pas d'une recherche nouvelle[3]. Il comprendra quatre chapitres. Le premier constitue un bref historique de l'Institut, à travers ses sièges successifs. Le deuxième est consacré aux publications de l'Institut, la revue d'abord, les collections d'ouvrages ensuite. Dans le troisième chapitre, j'ai rassemblé quelques réflexions sur l'œuvre, sa finalité et son orientation, ses hésitations et ses réalisations, son personnel et ses acquisitions. Dans un dernier chapitre seront formulées quelques considérations sur le présent, en guise de conclusion et d'ouverture sur l'avenir. Cela dit, l'exposé insistera sur deux points : d'une part l'origine et la naissance des Échos d'Orient, d'autre part l'histoire récente de l'Institut et sa prise en charge définitive par l'Institut Catholique de Paris.

Un regret. J'aurais voulu, comme ultime hommage, dresser la liste des membres de l'Institut à travers les années. Mais cela a été impossible, car les religieux étaient nommés dans une communauté, sans que fût nécessairement précisée l'œuvre à laquelle ils étaient affectés. C'eût été pourtant l'occasion de mentionner ceux qui ont mené un travail plus humble et plus obscur, de documentation, de bibliographie ou de bibliothèque, sans laisser leur signature au bas d'articles et de recensions. Travaux de première importance pourtant, car l'essentiel, dans l'œuvre qui a existé et dans le travail qui a été effectué, n'est pas l'article, l'ouvrage ou la signature, mais l'œuvre d'ensemble, pour laquelle la constitution de la bibliothèque et des fichiers était un impératif et à laquelle chacun contribuait à sa place. De fait, on a conservé seulement les noms de ceux qui ont signé des travaux et qui sont peu nombreux, si l'on songe que la monographie de L. Biskupski sur l'Institut relève moins de vingt noms pour cent ans d'existence[4].

Les sièges successifs de l'Institut

Au cours de son existence centenaire, l'Institut byzantin des Assomptionnistes s'est déplacé d'est en ouest et a résidé successivement dans trois capitales : Istanbul, Bucarest, Paris. L'évolution de l'œuvre est tributaire de ses déplacements géographiques, qui expliquent à leur tour, dans une certaine mesure, le contenu et les strates de la bibliothèque.

Istanbul

C'est dans la banlieue asiatique d'Istanbul, à Kadiköy, l'antique Chalcédoine, que fut fondé l'Institut. Il devait y demeurer un peu plus de quarante ans (1895-1937). L'église et l'ensemble des bâtiments que le visiteur voit encore aujourd'hui à Kadiköy, dans le quartier de Moda, et qui sont toujours occupés par une communauté assomptionniste venaient d'être bâtis par l'abbé Negri, lorsque le fondateur des Assomptionnistes, Emmanuel d'Alzon[5], y vint en visite en mars 1863. Il aurait affirmé que sa famille s'y établirait un jour. Voici les paroles qu'on lui prête : « Kadiköy redeviendra l'antique Chalcédoine ; ce désert se peuplera et ma Congrégation viendra ici un jour »[6]. Un trait que l'hagiographie assomptionniste a abondamment exploité. L'anecdote garde d'ailleurs toute sa vraisemblance, même si on se refuse à lui accorder la prescience qu'y ont attachée des disciples fervents. Trente ans plus tard, en 1895, les Assomptionnistes prirent en effet possession du lieu. Une lettre du pape Léon XIII (Adnitentibus nobis), datée du 2 juillet 1895, leur attribua les bâtiments, avec l'église, pour un ensemble d'œuvres : paroisse, séminaire et centre intellectuel[7]. En fait, le Centre de recherche qui allait émerger ne semble pas avoir été programmé de manière distincte : le pape entendait surtout fonder un séminaire gréco-slave, pour la formation d'un clergé catholique de rite byzantin.

Fidèle à la volonté du fondateur, l'Institut a su en effet ressusciter l'antique Chalcédoine, ne fût-ce qu'en faisant figurer sur les premiers fascicules des Regestes des actes du patriarcat de Constantinople, en lieu et place du nom de l'éditeur et du lieu d'édition, la mention suivante, qui a souvent troublé et pris de court les libraires les plus expérimentés : « Socii Assumptionistae Chalcedonenses »[8]. Le Centre fut d'abord appelé École pratique des hautes études, ou, plus souvent et de manière plus précise, École des hautes études orientales ou École pratique d'études orientales ou encore École ou Centre ou Institut de hautes éludes byzantines, sans qu'aucune des dénominations ait été appliquée de manière constante et rigoureuse. Il sera baptisé Institut français d'études byzantines au moment du transfert à Bucarest en 1937 et désigné peu à peu par son seul sigle : IFEB[9].

Bucarest

L'exaspération nationaliste et le climat xénophobe qui régnaient en Turquie amenèrent l'Institut byzantin à quitter le pays et à chercher une autre implantation, de préférence dans un centre de l'orthodoxie, même si la volonté de réduire « le schisme de Photius », comme y avait invité Emmanuel d'Alzon, n'était plus aussi farouche et ne constituait plus le but immédiat de son activité. On songea évidemment à Athènes, et les pourparlers furent poussés assez loin, mais la hiérarchie orthodoxe grecque s'opposa au projet. On songea encore à Jérusalem et à Strasbourg. Mais c'est finalement Bucarest qui accueillit l'Institut des Assomptionnistes, appelé désormais Institut français d'études byzantines.

On construisit un bâtiment approprié pour héberger la bibliothèque et accueillir les membres de l'équipe, qui prirent possession des locaux au cours de l'automne 1937. Le nouvel Institut fut inauguré le 8 mai 1938. Malgré sa brièveté (1937-1947), ce fut une période brillante. Les membres de l'Institut, en particulier son directeur, Vitalien Laurent, participaient activement à la vie intellectuelle et sociale de la capitale roumaine. Leurs conférences étaient instamment sollicitées, d'autant plus que la langue française jouissait d'un grand prestige.

Mais l'avancée de l'Armée rouge amena bientôt un changement de régime à Bucarest et le roi Michel devait abdiquer en décembre 1947. Depuis quelques mois déjà, la présence de religieux catholiques étrangers était devenue précaire. La communauté assomptionniste fournit elle-même au nouveau régime une bonne occasion pour la chasser : les Pères hébergeaient Camille Demetrescu, un diplomate qui avait servi le régime précédent au ministère des Affaires étrangères et qui s'était réfugié chez eux, au mois d'août 1947, pour échapper à la surveillance dont il était l'objet. Le 7 octobre, à sept heures du matin, une troupe imposante de plus de cent policiers investit l'Institut et découvrit l'homme qui était recherché. Accusés de complot contre la sécurité de l'État, les religieux furent arrêtés et incarcérés. Les trois prisonniers (Vitalien Laurent, Raymond Janin et Jean Darrouzès) furent expulsés vers la France le 21 novembre 1947, après quarante-quatre jours de réclusion. Absent le jour de la perquisition, un quatrième religieux, Émile Jean, put se maintenir dans les locaux, et c'est par ses soins que la bibliothèque fut mise à l'abri dans les bâtiments de l'ambassade de France, qui touchait à la propriété de l'Institut. Les ouvrages et la documentation de l'IFEB parvinrent à Paris en wagons plombés le 15 mars 1949.

Paris

Arrivés à Paris, les membres de l'Institut s'installèrent dans la maison que la congrégation des Assomptionnistes avait fait bâtir en 1861 dans une propriété acquise l'année précédente et sise au n° 8 de la rue François-1er [10]. Ils retrouvèrent bientôt leur bibliothèque. L'IFEB devait demeurer là plus de trente ans (1947-1980). Ce fut une période prospère et riche en production scientifique. Mais le tarissement des recrues assomptionnistes et une certaine réorientation de l'apostolat dans la congrégation allaient mettre un terme brutal à cette activité.

En juillet 1980, l'IFEB dut quitter les lieux, sans qu'une solution de rechange ait été étudiée à temps et mise au point au préalable. La congrégation des Assomptionnistes cessait d'exercer toute tutelle et d'apporter toute assistance en finances et en personnel. Après trois années (juillet 1980 - mai 1983) de fermeture de la bibliothèque, l'Institut fut installé dans un local acquis à son intention par l'Institut Catholique de Paris et sis au n° 14 de la rue Séguier. Il devait y demeurer onze ans (mai 1983 - novembre 1994), avant d'être transféré à l'Institut Catholique de Paris.

Après un siècle d'une errance souvent accompagnée d'insécurité, la bibliothèque de l'IFEB a trouvé enfin un siège de longue durée, si ce n'est définitif. Ce dernier déménagement remplit les vœux formés autrefois par la majorité des membres de l'Institut et partagés d'ailleurs par les autorités assomptionnistes. Ce n'est qu'au terme de multiples hésitations et difficultés que s'est réalisé l'installation de l'IFEB à l'intérieur des murs de l'Institut Catholique de Paris.

Le coup d'envoi fut donné en 1975, lors d'un Chapitre de la Province de France des Assomptionnistes. L'IFEB reçut une « ordonnance du chapitre », datée du 9 juin 1975, dont le mot-clef était « la recherche de solutions nouvelles », un euphémisme qu'emploient volontiers les gestionnaires. L'ordonnance tenait en trois paragraphes, dont on peut extraire les passages essentiels :
« Le Chapitre…, après avoir voté le principe de recherche de solutions nouvelles tant pour les communautés que pour les œuvres établies dans la Maison de la rue François-Ier, demande aux membres de l'Institut byzantin d'étudier l'avenir de leur œuvre en fonction de cette décision. [...] Constatant le manque de candidats assomptionnistes désirant se consacrer à cette recherche, le Chapitre invite les membres de l'Institut à étudier les solutions qui apparaîtront les meilleures pour la conservation de ce patrimoine assomptionniste (Revue, Bibliothèque) et pour la continuation de l'œuvre, dans la fidélité à sa tradition scientifique, en vue de l'Unité de l'Église. Le Chapitre souhaite […] que la recherche de solutions pour l'avenir soit faite en priorité du côté d'autres institutions d'Église intéressées à la recherche théologique dans le domaine des Églises orientales. »

Les membres de l'IFEB pensèrent immédiatement que leur héritier naturel était l'Institut Catholique de Paris, qui venait d'ailleurs d'accueillir l'Institut d'études augustiniennes, installé jusque-là dans le même immeuble de la rue François-Ier [11]. Un premier contact fut établi le 11 novembre 1975[12]. Rien de concret ne sortit de cette réunion ; le recteur se contenta d'exprimer son étonnement, car, au moment d'accueillir l'Institut d'études augustiniennes, il avait sondé les supérieurs assomptionnistes sur l'avenir de l'Institut byzantin, mais il n'avait perçu aucun écho. Il ajouta qu'à ce moment il avait les moyens d'héberger conjointement les deux Instituts, mais qu'à présent l'insertion de l'un était trop avancée pour qu'un nouveau projet puisse être conçu qui inclurait aussi l'autre Institut. On chercha donc dans d'autres directions, et plusieurs projets furent examinés. Lors d'une réunion tenue le 17 novembre 1976, les supérieurs assomptionnistes proposèrent aux membres de l'IFEB un transfert à l'abbaye de Ligugé. L'étude de ce projet fut poussée plus avant, et des propositions concrètes furent présentées à l'Institut dans une lettre du Provincial de France des Assomptionnistes datée du 6 décembre 1976. Mais les membres de l'Institut, à une exception près, jugèrent ce projet sans intérêt et refusèrent d'examiner les plans de l'implantation qu'on leur mettait déjà sous les yeux. On songea encore à un hébergement, transitoire ou définitif, dans un bâtiment du séminaire des prêtres de Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux : quelques membres de l'Institut le visitèrent le 13 janvier 1977. Mais l'Institut n'avait pas les moyens nécessaires pour régler par lui-même les charges financières qu'imposeraient l'installation et l'entretien de sa bibliothèque dans ce local. Quant au départ de la rue François-Ier, il restait irrévocablement fixé à l'année 1980.

Les premiers projets furent bientôt abandonnés au profit d'une entente avec le Collège de France. Le 9 décembre 1976, une Déclaration d'intention fut signée par le Collège et l'IFEB, qui, dès le premier stade des négociations, fit intervenir l'Institut Catholique de Paris comme garant de l'appartenance de la bibliothèque à la congrégation des Assomptionnistes, dont l'existence n'est pas reconnue en France par l'autorité civile. En 1977, la solution proposée par le Collège prit corps petit à petit et, malgré toutes les questions qui restaient pendantes, elle se serait réalisée si les délais d'installation avaient été tenus. En juin 1978, on visita les locaux qui devaient abriter l'IFEB. Un contrat de dépôt fut mis au point en 1979 et souscrit le 30 mai 1980 par les trois personnes morales qui avaient signé la Déclaration d'intention de 1976. Mais la réalisation du projet était sans cesse différée. Puisque la démolition du bâtiment de la rue François-Ier devait commencer en juillet 1980, il fallut trouver une solution d'attente : les livres seraient stockés dans le sous-sol d'un bâtiment appartenant au CNRS et utilisé par l'Institut d'histoire et de recherche des textes à La Source, près d'Orléans, tandis que l'administration de l'Institut et la rédaction de la revue disposeraient d'un local adéquat. Le 25 octobre 1979, les membres restants de l'Institut[13] visitèrent un appartement de fonction que le Collège était prêt à mettre gracieusement à leur disposition. Situé à Nogent-sur-Marne (49 bis, avenue de la Belle-Gabrielle), ce local devait abriter pendant trois ans les membres de l'Institut, qui y emménagèrent en mai 1980, tandis que l'essentiel de la bibliothèque était transporté et entreposé à Orléans.

Entre-temps, le Collège de France modifia ses projets. L'IFEB ne devait plus être hébergé dans les bâtiments centraux du Collège, mais dans les locaux de l'École polytechnique, que les élèves libéraient pour se rendre à Palaiseau et dont une partie était affectée au Collège. Or l'aménagement de ces bâtiments traînait, tandis que les conditions de travail des membres de l'IFEB empiraient : l'isolement en banlieue était total, et le personnel s'amenuisait, avec l'absence de Paul Gautier, le directeur, qui ressentit en octobre 1980 les premières douleurs d'un cancer incurable.

Devant un avenir aussi incertain, je décidai, en accord avec Jean Darrouzès et Paul Gautier, de solliciter une audience de Pierre Eyt, recteur de l'Institut Catholique de Paris depuis le 1er octobre 1981, pour voir si une solution plus sûre, plus immédiate et plus conforme à notre souhait initial ne pouvait être trouvée de ce côté. Le recteur me reçut le 8 juin 1982 et manifesta immédiatement un grand intérêt pour la bibliothèque de l'IFEB, qui constitue un capital intellectuel digne d'être mis au service des études ecclésiastiques qui font la spécificité de l'Institut Catholique de Paris. Là-dessus, le Collège de France fit savoir que les travaux d'aménagement allaient commencer à l'École polytechnique et que l'entrée dans les nouveaux locaux pourrait se faire à l'automne 1984. Le 19 janvier 1983, l'Institut Catholique, qui avait trouvé dès novembre 1982, un local qui semblait convenir pour héberger l'IFEB, prit contact avec le Collège de France pour lui manifester ses nouvelles intentions. Le 17 février 1983, le recteur de l'Institut Catholique signifia la rupture du contrat signé en 1980 avec le Collège de France, en mettant en avant le retard apporté à l'exécution des clauses. Une semaine plus tard, l'Institut Catholique acquit, pour recevoir l'IFEB, un nouveau local, plus adéquat qu'une première implantation envisagée trois mois plus tôt. Celui-ci se trouvait au n° 14 de la rue Séguier.

Le matériel et les usuels entreposés à Nogent-sur-Marne furent ramenés à Paris le 10 mai 1983[14], puis on procéda au rapatriement des livres stockés à Orléans. Lorsque la bibliothèque rouvrit, le 5 janvier 1984, l'Institut n'avait plus que deux membres, car le directeur, Paul Gautier, était décédé le 3 juillet de l'année précédente. Mais, pour la première fois de son histoire, l'IFEB fut doté d'une bibliothécaire professionnelle.

Onze années ont passé, et l'IFEB vient de procéder à son troisième déménagement, qui devrait être le bon et le dernier, et de s'établir dans son quatrième siège parisien. Il a fini ainsi par atteindre son havre naturel. On a simplement erré vingt ans avant de toucher au port et de parvenir à la destination que souhaitaient les solliciteurs qui s'étaient rendus auprès du recteur de l'Institut Catholique en novembre 1975.

Les publications

L'action de l'Institut byzantin des Assomptionnistes s'est exercée à peu près exclusivement à travers ses publications, plutôt que par l'enseignement, les prédications ou les conférences. Le travail du groupe a été diffusé par la revue de l'Institut : les Échos d'Orient tant qu'il se trouva à Istanbul et à Bucarest, la Revue des études byzantines une fois qu'il fut établi à Paris. Les autres publications sont, pour la plus grande partie, le résultat des projets établis dès la fondation de l'Institut.

Les Échos d'Orient

La revue, qui constitue la première publication de l'Institut, n'est pas le fruit d'une création subite ; son contenu et son titre ne s'expliquent que par son modèle, qui, dans un premier temps, fut copié très fidèlement : c'étaient les Échos de Notre-Dame de France à Jérusalem.
Mais il faut, là aussi, reprendre les choses de plus haut. Les Assomptionnistes commencèrent à organiser des pèlerinages à Jérusalem en 1882. Le besoin se fit vite sentir de diffuser un bulletin qui permette de garder contact avec les anciens pèlerins. Il était imprimé à la Maison de la Bonne Presse de Paris, que les Assomptionnistes avaient fondée en 1873[15]. La première livraison parut en juillet 1888. On donna d'abord au bulletin un titre générique : Pèlerinage de pénitence en Terre Sainte. Communications faites par la direction aux anciens pèlerins ; il reçut ensuite un titre plus spécifique : Échos de Notre-Dame de France à Jérusalem[l6], qui rappelait plus directement aux anciens pèlerins le séjour qu'ils avaient fait à Jérusalem dans l'hôtellerie Notre-Dame de France, que les Assomptionnistes avaient fait construire à leur intention[17]. La revue devait paraître jusqu'en 1904 ; elle forme une collection de 11 tomes. De parution d'abord irrégulière, elle était devenue mensuelle à partir de janvier 1896[l8].

Le pèlerinage de pénitence de l'année 1893, qui était le 12e de la série, acquit un relief particulier, car il intégra le 8e congrès eucharistique international, qui, inspiré par Léon XIII et présidé par le cardinal Langénieux, fut l'occasion d'exposés importants sur les rites orientaux et qui traduisait les projets d'ouverture de l'Église catholique romaine aux Églises orthodoxes[19]. La fondation du centre de Kadiköy, de même que la création et le contenu des Échos d'Orient ne peuvent être compris en dehors de cet événement fondateur. L'œuvre assomptionniste n'est pas en effet une création isolée mais elle s'inscrit dans un mouvement général d'intérêt pour les Églises chrétiennes d'Orient et pour leurs rites. L'inspiration vint du pape Léon XIII, qui sut utiliser le congrès eucharistique de 1893 à Jérusalem pour diffuser son projet. Le congrès, dont l'organisation matérielle dut beaucoup aux Assomptionnistes[20], traita des rites orientaux, dont les partisans triomphèrent des tenants de la latinisation de l'Orient.

C'est dans le sillage du congrès que les Assomptionnistes furent chargés par Léon XIII de créer un centre à Kadiköy. Celui-ci vit le jour deux ans seulement après le congrès. Le Centre fut érigé le 7 octobre 1895 et mis sous la direction de Louis Petit. Deux ans plus tard allait sortir le premier fascicule des Échos d'Orient[21], qui furent d'abord présentés comme la suite des Échos de Notre-Dame de France à Jérusalem, qui disparaissaient par la même occasion. Ainsi les fascicules mensuels du tome 5 (1897) des Échos de Notre-Dame de France parurent régulièrement de janvier à septembre. Mais au début du fascicule de septembre[22], qui, dans l'intention des rédacteurs, devait être le dernier à paraître, un article liminaire annonçait la suppression du titre, qui était remplacé par les Échos d'Orient. Adressé « À nos amis » et signé par « La Rédaction », ce bref article, qui tient sur moins d'une page, résume bien le point d'arrivée des Échos de Notre-Dame de France : ceux-ci ont pris « un développement qui dépasse les limites prévues par leur titre ». Au départ, ce n'était qu'un organe de liaison entre les pèlerins qui, sous la direction des Assomptionnistes, s'étaient rendus à Jérusalem, où ils étaient hébergés à l'hôtellerie Notre-Dame de France. Plus tard, la revue était devenue aussi l'organe de liaison d'une confrérie, les Croisés du Purgatoire, dont le siège était également à Notre-Dame de France. La rédaction poursuit :
« Enfin, des études locales d'histoire sacrée et d'archéologie leur ont apporté un nouvel accroissement qui, sans sortir du cadre, dépassait cependant le programme primitif. » L'article continue ainsi : « Les religieux de l'Assomption, rédacteurs ordinaires des Échos [de Notre-Dame de France], ont reçu du Saint-Siège une mission spéciale en Orient : celle de travailler à l'union des Églises par le respect et le maintien des anciens rites dont l'antique diversité est la parure de l'Épouse mystique du Christ. Cet apostolat spécial appelle des études spéciales, pleines d'intérêt, soit sur les rites eux-mêmes, soit sur les peuples et les pays qui en conservent la tradition. Invités à servir d'organe à ces études, à donner des nouvelles relatives à cette union si désirée des Églises d'Orient, les Échos de Notre-Dame de France se transforment, sortent du cocon, comme le bombyx, et se sentent pousser des ailes pour aller recueillir des échos ailleurs qu'à Jérusalem : ils s'appelleront désormais les Échos d'Orient. »
De fait, le premier fascicule des Échos d'Orient est daté du mois suivant : octobre 1897. L'article liminaire[23] n'est que la reprise intégrale du texte paru dans les Échos de Notre-Dame de France le mois précédent ; il est adressé cette fois « À nos lecteurs » et signé par Vincent de Paul Bailly. Mais la nouvelle formule avait été insuffisamment étudiée : les membres des Échos d'Orient eux-mêmes n'avaient pas donné leur aval et furent les premiers surpris à la publication de ce premier fascicule par la Maison de la Bonne Presse à Paris[24] ; les pèlerins de Jérusalem, dont la revue commençait à être confisquée par la recherche savante au détriment de la communication et du témoignage, furent encore moins satisfaits de l'innovation. Aussi, moins d'un an plus tard, en avril 1898, les Échos de Notre-Dame de France à Jérusalem paraissaient à nouveau, parallèlement aux Échos d'Orient, qui continuaient sur leur lancée.

Dans un article liminaire des Échos de Notre-Dame de France, intitulé « Résurrection »[25], est justifiée cette volte-face et exposé le but spécifique de chacune des deux revues : « Nous ressuscitons en cette livraison les Échos de Notre-Dame de France, qui avaient été remplacés au mois d'octobre par la nouvelle revue : les Échos d'Orient. Il y aura désormais deux publications mensuelles. Les Échos d'Orient, dont la rédaction se fortifie, dont le cadre devient plus général, prendront un nouvel essor ; ils agrandiront leur clientèle. Les Échos de Notre-Dame de France, plus modestes, très vivants, très ressuscités, et dont nous avons à rappeler le but, après le sommeil de cinq mois qui leur a été imposé. »

Les Échos de Notre-Dame de France auront pour objectif de traiter les points suivants : liste des divers pèlerinages en Terre Sainte et noms des pèlerins, travaux effectués à Notre-Dame de France et vie de la maison, lien entre les Croisés du Purgatoire, nouvelles de Jérusalem, nouvelles des anciens pèlerins et nécrologie. Les Échos de Notre-Dame de France parurent jusqu'en 1904. À cette date, ils furent réduits à un simple bulletin de liaison destiné aux Croisés du Purgatoire, tandis qu'apparaissait une nouvelle revue, intitulée simplement Jérusalem, qui ambitionnait d'atteindre un large public et de traiter, plus généralement, du pèlerinage en Terre Sainte, sans se limiter à Notre-Dame de France[26].
Les Échos de Notre-Dame de France restèrent pendant quelques années le vivier des Échos d'Orient, qui en avaient procédé et dont les premiers rédacteurs avaient fait leurs études de théologie à Jérusalem, dans le séminaire qu'abritait Notre-Dame de France[27]. Le directeur, Joseph Germer-Durand, exerça une grande influence sur eux et les initia à l'archéologie et à l'épigraphie. Durant de longues années, il tint lui-même, dans la revue de Jérusalem, une chronique épigraphique et archéologique[28]. Sous son impulsion, des travaux plus profonds et plus austères se glissèrent dans les pages des Échos de Notre-Dame de France à côté des récits de voyages ou des poésies bucolico-religieuses. Les Échos d'Orient marquèrent une nouvelle étape dans cette direction. Les rédacteurs de la revue de Kadiköy avaient souvent fait leurs premières armes d'écrivains dans les Échos de Notre-Dame de France : on peut citer, par exemple, Siméon Vailhé[29] et Sévérien Salaville[30]. De même, Edmond Bouvy écrivit dans la revue de Jérusalem jusqu'à la parution des Échos d'Orient[31].

Ainsi les Échos d'Orient tirent leur nom de la revue précédente, les Échos de Notre-Dame de France, dont le titre est raccourci dans la formulation et élargi dans l'acception. La filiation qui unit au départ la seconde revue à la première explique seule la teneur de la préface qui ouvre le premier fascicule des Échos d'Orient[32] : ce n'est qu'une reprise littérale de l'article publié dans la première revue pour annoncer sa disparition et son remplacement par une nouvelle publication. La préface est signée tout naturellement par Vincent de Paul Bailly, le responsable des pèlerinages en Terre sainte, bien que celui-ci n'ait jamais fait partie de la rédaction des Échos d'Orient ni prétendu collaborer à la recherche orientale telle qu'allait la pratiquer l'équipe de Louis Petit.

Le but de l'œuvre de Kadiköy et des Échos d'Orient est expliqué clairement dans un article programme paru dans le fascicule 9 du tome I [33] et signé R. B. [Edmond Bouvy] : le but est avant tout « surnaturel et apostolique ». On entend faire connaître l'Orient chrétien, car « ignorer l'Orient, c'est presque ignorer l'Église », et « sa liturgie possède encore toute l'efficacité sacramentelle que possède la nôtre » ; mais, remarque l'auteur, « L'Orient chrétien est maintenant plus ignoré que l'Inde, la Chine et le Japon, que la région des Grands Lacs, que le Klondyke et l'Alaska » ! Edmond Bouvy, qui révèle ici son respect et son admiration pour les Églises orientales, fut à la fois l'inspirateur et le formateur des premiers byzantinistes de Kadiköy[34]. Au moment de la fondation de l'œuvre en 1895, il était le seul à connaître l'histoire et la littérature religieuses de l'Empire byzantin, et le seul à avoir fait des études approfondies[35]. Ces travaux lui avaient valu d'être désigné pour préparer les travaux du 8e congrès eucharistique de Jérusalem[36], et c'est un nouveau trait qui montre à quel point le nouvel Institut de Kadiköy est une émanation du congrès eucharistique de 1893. Le séjour d'Edmond Bouvy à Kadiköy ne dura guère qu'une année (1895-1896), mais ses disciples apprirent vite[37]. Lorsque les Échos d'Orient commencèrent à paraître, en octobre 1897, Edmond Bouvy avait regagné Paris, après un séjour d'un an (1896-1897) à Jérusalem, mais il veilla sur la naissance de la revue : il écrivit dans le premier tome huit petits articles, parmi lesquels il convient de signaler l'éditorial, intitulé « Notre but », qui a été cité plus haut et qui se présente comme le billet du directeur spirituel de la publication. Il devait se consacrer ensuite à d'autres activités et se tourner vers la patrologie latine ; sa signature ne réapparaîtra pas dans la revue.

La maison de Kadiköy et le couvent de Notre-Dame de France de Jérusalem conservèrent des liens. Quand les pèlerins de Jérusalem débarquaient à Constantinople, ils étaient accueillis par les étudiants de Kadiköy[38]. Ainsi, les Échos de Notre-Dame de France nous apprennent que, lorsque les fidèles du 15e pèlerinage de pénitence en Terre Sainte (1896) visitèrent Chalcédoine pour vénérer sainte Euphémie, le P. Edmond [Edmond Bouvy] leur raconta la prodigieuse histoire de la sainte et qu'ensuite les pèlerins furent invités à déjeuner par Louis Petit, le supérieur de la maison[39]. Les Échos d'Orient parurent d'abord tous les mois (1897-1898), puis tous les deux mois (1899-1914), enfin tous les trois mois (1920-1937). Durant les deux guerres mondiales, la parution se fit irrégulière (1914-1919 et 1938-1942)[40].

Dans les maigres archives qui sont conservées à l'IFEB, je n'ai trouvé aucune indication chiffrée sur le nombre d'abonnés que pouvaient avoir les Échos d'Orient. Faute d'autres précisions, je dois me contenter de relever une phrase, malheureusement bien laconique, de Siméon Vailhé, qui fut le premier secrétaire de la revue : « La revue des Échos d'Orient n'eut jamais qu'un nombre limité d'abonnés »[41].

La Revue des études byzantines

Le dernier tome des Échos d'Orient, qui couvre les années 1940-1942, parut en deux fascicules, respectivement en 1942 et 1943 [42]. En 1944 parut le tome 1 (daté de 1943) d'un recueil intitulé Études byzantines. Il n'est pas dit expressément que ce recueil allait inaugurer une nouvelle revue et remplacer les Échos d'Orient[43] ; mais sur la page 2 de couverture du tome 2, daté de 1944, mais paru en 1945, on annonce que « Les Études Byzantines sont la continuation des Échos d'Orient ». On ajoute que « ce nouveau titre a été adopté comme plus conforme au contenu des articles qui y sont publiés ». À partir du tome 4, daté de 1946, le titre devient Revue des études byzantines. Le tome 5, daté de 1947, mais paru en 1948, porte encore la mention de Bucarest, mais le secrétaire de la revue a dû lire distraitement ses épreuves, car l'Institut était déjà installé à Paris à la date de parution. Le transfert de l'Institut en Europe occidentale amena ses membres à abandonner l'actualité des Églises orientales et à se consacrer à peu près exclusivement à l'histoire de l'Empire byzantin et, plus précisément, de l'Église byzantine. Le déplacement géographique, qui contribua à accentuer le caractère scientifique de la revue et à réduire ses préoccupations interecclésiales et œcuméniques, allait aviver le dilemme originel entre apostolat et recherche. Dès lors, les activités et l'existence même de l'Institut ne trouvèrent guère de défenseurs en dehors des anciens missionnaires d'Orient, qui avaient expérimenté l'intérêt et les répercussions de ces études.

Inaugurée en 1943, la Revue des études byzantines a paru régulièrement depuis lors et arrive en 1995 au numéro 53 de la collection. Comme les Échos d'Orient avant elle, la Revue des études byzantines contenait avant tout les travaux des membres de l'Institut[44] ; les articles d'auteurs extérieurs constituaient un simple appoint. Une statistique établie sur les tomes 1-52 (1943-1994) le montre de manière éloquente : sur un ensemble de 14 200 pages d'articles (soit une moyenne de 273 pages d'articles par tome), 8 500 sont dues aux membres de l'Institut, soit 60 %. Le pourcentage a même été supérieur pendant la période 1970-1990 où j'ai assuré le secrétariat de rédaction : 70 %. Ajoutons que, si l'on prenait en compte la bibliographie, rédigée à peu près exclusivement par les membres du groupe, le pourcentage augmenterait encore de quelques unités.

La Revue des études byzantines, qui a recueilli la plupart des travaux des membres de l'Institut durant le demi-siècle qui va s'achever, a gardé un double caractère original : unité de la matière traitée, qui est généralement l'histoire religieuse et ecclésiastique du patriarcat de Constantinople ; prédominance des travaux de première main, qui ont renouvelé la recherche par l'apport d'une impressionnante somme de textes inédits. Durant les vingt dernières années (tomes 32-53 : 1974-1995), la Revue des études byzantines a été tirée à 1 000 exemplaires. Le nombre des abonnés, qui est monté à 460 environ dans les années soixante-dix, s'est stabilisé à 430 depuis une dizaine d'années[45]. Le nombre des exemplaires envoyés en échange à d'autres revues est monté à 110, puis il a été abaissé à 80 en 1975 et sera encore diminué d'une quinzaine d'unités à partir de l'année 1995, car le regroupement des diverses bibliothèques de l'Institut Catholique dispensera l'IFEB d'acquérir un certain nombre de revues présentes dans les bibliothèques voisines. Les premiers tomes de la revue, qui avaient été tirés à 600 exemplaires, ont été épuisés à la fin des années soixante ; ils ont été réimprimés, si bien que la collection intégrale reste disponible aujourd'hui.

Les autres publications

À côté des Échos d'Orient, qui étaient devenus une revue d'érudition, et pour sauvegarder la fonction d'information sur les Églises orientales que la revue avait assurée à ses débuts, Sévérien Salaville créa en 1922 une revue moins savante, qui visait plutôt à la vulgarisation, donnait sa place au souci œcuménique et assurait l'information interecclésiale à travers une chronique des Églises. Elle subsista jusqu'en 1937[46]. Elle fut d'abord intitulée L'Union des Églises ; plus tard, en 1930, pour éviter l'ambiguïté que semblait receler ce titre dans le cadre du Conseil œcuménique des Églises, on l'appela L'Unité de l'Église. La rédaction de la revue était assurée par l'équipe des Échos d'Orient : Sévérien Salaville, Raymond Janin, Venance Grumel et, à partir de 1933, Vitalien Laurent, auxquels s'était joint David Lathoud.

Dès la fondation de l'Institut de Kadiköy, on se fixa comme but l'étude de deux thèmes et la refonte des deux ouvrages anciens qui les avaient traités : les circonscriptions ecclésiastiques de l'Orient, dont Michel Le Quien avait donné un premier état dans son Oriens christianus paru en 1740, la topographie de la capitale chrétienne de l'Orient que Du Cange avait esquissée en 1680 dans sa Constantinopolis christiana. En 1931 vint s'ajouter un troisième projet : la rédaction des Regestes des actes du patriarcat de Constantinople et la publication parallèle des actes conservés, pour lesquelles l'Institut avait été sollicité par l'Académie de Bavière[47] ; mais l'ouvrage, qui avait pour objet de rassembler tout ce qui concerne le siège patriarcal de Constantinople, pouvait être considéré comme une section de l'Oriens christianus.

Les publications de l'Institut sont regroupées dans plusieurs collections :
1- Les Regestes des actes du patriarcal de Constantinople, dus à Venance Grumel, Vitalien Laurent et Jean Darrouzès. Les sept fascicules sont parus de 1932 à 1991. Les fascicules 1, 2 et 3, parus respectivement en 1932, 1936 et 1947, ont reçu une seconde édition, publiée en 1972 (fascicule 1) et 1989 (fascicules 2-3, en un volume). Les fascicules 1-3 sont dus à Venance Grumel, dont Jean Darrouzès a utilisé les Addenda et corrigenda pour rédiger la seconde édition. Le fascicule 4 est dû à Vitalien Laurent, et les trois derniers fascicules ont été compilés par Jean Darrouzès, qui a récapitulé l'ensemble des données historiques, canoniques et dogmatiques dans des Tables générales, qui sont contenues dans le fascicule 7. Ainsi l'ensemble, paru en l'espace de vingt ans (1971-1991), présente une documentation homogène[48].
2 - Le Corpus notitiarum episcopatuum Ecclesiae Orienlalis Graecae. Seuls ont paru deux fascicules, dus respectivement à Ernst Gerland et Vitalien Laurent, mais on peut considérer que le volume I de la collection suivante épuise la matière des nombreux fascicules qui étaient prévus à un moment où le vrai caractère du genre échappait à tous.
3 - La Géographie ecclésiastique de l'Empire byzantin, qui devait d'abord paraître en huit volumes[50]. Trois volumes sont parus, dans lesquels est rassemblé l'essentiel des informations concernant les circonscriptions ecclésiastiques du patriarcat de Constantinople (tome I)[51], les églises et les monastères des grands centres monastiques de l'empire byzantin (tome II)[52], les églises et les monastères de Constantinople (tome III)[53].
4 - Les Archives de l'Orient chrétien, qui regroupent seize ouvrages, portant sur des sujets divers. Ils sont parus de 1948 à 1986.

La collection est aujourd'hui interrompue, de manière momentanée, espérons-le. Comme la revue de l'Institut, cette collection d'ouvrages a accueilli en priorité les travaux des membres de l'équipe, dont voici les noms dans l'ordre d'apparition dans la collection : Vitalien Laurent, Sévérien Salaville, Grégoire Nowack, Raymond Janin, Antoine Wenger, Jean Darrouzès, Christopher Walter, Paul Gautier, Albert Failler. Sur les seize ouvrages parus, trois seulement sont dus à des personnes extérieures à l'Institut [nos 7-8 (1961 et 1965) : La relique de la Vraie Croix et Les reliquaires de la Vraie Croix d'A Frolow ; n° 9 (1966) : Les commentaires byzantins de la divine liturgie du VIIe au XVe siècle de H. Bornert].

À côté des collections éditées par l'IFEB, il conviendrait de mentionner les nombreux ouvrages individuels publiés par les membres de l'Institut. On se contentera d'en signaler quelques-uns parmi les plus importants : la continuation de l'Amplissima Colleclio des conciles de Mansi par Louis Petit[54] et sa Bibliographie des acolouthies grecques, le Corpus des sceaux de l'Empire byzantin et l'édition des Mémoires de Sylvestre Syropoulos par Vitalien Laurent, les ouvrages de théologie de Martin Jugie, les éditions de textes publiées par Jean Darrouzès et Paul Gautier, ou encore l'édition des œuvres complètes de Scholarios, publiée par la Maison de la Bonne Presse de 1928 à 1936 et préparée par Louis Petit, X. A. Sidéridès et Martin Jugie[55]. On notera encore que les membres de l'Institut ont publié un grand nombre d'articles dans les diverses revues byzantines de l'Est et de l'Ouest. Pour terminer, on mentionnera les innombrables notices qu'ils ont fournies aux diverses encyclopédies d'histoire religieuse ou ecclésiastique, pour la partie byzantine couverte par ces ouvrages. Ces notices sont parfois les premières monographies sur certains personnages, spécialement les membres de l'épiscopat ou du clergé constantinopolitain, ou sur des sujets de théologie et de liturgie. Certaines notices, parfois anciennes, continuent à être citées ou simplement utilisées, à juste titre d'ailleurs, car elles restent les seules études de fond. Sans entrer dans le détail, mentionnons les encyclopédies ou dictionnaires qui ont recueilli ces notices : Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (1907-1953), The Catholic Encyclopedia (1907-1912) avec sa nouvelle édition la New Catholic Encyclopedia (1967), Dictionnaire apologétique de la foi catholique (1909-1931), Dictionnaire de théologie catholique (1909-1950), Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques (1912- ), Lexikon für Theologie und Kirche, 1re éd. (1930-1938) et 2e éd. (1957-1967)[56], Dictionnaire de spiritualité (1937-1994), Catholicisme (1948- ), Bibliotheca Sanctorum (1961-1970), Θρηαχευτιχή χαί ήθιχή έγχυχλοπαιδεία (1962-1968).

On vient de rappeler brièvement les événements principaux qui ont parsemé l'histoire de l'Institut, depuis sa fondation à Kadiköy en 1895 jusqu'à son transfert à l'Institut Catholique de Paris en 1994, et d'énumérer les publications qui ont été éditées au long du siècle. Il est permis de jeter à présent un regard plus synthétique sur cette longue période et de formuler quelques réflexions sur le but de l'œuvre et la marche de l'institution, sur les équipes successives qui y ont travaillé, sur la formation progressive d'une bibliothèque spécialisée qui constitue un ensemble documentaire unique sur l'Église byzantine et un excellent instrument de travail et de recherche dans le domaine de la théologie et de l'histoire ecclésiastique de l'Orient chrétien.

Le but de l'œuvre

J'ai rappelé, en commençant, quel but avait été assigné à la fondation de Kadiköy en 1895 : travailler au retour des « dissidents » ou des « schismatiques » orthodoxes dans l'Église catholique romaine grâce à la formation de prêtres « du rite ». Si la fin générale et lointaine de l'œuvre, qui est l'unité de l'Église, est restée la même, les moyens pour y parvenir ont évolué considérablement : ils ont été adaptés aux circonstances et souvent découverts grâce à l'expérience. Il semble bien que les meilleurs résultats obtenus ne sont pas ceux qui étaient recherchés. L'équipe de Kadiköy n'avait pas été constituée pour éditer les textes grecs, déchiffrer les inscriptions byzantines ou répertorier les trésors des bibliothèques athonites, mais pour ramener les « schismatiques » à la confession romaine. Les chercheurs de Kadiköy ont sans doute considéré que la recherche était un détour obligé pour arriver au résultat, mais un hiatus est vite apparu entre la démarche des savants et les impératifs plus apostoliques de leurs supérieurs religieux.

Périodiquement, l'Institut fut sommé de justifier son activité et même sa raison d'être. On lui reprocha souvent une sorte de « sécularisation » intellectuelle. En voici une illustration, qui, bien qu'empruntée à une période récente, me semble traduire une réalité permanente. Les événements de 1958-1960 montrent dans quelle suspicion était tenue l'équipe de l'Institut byzantin : à l'occasion d'un chapitre provincial, les autorités assomptionnistes dressèrent un sévère réquisitoire, qui s'adressait surtout au directeur, Vitalien Laurent. Les rapports que rédigèrent ses deux vieux collaborateurs et amis, Raymond Janin et Venance Grumel, sont éloquents à cet égard, même si l'on peut supposer que l'accusé les sollicita lui-même pour sa défense[57]. De manière générale, on faisait à Vitalien Laurent, en tant que directeur, le grief de détourner l'œuvre de son but et de diriger l'Institut vers la recherche « profane »[58]. Plus particulièrement, on reprochait à Raymond Janin de s'être trop intéressé aux murailles et aux citernes de la capitale de Byzance en composant sa Constantinople byzantine[59], à Venance Grumel de s'être égaré dans le labyrinthe bien profane de sa Chronologie[60], à Vitalien Laurent d'avoir cédé au plaisir du collectionneur en entreprenant son Corpus des sceaux de l'Empire byzantin[61]. Si l'on excepte certains heureux intermèdes, les supérieurs religieux eurent tendance à considérer que ces activités étaient menées aux dépens de l'œcuménisme tel qu'ils l'entendaient ! Entre les membres de l'Institut byzantin et leurs supérieurs religieux, il y eut souvent une incompréhension profonde, qui était nourrie pour partie par la méfiance qu'éveillent souvent chez les hommes d'Église l'étude et la recherche critique[62] et pour partie par un manque d'information et l'ignorance des réalités de la recherche historique.

Sur un autre plan, on a l'impression d'une certaine improvisation, qui a laissé carte blanche aux premiers directeurs de l'œuvre[63]. Une grande continuité s'est cependant manifestée dans la poursuite des grands projets intellectuels qui furent ébauchés dès les premières années, même si le plan de marche, et encore plus l'aboutissement, n'avaient pas été prévus. D'un autre côté, les supérieurs attendaient sans doute beaucoup trop de la maigre équipe de l'Institut byzantin, qu'ils rechignaient d'ailleurs à étoffer, même dans les années où la congrégation bénéficia d'un recrutement abondant.

Le personnel de l'Institut

Les équipes furent toujours réduites, et Siméon Vailhé, secrétaire de la revue de 1897 à 1911, ne fait que traduire sa propre expérience lorsqu'il écrit que « toute la rédaction aurait tenu aisément sur un petit canapé »[64]. C'est une des raisons pour lesquelles les rédacteurs des Échos d'Orient utilisèrent abondamment les pseudonymes[65], pour donner à leurs lecteurs l'illusion du nombre[66], qui est censé être un facteur de force et qui l'est effectivement parfois. Mais le petit nombre est resté une constante de l'Institut. On a signalé plus haut que L. Biskupski mentionne seulement dix-huit noms pour un siècle entier d'existence ; il est vrai qu'il a ignoré délibérément les ouvriers de l'ombre, et même ceux de la pénombre. Les équipes successives de l'Institut byzantin se composèrent d'une moyenne de cinq à sept personnes[67]. Beaucoup ne passèrent dans l'œuvre que quelques années, c'est-à-dire trop peu de temps pour récolter les fruits d'un travail qui demande un long apprentissage. Il y eut beaucoup d'appelés, mais peu d'élus.

La question du rite liturgique qu'adopteraient les membres de l'Institut fut posée dans les premières années, dans le sillage du congrès eucharistique de Jérusalem, qui avait réhabilité les rites orientaux. Mais elle fut vite résolue de manière pratique et sensée : les membres de l'Institut, qui provenaient généralement de France, gardèrent le rite latin et s'abstinrent de pratiquer le biritualisme. Il y eut cependant une exception : désirant se faire Grec avec les Grecs, Jean-Baptiste Léon Rabois-Bousquet, qui avait pris en religion le nom de Front, devint le Père Sophrone Pétridès. Il fit partie de la rédaction des Échos d'Orient à partir de 1899 et mourut prématurément en 1911, à l'âge de quarante-six ans[68].

J'ai dit quel rôle avaient joué les directeurs, en l'absence de consignes précises de la part des supérieurs. La prospérité et même la survie de l'Institut sont dues à leur volonté. Aussi méritent-ils d'être inscrits au tableau d'honneur. Ceci vaut surtout pour les trois premiers directeurs, qui ont dirigé l'œuvre pendant de longues années et l'ont fortement marquée : Louis Petit (1895-1912), Sévérien Salaville (1912-1929) et Vitalien Laurent (1930-1964). Le fondateur mit l'œuvre sur la voie et, dès les premières années, il avait dessiné les traits essentiels du programme qui sera exécuté pendant le siècle d'activité de l'Institut[69]. Le deuxième directeur semble s'être préoccupé davantage d'œcuménisme et de vulgarisation des connaissances sur les Églises orientales, leur théologie et leur liturgie. Pareille orientation devait correspondre davantage à l'attente des supérieurs ecclésiastiques. Vitalien Laurent allait effacer cet intermède et reprendre les objectifs affichés par Louis Petit. Les derniers directeurs se sont succédé plus rapidement et n'ont pas disposé de mandats aussi importants : Daniel Stiernon (1965-1968), Jean Darrouzès (1969-1977), Paul Gautier (1978-1983). Le premier et le deuxième directeur de l'Institut ont rempli un mandat équivalent de dix-sept ans, mais Louis Petit, arrivé à Kadiköy en 1895, quitta le détroit du Bosphore pour les rives du Tibre dès 1908. Quant à Vitalien Laurent, il est resté en fonction aussi longtemps que ses deux prédécesseurs réunis : trente-quatre ans, c'est-à-dire un bon tiers du siècle. Il a réalisé une œuvre personnelle importante et diversifiée, et il a conçu de nombreux et ambitieux projets ; avec Raymond Janin et Venance Grumel, il a constitué l'équipe la plus soudée et la plus harmonieuse qu'ait connue l'Institut.

La bibliothèque

La bibliothèque est le seul, mais substantiel, héritage que laisse aujourd'hui l'IFEB, en dehors de la production scientifique de ses membres. Une riche bibliothèque s'est en effet constituée peu à peu au long de ce siècle d'existence, sans avoir jamais bénéficié de subsides publics[70]. Elle est, pour l'essentiel, le fruit du travail de ses membres. Elle a été enrichie souvent au prix des grands sacrifices consentis par les membres de l'Institut dans les nombreuses années difficiles que celui-ci a connues.

Sa richesse et sa diversité sont dues à deux facteurs : les implantations successives de l'IFEB d'une part, les secteurs de recherche de ses membres d'autre part. Établie à Constantinople, la bibliothèque a rassemblé une collection des revues locales de l'Asie mineure. Elle a acquis de vieilles éditions, en profitant de diverses circonstances favorables, par exemple des ventes qui se firent dans les années vingt au moment de l'échange de populations qui suivit le traité de Lausanne (1923). Après le transfert à Bucarest, elle a engrangé une littérature locale différente, qui inclut un ensemble de revues ecclésiastiques et archéologiques et des ouvrages d'histoire. Après le transfert à Paris, l'éventail s'est un peu restreint et s'est limité peu à peu aux ouvrages qui concernent plus strictement la période byzantine.

La constitution de la bibliothèque a été également déterminée par les goûts et les travaux des membres de l'Institut. Une attention spéciale a été accordée à l'histoire de l'Église et, sur un plan plus formel, à la critique et à l'édition des textes et des sources. Les collections qui rassemblent les sources contiennent en effet des résultats définitifs, si du moins les travaux sont bien exécutés, tandis que les études et les commentaires sont l'interprétation des sources dans des circonstances données et laissent des traces moins durables. Dans la mesure où leurs conclusions sont reprises dans les travaux ultérieurs, la présence de ces livres est moins indispensable à la recherche. D'un autre côté, le fait que plusieurs membres de l'IFEB ont consacré leurs travaux à l'ère des Paléologues a provoqué un afflux d'ouvrages sur la littérature et l'histoire de cette époque. De même, la bibliographie annuelle que publie la revue s'est attachée en priorité aux sujets étudiés par les divers membres de l'IFEB. La publication d'une revue, surtout si elle est dotée d'une unité de matière précise, est ainsi un bon moyen pour constituer une bibliothèque spécialisée dans un domaine précis[71].

La bibliothèque a bénéficié enfin de la quête tenace de bibliophiles avertis. Il faut commencer par Louis Petit, qui a constitué le premier fonds d'ouvrages usuels et fondamentaux. Il se rendait pour cela à Péra une fois par semaine et revenait avec un porteur chargé de livres[72]. Sévérien Salaville fut un autre précieux pourvoyeur, aussi bien durant son séjour à Istanbul qu'après son arrivée sur les bords du Tibre. Après lui, Vitalien Laurent sut acquérir, avec des moyens modestes, des trésors de librairie, comme Venance Grumel, et plus tard Jean Darrouzès, que j'ai vu, jusqu'à ses derniers jours, éplucher les catalogues des antiquaires avec une attention et une passion toutes juvéniles. Leur connaissance des vieilles éditions était immense, et Émile Legrand était leur prophète. Tous ont su pourchasser les raretés[73].

Un apport extérieur est venu enrichir la bibliothèque : Pie Neveu (1877-1946), un Assomptionniste qui fut évêque latin à Moscou de 1926 à 1936, a laissé un fonds russe qu'il avait constitué durant son séjour en Russie. C'est une précieuse collection d'ouvrages russes concernant avant tout l'histoire de l'Église russe, sa liturgie et son droit canon. Ce fonds contient, en particulier, deux exemplaires du Trebnik de Pierre Mogila, un euchologe imprimé à Kiev en 1646[74], un exemplaire de la Kormcaja kniga de 1653, un exemplaire du Kamen very de Stefan Javorskij (Pecerskaja Lavra 1730), ou encore d'anciennes éditions de la Dobrotoljubie.

À côté de sa collection d'ouvrages et de périodiques, l'IFEB possède un petit fonds de soixante-dix manuscrits, dont l'origine ne peut généralement pas être établie et qui sont pour la plupart d'époque tardive (XVIIIe-XIXe siècle). La Revue des études byzantines a publié la description des plus précieux d'entre eux, deux manuscrits slaves[75] et un manuscrit byzantin[76]. À l'IFEB est également conservée une collection de sceaux byzantins, dont environ mille deux cents sont dans un état de bonne conservation. Une partie de ces sceaux fut acquise au début du siècle. Sophrone Pétridès en édita un petit nombre[77], puis Sévérien Salaville en confia la publication à Vitalien Laurent, lorsque la nouvelle recrue arriva à Kadiköy[78]. Il publia immédiatement deux bulletins de sigillographie dans les Échos d'Orient[79]. Dans les Bulles métriques[80], il signale également que quelques-uns des exemplaires décrits appartiennent à l'Institut : « Kadiköy. Institut d'Études Byzantines » (nos 292, 309, 521, 554).

Le fonds d'archives de l'IFEB a fait récemment l'objet d'un examen et d'un tri. Tout ce qui concerne les religieux a été remis aux Archives de la congrégation, à Rome, où les documents, replacés dans un ensemble plus vaste, seront mieux appréhendés et mieux valorisés. L'Institut a conservé uniquement la documentation de caractère scientifique, dont la partie la plus précieuse est sans doute un ensemble de lettres adressées par des byzantinistes éminents à divers membres de l'IFEB. On signalera ainsi l'abondante correspondance échangée par Franz Dölger avec Vitalien Laurent.

Un regard sur le présent

Le patrimoine de l'IFEB réside dans sa bibliothèque et ses publications. L'Institut n'assurera plus les services qu'il rendait jusqu'à présent ; dans les derniers temps, il a maintenu une tradition qui dépassait largement ses moyens réels. À présent, il faut revenir à la réalité. On attendait, pour ce faire, le regroupement des bibliothèques spécialisées de l'Institut Catholique, qui avait été envisagé dès 1983, qui était resté depuis lors à l'horizon de ses projets et dont la réalisation, après la disparition de Jean Darrouzès en 1990, était devenue d'autant plus urgente que l'IFEB était réduit à une seule personne. Maintenant que la « recherche de solutions nouvelles », qui fut exigée en 1975, vient de trouver un aboutissement satisfaisant avec l'installation de l'IFEB à l'Institut Catholique de Paris, il faut examiner quelles possibilités s'offrent à chacun de ses deux secteurs d'activité : les publications et la bibliothèque.

La plupart des collections de l'IFEB sont achevées. Alimentées à peu près exclusivement par les membres de l'Institut, elles se sont éteintes avec l'effacement progressif de l'équipe des Assomptionnistes. Elles sont aujourd'hui au point mort, depuis la parution du dernier volume des Regestes des actes du patriarcat de Constantinople en 1991. Cette dernière collection est elle-même terminée. De même, la Géographie ecclésiastique de l'Empire byzantin peut être considérée comme achevée. Il resterait éventuellement la matière pour un quatrième volume, qui contiendrait un répertoire des églises et monastères isolés et dispersés à travers l'empire. Quant à la collection des Archives de l'Orient chrétien, qui était alimentée à peu près exclusivement par les Assomptionnistes, elle est interrompue depuis 1986, mais elle reste ouverte, et rien n'empêcherait de la continuer, s'il y avait à le faire un intérêt scientifique et des possibilités financières.

Reste la Revue des études byzantines. Depuis le transfert de l'Institut à Paris en 1947 et jusqu'à la parution du présent volume, elle était gérée par l'IFEB tant pour l'administration et la diffusion que pour la rédaction et l'édition. Constitué en Association selon la loi de 1901, l'IFEB devint aussi l'éditeur commercial et le diffuseur de la revue. Au départ, les tâches étaient partagées entre plusieurs personnes. Au fur et à mesure de l'amoindrissement du personnel, elles se sont alourdies. De 1983 à 1990, date du décès de Jean Darrouzès, nous étions deux à nous en acquitter. C'était encore viable. Depuis lors, je les assume seul, dans l'attente du regroupement des bibliothèques spécialisées de l'Institut Catholique. Ma tâche, assumée pendant vingt-sept ans, qui ont vu la parution d'autant de tomes de la revue, prend fin avec la publication du présent tome [53]. Ensuite, la direction rédactionnelle sera prise en charge par l'un des membres du Comité de rédaction, qui ont épaulé le petit reste des Assomptionnistes depuis 1984, avec compétence et désintéressement.

J'ai accepté autrefois cette lourde tâche, qui prend beaucoup de temps et qui est parfois fastidieuse. Comme la Revue des études byzantines était alors l'organe d'un Institut dans lequel chacun jouait son rôle et le reflet d'un travail collectif, cette tâche constituait, à côté des autres, l'une des diakoniai de l'équipe. Elle n'a plus aujourd'hui la signification qu'elle possédait au sein d'une équipe de recherche soudée et riche de huit membres, comme c'était le cas en 1969. Toute la rédaction était sur place. Sans compter que la plus grande partie de la revue était constituée par les travaux des membres de l'équipe. L'unité de contenu facilitait le travail et lui donnait son attrait. La matière traitée était celle qui intéressait l'équipe, c'est-à-dire, principalement, l'Église byzantine avec son histoire et ses réalités, sa pensée et ses dogmes, sa vie et ses dignitaires. Il s'ensuivait que les articles venant de l'équipe elle-même étaient connus des uns et des autres avant même d'être terminés et que les articles proposés par des chercheurs extérieurs étaient rapidement examinés pour être aussitôt acceptés ou refusés. Ces facteurs favorisaient la rapidité des décisions. L'indépendance de l'équipe comme de chaque membre donnait à tous une entière liberté de mouvement et permettait d'échapper aux diverses pressions, qui d'ailleurs ne s'exercèrent guère, si j'excepte les deux ou trois cas dont j'ai eu connaissance. Grâce à ces heureuses conditions, l'IFEB a été à même de publier une revue à peu près unique en son genre et dotée d'une exceptionnelle unité de matière. Le fait s'est même prolongé au-delà de la mort de mes prédécesseurs, car les byzantinistes, étrangers en particulier, ont envoyé à la revue un grand nombre d'études publiées dans le sillage des travaux de Vitalien Laurent, de Jean Darrouzès ou de Paul Gautier.

La situation est tout à fait autre aujourd'hui. Le transfert de l'IFEB à l'Institut Catholique donne l'occasion de modifier le fonctionnement traditionnel de l'Institut, qui ne reflète plus la réalité, et de rechercher une nouvelle formule pour la rédaction comme pour l'édition, l'administration et la diffusion de la revue. Je garde le ferme espoir que la Revue des études byzantines continuera son parcours et rajeunira sous l'effet d'un sang nouveau. L'existence de la revue est capitale pour l'IFEB : si l'Institut s'est maintenu autrefois à Kadiköy, c'est grâce aux Échos d'Orient, sans cet organe de recherche, il aurait disparu. De même, la revue a toujours servi de relais à la bibliothèque, qui risquerait de dépérir sans cet apport, même s'il est possible de la nourrir par d'autres moyens.

Ainsi, l'IFEB a joué jusqu'à ce jour le rôle d'une maison d'édition, modeste bien sûr. Les recettes qu'il en a tirées ont permis d'investir dans de nouvelles éditions et d'approvisionner la bibliothèque. Mais ces activités sont devenues trop lourdes pour le personnel restreint de l'Institut. Aussi a-t-on mis à profit le transfert à l'Institut Catholique pour confier la distribution des titres du fonds à un libraire, qui leur assurera du reste une meilleure diffusion.

La bibliothèque

Si l'avenir des éditions de l'IFEB et, à un moindre degré, celui de la Revue des études byzantines sont incertains, le maintien et le développement de la bibliothèque, par contre, ne sont pas soumis aux mêmes aléas. L'ambition des membres de l'IFEB qui se rendirent auprès du recteur de l'Institut Catholique en 1975 était de sauver cet instrument de travail et de recherche et de le placer dans les bonnes mains. Je pense que cet objectif, à la fois raisonnable et modeste, est atteint. Désormais, il s'agira de conserver plutôt que d'acquérir et d'accumuler. Il suffit d'assurer un minimum d'acquisitions. D'autant plus que la bibliothèque de l'IFEB change un peu de statut au moment d'être intégrée à l'Institut Catholique de Paris. Si la Revue des études byzantines continue à paraître, elle attirera à la bibliothèque, outre les revues de la spécialité qui devraient lui parvenir comme par le passé au titre de l'échange, l'essentiel de la production byzantine. Sans compter que la bibliothèque de l'IFEB est désormais amarrée à une institution qui a une puissance suffisante pour tenir en vie un secteur limité comme le byzantinisme, et qu'elle est adossée à l'une des bibliothèques générales les plus importantes de Paris, la Bibliothèque de Fels de l'Institut Catholique de Paris, et à l'ensemble des bibliothèques spécialisées du même Institut Catholique, dont les sciences religieuses et ecclésiastiques, un secteur moins fréquenté par l'université française, sont le dénominateur commun. Dès lors, la bibliothèque de l'IFEB est rendue à sa vocation de bibliothèque spécialisée, qui la voue à acquérir les seuls ouvrages de son domaine propre et à renvoyer pour le reste à la bibliothèque générale.

La bibliothèque de l'IFEB est désormais hébergée par l'Institut Catholique de Paris. Aux termes d'un contrat de dépôt signé le 22 novembre 1983, le fonds ancien, existant à la date de signature du contrat, reste propriété de la congrégation des Assomptionnistes. Toutes les acquisitions postérieures à cette date sont la propriété de l'Institut Catholique de Paris. Le fonds de l'IFEB est abrité dans la nouvelle Bibliothèque Jean de Vernon, que l'Institut Catholique vient de bâtir à l'intention de ses bibliothèques spécialisées. La Bibliothèque Jean de Vernon porte le nom de l'évergète, un graveur décédé en 1975, qui en a permis la construction grâce à un legs important ; elle contient les deux fonds d'histoire byzantine de l'IFEB et d'exégèse biblique de la BOSEB (Bibliothèque œcuménique et scientifique d'études bibliques).

Il est dommage que l'opération n'ait pas inclus la bibliothèque de l'IEA (Institut d'études augustiniennes), dont tout le fonds ancien, c'est-à-dire le noyau originel et original, et une partie des acquisitions récentes appartiennent également à l'Institut Catholique de Paris, qui héberge d'ailleurs ses collections au Palais de Saint-Germain et en assure, pour l'essentiel, la maintenance. Dans le projet primitif, les trois bibliothèques devaient être rassemblées. C'était un projet intelligent, ambitieux et séduisant. Je me souviens d'avoir entendu un ancien directeur scientifique du Département des Sciences de l'homme et de la société du CNRS en vanter l'intérêt et la pertinence, et souhaiter, au terme d'une visite des trois bibliothèques, leur regroupement, qui, à son avis, aurait fait de cet ensemble un des meilleurs centres de documentation et de recherche en Europe pour ces disciplines, au point qu'il se faisait fort d'obtenir le secours financier du CNRS, si celui-ci était sollicité, pour la réalisation du projet ! Les deux bibliothèques augustinienne et byzantine étaient à même d'offrir au chercheur un centre de documentation de grande valeur tant sur la patristique latine, centrée sur saint Augustin, que sur la patristique grecque et le Moyen Âge byzantin. On aurait trouvé réunie la documentation qui, rassemblée pendant un siècle d'un côté et un demi-siècle de l'autre, constitue le noyau commun de sources et d'études concernant le monde paléochrétien de l'Occident et de l'Orient et le Moyen Âge chrétien occidental et oriental. La troisième bibliothèque, la BOSEB, intervenait dès lors en amont, en offrant toute la documentation concernant d'une part le monde biblique et les civilisations entrées en contact avec Israël et d'autre part la littérature du Nouveau Testament et du christianisme primitif, qui forment le substrat de la vie et de la civilisation chrétienne du Moyen Âge en Occident comme en Orient. N'a-t-on pas manqué de clairvoyance en refusant ce regroupement si séduisant sur le plan intellectuel ? L'occasion se présentait en effet de réunir à nouveau les bibliothèques de l'IFEB et de l'IEA, qui cohabitèrent de longues années, jusqu'en 1979, au n° 8 de la rue François-Ier et dont certains, parmi ceux-là mêmes qui en refusent aujourd'hui la réunion, avaient alors déploré la séparation. Mais sait-on jamais ? On ne peut pas exclure la revanche du bon sens, et tout n'est pas irréversible. Les deux bibliothèques, biblique et byzantine, réunies à présent, n'ont pas la même affinité et leur réunion sera davantage une juxtaposition qu'une fusion, malgré l'intérêt du regroupement, qui offre tout de même un ensemble commun de dictionnaires, d'encyclopédies et autres usuels, auquel l'une et l'autre des deux bibliothèques trouveront, à l'usage, de nombreux avantages.

Un regroupement de bibliothèques touchant des matières voisines offre en effet des avantages non seulement aux lecteurs, mais également aux conservateurs des bibliothèques. Dans le cas présent, il permettra d'harmoniser et de diversifier les acquisitions, en dispensant chacun d'acheter pour soi les instruments essentiels de travail qui sont souvent identiques et qui sont les plus onéreux : revues, encyclopédies, manuels, collections de sources. Dans la nouvelle bibliothèque Jean de Vernon, le personnel est plus important. L'entretien de la bibliothèque et le service des lecteurs pourront ainsi être améliorés, et la durée d'ouverture est allongée. La mise en accès libre des ouvrages facilitera le travail des chercheurs[81]. Après avoir bénéficié pour la première fois du travail et de l'expérience d'une bibliothécaire professionnelle à partir de 1984, l'IFEB a pu procéder à une remise en ordre générale de sa bibliothèque, qui était, depuis la fondation de l'Institut à Kadiköy, une bibliothèque pluri-personnelle plutôt qu'une bibliothèque publique. La masse des tirés à part, qui n'étaient pas fichés, ont été classés ; le fichier a été normalisé, sous l'égide des normes de l'AFNOR, dont aucun membre ou bibliothécaire de l'IFEB ne s'était jamais soucié. En 1989 a commencé l'informatisation du fichier, dans le cadre du CCO (Catalogue collectif des ouvrages), mis en place par la Direction scientifique des Sciences de l'homme et de la société du CNRS. Elle permettra d'offrir au lecteur un service de qualité et sans doute de diffuser plus tard le contenu de la bibliothèque sur un réseau international. L'intégration d'un logiciel multi-langues permet d'éviter la méthode désuète de la translittération des alphabets grec et cyrilliques, qui entrent pour une grande part dans les titres d'ouvrages des collections de l'IFEB[82].

Ainsi, la bibliothèque de l'IFEB a fini par trouver le siège qui correspond le mieux à son passé et à sa vocation. L'Institut Catholique de Paris, qui est sans doute l'organisme le plus propre à lui assurer un avenir, saura faire fructifier l'héritage reçu des Assomptionnistes. Portons à l'IFEB le traditionnel souhait de longue vie : Είς έτη πολλά !
 
P.S : Nous remercions chaleureusement le père Albert Failer de nous avoir accordé le droit de reproduire cet article publié initialement dans le numéro X de la Revue des études byzantines.

 

NOTES
1. Fondée en 1845, la congrégation des Augustins de l'Assomption, appelés plus communément Assomptionnistes, prit naissance dans le collège de l'Assomption de Nîmes et fut rangée sous la règle de saint Augustin ; de là viennent les deux éléments du nom ; pour un bref aperçu, voir la notice « Augustins de l'Assomption », de L. Merklen, dans Catholicisme, I, 1948, col. 1048-1049.
2. En d'autres termes, l'essence de la nouvelle fondation était un prosélytisme clairement avoué et affiché. Le but était d'infiltrer dans les Églises orthodoxes un clergé qui reconnaîtrait l'obédience à Rome et qui, espérait-on, attirerait aux mêmes idées le clergé en place, grâce au rayonnement qu'exerceraient ses qualités morales et intellectuelles. Ainsi, les Assomptionnistes ne transcendaient pas la mentalité qui prévalait à l'époque dans l'Église catholique romaine, tant au Vatican que dans les congrégations religieuses, et qui, à juste titre, paraît aujourd'hui choquante. Il s'agissait, au fond, de créer des communautés « uniates », de manière artificielle, là où aucun facteur historique ou dogmatique ne le justifiait.
3. Voici la liste des travaux consultés :
L. Biskupski, L'Institut Français d'Études Byzantines et son activité scientifique et littéraire (1895-1970), Istanbul 1970, 384 p. ; voir, dans la REB 30, 1972, p. 365, le compte rendu de R. Janin, qui est d'ailleurs l'inspirateur et l'informateur de l'auteur.
Échos d'Orient [EO] 1-39 (1897-1942), avec le volume de tables établi par J. Darrouzès et A. Failler [Tables générales des Échos d'Orient (1897-1942), Paris 1986].
Échos de Notre-Dame de France à Jérusalem [ENDF], n°s 1-131, 1888-1904.
A. Failler, Bibliothèque de l'Institut Français d'Études Byzantines, Revue de l'Institut Catholique de Paris 15, 1985, p. 121-127.
V. Laurent, Le Père d'Alzon et le problème du retour à l'unité catholique des Églises gréco-slaves. Conférence donnée à la Semaine alzonienne de Hal, 14-19 mai 1951, Mélanges Emmanuel d'Alzon, Saint-Gérard [1953], p. 283-301.
Revue des études byzantines [REB] 1-53 (1943-1995), avec le volume de tables des tomes 1-40 établi par J. Darrouzès et A. Failler (REB 41, 1983).
D. Stiernon, La science assomptionniste au service de l'Unité en Orient. Conférence, Pages d'archives [Bulletin interne émanant de la Curie généralice des Assomptionnistes], 3e série, n° 6, mars 1965, p. 453-469.
P. Touveneraud, Religieux et religieuses de l'Assomption, au service de l'Orient chrétien (1863-1963). Conférence, ibidem, p. 419-452.
S. Vailhé, L'œuvre des « Échos d'Orient ». Conférence donnée aux novices de Louvain, en septembre 1919 [Parue dans la revue L'Assomption de 1921, mais consultée sur une copie dactylographiée].
S. Vailhé, Monseigneur Louis Petit, archevêque d'Athènes (1868-1927). Paris 1944, 161 p. [Cité désormais : S. Vailhé, Louis Petit].
J. Walter, Les Assomptionnistes au Proche-Orient (1863-1980). Traduit de l'anglais par A. Bombieri, Paris [1982] (2e tirage en 1994), 84 p.
4. La monographie de L. Biskupski (voir la note 3) est d'ailleurs décevante, car elle se borne à fournir, pour chacun des membres qui sont mentionnés, une biographie condensée et surtout une bibliographie. Il s'agit d'une série de notices bio-bibliographiques plutôt que d'une histoire de l'Institut, à laquelle n'est consacrée qu'une brève première partie (L'historique de l'Institut Français d'Études Byzantines, p. 10-26). Dans la seconde partie (Les principaux membres de l'Institut Français d'Études Byzantines et leur activité scientifique et littéraire, p. 27-370) sont présentées, de manière analytique, la biographie et l'œuvre de dix-huit membres de l'Institut, dont voici les noms : Louis Petit, Jules Pargoire, Sophrone Rabois-Bousquet (Sophrone Pétridès par son nom de plume), Joannès Thibaut, Casimir Émereau, Edmond Bouvy, Martin Jugie, Siméon Vailhé, Sévérien Salaville, Venance Grumel, Raymond Janin, Vitalien Laurent, Jean Darrouzès, Daniel Stiernon, Antoine Wenger, Paul Gautier, Christopher Walter, Albert Failler.
5. Sur cet apôtre actif du XIXe siècle, voir, en particulier, S. Vailhé, Vie du P. Emmanuel d'Alzon, vicaire général de Nîmes, fondateur des Augustins de l'Assomption (1810-1880), I-II, Paris s.d. [1927 et 1934] ; S. Salaville, notice sur Emmanuel d'Alzon dans le Dictionnaire de spiritualité, I, 1937, col. 411-421.
6. Voir S. Vailhé, Louis Petit, p. 23-24. Le même souvenir est rapporté dans un récit de pèlerinage de 1899 (Échos de Notre-Dame de France à Jérusalem, n° 76, décembre 1899, p. 29 ) : durant leur escale à Istanbul, les pèlerins sont venus à Kadiköy et beaucoup « ont tenu à visiter la pierre et l'arbre du P. d'Alzon », près de l'église, là où « le Père, le vénéré fondateur de l'Assomption, eut cet entretien prophétique avec le curé de Kadi-Keuï, lors de son voyage à Constantinople, il y a une quarantaine d'années ».
7. Après avoir loué l'apostolat des Assomptionnistes « pour le bien des Orientaux », le pape faisait appel à eux pour « maintenir dans toute sa force l'antique discipline de leurs rites ». « Pour atteindre ce but, poursuivait-il, Nous avons décidé que les établissements que vous avez à Stamboul, dans la ville de Constantinople, et en face, à Kadi-Keuï, l'ancienne Chalcédoine, seraient développés et agrandis par de nouvelles constructions, de telle sorte qu'on y préparât des locaux parfaitement appropriés, soit au culte divin, soit à l'enseignement » (texte dans les Échos de Notre-Dame de France à Jérusalem, n° 17, août 1895, p. 187).
8. Alors qu'elle est portée de manière logique sur les fascicules 1 et 2 (parus respectivement en 1932 et 1936), cette mention figure encore sur le fascicule 3 (paru en 1947), alors que l'Institut avait quitté Chalcédoine depuis dix ans.
9. C'est surtout à partir de 1983 que, selon les usages de l'Institut Catholique de Paris de désigner ses multiples organismes par des sigles, l'Institut des Assomptionnistes fut peu à peu connu sous le nom d'IFEB. Mais le sigle était déjà utilisé depuis longtemps, de manière occasionnelle il est vrai. C'est ainsi que les étiquettes des livres imprimées vers 1950, au moment du nouveau classement de la bibliothèque à Paris, portent déjà ce sigle.
10. C'était un retour aux sources, car cette adresse avait figuré sur les premiers fascicules des Échos d'Orient, jusqu'en 1900. La revue était en effet imprimée à la Maison de la Bonne Presse, qui en assurait également l'administration. Au cours de l'année 1900, le siège de l'administration s'était déplacé de la rue François-Ier à la proche rue Bayard.
11. Mis devant la même nécessité de « rechercher des solutions nouvelles », l'Institut d'études augustiniennes commença des tractations conjointes avec l'Institut Catholique de Paris et l'Université Paris IV dès 1973. Il quitta la rue François-Ier en mai 1979. Son nouveau siège du Palais de Saint-Germain, mis par le diocèse de Paris à la disposition de l'Institut Catholique, fut inauguré le 21 novembre 1979.
12. Paul Poupard, recteur de l'Institut Catholique, reçut trois membres de l'Institut : Jean Darrouzès, directeur de l'IFEB, Paul Gautier et Albert Failler.
13. Seuls trois membres de l'Institut résidaient encore à Paris : Jean Darrouzès, Paul Gautier, directeur depuis 1977, et Albert Failler.
14. L'aménagement des locaux de l'École polytechnique qui devaient, dans un plan précédent, abriter l'IFEB fut terminé deux années et demie plus tard, à la fin de 1985.
15. Voir la notice « Bonne Presse » de L. Merklen dans Catholicisme, II, 1950, col. 148-150.
16. Les premières livraisons parurent de manière irrégulière : n° 1, juillet 1888 ; n° 2, octobre 1888 ; n° 3, mars 1889 ; n° 4, août 1889 ; n° 5, janvier 1890. C'est avec le n° 6 (août 1890) que le titre changea et devint : Échos de Notre-Dame de France (cité désormais sous le sigle ENDF) ; il fut complété dans le numéro suivant (n° 7, octobre 1890) par la mention à Jérusalem. En 1891, l'éditeur fit paraître une nouvelle couverture qui opérait le regroupement des fascicules 1-13 en un tome 1, qui courait sur quatre années (1888-1891). Une nouvelle numération des fascicules commence avec l'année 1893 et continue sur les années 1894-1895, atteignant un total de 19 numéros ; mais le premier fascicule de l'année 1896 reçoit le n° 37, sans autre avertissement. Autrement dit, l'éditeur a additionné les deux numérations précédentes (n° 17, dernier fascicule de l'année 1892 ; n° 19, dernier fascicule de l'année 1895). Les références seront faites ici au seul numéro de la revue, suivi de la date, mais sans mention de la tomaison.
17. Un article de 1897 (ENDF, n° 55, juillet 1897, p. 166-171) rappelle les principales étapes du développement de la maison. Le terrain fut acquis en 1884, et la construction commença l'année suivante. Dès 1888, « une partie de la caravane put loger dans son hôtellerie, qui grandissait en extension et en hauteur, au grand étonnement des indigènes : on n'avait pas encore vu à Jérusalem une maison à quatre étages ».
En 1889 fut acheté un terrain voisin pour la construction d'une église, dont le cardinal Langénieux bénit la première pierre à l'issue du congrès eucharistique (22 mai 1893) et dont la consécration eut lieu dès l'année suivante (21 novembre 1894). La seconde aile de l'hôtellerie fut bâtie en 1898 (ENDF, n° 66, décembre 1898, p. 129 ; n° 67, janvier 1899, p. 4 ; n° 72, juin 1899, p. 92). Pour procurer au pèlerinage de Jérusalem sa pleine autonomie, les Assomptionnistes assuraient également le transport entre la France et la Palestine : « en 1893…, l'œuvre des pèlerinages a fait l'acquisition d'un steamer affecté principalement au service du pèlerinage de Pénitence : il s'appelle Notre-Dame-de-Salut » (ENDF, n° 55, juillet 1897, p. 170-171). La maison Notre-Dame de France abritait, outre l'hôtellerie, un séminaire pour les jeunes Assomptionnistes qui venaient étudier la théologie à Jérusalem pour être dispensés du service militaire, imposé aux jeunes clercs résidant en France par une loi de 1889. Les premiers religieux arrivèrent en 1891, et les premiers prêtres, parmi lesquels se trouvait Romuald Souarn, futur canoniste et collaborateur occasionnel des Échos d'Orient, furent ordonnés en décembre 1895 (ENDF, n° 37, janvier 1896, p. 14).
18. Voir ENDF, n° 19, décembre 1895, p. 251, où l'on trouvera également la description des volumes précédents et de leur périodicité. L'information est répétée à la fin du billet de Vincent de Paul Bailly dans le fascicule suivant, qui est daté de janvier 1896 et qui porte le n° 37 (ENDF, n° 37, janvier 1896, p. 2), puis à nouveau dans le premier fascicule de 1897 (n° 49, janvier 1897, p. 1). Pour le passage, qui n'est pas expliqué dans la revue, du n° 19 (décembre 1895) au n° 37 (janvier 1896), voir la note 16.
19. Sur le déroulement, le sens et l'importance de ce congrès, voir l'imposante étude de C. Soetens, Le congres eucharistique international de Jérusalem (1893) dans le cadre de la politique orientale du pape Léon XIII, Louvain 1977. On trouvera une brève recension de l'ouvrage dans la REB (tome 37, 1979, p. 286-287).
20. On verra plus bas qu'Edmond Bouvy fut chargé de présenter un recueil de travaux préparatoires et d'organiser les sessions.
21. D'autres revues furent créées au même moment et dans le même esprit : l'année 1896 vit l'apparition de la Revue de l'Orient chrétien et de Bessarione. L'intérêt pour l'Orient s'était manifesté également dans les milieux profanes : à quelques années d'intervalle commencèrent à paraître la Byzantinische Zeitschrift à Leipzig (1892), le Vizantijskij Vremennik à Saint-Pétersbourg (1894) et le Bulletin de l'Institut archéologique russe de Constantinople à Sofia (1895).
22. ENDF, n° 57, septembre 1897, p. 249.
23. EO 1, 1897-1898, p. 1-2.
24. Siméon Vailhé, qui venait d'arriver à Kadiköy au moment de la sortie de ce premier fascicule, dira, dans une conférence prononcée vingt ans plus tard (L'œuvre des « Échos d'Orient ») : « Dans les premiers jours d'octobre, paraissait à Paris, à la stupéfaction de nous tous, le premier numéro de la revue, les Échos d'Orient… ».
25. ENDF, n° 58, avril 1898, p. 1-2.
26. ENDF, n° 131, août 1904, p. 113-114. Les circonstances et les raisons du changement sont indiquées dans ce texte. Le succès de la revue Rome, qui avait été lancée l'année précédente par la Maison de la Bonne Presse et qui s'adressait au grand public, invitait à tenter la même expérience pour la Terre sainte.
27. La plupart, y avaient d'ailleurs reçu l'ordination sacerdotale, avant de gagner Kadiköy. Voici leurs noms, par ordre chronologique d'ordination : Siméon Vailhé (1896), Martin Jugie (1901), Sévérien Salaville (1907), Raymond Janin (1911), Venance Grumel (1916). Quant à Jules Pargoire, il avait quitté Jérusalem en 1895, au terme de ses études de théologie, et il fut ordonné prêtre à Constantinople en 1897.
28. Elle s'intitula successivement « Nouvelles archéologiques de Jérusalem »,  « Archéologie », « Archéologie palestinienne ».
29. Ses deux premiers articles datent de 1896 : Dans les montagnes bleues, ENDF, n° 44, août 1896, p. 209-256 ; Un tour au Liban, n° 48, décembre 1896, p. 305-319. Le premier article, qui occupe un fascicule entier de la revue, a fait plus tard l'objet d'un tirage à part, avec un titre et une mise en page différents : Excursion dans les Montagnes bleues par des moines de Notre-Dame de France à Jérusalem, Maison de la Bonne Presse, Paris [s.d.], 72 p. Sa signature apparaît à de nombreuses reprises dans les fascicules suivants : n° 50, février 1897, p. 50-51 ; n° 51, mars 1897, p. 77-78 ; n° 52, avril 1897, p. 92-93 ; n° 53, mai 1897, p. 112-121 ; n° 54, juin 1897, p. 135-144 ; n° 54, juin 1897, p. 148-151. À la lin de la même année, Siméon Vailhé publiait, dans le premier fascicule des Échos d'Orient (octobre 1897), le premier article d'une série intitulée  « Voyage à Pétra » (EO 1, 1897-1898, p. 3-11, 39-51, 70-79, 100-112) et dont la teneur s'apparente aux deux premiers articles. Rien ne peut mieux indiquer la continuité entre les deux revues.
30. Au pays de Sichem, ENDF, n° 98, 15 octobre 1901, p. 177-181 ; n° 99, 15 novembre 1901, p. 190-198 [signé Sévérien] ; Chemins bibliques, n° 105, mai 1902, p. 65-73 ; n° 106, juin 1902, p. 81-83 ; n° 107, juillet 1902, p. 97-105 ; n° 112, janvier 1903, p. 2-5 ; n° 113, février 1903, p. 21-28 ; n° 115, avril 1903, p. 58-60.
31. C'est précisément le premier signataire qui, l'année suivant la fondation de l'Institut de Kadiköy ou l'année précédant la sortie du premier fascicule des Échos d'Orient, atteste écrire de « Chalcédoine » (ENDF, n° 41, mai 1896, p. 89). Intitulé « Souvenirs chrétiens de Constantinople et des environs », son article apparaît dans deux livraisons successives (n° 41, mai 1896, p. 89-99 ; n° 42, juin 1896, p. 152-166). L'article porte la signature suivante : « P. Edmond » [Edmond Bouvy]. La suite annoncée dans le second article et qui devait traiter des environs de Constantinople ne parut pas dans les Échos de Notre-Dame de France, mais les deux articles furent repris dans une brochure, qui y ajouta la partie manquante (Souvenirs chrétiens de Constantinople et des environs, Maison de la Bonne Presse, Paris [1896], VI-132 p.). C'est la première esquisse d'une toponymie et d'une topographie ecclésiastiques de Constantinople, qui préfigure les ouvrages de Raymond Janin.
32. EO 1, 1897-1898, p. 1-2.
33. EO 1, 1897-1898, juin 1898, p. 257.
34. Voir l'article nécrologique, très bien documenté, qu'a rédigé Venance Grumel : In memoriam. Le R.P. Edmond Bouvy (1847-1940), EO 39, 1941-1942, p. 480-488. L'article est suivi de la bibliographie d'Edmond Bouvy (ibidem, p. 489-491), établie par Jean Gouillard, alors membre de l'IFEB.
35. Poussé par Emmanuel d'Alzon, il avait étudié l'hymnographie byzantine à partir de 1875. Une dizaine d'années plus tard, il avait obtenu le doctorat ès lettres avec ses deux thèses, qui portaient respectivement sur Isidore de Péluse (De sancto Isidoro Pelusiota libri tres, Nîmes 1884) et sur le rythme tonique dans les hymnes grecques (Poètes et mélodies. Études sur les origines du rythme Ionique dans l'hymnographie de l'Église grecque, Nîmes 1886). Dans le second ouvrage, Edmond Bouvy fit œuvre de précurseur en découvrant les principes de la prose rythmée des Byzantins et certaines lois de la clausule métrique.
36. Voir le volume édité par la Maison de la Bonne Presse à la veille du congrès (février 1893) : Études préparatoires au pèlerinage eucharistique en Terre sainte et à Jérusalem en avril et en mai 1893. L'ouvrage contient une quarantaine de brefs exposés sur divers thèmes de la liturgie orientale : hymnographie, calendrier, langues liturgiques, épiclèse, transsubstantiation, azymes, communion, vêtements liturgiques, etc. Près de la moitié des exposés sont dus à Edmond Bouvy. On consultera également les deux articles que celui-ci écrivit dans les Échos de Notre-Dame de France pour justifier la tenue du congrès à Jérusalem (Convenances historiques d'une assemblée générale des œuvres eucharistiques à Jérusalem, ENDF, n° 1, janvier 1893, p. 6-10) et pour présenter la matière des sessions qui devaient s'y dérouler (Études préparatoires au pèlerinage eucharistique, ENDF, n° 1, janvier 1893, p. 13-15).
37. La brochure hors commerce d'Edmond Bouvy, qui est intitulée Les études grecques en Orient (Maison de la Bonne Presse, Paris s.d. [1895], 74 p.), constitue sans doute le programme d'études proposé par le docteur en science byzantine à ses jeunes confrères de Kadiköy. L'auteur y expose brièvement les divers secteurs de la langue et de la littérature, de la philosophie et de la théologie, de la liturgie et de l'histoire ; chaque section est pourvue, avec un grand soin pédagogique, d'informations bibliographiques. Voici la table des matières traitées : I. Le grec moderne ; II. Le grec ancien, la grammaire ; III. Le grec biblique ; IV. La liturgie ; V. Littérature et hymnographie ; VI. Les sciences historiques ; VII. La philosophie et la théologie. Suit un plan d'étude sommaire (p. 63-74), en cinq chapitres (Grec moderne, Grec ancien, Grec biblique, Liturgies du saint sacrifice, Patrologie). Edmond Bouvy apparaît ainsi comme l'initiateur intellectuel de l'œuvre et le premier Assomptionniste byzantiniste.
38. ENDF, n° 43, juillet 1896, p. 181 ; n° 76, décembre 1899, p. 288 et 293. Voici comment est qualifiée la maison de Kadiköy dans le deuxième de ces trois passages : « Les Pères ont à Constantinople trois couvents… : une paroisse et une maison d'études à Kadi-Keuï ».
39. ENDF, n° 43, juillet 1896, p. 183 : « Le P. Louis, supérieur des Assomptionnistes de Kadi-Keuï, nous offre un copieux déjeuner dans les belles salles du Séminaire oriental fondé sur la demande et grâce à la libéralité du Saint-Père… ».
40. Cela provoqua une certaine confusion dans le décompte des années. Pour la description extérieure des volumes, on se reportera aux Tables générales des Échos d'Orient (1897-1942), Paris 1986, p. 13-17.
41. S. Vailhé, Louis Petit, p. 61. Siméon Vailhé signale ailleurs (L'œuvre des « Échos d'Orient ») « l'échange des Échos d'Orient avec une cinquantaine de revues ou publications vouées à l'érudition ».
42. On se reportera à la dernière page du dernier fascicule des Échos d'Orient (Chronique de l'Institut, EO 39, 1941-1942, p. 544) pour trouver la date de parution des deux derniers fascicules de la revue.
43. Dans la Chronique de l'Institut mentionnée à la note précédente, on lit simplement : « Est sous presse, également et sans doute plus proche de son apparition, un volume d'Études byzantines destiné à compenser un peu ces divers retards ». La phrase laisse supposer qu'il s'agissait, plutôt que d'une revue, d'un recueil complémentaire d'études, mais, à l'instar de toute revue, il contenait une partie bibliographique de recensions d'ouvrages, présentée selon le modèle habituel des Échos d'Orient. Il faut signaler aussi que les occupants allemands avaient interdit de continuer la publication des périodiques existants, obligeant les éditeurs à changer les titres et à omettre toute mention de périodicité pour les revues.
44. Il est piquant de constater que cette prédominance des articles dus aux membres de l'Institut fut un des griefs portés, dans les années soixante et soixante-dix, à l'encontre de celui-ci par les supérieurs religieux, qui voulaient appliquer à cet organisme les principes qu'ils mettaient ailleurs en pratique pour pallier la diminution du personnel ecclésiastique dans les diverses œuvres.
45. La vente varie légèrement d'un volume à l'autre. Prenons en exemple un volume précis, le tome 51 (1993), dont la sortie est assez éloignée pour que les ventes ultérieures soient aussi rares que la vente de nouvelles collections complètes : il s'en est vendu 434 exemplaires.
46. Alors qu'elle s'était intéressée jusque-là uniquement à l'Orient, la revue élargit ses perspectives à partir du n° 82 (1937) pour englober l'Occident et les Églises protestantes et anglicane ; mais elle s'interrompit la même année avec le n° 87 (novembre-décembre 1937).
47. Sur les publications de l'Institut, sur les projets et les réalisations, voir A. Failler, L'achèvement des Regestes des actes patriarcaux, REB 50, 1992, p. 249-263.
48. Voir ibidem, p. 251-261. Dans cet article, j'ai omis de traiter un point secondaire, que je n'ai pas pris le temps d'éclaircir. Le plan initial des Kaiserurkunden prévoyait trois séries : Regestes des actes, Édition des actes, Études sur les actes (ibidem, p. 252). Les divers plans des Regestes patriarcaux qui ont été publiés font état seulement de la première série (les Regestes), sans mentionner l'Édition des actes ou les Études sur les actes. Cependant, l'édition des actes a été envisagée à un certain moment : ce point du programme a été officialisé et a figuré sur certains documents. Ainsi, dans une lettre adressée aux membres de l'IFEB le 31 janvier 1969 pour leur annoncer la nomination de Jean Darrouzès comme directeur de l'Institut, le supérieur assomptionniste du moment écrit : « Le Chapitre Général de 1964 a souhaité que l'Institut consacre en priorité ses efforts à l'achèvement de la publication des Regestes du Patriarcat de Constantinople, et au lancement de l'édition du Corpus des Actes de ce Patriarcat ». Il est clair que ce texte a été inspiré par un membre de l'Institut, Jean Darrouzès probablement.
49. Voir, dans le même article (p. 256-258), ce qui concerne le plan initial de cette Série II de la collection du Patriarcat byzantin et les deux fascicules effectivement parus.
50. Ibidem, p. 261-262.
51. J. Darrouzès, Notitiae episcopatuum Ecclesiae Constantinopolitanae, Paris 1981, XVI-522 p. S'agissant de la date et de l'autorité qu'on peut attribuer aux diverses listes ou notitiae des évêchés du patriarcat de Constantinople, c'est un ouvrage important et sans doute définitif, qui, grâce à une vue synoptique des copies, renouvelle entièrement la matière, relègue dans le passé les discussions les plus savantes et les plus pesantes, et donne la solution des problèmes de fond, même si certains détails peuvent être utilement revus.
52. R. Janin, Les églises et les monastères des grands centres byzantins (Bithynie, Hellespont, Latros, Galésios, Trébizonde, Athènes, Thessalonique), Paris 1975, XVIII-494 p. Après le décès de l'auteur (1972), l'ouvrage a été revu et récrit par Jean Darrouzès.
53. R. Janin, Les églises et les monastères [de Constantinople], 2e éd., Paris 1969, XXIV-608 p. La première édition était parue en 1953. La seconde édition contient peu de corrections ou de compléments. Au moment où j'arrivais dans l'Institut, j'entendis les anciens incriminer la précipitation avec laquelle s'était faite la réédition, sans qu'on ait même pris le temps de relever les notes dont chacun des membres de l'Institut avait noirci son propre exemplaire. Seul ce tome III, paru le premier, s'inscrit dans le plan primitif de la collection (La géographie ecclésiastique de l'Empire byzantin. Première partie : Le siège de Constantinople et le patriarcat œcuménique. Tome III : Les églises et les monastères). Voir A. Failler, L'achèvement des Regestes des actes patriarcaux, REB 50, 1992, p. 261. Pour compléter la collection en deçà de ce tome III, qui était le seul paru, Jean Darrouzès a attribué plus tard le numéro II au répertoire des églises et monastères des grands centres, qui, dans le plan primitif, appartenait à la seconde partie (La géographie ecclésiastique de l'Empire byzantin. Deuxième partie : L'organisation provinciale. Tome IV : Le répertoire général des églises et monastères ; voir ibidem, p. 261), et le numéro I aux Notitiae episcopatuum. Jean Darrouzès procéda à cette classification, faite après coup, surtout en sa qualité de libraire de l'IFEB, car mettre sur le marché un tome III vous oblige, un jour ou l'autre, à présenter aussi les tomes I et II. Cela étant, le regroupement des trois volumes n'a rien de choquant et illustre parfaitement le titre primitif de la collection (La géographie ecclésiastique de l'Empire byzantin).
54. Pour son apport personnel à la collection, voir S. Vailhé, Louis Petit, p. 80-90.
55. Voir S. Vailhé, Louis Petit, p. 152-153.
56. Une troisième édition est en cours de publication, dont le premier volume est paru en 1993.
57. Le Rapport de Raymond Janin (4 pages dactylographiées) est daté du 30 août 1960, tandis que celui de Venance Grumel (copie dactylographiée de 19 pages) ne porte pas de date.
58. Voici le passage du Rapport de Venance Grumel (p. 5) : « Passons maintenant au second grief que l'on fait au P. Laurent, qui est de changer l'orientation de l'œuvre pour la diriger vers des études profanes ».
59. L'ouvrage de Raymond Janin détient à ce jour le record de vente des Éditions de l'IFEB. Le premier tirage (1950) était de 500 exemplaires. En 1964, on procéda à un second tirage de 1 500 exemplaires, dont il reste encore 600 en magasin. Ainsi ont été écoulés 1 400 exemplaires, un chiffre bien modeste au demeurant.
60. Dans le Rapport déjà cité, Venance Grumel se défend lui-même des reproches qui lui sont adressés à propos de La Chronologie, « visée comme occupation vaine et profane » et « sur laquelle on ironise volontiers, parce qu'il s'y trouve quelques pages sur les éclipses et les comètes… » (p. 8). Il en appelle aux grands noms de la science ecclésiastique que sont le jésuite Petau ou les bénédictins Mabillon et Randuri.
61. On verra plus bas que la recherche sigillographique n'était pas une brusque lubie de Vitalien Laurent, mais qu'elle pouvait s'autoriser de la meilleure tradition de l'Institut byzantin des Assomptionnistes.
62. On citait volontiers le mot de saint Paul : Scientia inflat (I Corinthiens, 8, 1). Au début du siècle, il fut question d'interdire aux rédacteurs des Échos d'Orient de signer de leur vrai nom, pour leur permettre d'échapper au fumet de la gloire et aux pièges de la notoriété !
63. D'après Siméon Vailhé (L'œuvre des « Échos d'Orient »), Louis Petit « fut le véritable créateur de l'œuvre, seul il savait dès le début la fin à poursuivre et quels étaient les moyens les plus aptes à la réaliser ».
64. S. Vailhé, L'œuvre des « Échos d'Orient ». La même image est employée par lui dans sa biographie du fondateur (S. Vailhé, Louis Petit, p. 46). Le jeune âge des membres de la première équipe ne laisse pas non plus d'étonner : « Le directeur avait 29 ans à peine, ses auxiliaires de 24 à 25 ans en moyenne » (ibidem, p. 51).
65. J'en ai donné la liste dans les Tables générales des Échos d'Orient (voir, par exemple, pour citer le plus titré d'entre eux, Pargoire Jules, p. 64). Mais je regrette de ne pas avoir regroupé l'ensemble dans un tableau, qui eût été plus clair et plus éloquent. Je répare ici cette lacune, tout en me limitant aux Assomptionnistes, qui sont d'ailleurs les détenteurs de la majorité des noms de plume utilisés dans la revue. On remarquera que chacun a signé de son vrai nom ses articles les plus importants, sauf Jean-Baptiste Léon Rabois-Bousquet, devenu Sophrone Pétridès (voir la note 68). Dans la liste qui suit, chaque nom est suivi des pseudonymes qui le cachent ; ceux-ci ont été forgés selon un schéma simple et consistent le plus souvent à emprunter le patronyme maternel ou le toponyme du village où l'on est né ou avec lequel on a un rapport étroit, ou encore à préciser ou slaviser un prénom français, généralement le sien, selon la matière traitée. Voici la liste des Assomptionnistes qui ont utilisé le procédé :
Venance Grumel : Louis Serraz.
Raymond Janin : J. Bogève, I. Ivanovitch, St. Joannidès, J. Lacombe.
Martin Jugie : E. Goudal, E. Martinovitch.
Jules Pargoire : Paul Deplaissan, Casimir Exépi, A. Joalthé, K. Lecédoine, Apik Mgrditchian, V. Milovitch, O. Saint-Pons, M. Théarvic, M. Zédixian.
Louis Petit : Victor Semnoz.
Sophrone Rabois-Bousquet : L. Bardou, S. Bénay, R. Bousquet, Sophrone Pétridès.
Sévérien Salaville : Jean Noël, G. Rieutort, D. Servière.
Siméon Vailhé : F. Delmas, Charles Fabrègues, L. Triol.
66. C'est l'expression utilisée par Siméon Vailhé (L'œuvre des « Échos d'Orient ») : « Pour donner l'illusion du nombre, chacun de nous avait, en plus de son vrai nom, trois ou quatre noms de guerre. Il nous prit même un jour la fantaisie de tuer bénévolement un de ces auteurs supposés et de lui consacrer une notice nécrologique ; elle ne parut point, on s'arrêta à temps devant la majesté de la mort ».
67. À partir de 1969, la composition de l'équipe figure sur la Revue des études byzantines, en page 2 de couverture. Sur ces listes apparaissent deux noms qui n'ont pas encore été cités : Lucien Stiernon, qui écrivit quelques articles excellents sur la formation du Despotat d'Épire et quitta l'Institut au début de cette période précisément ; Louis Hélias, qui a laissé sa signature au bas de quelques recensions et consacré de longs et patients efforts aux corrections d'épreuves et à l'ordonnancement de la bibliothèque. Je pense que les effectifs portés sur ces listes, bien qu'ils commencent à traduire le déclin irrémédiable qu'amorçait alors l'IFEB, donnent néanmoins une juste image du personnel qui servit dans l'Institut à travers le siècle : 8 en 1969, 7 de 1970 à 1972, 6 de 1973 à 1978, 5 de 1979 à 1983. La décrue fut ensuite rapide : 2 de 1983 à 1990, 1 de 1990 à 1994. À partir de 1983, après le transfert de l'IFEB à la rue Séguier, a été mis en place un nouveau Comité de rédaction, qui marquait la transmission du flambeau à une équipe non-assomptionniste.
68. Voir l'article nécrologique paru la même année dans les Échos d'Orient (EO 14, 1911, p. 129-133), accompagné d'une photographie du défunt en moine oriental. Voir aussi S. Vailhé, Louis Petit, p. 57-59.
69. Siméon Vailhé (Louis Petit, p. 41-42) attribue au seul Louis Petit la paternité de l'œuvre dans son déroulement pratique, après lui avoir associé, dans la sphère des inspirateurs et des supérieurs, François Picard, le supérieur général, et Alfred Mariage, le supérieur de la Mission d'Orient. Dans sa Conférence de 1919 à Louvain, il émettait la même opinion (voir la citation de la note 63).
70. Décrivant la bibliothèque constituée à Kadiköy, Siméon Vailhé (L'œuvre des « Échos d'Orient ») écrit : « Comment tous ces ouvrages sont-ils sortis des librairies… ? Uniquement par les soins et le dévouement de Mgr Petit et de ses collaborateurs. C'est l'œuvre elle-même, ce sont les honoraires des travaux publiés, ce sont les relations personnelles d'un chacun qui ont payé ou procuré gratuitement tous ces volumes ». Ce sera également vrai pour la suite.
71. Les recensions ont été faites à peu près exclusivement par les membres de l'Institut et les ouvrages étaient automatiquement engrangés dans la bibliothèque. Aussi tous les ouvrages dont la recension est citée dans les Tables tant des Échos d'Orient que de la Revue des études byzantines se trouvent aujourd'hui dans la bibliothèque. Les chercheurs qui font partie du Comité de rédaction de la revue depuis 1984 ont généreusement accepté de suivre le même principe. Le problème n'était pas tant de réunir les sommes correspondant au prix des livres recensés, qui était relativement modeste et ne dépassait pas les possibilités de l'Institut, que d'organiser l'administration des commandes.
72. Siméon Vailhé (Louis Petit, p. 49) raconte, en témoin oculaire, les expéditions de son directeur : « Le P. Petit, dont le flair d'érudit était sans pareil, passait d'Asie en Europe, c'est-à-dire de Kadi-Keuï à Péra et Galata, une ou deux fois par semaine ; il marchandait avec les bouquinistes grecs, arméniens et juifs, et ne rentrait au logis que suivi d'un portefaix avec une charge de livres ».
73. Pour illustrer cela, on peut citer une étude de M. D. Peyfuss (Die Druckerei von Moschopolis. Buchdruck und Heiligenverehrung im Erzbistum Achrida, Vienne et Cologne 1989) sur l'imprimerie locale de Moschopolis (actuelle Voskopoja, dans le sud-est de l'Albanie), qui, de 1731 à 1769, publia une vingtaine d'ouvrages en grec, constitués pour la majorité d'« acolouthies ». Ils furent tirés à peu d'exemplaires et les copies aujourd'hui recensées se comptent en unités ou, tout au plus, en dizaines (de 1 à 19 selon les volumes). L'IFEB possède trois des vingt et un volumes. Un quatrième, qui a été fiché vers 1950, est aujourd'hui manquant. Un cinquième, signalé comme présent dans la bibliothèque de Kadiköy, n'est plus enregistré dans l'actuel fichier ; voir la recension de l'ouvrage de M. D. Peyfuss dans la REB (tome 49, 1991, p. 314-316).
74. L'ouvrage a été réimprimé en 1988 à partir des deux exemplaires conservés à l'IFEB, à l'occasion du millénaire du baptême de la Rus'. Sur l'action de Pie Neveu, voir l'ouvrage qu'Antoine Wenger (Rome et Moscou, 1900-1950, Paris 1987) a consacré aux relations entre Rome et Moscou, plus précisément entre le Vatican et le patriarcat de Moscou, pendant la première moitié du siècle.
75. S. Patri, Les deux manuscrits russes de l'Institut Français d'Études Byzantines (IFEB 59 et 60), REB 51, 1993, p. 185-201, avec 4 planches.
76. P. Gehin, Le plus ancien manuscrit grec de l'Institut Français d'Études Byzantines (IFEB 45), REB 53, 1995, p. 289-293.
77. S. Pétridès, Plombs byzantins, EO 5, 1901-1902, p. 305-307. Après les avoir décrits, l'auteur précise (p. 306 n° 1) que « Les cinq sceaux qui précèdent font partie de notre collection ». Dans un autre article (EO 9, 1906, p. 215-216), il signale de même que « Ces quatre derniers sceaux nous ont été donnés par M. J.E. Sarkis. Ils ont été trouvés à Kadi-Keuy ».
78. C'est ce que mentionne Venance Grumel, dans son Rapport (p. 11) de 1960 déjà cité plus haut, pour montrer que Vitalien Laurent n'avait pas cédé à une passion subite pour la sigillographie, mais que l'étude de cette science auxiliaire rentrait dans la meilleure tradition de l'Institut et que la vocation sigillographique de Vitalien Laurent devait être imputée à Sévérien Salaville.
79. V. Laurent, Sceaux byzantins, EO 27, 1928, p. 417-439 (19 sceaux, dont 18 appartiennent à la « Collection des Échos d'Orient ») ; EO 29, 1930, p. 314-333 (10 sceaux, dont 9 appartiennent à la « Collection des Échos d'Orient »).
80. V. Laurent, Les bulles métriques dans la sigillographie byzantine. Dix articles successifs parurent dans la revue Έλληυιχά (tomes 4-8, 1931-1935) et furent ensuite repris pour former le tome II des Archives de l'Orient chrétien.
81. Seules deux séries de documents sont déposés à la réserve et communiqués sur demande : les revues, à l'exception des revues proprement byzantines qui sont directement accessibles ; les ouvrages antérieurs à 1800 ou en mauvais état. D'autre part, l'IFEB a fait, à la veille du déménagement, une opération importante de reliure, qui a concerné un millier de volumes, afin d'améliorer la qualité du service.
82. À la fin de l'année 1994, un total approximatif de 13 500 notices avait été enregistré. Il doit représenter près de la moitié des ouvrages du fonds. Ouvrages et périodiques occupent une longueur de 1 250 mètres linéaires.

AASS  Acta Sanctorum
ACO  Acta conciliorum œcumcnicorum (E. Schwartz)
AIS  ‘Λυάλεχτα ίεροσολυμιτιχής σταχυολογίας (PAPADOPOULOS-KERAMEUS)
An. Boll. Analecla Bollandiana
BCH  Bulletin de correspondance hellénique
BHG  Bibliotheca hagiographica gracca
BNJ  Byzantinisch-neugriechische Jahrbücher
BSHAR  Bulletin de la Section historique de l'Académie roumaine
Byz.  Byzantion
BZ  Byzantinische Zeitschrift
CA  Cahiers archéologiques
CFHB  Corpus Fontium Historiae Byzantinae
CIG  Corpus inscriptionum graecarum
CIL  Corpus inscriptionum latinarum
CPG  Clavis Patrum Graecorum (M. Geerard)
CSCO  Corpus scriptorum christianorum orientalium
CSEL  Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum
DACL  Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie
DHGE  Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques
DOP  Dumbarton Oaks Papers
DTC  Dictionnaire de théologie catholique
EB  Études byzantines
EEBS  Έπετηρίς έταιρειας βυζαυτιυώυ απουδώυ
EO  Échos d'Orient
GRBS  Greek, Roman and Byzantine Studies
IRAIK  Izvestija russkago archeologiceskago Instituta v Konstantinopole
JGR  Jus graeco-romanum (leunclavius, zachariae a lingenthal ou zepos)
JOB  Jahrbuch der österreichischen Byzantinistik
JOBG  Jahrbuch der österreichischen byzantinischen Gesellschaft
LTK.  Lexikon für Théologie und Kirche
MB  Мεσαιωυιχή βιξλιοθήχη (sathas)
MGH SS Monumenta Germaniae historica Scriptores
MM  Miklosich-Müller (Acta et diplomata)
NE  Nέος έλληυομυήμωυ
OCA  Orientalia christiana analecta
OCP  Orientalia christiana periodica
PG  Patrologia gracca (Migne)
PL  Patrologia latina (Migne)
PLP  Prosopographisches Lexikon der Palaiologenzeit (E. trapp et alii)
PO  Patrologia orientalis (Graffin-Nau)
RE  Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft (Pauly-Wissowa)
REB  Revue des études byzantines
REG  Revue des études grecques
RESEE  Revue des éludes sud-est européennes
RHC Occ. Recueil des historiens des croisades Occidentaux
RHC Or. Recueil des historiens des croisades Orientaux
RHSEE  Revue historique du Sud-Est européen
RSBS  Rivista di studi bizantini e slavi
SC  Sources chrétiennes
Syn. CP Synaxarium ecclesiae constantinopolitanae (H. delehaye)
ThEE  Θρηαχευτιχή χαι ήθιχή έγχυχλοπαιδεία
TM  Travaux et mémoires (Centre de recherche et civilisation byzantines)
VV  Vizantijskij Vremennik
ZMNP  Zurnal Ministerstva Narodnogo Prosvesccnija
ZRVI  Zbornik radova vizantoloskog Instituta

 

Albert Failler
Février 2005
 
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