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L'Égypte des Romains de l'exploitation à la provincialisation
Yann Le Bohec
Professeur d’histoire romaine à l’université Paris IV-Sorbonne

Dans l'Antiquité, déjà, l'Égypte passait pour un pays très ancien ; elle avait des millénaires d'histoire derrière elle et tous les intellectuels le savaient. À ce titre de gloire, elle en ajoutait un autre : elle était spécialement protégée par un dieu. Quand Hérodote écrivit qu'elle était « un don du Nil », il ne voyait pas la réalité en géographe, il ne faisait pas allusion directement aux crues annuelles qui donnaient du blé en abondance et avec régularité, mais il pensait au dieu Nil qui avait fait cette terre et qui l'avait voulue prospère. Pour nous, historiens du XXIe siècle, elle présente un intérêt particulier parce qu'aux sources habituelles – les textes littéraires, l'épigraphie, la numismatique et l'archéologie – s'ajoute un nouveau type de documents, une ample moisson de papyrus. Que nous apprennent ces documents sur la présence romaine en Égypte ? Telle est la question que nous avons posée à Yann Le Bohec.


Le long du Nil, des pharaons aux Lagides

L'Égypte qui, le plus souvent, se réduit à une longue vallée fluviale enserrée entre deux déserts, se termine au nord par un large delta qui débouche sur la Méditerranée ; elle est flanquée à l'est et à l'ouest d'oasis dont la principale au nord-ouest s'appelle le Fayoum. Le sol se redresse vers l'Orient, formant un bourrelet montagneux là où le désert d'Arabie tombe brutalement sur la mer Rouge ; vers l'Occident, il descend plus doucement vers le désert de Libye. Dans ces conditions, l'eau constituait et constitue encore le principal souci des hommes. Le Nil, qui assure une irrigation pérenne, déborde durant la première quinzaine d'août et dépose alors sur les champs un riche limon. Des bassins d'inondation permettaient de conserver une partie du liquide, mais ils nécessitaient des canaux. Et si, dans le Fayoum, il était indispensable de creuser des puits pour avoir un complément d'eau, dans le delta, en revanche, il fallait drainer des terres naturellement trop humides.

Une civilisation brillante et originale s'était développée au temps des pharaons, le premier grand État que connu l'histoire de l'humanité ; il dura trente siècles. Alexandre le Grand s'en empara sans difficultés parce que les Égyptiens n'avaient pas su adapter leurs institutions et leur société à l'évolution, et grace au talent militaire sans égal du Macédonien ; en 331, il fonda Alexandrie. Un de ses lieutenants s'y installa et créa une dynastie, les Lagides ; respectueux du passé, ces souverains adoptèrent toutes les traditions des pharaons. Une partie des cadres, surtout dans l'armée, venait de Grèce et l'Égypte réalisa alors la synthèse entre son propre passé et les apports de l'hellénisation, ce qui marqua profondément le paysage et les mentalités ; cette évolution permet de comprendre ce que fut l'Égypte des Romains.


Cléopâtre

La dernière des Lagides s'appelait Cléopâtre. Très intelligente, la célèbre Cléopâtre avait vite compris que les Romains s'intéressaient à son pays et qu'elle ne pourrait rien faire sans eux. Les Romains, eux, voyaient dans ce territoire d'immenses richesses mal gardées, si ce n'est par un passé prestigieux ; mais l'histoire n'était pas sans importance pour eux. Au cours de la guerre civile, César vint en Égypte. Ses rapports avec Cléopâtre ne furent pas seulement sexuels ; ils le furent même très peu, au moins par manque de temps, l'apprenti dictateur ayant beaucoup d'autres obligations. Il cherchait surtout de l'or pour poursuivre ses guerres contre les Pompéiens et il pouvait tirer quelque gloire de ses relations avec une reine ; il n'éprouva donc pas le besoin de réduire l'Égypte en province. Marc Antoine, qui prit sa place dans le cœur et le lit de l'Égyptienne, avait également des soucis plus politiques que sentimentaux, et c'était à Rome qu'il voulait prendre le pouvoir. Cléopâtre, une fois de plus, n'était qu'un moyen pour y arriver. Il comptait sur l'or et les hommes de l'Égypte pour détruire son rival, le jeune Octave. Mais, en 31 avant J.-C., à Actium, les navires de Cléopâtre abandonnèrent ceux de Marc Antoine en pleine bataille. Vaincu, le Romain crut sans doute qu'à Alexandrie il serait au moins provisoirement à l'abri ; mais sa maîtresse se détourna de lui, espérant séduire le nouveau vainqueur. Hélas pour elle, Octave, animal à sang froid, resta insensible à ses arguments, ne lui laissant d'autre issue que le suicide, pour lequel elle recourut, comme on sait, à deux aspics qui lui mordirent le sein.


De la métairie d'Octave à la province romaine

En 30 avant J.-C., Octave prit possession de l'Égypte. Mais il ne le faisait pas au nom de Rome. Par une sorte de fiction juridique, il considéra que la guerre qui venait de s'achever avait été une affaire personnelle entre lui et la reine d'Égypte. Il transforma ce pays en une propriété privée, en une « immense métairie » dont il était le maître. Sauf Alexandrie, il décida de ne pas considérer les villes comme des cités, mais comme de simples communautés d'habitants, ces derniers ayant pour principale obligation de lui fournir du blé pour la plèbe de Rome. Pour le reste, il se montra très libéral, leur laissant leur droit privé, leur religion, leur langue, leur monnaie, leur calendrier, leur culture.

Cette manne lui permettait de nourrir le peuple romain et de conforter ainsi son pouvoir. Pour en assurer la perpétuité, il installa un grand camp pour trois légions près d'Alexandrie. Pour renforcer la sécurité de ce domaine, deux expéditions furent menées l'une à travers le désert d'Arabie, l'autre en direction du Haut Nil, vers l'État éthiopien de Méroé. Le calme régnant, une légion fut retirée de la capitale dès 23 avant J.-C.

Lentement, sans révolution, le sort de l'Égypte évolua du statut privé vers le statut public de province. Les demandes de blé diminuèrent ; sous Néron (54-68), l'Afrique avait pris le rang de premier fournisseur de Rome en céréales. Trajan (98-117) retira encore une légion et Hadrien (117-138) vint visiter le pays, pour admirer les monuments et s'entretenir avec les sages qui y vivaient. C'est alors que mourut, noyé dans le Nil, Antinoüs, un bel esclave. Ce jeune homme avait sans doute donné sa vie pour écarter un mauvais présage qui menaçait l'empereur des Romains. Hadrien éprouvait pour lui des sentiments peut-être plus politiques et religieux qu'on ne l'a écrit : imposer la reconnaissance d'un homme parce qu'il est beau et dévoué au prince était pour lui un moyen de manifester sa puissance. Septime Sévère en 200 accorda aux grandes agglomérations de l'Égypte le statut de villes. Son fils, Caracalla, donna la citoyenneté romaine à tous les habitants de l'empire en 212, et donc aux Égyptiens comme aux autres. Les Sévères avaient achevé la longue et lente destruction du système augustéen.

Pour gouverner cet immense domaine, Octave avait placé à sa tête un chevalier, le préfet d'Égypte, véritable vice-roi, qui contrôlait le fisc, l'armée et rendait la justice ; il restait en place trois ans. Et les empereurs ses successeurs ne modifièrent pas ce choix. Deux juristes, l'idiologue et le juridique, dont les titres venaient de l'époque des Lagides, assistaient le préfet, ainsi qu'un conseil de quinze à vingt personnes.

Le représentant du prince avait à sa disposition des troupes, trois légions puis deux puis une, et des auxiliaires. Elles étaient installées, en majorité, dans le nord, à Alexandrie, dans le camp de Nikopolis. D'autres forts et fortins avaient été construits dans le sud du pays, dans les oasis et le long du Nil que longeait une route : cette stratégie, qui ne ressemble en rien à celle qui avait été mise en place en Bretagne ou en Germanie, était en revanche bien adaptée aux nécessités du pays, où l'essentiel était de contrôler les points d'eau.

Le territoire fut partagé entre un grand nombre de bourgs appelés d'un nom grec, kômai ; ils étaient administrés par une sorte de maire, le kômarque, assisté par un secrétaire, le kômogrammateus, et par un conseil d'anciens. Les agglomérations plus importantes, à savoir les chefs-lieux de départements ou nomes, étaient appelées métropoles. Elles possédaient une relative autonomie, en particulier dans le domaine budgétaire, mais restaient sous le contrôle des autorités romaines. Plusieurs magistrats en avaient la charge, l'archonte pour les finances, l'exégète pour la justice, l'agoranome pour la police et l'archiereus pour le culte impérial.

Petit à petit, Rome reconnut l'existence de villes. Il leur fut accordé le statut de cités grecques, c'est-à-dire que leurs habitants n'avaient normalement pas accès à la citoyenneté romaine. Nous reviendrons plus loin sur ce classement juridique. À Alexandrie vinrent s'ajouter Ptolémaïs, Naucratis et enfin Antinoüpolis, créée en 130/131 par Hadrien pour perpétuer la mémoire du beau jeune homme qui s'était sacrifié pour lui.


Agriculture et artisanat

Tous les hommes, dès l'adolescence, étaient soumis à l'épikrisis, un examen qui permettait de fournir des recrues à l'armée et de fixer le montant des impôts que chacun devrait payer. En fait, Rome tirait beaucoup de revenus de cette région, car elle était depuis longtemps très riche. Les auteurs anciens disent que le rendement du blé était de 70 à 100 pour 1, chiffres que des modernes trouvent excessifs ; il était de toute façon très élevé. Si la vigne et l'olivier se faisaient rares, en revanche le lin était très abondant. Mais c'est le papyrus qui faisait la célébrité de l'Égypte, en un temps où les matériaux destinés à l'écriture n'étaient guère nombreux. L'élevage avait également atteint un haut niveau, celui des ânes et des chameaux pour le transport, des moutons pour la laine et des chevaux pour l'armée ; point de porcs, en revanche, ces animaux étant considérés comme impurs par la religion locale.

L'autre grande source de richesses, l'autre célébrité de l'Égypte, c'était l'artisanat – le terme d'industrie est anachronique et ne convient pas pour l'Antiquité. Des mines existaient, puisqu'il existait un fonctionnaire appelé métallarque ; mais on ignore ce qu'elles produisaient ; le mot grec indique seulement qu'elles donnaient des métaux. Le plus important se trouvait ailleurs, dans une véritable trilogie verre-papyrus-laine. La production était concentrée à Alexandrie, sans doute la deuxième ville de l'empire ; elle exportait de la verrerie, du papier, des textiles, des parfums et des objets de luxe. Elle attirait les intellectuels, les touristes et les commerçants. Ces marchandises passaient par le Nil ou par la route qui longeait le fleuve, elles allaient vers Rome par la Méditerranée et vers l'Orient par la mer Rouge, qu'une voie romaine atteignait depuis Coptos. Le vin, l'huile, les épices et la soie de Chine constituaient les principales importations.

Sous les successeurs d'Auguste, le paysage rural évolua. Certes, l'empereur restait le principal propriétaire foncier de l'Égypte. Mais il donnait ou vendait des domaines. Ainsi un papyrus de l'époque des Flaviens, dans le dernier tiers du Ier siècle de notre ère, compte onze exploitants romains pour un Grec et un Égyptien. En règle générale, le centre du domaine était occupé par une maison en terre crue, qui était enrichie parfois par une tour, parfois par une cour et une galerie ; on y trouvait normalement une écurie. Le paysage urbain se modifia moins. Alexandrie avait conservé son aspect originel très géométrique, avec des longues rues perpendiculaires limitées par un mur d'enceinte. On y voyait des monuments prestigieux, le palais, le célèbre Musée et la non moins illustre Bibliothèque ; les Romains y ajoutèrent le grand camp légionnaire de Nikopolis. Le port était fermé par une île, où se trouvait une tour dotée d'une lumière qui guidait les voyageurs de nuit et dont le nom propre a fini par devenir un nom commun, Pharos, le phare. La population très mélangée et très active, industrieuse, aimait la vie de l'esprit et les plaisirs ; c'est un roman, l'Aphrodite de Pierre Louÿs, qui en donne la meilleure représentation.


La société égyptienne face à la romanisation

La société était divisée, comme partout dans l'empire, en fonction de critères juridiques et économiques. Le droit distinguait les non-libres et les libres et, parmi ces derniers, il classait, dans l'ordre, les étrangers, Syriens, Juifs, ...les Égyptiens, les Grecs, et les Romains. Les esclaves étaient peu nombreux, la tradition égyptienne ignorant la servitude ; ce sont les Romains qui l'ont introduite, pour pouvoir disposer de domestiques. Les hommes libres et pauvres sont malheureusement, comme souvent, mal connus. Nous pouvons seulement dire qu'ils constituaient une grande foule de paysans, d'artisans et de commerçants. En revanche, les papyrus font connaître des riches. Un certain Sarapion, par exemple, qui vivait dans le nome hermopolite à l'époque d'Hadrien (117-138), possédait le statut de Grec. Il nourrissait une petite famille d'au moins cinq enfants et a laissé des informations sur ses revenus. Il vendait et achetait du bétail, prêtait de l'argent et du blé avec de forts taux d'intérêts, et prenait ou donnait à bail des terres, suivant les années et les circonstances. Outre le blé, sa principale source de revenus, il possédait quelques vignes et du petit bétail. Les couches supérieures de la société, elles, étaient très peu représentées ; on ne connaît que quelques chevaliers originaires de ce pays et un seul sénateur, un certain Aelius Coeranus, qui vécut sous Caracalla (211-217).

Malgré cette rareté des élites qui étaient dominantes dans le reste du monde romain, la vie intellectuelle et religieuse avait atteint un éclat peut-être sans égal sinon à Rome, grâce à un passé exceptionnel. Dans ces domaines également, Alexandrie jouait un rôle particulier. Le Musée, qui abritait des savants, et la Bibliothèque, qui leur permettait de travailler, avaient permis un grand développement des sciences, en particulier des mathématiques et de l'astronomie, disciplines illustrées par Ptolémée. Les lettres n'étaient pas en reste, avec le grammairien Apion et une célèbre école de philosophie. Il ne faudrait pourtant pas croire que tous les habitants communiaient dans le même goût de la raison et de la logique. Dans les campagnes, l'astrologie et la magie l'emportaient sur la culture. Les archéologues ont trouvé dans beaucoup de tombes des tablettes de défixion. On donne ce nom à des plaques de plomb sur lesquelles étaient gravés des mots magiques – abraca, abrasax… – et un texte demandant aux dieux des enfers une faveur quelconque : la mort d'un voisin, l'amour d'une voisine ou le gain aux courses de chevaux ; telles étaient les principales préoccupations des Égyptiens de l'Antiquité. Des papyrus remplaçaient parfois le métal.

Dans le domaine religieux, les dieux indigènes occupaient la place principale, mais on relève une évolution par rapport aux périodes antérieures. Certes, certains animaux conservaient aux yeux de la population une nature divine, comme l'hippopotame Thouéris et les crocodiles du Fayoum ; une multitude de dieux locaux, comme le Nil, complétaient une cohorte que dominaient Isis et Sérapis. La déesse Isis assurait à ses fidèles la vie éternelle, puisqu'elle avait sauvé de la mort son mari Osiris qui, ressuscité, avait pris un autre nom et était devenu Sérapis. Mais les habitants honoraient aussi des dieux mixtes, gréco-égyptiens, comme le protecteur de la vie de l'esprit, Horus-Apollon, et le médecin Imhotep-Asklépios, et d'autres plus purement grecs, comme Zeus, les Dioscures et Hélène. Ils pratiquaient avec ferveur le culte impérial et recouraient au besoin à des divinités exotiques, Héron de Thrace, Nana de Syrie et l'iranien Mithra.


Le ralliement aux monothéismes

La grande originalité de l'Égypte tient dans l'adhésion ou le ralliement d'une partie de la population aux monothéismes. Les Juifs constituaient une communauté estimée par certains jusqu'à un million de personnes dans la seule Alexandrie, estimation bien évidemment exagérée mais que l'on peut estimer toutefois à quelques centaines de milliers d'individus. C'est dans ce milieu très dynamique que fut effectuée la première traduction en grec de la Bible, la Bible des Septante ; la légende dit que soixante-dix sages furent réquisitionnés pendant soixante-dix jours pour achever cet énorme travail. Elle donna aussi un écrivain de langue grecque, Philon, qui eut la difficile tâche de défendre ses coreligionnaires devant Caligula. Les succès de cette population attisaient les jalousies et l'anti-judaïsme fut actif notamment à Alexandrie où des persécutions sont attestées, par exemple en 110 et 115. Ce n'est pas seulement dans ce milieu que se recrutèrent les premiers chrétiens, contrairement à ce que l'on écrit parfois, mais plutôt chez les païens. Ils connurent assez vite le succès et le IIIe siècle a été illustré par de grands noms de l'apologétique, en particulier Clément d'Alexandrie et Origène.

Au cours du IIIe siècle, précisément, la crise qui secoua l'empire affecta également l'Égypte, moins sans doute que les régions européennes ou la Syrie, plus directement exposées aux invasions des Alamans et des Goths dans le premier cas, et des Perses dans le second. Mais l'armée de la province dut envoyer des renforts sur les points les plus menacés et la défense s'en trouva affaiblie. Les Nobades et les Blemmyes, peuples du désert, en profitèrent pour piller les sédentaires. Et en 268, la célèbre Zénobie, avec l'appui de quelques notables alexandrins, imposa à l'Égypte l'autorité de la principauté de Palmyre. Dans le même temps, le christianisme étendait son emprise sur les esprits et les persécutions de Dèce, de Valérien et de Dioclétien firent de nombreux martyrs.

Dioclétien (284-305) divisa l'ancienne et unique province en quatre nouvelles provinces, gouvernées par des praesides : Égypte au nord, puis Augustamnique, Thébaïde Première et Thébaïde Seconde tout au sud. À elles quatre, elles formèrent le diocèse d'Égypte, confié à un vicaire et chargé des affaires civiles, surtout de la justice. Sous Constantin (306-337), le diocèse d'Égypte fut intégré à la préfecture du prétoire d'Orient. Dès le temps de Dioclétien, l'armée fut également réorganisée. Les troupes furent atomisées en une multitude d'unités plus petites mais beaucoup plus nombreuses. Elles occupèrent de nouveaux camps et utilisèrent parfois des monuments existants, par exemple le sanctuaire de Louqsor. L'économie connut pourtant des difficultés, un lent déclin. Le poids des impôts écrasait les riches qui cherchaient à fuir cette charge qu'ils ne supportaient plus. Il ne leur restait que deux échappatoires possibles : entrer dans le clergé ou renoncer à leurs biens et fuir au désert, solution qui fut préférée par un certain nombre d'entre eux. Le IVe siècle et le Ve virent également un essor constant du christianisme, avec en particulier un monachisme très vivant dans le désert. Les chrétiens d'Égypte prirent part activement aux débats sur les hérésies, comme l'arianisme. Le déclin économique fut aggravé par les assauts des nomades, qui venaient des déserts d'Arabie et de Libye, et aussi de Palestine. Cet affaiblissement ne fut pas compensé ; il prépara et facilita la conquête arabe.

Yann Le Bohec
Septembre 2002
 
Bibliographie
L’Orient romain. Provinces et sociétés provinciales en Méditerranée orientale d’Auguste aux Sévères (31 avant J.C. – 235 après J.C.) L’Orient romain. Provinces et sociétés provinciales en Méditerranée orientale d’Auguste aux Sévères (31 avant J.C. – 235 après J.C.)
Maurice Sartre
Seuil, Paris, 1991

La gloire d'Alexandrie La gloire d'Alexandrie
Maurice Sartre
Paris-Musées, Paris, 1999

Le camp romain de Louqsor Le camp romain de Louqsor
Michel Reddé
Le Caire, 1986

Le camp romain du Bas-Empire à Tell el-Herr Le camp romain du Bas-Empire à Tell el-Herr
Dominique Valbelle et J.-Y. Carrez-Maratray
Paris, 2000

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