Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Page précédenteImprimer cet articleRecommander à un ami

L'homme scandinave
Régis Boyer
Professeur émérite de langues, littératures et civilisations scandinaves
à l’université de Paris IV-Sorbonne

« Brumes du nord » où règne une social-démocratie triomphante, idiosyncrasies réputées suicidaires, mystiques ou mélancoliques, règne de l'ailleurs et de l'autrement… Autant d'idées aussi fixes que fausses sur des peuples dont la personnalité n'a rien de nébuleux. Régis Boyer, auteur des Vikings. Histoire et civilisation (Plon, 2002) et traducteur de nombreuses sagas, nous explique ici l'indéniable spécificité du Nord dans l'ensemble européen et précise sur quelles assises profondes – naturelles, historiques et socio-culturelles – s'est établie la mentalité scandinave.

Un sol aride, un climat hostile, des peuples énergiques

Insistons d'abord sur la nature, la nature omniprésente sous ses trois incidences capitales : le sol, l'eau et la lumière.

Le sol en premier lieu. Il est aride, sauf exceptions : rochers lisses, côtes indentées et interminables, profusion d'îles et d'îlots, forêts sans fin trouées de lacs, faune et flore profuses, distances qui ne sont pas négligeables, incontestable monotonie du décor, fjords interminables, fjells – hautes terres tourbeuses – rébarbatifs qui ont longtemps rendu les communications problématiques. Le froid n'a rien de légendaire : les saisons se ramènent à un hiver réellement rigoureux et à un été aussi bref que violent qu'attristent des pluies souvent continuelles. Bref, à nos yeux de « méridionaux », l'environnement physique est plus souvent hostile qu'amical.

De là, la rareté des populations. Si le Danemark compte cinq millions d'âmes avec une densité de 119 habitants au kilomètre carré, la Norvège en compte quatre millions avec 11 habitants au kilomètre carré, la Suède, neuf avec 18 habitants au kilomètre carré, sans parler des 290 000 Islandais pour une superficie qui équivaut au quart de celle de la France. Les distances, déjà évoquées, sont vraiment considérables. Mettez l'index sur la ville suédoise de Lund, dans l'extrême sud du pays, et faites pivoter votre pouce : vous êtes à égale distance du cap Nord et de la Sicile !

La conséquence est attendue : sous ces latitudes, le farniente n'est guère plus possible que l'hédonisme, l'énergie, l'exercice physique notamment – ski, marche, orientation – sont de rigueur, le dynamisme et le culte de l'action vont en quelque sorte de soi. Là où l'inclémence des éléments exige une lutte incessante, la survie ne peut aller sans un goût indispensable de l'ordre. Un mot résume ce trait : livskraft, force de vie qui est la valeur profonde, déjà exprimée dans la mythologie des temps anciens où les grandes forces naturelles bénéficiaient d'une faveur compréhensible. Le naturisme, ici, n'est pas érotisme, il est exactement communion comme le dit la petite maison de bois – stuga ou stue – où l'on va se détendre, en été, au bord d'un lac à l'eau glacée.

Des génies concrets, une imagination technicienne

De là vient un réalisme, un pragmatisme qui n'ont rien de littéraire. Ces peuples sont férus de technique – sans doute le maître mot de ces tempéraments – parce qu'il importe au premier chef de dominer une nature revêche. A contrario, la théorie abstraite, le génie de la synthèse plus ou moins absconse ne sont pas la règle. Le Nord n'a connu qu'un seul véritable philosophe, le Danois Kierkegaard. Méditez aussi la formule du Suédois Thorild fièrement inscrite au fronton de l'Université d'Uppsala, avec ses limites : att tänka fritt är stort, att tänka rätt är större – « penser librement est grand, penser juste est plus grand ». Celsius a inventé le thermomètre, Linné, la classification des espèces du vivant, Niels Bohr, la physique atomique : nous sommes aux pays de la vis sans fin et des allumettes dites suédoises !

On aime le fait vrai – d'où la remarquable qualité de l'information – le besoin d'efficacité est millénaire, les lettres se plaisent dans le réalisme et le naturalisme, le génie conteur du Nord, incontestable, répugne à l'essai. Les sagas islandaises, déjà, proposaient du Destin une vision active, c'était chose à connaître et à accomplir, aucun doute, pas de nihilisme, une défiance totale à l'égard de l'absurde ou de nos maladies modernes. S'inscrirait dans la même perspective une sorte de manie pédagogique qu'illustre à merveille l'école d'adultes ou folkehøgskole inventée par le danois Grundtvig au XIXe siècle. Pas d'idéologie sans incarnation en actes.

Goût de l'aventure et vocation maritime

Puis parlons de l'eau, omniprésente, celle de la mer, bien sûr, mais aussi des innombrables lacs, des marécages qui furent longtemps la plaie de ces pays-là, des fjords, des torrents, des bourbiers, de la neige, des pluies. Il n'y a pas à chercher ailleurs la nécessité absolue du bateau – qui fera le Viking, sans lequel il n'aurait pas existé et qui est attesté dès les gravures rupestres de leur âge du bronze (1800 à 400 avant J.-C.).

Sol aride, faibles ressources locales : il suit que le commerce a toujours été l'activité majeure des Scandinaves et il faut insister avec force sur le fait que les Vikings furent avant tout de remarquables commerçants particulièrement doués et supérieurement équipés pour cette occupation qu'ils n'abandonneront pour le pillage que là et où les circonstances le leur permirent. Les Varègues ou Vikings de l'Est – des Suédois surtout – doivent leur nom même à cette activité. Aujourd'hui encore, Volvo, Ikea, Tulip, bières Carlsberg ou Tuborg, Asea, Tandberg, constructions navales, poisson ou diatomées islandais, la liste est infinie des spécialités dans lesquelles ces tout petits pays ont su se rendre indispensables.

L'autre conséquence est attendue : elle s'appelle évasion – que l'on combinera, si l'on y tient, à un goût de l'aventure dont le romantisme a assuré la fortune. A toujours régné dans ces psychismes une réelle fascination de l'ailleurs : après tout, ce sont des Norvégiens – Amundsen, Nansen – qui ont découvert les pôles. Nous tenons là, à n'en pas douter, une disposition foncière. Ce sont des peuples que l'on peut dire instables : des Cimbres et Teutons – des Danois – en passant par les prestigieux Gots, probablement Suédois, les Hérules, Lombards – des Norvégiens –, Vandales – Danois ou Suédois –, Burgondes – Danois ou Norvégiens – et autres acteurs majeurs de l'ère dite des grandes migrations jusqu'aux fondateurs de la Russie – des Suédois –, sans parler des grandes vagues d'émigration qui, vers 1860 puis 1910, se portèrent vers les États-Unis et le Canada, ce ne sont que déplacements, errances. Des Féroë aux îles nord-atlantiques, du Danelaw anglais à l'Islande et au Groenland, voire à l'Amérique, de la Normandie puis, plus tard aux Deux-Siciles, partout, toujours, aura régné l'adverbe ut « vers le large ».

Jours sombres, lumières magiques

Reste le plus caractéristique, le plus difficilement explicable aussi, qui est la lumière, l'incomparable lumière du Nord, qui est chose à vivre et non à dépeindre. Qui n'a vu un coucher de soleil sur le Snæfell en Islande ou de et de transfiguration que véhicule cet élément. Lumière à fois impitoyable et magique. Impitoyable parce qu'elle interdit les douceurs tamisées, magique en vertu de ses facultés d'abolition des distances. Tout est trop exact et tout est trop irréductible à nos habitudes.

Trois corollaires découlent de cette constatation. Le premier s'applique à ces explosions lyriques d'autant plus vives qu'elles sont normalement contenues : c'est la fameuse frénésie du printemps et des fêtes du solstice d'été que tout le monde connaît. Il n'empêche : la rêverie diffuse, voire le songe plus ou moins délirant tiennent une place non négligeable chez ces natures introspectives par force. De là sort sans aucun doute le célèbre personnage du vagabond sans feu ni lieu qui est le héros du Norvégien Knut Hamsun, ou du bohème qu'a immortalisé le Suédois Bellman : pétri d'insolubles contradictions, pris entre un rêve d'absolu et des attaches indélébiles à la réalité brute. N'allons pas chercher ailleurs l'omniprésence dans toutes les productions de l'esprit et jusque dans la religion, d'un monde double, déjà bien présent dans la mythologie ancienne ou dans les sagas, avec ses multiples conceptions de l'âme, son peuplement de créatures surnaturelles de toutes natures, trolls, tomtes, revenants : les folklores modernes en sont tout pleins. Soyons sensibles également à cette religiosité diffuse, cette tendance à une sorte de mysticisme vague, cette conscience surtout d'un incommunicable réfugié dans un quid proprii mal défini mais qui se libère par élans brutaux.

Le deuxième corollaire tient à ce penchant morbide, au sombre, au sinistre, au cruel qui fait si souvent dire que ces littératures sont « noires ». La peinture du Norvégien Edvard Munch, le cinéma d'un Bergman, d'un Sjöberg, d'un Molander, les œuvres de fiction d'un Pär Lagerkvist ou d'une Selma Lagerlöf, tous deux Suédois, sortent de là aussi. Ces inspirations sont assez peu portées à la gaieté légère, encore moins à la gauloiserie. En revanche, et ce, dès les sagas, une tendance indéniable à un humour noir, fort peu exportable, voire, à l'époque actuelle et surtout chez des Danois comme Seeberg, V. Sørensen ou L. Panduro, à un absurde comme systématique. Peut-être est-ce là la raison de ce refuge dans l'alcool ou la drogue ou cette incitation à un instinct grégaire qui gomment, en quelque sorte, trop d'indicible.

En dernier lieu, nous avons sans aucun doute là la clef de ce que l'on appelle là-bas le radicalisme – ou l'absolutisme – dont S. Kierkegaard est la meilleure expression et qui tend à aller jusqu'au bout de toute intuition, de toute théorie, de tout système, de toute vocation avec ce maître mot de kald, kallelse. Il faut jouer le jeu ; l'idée motrice, une fois découverte, se doit d'engendrer des œuvres sans concessions à la sensibilité, sans nuances, comme en témoignent à l'envi le théâtre d'Ibsen ou celui de Strindberg, sans parler du prodigieux mouvement d'idées lancé et encouragé par le Danois Georg Brandes et auquel on donne le nom de « percée moderne », le genombrud.

 J'ai beaucoup insisté sur ces composantes « naturelles » du génie scandinave parce qu'elles sont, à mes yeux, déterminantes. Partout, l'homme est modelé par le décor dans lequel il évolue mais il est beaucoup plus présent, me semble-t-il, ici que sous d'autres ciels. Je passerai donc plus brièvement sur les deux autres composantes du génie scandinave qui ont été annoncées plus haut.

Une histoire similaire et quelques particularismes

L'histoire d'abord qui exige quelque attention. Les Scandinaves sont des Indo-Européens, des Germains version nordique. L'argument lexicologique et culturel au sens large est incontournable. Vers le début de notre ère, les Scandinaves parlaient une langue grosso modo commune qui, pour des raisons historiques et géographiques, s'est merveilleusement conservée sous les espèces de l'islandais qui, lui, n'a pas évolué du tout depuis mille ans, en sorte qu'il est en quelque manière le latin des trois autres. Lesquelles se comprennent et se lisent entre elles sans difficultés. Il n'empêche que, pour être des langues germaniques, les langues scandinaves ne sont pas réductibles à l'allemand ou à l'anglais, avec lesquelles cependant, elles ont de claires affinités, notamment dans les domaines du vocabulaire et de la syntaxe.

Mais d'où vient leur différence ? D'où provient, donc, par voie de conséquence, la spécificité des gens du Nord ? Se pose ici l'irritant problème du substrat autochtone que sont venues recouvrir les deux vagues indo-européennes, l'une vers 3000, l'autre vers 2000 avant J.-C. Irritant parce que c'est ce substrat qui est certainement responsable de l'originalité des Scandinaves et que nous nous échinons à le définir. Seraient-ce les Sames – terme qu'il faut absolument préférer à Lapons, lequel est un vocable méprisant – que les nouveaux venus auraient repoussés, à la faveur du recul des glaces, vers le grand Nord ? Une étude attentive de la mythologie et de la sociologie nordiques anciennes, notamment sous l'angle de la magie, abonderait dans ce sens. Le fait est, pour énoncer un truisme, qu'il faut combattre l'absurde notion de « race » scandinave : la variété des types humains suffirait à invalider trop de dangereuses théories sur ce point.

Passons au XIIIe siècle : les pays scandinaves connaissent une prestigieuse civilisation médiévale dont, nous l'avons dit, l'Islande est le fleuron. Nations en ordre, commerçantes, capables d'avoir développé des sociétés hautement originales qui n'ont jamais connu ni féodalité, ni souverains absolus, ni vrais « rois », ni castes privilégiées, ni invasions ou vagues d'immigration et qui, par la suite, malgré de brefs passages par l'absolutisme, en Suède et au Danemark, ont chéri ce que nous appellerions des despotes éclairés – comme le Suédois Gustave III. Ajoutez de confondantes imbrications historiques : le Danemark a possédé fort longtemps la Norvège, l'Islande et les Féroë et s'est conduit en nation colonisatrice sans délicatesse, comme la Suède vis-à-vis de la Finlande – qui n'est en aucun cas un pays scandinave. Au demeurant, les deux pays, s'ils se sont livré des luttes fratricides d'une rare violence, n'ont jamais connu de guerres intestines inexpiables, du type guerres de religions. Ils ont toujours constitué une sorte d'aire culturelle plus ou moins fédérée, jaloux de leurs particularismes, certes, mais attentifs à leurs intérêts communs dictés par le décor. Ils ont bien tenté, à diverses reprises, de s'unifier mais toutes les tentatives ont échoué, depuis l'Union de Kalmar morte en 1387.

Toutefois, l'uniformité de leur évolution historique ne saurait passer inaperçue : ils ont tous été christianisés ensemble autour de l'an 1000, sont tous passés au luthéranisme au XVIe siècle, ont vécu d'un commun élan l'âge des Lumières au XVIIIe siècle, se sont industrialisés et socialisés ensemble au XXe siècle.

D'un bout à l'autre de leur histoire, c'est la bourgeoisie, les bœndr, la classe moyenne ou medelklass, qui a été toute-puissante et le demeure. De plus, le phénomène de la grande ville est tout récent, les problèmes qu'il cause sont donc restés inconnus ou limités. Si la social-démocratie a fait de fervents adeptes dans le Nord, c'est bien parce qu'elle correspondait à des structures fondamentales. De même que le pacifisme réfugié souvent derrière la neutralité que l'on aurait tendance à leur reprocher, surtout au XXe siècle. L'idéal s'appelle frid ou fred et l'on aurait tort d'avancer des cas comme ceux de Gustav-Adolf ou de Charles XII – qui relèveraient plutôt de la tératologie – voire des Vikings qui entendaient bien négocier et débattre avant de passer à l'action violente.

Un paysan-pêcheur propriétaire, autarcique et taiseux

Quant aux composantes socioculturelles, on se contentera de les esquisser. Sous cet angle, le Nord propose une très originale dialectique de l'individuel et du collectif qui tient en trois termes. Le premier est le bondi – au pluriel bœndr – ce paysan-pêcheur propriétaire libre et fier de son lignage, homme à tout faire et véritable base de cette société. Il aurait tendance à vivre mentalement en autarcie, ce qui explique ces « âmes cellulaires », selon la formule d'André Bellessort, cette prétendue timidité, ce goût de la parole rare tellement caractéristiques de ces hommes et de ces femmes. Cette solitude est fondée en histoire, en lignage ; par là s'entendent un attachement aux régionalismes, un culte du passé – patrimoine physique et moral à léguer intact à la postérité. Cela peut donner lieu à des outrances, comme ce « göticisme » ou exaltation des vertus des anciens Gots qui fit fureur pendant le romantisme mais plonge des racines bien plus profondes. Mais le bondi défend une culture profondément rurale et le passage à l'urbain ne va pas sans problème, comme on peut le voir en Norvège, notamment. Replié sur soi et son passé et féru d'ouverture à l'étranger, tel est le paradoxe. Cela justifie le très curieux mouvement de diastole-systole que l'on peut déceler en littérature par exemple : un temps, ces esprits sont saisis d'une sorte de rage à imiter ce qui se fait en Amérique, en France, en Angleterre… Puis par une sorte de réflexe d'autodéfense, ils découvrent qu'ils sont en train de perdre leur âme, ils redescendent alors aux sources vives de leur inspiration immémoriale et c'est alors qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes.

Discipline communautaire et sens civique

Le second terme s'appelle thing, lié à la famille ou ætt, dans la terminologie ancienne. La famille aura été, de bout en bout, le cadre obligé de tout, jadis, un homme n'avait simplement pas de sens sans son lignage. Ainsi, la peine de mort n'existait pas : les pires condamnations prévues par une jurisprudence hautement sourcilleuse et pointilleuse étaient le bannissement ou la proscription, soit le retranchement de la communauté : « À quoi bon l'homme que n'aime personne, dit le plus célèbre poème éthique de l'Edda, les Havamal, pourquoi vivrait-il longtemps ? » Ce sens communautaire dicte aussi la volonté bien arrêtée de ne rien faire en solitaire, de prendre toute décision en commun : de là ces curieux parlements en plein air ou thing où siégeait de droit le bondi, dans une totale liberté de parole et où tout, administration, politique, juridiction et jusqu'aux transactions commerciales ou matrimoniales, se décidait à l'unanimité. C'est que les conditions matérielles, naturelles sur lesquelles j'ai tant insisté, habituaient ces gens à la discipline du travail collectif, les obligeaient à une concertation. Les travaux des jours, la navigation, le commerce ne pouvaient se faire qu'en communauté et la société viking avait mis au point des formes de collaboration ou félag qui proscrivaient toute initiative individuelle. Attitudes fondées en éthique : ici, le regard d'autrui est indispensable, devrait-il peser comme un couvercle ; Ibsen le Norvégien aura suffisamment protesté, en vain, là-contre. Ce qu'il faut appeler un réflexe était du reste, au stade de la religion ancienne, fondé en sacré. Le superbe mythe du dieu Tyr – dont le nom signifie Dieu, tout simplement – qui accepte de perdre la dextre dans la gueule du loup Fenrir, symbole des forces du chaos, signifie assez que le pacte est la notion essentielle, partant, la responsabilité, le sens du devoir, ce que nous appelons le sens civique des Scandinaves : dispositions que favorisera, bien entendu, le luthéranisme avec sa dialectique de la faute et de la sanction. Tout comme le Nord n'a connu qu'un philosophe, le Danois S. Kierkegaard, les vrais mystiques, à la sainte Brigitte, sont rares. En revanche, les théosophes, au premier rang desquels s'inscrivent les Suédois Swedenborg ou Almquist, sont nombreux. Puisqu'il s'agit alors d'organiser rationnellement, « techniquement » la marche vers Dieu.

Concluons : l'homme scandinave mérite attention et respect. Il est réellement quelqu'un d'autre, il ne saurait se plier aux crochets de notre analyse. C'est un homme d'ordre et d'action. Il nous propose, en tout cas, un exemple éloquent de correspondance entre l'homme et son milieu naturel, et de continuité historique fidèle à des assises immémoriales.

Régis Boyer
Septembre 2002
 
Bibliographie
L’Identité scandinave L’Identité scandinave
Régis Boyer
Études Germaniques, 1993 , fascicule 4

Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter