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La langue et la littérature persanes
Manijeh Nouri-Ortega
Professeur à l'Institut catholique de Toulouse

La langue et la littérature persanes, héritières d'un passé qui s'étend sur plus de trois millénaires sans solution de continuité, sont d'une richesse incomparable. Des Gâthâs, la plus ancienne œuvre de la littérature persane qui nous soit parvenue, jusqu'aux œuvres contemporaines, rares sont les périodes où ne se manifeste l'éclat de l'esprit créatif et de la pensée lumineuse. Qui mieux que Manijeh Nouri-Ortega traductrice de La Conférence des oiseaux d'Attar (Le Seuil, 2002) pouvait nous initier à cette littérature si peu connue des lecteurs occidentaux ?

Les langues persanes successives – avestique, vieux perse (la langue de Darius et de Xerxès), pahlavi, sogdienne, tabari, kurde et persan – ont servi à immortaliser les fruits de l'inspiration des poètes et écrivains durant trois mille ans.

Nombre de ces œuvres comptent parmi les plus grands chefs-d'œuvre de la littérature mondiale et toutes sont la séduisante expression du talent persan : qui ne reconnaît pas la valeur universelle du « Livre des Rois » de Ferdowsi, des quatrains d'Omar Khayyâm, du Mathnavi de Jalâl ud-Din Rûmî, ou encore des poèmes lyriques, les Ghazal de Hâfez ? Mais si les Persans, tant par leurs œuvres en prose que par leurs poésies, ont naturellement donné leurs titres de gloire aux différents dialectes de leur propre langue, ils ont également joué un rôle considérable dans l'épanouissement de la littérature arabe. La littérature persane couvre tant d'époques différentes, tant de sujets, tant d'approches qu'il est difficile d'en faire une étude exhaustive. Cependant nous distinguerons deux périodes majeures, avant et après la conquête arabe et l'introduction de l'Islam.


Les langues iraniennes

Les langues iraniennes et les différents dialectes qui en dérivent sont non seulement à la source d'une puissante littérature, mais restent aujourd'hui l'instrument de la communication courante du monde iranien et d'une partie de l'Asie Mineure et de l'Asie centrale. La formation des langues iraniennes est complexe et reflète l'histoire tourmentée de la civilisation persane. Pour autant qu'on puisse le fixer avec précision, le berceau du persan se situe au Pars, région située au sud du royaume des Perses, là où se trouve actuellement Chiraz, non loin de Persépolis. Le terme Pârsi ou Fârsi qui aujourd'hui désigne le persan était donc à l'origine la langue parlée du peuple de cette région, tandis que pahlavi désigne la langue littéraire, utilisée entre autres par les mages zoroastriens dans leur correspondance. Avec l'avènement des Sassanides qui se substituaient aux Parthes au début du IIIe siècle de notre ère, se manifeste une opposition marquée entre pârsi et pahlavi : désormais la langue dominante qui se développe surtout dans la région du Khorassan, au nord-est du pays, est une forme précise du persan. Elle est appelée Pârsi dari ou persan de cour et devient aussi la langue littéraire, celle dans laquelle s'exprimera le talent des plus grands poètes persans, mais qui reste extrêmement proche de la langue parlée du peuple.

À partir du VIIe siècle après J.-C. la langue arabe s'ajoute à ce complexe linguistique utilisé par les Persans mais sans entamer la prédominance de la langue perse. Aujourd'hui, le persan est la langue officielle de la République islamique d'Iran et est parlé par d'importantes minorités en Afghanistan, au Tadjikistan et en Ouzbékistan. L'ourdou même, qui s'est développé depuis sept siècles jusqu'à devenir la langue majeure du Pakistan, est un mélange de persan et d'hindi dont les structures restent proches de celles du persan.


Les écritures

Indépendamment de l'évolution des langues, les langues persanes furent successivement transcrites dans des alphabets différents. La proximité de la grande civilisation mésopotamienne conduisit à adopter pour les premières transcriptions du vieux perse l'alphabet cunéiforme. Celui-ci fut ensuite progressivement remplacé par l'avestique, tandis que l'on utilisait également l'alphabet araméen, universellement répandu à la fin du premier millénaire avant notre ère. Le pahlavi résulta enfin, sous les Sassanides, de la création d'un alphabet parfaitement adapté aux langues persanes. Depuis la conquête arabe et l'introduction de l'Islam, c'est l'écriture arabe, considérée comme écriture sacrée, qui sert à transcrire le persan.


La littérature de l'Iran ancien

C'est à juste titre que lorsque l'on évoque la littérature persane, on met toujours en avant la poésie qui en constitue depuis toujours le registre le plus brillant et le plus abondant. L'histoire de la poésie persane commence avec le développement du zoroastrisme. Selon la tradition et les recherches effectuées par les historiens, le personnage historique de Zoroastre aurait vécu aux charnières des VIIe et VIe siècle av. J.-C. ; et c'est de cette époque que datent les plus anciens témoignages écrits de poésie persane qui nous soient parvenus : l'Avesta, recueil de textes sacrés de la religion zoroastrienne et en particulier les Gâthâs ou « Hymnes » qui, réunis en cinq chapitres, composent le cœur poétique de l'Avesta.

Les deux strophes suivantes donnent un exemple de la poésie des Gâthâs, qui font partie d'un poème cosmogonique fait de questions adressées au Seigneur et dont chaque strophe commence par la même formule :

Voici ce que je te demande, Seigneur, – réponds-moi bien :
Qui a fixé la terre en bas, et le ciel des nuées, qu'il ne tombe ?
Qui a fixé les eaux et les plantes ?
Qui a attelé au vent et aux nuages les deux coursiers ?
Qui est, ô Sage, le créateur de la Bonne pensée ?

Voici ce que je te demande, Seigneur, – réponds-moi bien :
Quel artiste a fait la lumière et les ténèbres ?
Quel artiste, le sommeil et la veille ?
Lequel a fait le matin, le midi et le soir
Pour indiquer à l'intelligence sa tâche ?

(Traduction Duchesne-Guillemin, Zoroastre, Paris, 1948, p. 205-6)

Un peu plus tard, le moyen persan, pahlavi, s'affirme comme la langue littéraire, religieuse et officielle des Arsacides et des Sassanides. La poésie est souvent alors écrite en caractères araméens ou syriaques : comme les voyelles ne sont pas toujours exprimées dans ces écritures, les chercheurs contemporains éprouvent souvent de grandes difficultés pour déterminer la forme exacte de ces poésies. Parmi les œuvres marquantes de cette période, nous pourrons citer deux recueils de poèmes datant des premiers siècles de notre ère : l'Arbre Asyrique, amusant dialogue entre la chèvre et le dattier qui revendiquent chacun la supériorité sur l'autre ; et la supériorité de l'un à l'autre ; et Jâmâsp Nâmak, les prédictions du sage Jâmâsp, relatives aux événements qui allaient se produire à la fin du premier millénaire après Zoroastre.

Pour illustrer cette littérature en moyen persan, voici un extrait d'un ouvrage cosmologique mazdéen intitulé Boundahishn, « Le Livre de la Création ». Il s'agit du fragment d'un hymne au temps, forme du destin, où s'affrontent, selon le dualisme zoroastrien, les créatures du dieu bon, Ormazd, et de l'esprit du mal, Ahriman.

Le Temps est plus puissant que les deux créations.
Le Temps est la mesure de l'efficacité des œuvres
Le Temps possède plus que les plus fortunés.
Le Temps s'informe mieux que les mieux informés.
Notre temps. S'en va disparaissant.
Au temps fixé se brise net le plus glorieux
L'âme ne peut s'en délivrer,
Ni quand elle vole vers les hauteurs,
Ni quand elle plonge aux profondeurs,
Ni quand elle descend sous l'univers.

(Traduction Nyberg, Journal Asiatique, avril-juin 1929, p. 215)


La poésie persane après l'introduction de l'Islam

Après la chute des Sassanides, renversés par la conquête arabe, le pahlavi cessa d'être la langue officielle du pays et fut remplacé par l'arabe, langue exclusive du discours religieux, qui progressa rapidement dans les services officiels. Cependant de nombreux Iraniens continuèrent à rédiger des œuvres en pahlavi, les dialectes continuèrent d'évoluer, et c'est encore une fois la poésie qui témoigne de cette évolution, tout en conservant sa forme traditionnelle.

Mais en parallèle, nombreux sont les poètes persans qui expriment leur talent poétique, pendant cette période, en langue arabe. Et l'on peut ainsi constater une influence certaine de la langue et de la métrique arabe sur la poésie persane tandis qu'en retour la poésie arabe est également influencée par le style et la pensée des poètes persans. Ces phénomènes transformèrent considérablement la poésie persane et la portèrent à une perfection sans précédent.

Progressivement la poésie persane s'écarte de ses formes anciennes, tant par la métrique que par le vocabulaire enrichi de mots arabes. Jusqu'à la fin du Xe siècle, la poésie persane se développe surtout à l'est, au Khorassan et en Transoxiane, ensuite elle se propage à l'intérieur du pays vers l'ouest, puis vers le sud.

À partir du Xe siècle se développe au nord-ouest, en Azerbaïdjan, un important foyer littéraire persan où s'illustrent des poètes comme Khâqâni (mort en 1199) et Nezâmi de Ganja (mort en 1209). Nezâmidont l'œuvre complète est nommée panj ganj ou « Les cinq trésors » ou encore Khamse, « Le quintette » – excelle dans la conjugaison des poésies lyrique et mystique aussi bien que dans le genre historique comme dans le célèbre Roman d'Alexandre.

C'est sous la dynastie Sâmânide (renversée en 999) qui régna en Transoxiane et au Khorassan que furent également rédigés des ouvrages qui s'inspiraient de l'histoire de la perse antique, en raison de l'intérêt enthousiaste que les Iraniens de cette époque portaient aux coutumes et à la gloire nationale. C'est ainsi que naquirent les différents Livre des Rois, véritable épopée persane d'abord en prose, puis en poésie. L'épopée des rois versifiée de Mas'udi Marvazi et le Gashtâspnâme de Daqiqi (mort vers 978) en sont les meilleurs exemples. C'est dans cette lignée que Ferdowsi Tusi, (940-1020) s'appuyant sur les épopées et livres d'histoire déjà existants, composa durant trente ans l'histoire de tous les rois de perse, son chef-d'œuvre, le Shâh nâme dont il existe aujourd'hui de nombreuses traductions qui témoignent de l'importance de cette épopée dans la littérature mondiale.

Au XIIIe siècle, Isfahan devient le principal foyer culturel du pays et attire les poètes du Khorassan et d'Azerbaïdjan. Malgré les troubles engendrés par les incessantes attaques des Mongols, Isfahan voit naître l'un des plus grands poètes que l'Iran ait jamais engendré : Saadi dont Golestân, « Le Jardin de rose », et Boustan, « Le Verger », peuvent être considérés comme des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale.

Mais l'influence de la littérature persane ne se limite pas au territoire iranien. Comme nous venons de le constater, dès le XIe siècle la poésie persane en langue dari quitta son berceau au Khorassan pour se répandre dans toutes les autres régions de l'Iran avant de traverser la frontière de la Perse. Au XIe siècle également, lorsque la dynastie Seldjoukide d'origine turque règne en Iran, la langue persane redevient la langue officielle et littéraire et se répand dès lors jusqu'en Asie Mineure où elle s'impose comme langue des nobles et des écrivains. Les Seldjoukides avaient, lors de leur expansion, renversé les Ghaznavides qui retournèrent leurs ambitions vers l'Inde où ils furent les vecteurs non seulement de la propagation de l'Islam mais aussi de la langue persane. Elle se répandit d'abord dans les régions du Sind pour jouer ensuite, en Inde même, le rôle de langue politique, militaire et littéraire. Nombreux furent alors, et pour plusieurs siècles, les poètes indiens d'expression persane ; Lahore, aujourd'hui au Pakistan, fut l'un des centres les plus anciens de la littérature persane. La place du persan à cette époque dans le monde moyen oriental peut être comparée avec celle de la langue française dans l'Europe du XVIIIe siècle.


Les différents genres poétiques

Après la conquête arabe, les rhétoriciens musulmans qui définissent la poésie par : « Le discours rythmé et rimé », classent les différents genres poétiques d'après leur forme. Mais les logiciens musulmans, ceux qui suivent l'enseignement d'Aristote, en donnent une autre description : Nasir ud-din Tusi (1201-1274) écrit : « L'art poétique est celui par lequel on est capable de susciter à volonté des imaginations qui engendrent [dans l'âme] des impressions spécifiques ». La combinaison de ces deux manières, logique et poétique, d'appréhender la composition du vers persan donne la définition suivante : « La poésie est le discours excitant l'imagination composé de paroles rythmées et rimées ».

Si on la classe selon sa forme extérieure, à savoir la disposition de ses vers et de ses rimes, la poésie persane se subdivise en Mathnavi, Qasidé, Ghazal, Rubâ'i… Mais une classification selon le contenu semble être plus satisfaisante, distinguant la poésie de cour, l'épopée, le lyrisme amoureux, le roman en vers, la poésie morale, la poésie mystique, la poésie religieuse et la satire…


La poésie de cour

Pour appréhender le développement de cette forme majeure de la poésie persane, il faut bien mesurer l'importance qu'avait la poésie à la cour des rois de Perse : Le soutient constant des souverains, des émirs et des nobles persans a permis le développement et la propagation de la poésie. Entre les IXe et XIIIe siècles, grâce à la protection des souverains Samanides, Saffârides et Ghaznavides, la poésie entre officiellement à la cour, où le poète compte parmi les membres indispensables du palais. Le rôle du poète était de composer des vers pour congratuler et glorifier son seigneur lors des fêtes et des cérémonies officielles. La forme la plus fréquente de la poésie de cour était la Qasida : le poète la commençait généralement par une composition en vers sur le thème de l'amour, pour poursuivre par un éloge du seigneur et s'achevait par la formulation de vœux pour celui qu'il voulait immortaliser. Parfois la poésie incluait également la glorification de quelque glorieux fait d'arme.

La liberté que les poètes prenaient pour décrire les beautés de la nature, des objets ou des traits de la bien-aimée, l'union et la séparation avec celle-ci, donnent à ces poèmes de cour un intérêt qui transcende largement leur époque.

Le poète et compositeur le plus célèbre et le plus grand de cette époque est certainement Roudaki (mort en 329/940). Il excelle dans tout genre poétique auquel il sait donner une forme solide et élégante, bien loin de la simplicité malhabile de certains de ses contemporains. Il mérite les titres de « père de la poésie persane » ou de « maître » et « sultan » des poètes. Voici la traduction d'un de ses poèmes : Vivons joyeux.

Avec les belles à l'œil noir vivons joyeux ;
Le monde n'est qu'un conte, un souffle qui passe.
Ne faisons pas au présent grise mine,
Des jours passés ne parlons point.
Je ne veux plus connaître que ces boucles parfumées
Et que les charmes de cette fille des houris.
Heureux celui qui sut jouir et donner !
Plaignons celui qui fit ni l'un ni l'autre.
Vent et nuées, la vie n'est que mirage ;
Verse du vin, advienne que pourra !

(Traduction française dans H. Massé, Anthologie persane, Paris 1950)


L'épopée

Le second type de poésie qui attira l'attention des poètes persans est l'épopée. Au moment où les souverains d'origine persane du Khorassan s'affranchissaient du calife arabe, il apparaît nécessaire de rendre à l'Iran une assise nationale en faisant revivre les coutumes locales et en glorifiant l'histoire ancienne de l'Iran. L'épopée trouvait donc ici sa raison d'être.

L'histoire de la poésie épique en persan peut se diviser en trois périodes :

Une première période va du IXe au XIIe siècle. C'est la plus riche en nombre d'ouvrages, en contenu et art poétique. Elle traite des conquêtes des rois de Perse, des gloires nationales, du courage et de la bravoure des héros, ainsi que de leurs batailles contre les êtres maléfiques que sont les divs.

Au cours de la seconde période qui débute à la fin du XIIIe siècle, la poésie épique raconte narre la vie des héros historiques. Au début seule la vie de personnages historique identifiés forme le thème central de ces épopées, mais progressivement on voit y apparaître de plus en plus fréquemment de grandes figures de l'histoire religieuse. La dernière période, à partir du XVe siècle, ajoute donc un nouveau genre d'épopée qui raconte l'histoire des héros de l'Islam chiite.

La plus célèbre de ces épopées persane est certainement le Shâh Nâme ou « Livre des Rois », œuvre de Ferdowsi, qui est un trésor tant sur le plan linguistique que poétique, mythologique et historique. Elle est aussi une mine profonde pour le vocabulaire persan. Aujourd'hui encore, le « Livre des Rois », grâce à la narration, permet aux Persans de garder un contact vivant avec la poésie du Xe siècle et d'aborder toute la richesse de leur passé et de leur culture.


Les poèmes lyriques et amoureux

Ce genre poétique, contemporain de la poésie de cour, naquit également au IXe siècle au Khorassan, là où le persan dari était devenu langue officielle et littéraire. Le ghazal, qui devient le nom spécifique pour ce genre poétique aux XIe-XIIe siècles, est récité ou chanté et souvent accompagné d'instrument de musique. Les poètes s'attachent toujours à la concision, soignent l'impression de douceur et la beauté des mots et s'essayent à obtenir le sens le plus subtil. C'est pour pouvoir exprimer au mieux les sentiments et les passions de l'amour, les états de l'amoureux que le ghazal est chanté.

Plus tard, les poètes soufis, tel Sanâ'i, ‘Attâr et Jalâl ud-din Rumi utilisèrent le genre du ghazal pour chanter leur extase mystique et exalter ainsi leur passion envers Dieu. Jalâl ud-din Rumi et Saadi eurent une influence considérable sur la poésie persane et après eux la distinction entre le ghazal amoureux et le ghazal mystique s'effaça.

L'immense recueil de poème de Jalâl ud-din Rumi « Mowlânâ », intitulé Divan Shams est le meilleur exemple de ce genre poétique en persan. Voici un fragment d'un ghazal extrait du Divan Shams :

Mourez, mourez en cet Amour,
Lorsque vous mourrez, vous tous recevrez l'Esprit,
Mourez, mourez et n'ayez pas peur de cette mort
Car vous vous élèverez de cette terre et vous rejoindrez le ciel.
Mourez, mourez et coupez cette âme concupiscente car cette âme concupiscente est
Comme une chaîne, dont vous êtes le prisonnier.
Prenez une pioche dans la fosse de votre prison,
Soyez à l'affût dans la fosse de votre prison,
Lorsque vous serez arrivés à casser votre prison,
Vous serez tous des rois et des émirs.
Mourez, mourez et sortez de ce nuage,
Quand vous serez sortis de ce nuage,
La lune pleine, tous vous serez.

(Ghazal 1636)


Le roman d'amour

Le roman d'amour est également un genre qui apparaît très tôt dans la littérature persane. Il est déjà développé en langue pahlavie comme en témoignent les fragments de l'œuvre de Roudaki qui nous sont parvenus.

Les plus grands poètes persans tels Nezâmi, Savoji ou Jâmi ont su raconter majestueusement les histoires de célèbres couples d'amoureux, réels ou légendaires, comme Khosrow et Shirin, Leila et Majnun, Jamshid et Khorshid, Jusef et Zoleykhâ. Ils surent chanter comme nuls autres un amour humain mais qui conduit vers le divin et voit dans l'être aimé le reflet du Créateur.


La langue et littérature persane aujourd'hui.

La distance entre le persan contemporain et le persan dari du Xe siècle est peu importante et le florilège de la poésie persane classique reste aujourd'hui accessible à tous. L'héritage de la poésie persane classique qui connut son apogée entre les Xe et XVe siècles est si riche et présent qu'aujourd'hui, même pour la jeune génération, elle demeure la grande littérature de référence.

Mais la poésie persane n'est pas restée figée dans l'imitation du passé ; au début du XXe siècle, elle a connu une évolution qui l'a beaucoup rapprochée de la forme de la poésie occidentale. Nimâ Yushij, le père de la poésie moderne persane a su s'évader de la métrique arabe tout en gardant dans ses poèmes le rythme et la musicalité qui font le charme de la poésie persane.

Manijeh Nouri-Ortega
Février 2003
 
Bibliographie
La conférence des oiseaux La conférence des oiseaux
Attar. Traduction de Manijeh Nouri-Ortega et adaptation de H. Gougaud
Seuil, Paris, 2002

Coeur et Beauté ou le livre des amoureux Coeur et Beauté ou le livre des amoureux
Fattahi de Nishapur.Traduction française de Manijeh Nouri-Ortega
Mystiques et religions
Dervy, Paris, 1997

Le livre des Rois Le livre des Rois
Firdousi. Traduction française de J. Mohl.
Sindbad, Paris, 1979

Quatrains Quatrains
Omar Khayyam .Traduction française de J.-B. Nicolas.
Jean Maisonneuve, Paris, 1981

Les septs portraits Les septs portraits
Nezami.Traduction française de Isabelle de Gastines.
Fayard, Paris, 2000

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