Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Page précédenteImprimer cet articleRecommander à un ami

Cyrène et la Cyrénaïque grecques,
aux époques archaïque et classique
Jean-Jacques Maffre
Ancien membre de l’École française d’Athènes
Professeur à l’université de Paris IV-Sorbonne

Colonie grecque établie sur les rares terres fertiles de la côte libyenne, la Cyrénaïque fut très tôt mise en valeur et dut sa prospérité à son agriculture et à son commerce. La ville de Cyrène jouissait d'une grande réputation dans le monde grec, tant pour la grandeur de ses édifices – en témoigne le temple d'Apollon – que pour sa vie intellectuelle. C'est à Jean-Jacques Maffre que nous avons demandé de nous faire découvrir l'histoire de la Cyrénaïque grecque.

En lisant Hérodote

Parmi les nombreuses fondations coloniales grecques qui voient le jour environ entre le milieu du VIIIe et le milieu du VIe siècle avant J.-C. dans certains secteurs du Bassin méditerranéen et sur les rives de la mer Noire, le cas de Cyrène est particulièrement intéressant car il est bien éclairé à la fois par la documentation épigraphique et par la tradition littéraire : au livre IV de son Enquête historique (chapitres 145-205), Hérodote, au Ve siècle avant J.-C., nous raconte longuement, en juxtaposant deux versions des événements, comment l'oracle de Delphes conseilla fermement à un groupe de consultants venus de l'île de Théra, que ravageait une terrible sécheresse, ou, selon une autre version, à un jeune Théréen bègue nommé Battos, de s'embarquer pour la Libye « nourricière de brebis » et d'y fonder une colonie. L'entreprise connut un certain nombre de difficultés, dont se fait l'écho le grand historien : les Grecs, aidés dans leur traversée par un pêcheur crétois, s'installèrent d'abord sur la minuscule île de Platéa, dans le golfe de Bomba, en Cyrénaïque orientale, entre Tobrouk et Derna, où ils passèrent deux années misérables ; puis sur le sol africain lui-même, au bord de la mer, à Aziris, sans doute à l'embouchure d'un oued, l'actuel wadi El-Khalij, entre Platéa et Derna, où ils restèrent six ans ; enfin, avec l'aide des indigènes, peut-être désireux de les éloigner vers l'ouest, ils finirent par se fixer, sans doute en 631 avant J.-C., sur un site de moyenne altitude, entre 550 et 620 mètres, à une douzaine de kilomètres de la mer, à l'orée septentrionale d'un plateau calcaire qui se prolonge vers le sud jusqu'au désert mais qui, sur sa bordure nord, face à la mer, est relativement bien arrosé. Les Libyens auraient dit aux immigrants, selon Hérodote : « Hommes de Grèce, c'est ici qu'il convient que vous habitiez, car ici le ciel est troué » ; par ailleurs, la majeure partie de la Cyrénaïque est tellement verdoyante, par rapport à d'autres régions, même côtières, de Libye, que les Arabes lui ont donné le nom de djebel Akhdar, c'est-à-dire Montagne verte, et que certains ont employé pour la désigner l'expression de « croissant fertile », qui évoque bien sa forme générale.

L'existence, au pied des premières pentes du plateau supérieur, d'une source pérenne dont l'eau excellente jaillit encore de nos jours, ne pouvait que favoriser l'installation des hommes. De plus, les conditions naturelles étaient propices à l'agriculture et à l'élevage : en dessous de ces pentes assez douces s'étend un plateau intermédiaire d'une dizaine de kilomètres de largeur, à une altitude moyenne de 200 à 300 mètres. En outre, ce plateau se termine du côté nord par une falaise qui domine une étroite plaine côtière accessible depuis le haut par quelques gorges aux parois escarpées, mais sans que soit exclue la possibilité de tracer une route de liaison avec la mer. Quelques rochers protecteurs dressés par la nature à quelques encablures du rivage – en un endroit qui s'appellera plus tard Apollonia – y offraient justement un abri providentiel assez proche, sur une côte par ailleurs peu hospitalière. On avait donc la faculté d'aménager, à une vingtaine de kilomètres de la nouvelle ville, un port à peu près sûr qui permettrait les relations maritimes avec la Grèce et le reste de la Méditerranée. Configuration naturelle favorable, avec eau suffisante et terres vastes et plates, surtout sur le plateau intermédiaire ; accès plutôt facile et sûr à un port bien protégé, relativement peu éloigné de la Crète et du Péloponnèse ; climat méditerranéen voisin de celui de maintes régions de Grèce, notamment de la partie septentrionale de la Crète ; absence de rivaux redoutables, les indigènes étant, au moins au début, bien disposés envers les nouveaux venus et en tout cas incapables de les repousser par la force : autant d'éléments positifs, sinon idéaux, aux yeux des Grecs, pour une installation prospère et durable, qui allait devenir la cité de Cyrène, au nom sans doute primitivement évocateur de l'asphodèle – Kyra, en dialecte indigène – plutôt que de la nymphe aimée d'Apollon.

La Cyrénaïque avant l'arrivée des Grecs. Les populations indigènes

Nous savons peu de chose sur les populations qui résidaient ou qui campaient sur le territoire de la future Cyrénaïque avant l'arrivée des Grecs. Un peuplement stable, dans des abris sous roche, est attesté en divers endroits dès l'époque paléolithique : grotte de Hagfet-et-Tera, près de Benghazi, surtout grottes d'Ed Dabba, dans les gorges du wadi El-Kouf, à l'ouest de Cyrène, et de Hawa Fteah, à sept kilomètres à l'est d'Apollonia, où six phases d'occupation ont été reconnues entre environ 8 000 et 2 700 avant J.-C. Pour la période néolithique – ici placée environ entre le milieu du IIIe et le début du Ier millénaire – on a repéré d'assez nombreuses stations côtières dont le matériel ressemble beaucoup à celui des stations de l'arrière-pays saharien. À Cyrène même, on a trouvé des objets lithiques, dont au moins une hache en pierre, qui remontent à cette époque.

La documentation égyptienne du IVe au IIe millénaire mentionne de son côté, parmi les turbulents voisins occidentaux du pays des pharaons, les Tehenou, à la peau brune et aux longs cheveux noirs, puis les Temehou, au teint clair, à la chevelure blonde et aux yeux bleus, enfin les Libou, dont le nom est à l'origine de celui des Libyens. Ces peuples ont-ils des contacts avec le monde égéen ? Faut-il en reconnaître la représentation sur une fresque miniature de Théra du XVIe siècle avant J.-C., qui semble représenter une bataille navale dans laquelle sont impliqués des guerriers bruns aux cheveux crépus ? C'est possible, mais indémontrable. Plus intéressante serait la découverte, sur le littoral de Cyrénaïque, de quelques tessons apparemment minoens tardifs (XIVe-XIIIe siècles), qui pourraient témoigner d'échanges, dès cette époque, entre la Crète et la Libye ; mais la localisation dans ces parages, par les légendes helléniques, de l'activité sanguinaire du redoutable géant Antée, dont seul triomphera Héraclès, montre que les Grecs primitifs redoutaient ces régions, qu'ils connaissaient sans doute fort mal.

Les populations indigènes citées par les textes égyptiens sont-elles les ancêtres des peuplades libyennes rencontrées par les Grecs ? C'est plausible mais les noms qui leur sont donnés par les sources grecques, notamment par Hérodote (IV, 169-173), sont autres : Giligames, Asbystes, Bacales, Auschises, Nasamons, dont ne nous sont rapportés que quelques détails pittoresques. Un point mérite d'être souligné : c'est apparemment sur les territoires où évoluent ces peuples nomades (Hérodote, IV, 181) que pousse en abondance le silphion, ou silphium, une plante de la famille des ombellifères, mentionnée par de nombreux textes et reproduite d'une façon stylisée sur des documents figurés, en particulier des monnaies de Cyrène ; le désir manifesté par les Grecs de mettre la main sur la production de cette plante précieuse, qui servait à la fois de nourriture, de condiment et de médicament, fut peut-être l'un des éléments déterminants de la rapide détérioration des relations entre eux et les indigènes, qui aboutira à la guerre, vers 570.

Cyrène sous la monarchie des Battiades

Au cours des deux premiers siècles de son existence, Cyrène connaît un régime monarchique héréditaire. Le premier roi n'est autre que Battos, le fondateur de la cité et de la dynastie, dite des Battiades ; il exerce le pouvoir pendant environ trente-cinq ans et a pour successeur son fils, Arcésilas Ier, dont le règne dure seize ans. « Sous le troisième roi, Battos appelé l'Heureux, la Pythie incita par un oracle tous les Grecs à s'embarquer pour rejoindre en Libye les Cyrénéens, car ceux-ci y conviaient en promettant un partage des terres… Une grande multitude se rassembla à Cyrène ; amputés d'une bonne part de leur territoire, les Libyens du voisinage et leur roi, Adicran, s'estimant dépouillés de leur pays et gravement offensés par les Cyrénéens, se tournèrent vers l'Égypte et se donnèrent à son souverain, Apriès, qui réunit une armée nombreuse d'Égyptiens et l'envoya contre Cyrène. Mais les Cyrénéens sortirent en armes dans le canton d'Irasa [en Cyrénaïque orientale], en vinrent aux mains avec les Égyptiens et triomphèrent dans la rencontre. » (Hérodote, IV, 159.)

Cette victoire, qui aurait dû assurer la tranquillité des Grecs, fut en fait suivie de troubles : l'accroissement de la population, l'émergence d'une aristocratie terrienne soucieuse d'une certaine liberté et la zizanie à l'intérieur même de la famille royale entraînèrent, sous le règne d'Arcésilas II dit « le Dur », l'exil d'un groupe de Cyrénéens et la fondation, vers 550, de Barca, l'actuelle El-Merj, à l'ouest de Cyrène, sur le premier plateau à partir de la mer, à environ vingt kilomètres de celle-ci et à 280 mètres d'altitude ; sur la côte est implanté le port de Barca, la future Ptolémaïs. Deux autres villes avaient d'ailleurs déjà été fondées, dans des circonstances que nous ignorons, encore plus à l'ouest, au bord de la mer : Taucheira, l'actuelle Tocra, où les fouilles d'un petit sanctuaire ont mis au jour un riche matériel archaïque, avec vases et terres cuites, remontant au dernier quart du VIIe siècle, et Euhespérides, la moderne Benghazi, où l'on a aussi trouvé quelques fragments de céramique archaïque du VIe siècle.

Arcésilas II, affaibli, subit une humiliante défaite face aux Libyens et périt assassiné, vers 540. Son fils, Battos III « le Boiteux », fit appel, sur les conseils de l'oracle de Delphes, à un réformateur venu de Mantinée d'Arcadie, Démonax, qui rétablit la concorde en réorganisant le corps civique, désormais réparti en trois tribus – les Théréens, les Péloponnésiens et Crétois, et les Insulaires – et en réduisant les pouvoirs du roi autres que religieux, au bénéfice du démos – théoriquement le peuple, en fait sans doute une aristocratie foncière. Le fils de Battos III, Arcésilas III, tenta une restauration de la monarchie et même l'implantation d'une tyrannie, qui se soldèrent par un échec : le roi fut assassiné ; mais sa mère, Phérétimé, fit appel au satrape perse qui gouvernait l'Égypte pour tirer vengeance du sort de son fils et faire détruire Barca, où il avait trouvé la mort. Le maintien de la monarchie fut ainsi assuré, sous un protectorat perse temporaire, avec les longs règnes de Battos IV (environ 515-470) et d'Arcésilas IV (environ 470-440), dont Pindare chante les victoires hippiques aux concours de Delphes et d'Olympie, en 462 et 460.

Cyrène à l'époque classique

Vers 440, Arcésilas fut assassiné et la monarchie définitivement abolie mais le régime resta certainement aristocratique jusqu'en 322 avant J.-C. Deux conseils, une boulè, ou assemblée représentative des citoyens, et une gérousia – sénat ou conseil des Anciens – et un corps de magistrats, dont les plus importants étaient les stratèges, gouvernaient la cité ; le prêtre d'Apollon, choisi annuellement parmi les citoyens de plus de cinquante ans, occupait la fonction religieuse la plus prestigieuse. Nous ne pouvons qu'entrevoir des crises périodiques sur lesquelles nous sommes mal renseignés, comme ce raid mené en 414 par les indigènes libyens contre Euhespérides, qui ne dut son salut qu'à l'arrivée providentielle d'un contingent lacédémonien rejeté dans les parages par une tempête (Thucydide, VII, 50). À Cyrène même, une guerre civile éclate à la fin du Ve siècle, selon Diodore de Sicile (XIV, 34), mais un accord entre les factions intervient rapidement. La situation reste cependant explosive pour longtemps.

Au IVe siècle, Cyrène entre en conflit avec les Carthaginois, sans doute pour avoir essayé de détourner à son profit le trafic caravanier qui apportait, depuis l'Afrique noire vers les comptoirs puniques de Tripolitaine, des matières rares et précieuses comme l'or, l'ivoire, les plumes d'autruche, ainsi que des contingents d'esclaves. La crise fut tranchée, selon une tradition dont se fait notamment l'écho Salluste (Jugurtha, 79), par le recours à deux groupes de champions qui, partis les uns de Carthage, les autres de Cyrène, devraient fixer à leur point de rencontre, au bord de la mer, la frontière entre les zones d'influence de chacune des deux cités. Les coureurs se rejoignirent au fond de la Grande Syrte, bien plus loin de Carthage que de la Cyrénaïque, et les champions puniques, les frères Philènes, jurèrent sur leur vie qu'ils n'avaient pas triché ; la frontière fut dès lors reconnue par les deux camps. Mais Cyrène allait connaître de nouveaux troubles en 322, avec la venue soudaine d'un aventurier spartiate, Thibron, accompagné de mercenaires et d'aristocrates cyrénéens en exil. Les Cyrénéens de la ville font appel à l'aide de Ptolémée Ier Sôter, qui régnait sur l'Égypte depuis la mort d'Alexandre le Grand, en 323. Celui-ci envoie un de ses lieutenants, Ophellas, qui, selon Diodore (XVIII, 21, 9), « battit complètement Thibron, qu'il fit prisonnier, puis se rendit maître successivement des différentes cités de la contrée et en prit possession, ainsi que de leur territoire, au nom du roi Ptolémée ». Une page de l'histoire de la Cyrénaïque était tournée ; la région entrait pour longtemps, au moins théoriquement, dans la mouvance de l'Égypte ptolémaïque.

Richesse économique, intellectuelle et artistique de la Cyrénaïque

Pendant les époques archaïque et classique, quel que fût le régime politique, Cyrène et la Cyrénaïque ont presque toujours été prospères, grâce notamment à leurs exportations de céréales, de viande, de poisson séché et bien sûr de silphion. La fertilité du sol cyrénéen, fait d'une terre rouge de décomposition calcaire, n'échappe pas à Hérodote : « Dans la campagne de Cyrénaïque, qui constitue la partie la plus élevée de la Libye des nomades, il y a, chose admirable, trois saisons de récolte : la zone littorale se trouve la première prête pour la moisson et les vendanges ; une fois que la récolte y est achevée, les régions intermédiaires, qu'on appelle les Collines, au-dessus de la zone maritime, sont prêtes à leur tour ;et dès que les moissons y sont terminées, celles de la zone supérieure, arrivées à maturité, s'offrent aux moissonneurs, de sorte que la première récolte se trouve déjà bue et mangée quand la dernière se présente. Ainsi la saison des récoltes dure-t-elle pendant huit mois pour les Cyrénéens »(IV, 199). Quant à la récolte du silphion, qui semble avoir surtout poussé dans la steppe subdésertique bordant au sud les zones les plus fertiles, elle fut d'abord contrôlée par le pouvoir royal, comme l'atteste par exemple une célèbre coupe laconienne à figures noires conservée à Paris, au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, dans laquelle on voit Arcésilas, nommément désigné – sans doute Arcésilas II, vu la date du vase, vers 550 – en train de surveiller la pesée et le stockage du précieux tubercule ; après la chute de la monarchie, le monopole d'État dut subsister, sous le contrôle des magistrats.

La richesse de la Cyrénaïque transparaît dans la splendeur de sa ville principale. Cyrène s'est couverte dès le VIe siècle de bâtiments magnifiques, comme les temples d'Apollon et d'Artémis, précédés d'autels spectaculaires. Au Ve siècle est construit le monument le plus grandiose, le temple dorique de Zeus, dont les dimensions (69 x 65 x 31,80 mètres) dépassent légèrement celles du Parthénon, bien que le nombre de leurs colonnes extérieures soit identique : huit en façade, dix-sept sur les longs côtés ; d'autres sanctuaires s'organisent, consacrés à Déméter, à l'extérieur des murs ; l'Agora se structure ; de nombreuses tombes rupestres présentent des façades et parfois des aménagements intérieurs finement ciselés. Des statues votives et funéraires – kouroi, korés, sphinx – témoignent dès le début du VIe siècle d'un goût raffiné qui sait rassembler des œuvres d'importation et de fabrication locale. Les arts mineurs sont représentés notamment par de belles terres cuites et des émissions monétaires de qualité. Au IVe siècle se développe une riche production de bustes funéraires féminins qui évoquent sans doute une divinité des Enfers et dont les plus originales sont aniconiques, c'est-à-dire sans visage, ou plus exactement pourvues d'un visage entièrement lisse, encadré par la seule chevelure, sans aucun détail morphologique : ni oreilles, ni nez, ni yeux, ni bouche, ni menton. Le temple d'Apollon est remanié, et des portiques commencent à se dresser le long de l'agora ; un premier théâtre à gradins de pierre est aménagé à flanc de colline, près du sanctuaire d'Apollon.

La vie intellectuelle est foisonnante, avec notamment le philosophe Aristippe (environ 430-350), un temps disciple de Socrate, puis fondateur de l'hédonisme et d'une École cyrénaïque, et le mathématicien Théodore (né vers 460), mis en scène par Platon dans le Théétète et spécialiste des nombres irrationnels et incommensurables ; ses talents sont peut-être à l'origine des subtiles proportions harmonieuses du Trésor de Cyrène, érigé vers 330 à Delphes, dans le sanctuaire d'Apollon. Platon lui-même fait une halte à Cyrène, au début du IVe siècle, pour y rencontrer Théodore, selon Diogène Laërce (Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres, III, 6) ; selon le même auteur (III, 18-20), c'est un riche Cyrénéen très cultivé, Annicéris, qui rachète et libère avec déférence le philosophe sur le marché aux esclaves d'Égine, où l'avait fait mettre en vente le tyran de Syracuse Denys l'Ancien, vers 390. Une école de médecine réputée rivalise avec celles de Cos et de Cnide. Un important sanctuaire d'Asclépios ne va pas tarder à s'implanter à une dizaine de kilomètres de Cyrène, à Balagrai ; il se développera pendant la période hellénistique, qui sera pour la Cyrénaïque une époque peut-être encore plus florissante, avec l'émergence de nouvelles cités, notamment Ptolémaïs et Apollonia, deux villes portuaires qui acquièrent leur autonomie et s'entourent d'un rempart, et le développement monumental de la vieille métropole, Cyrène, qui atteint alors sa plus grande expansion. Dans la seconde moitié du IIIe siècle avant J.-C. est créée une Pentapole, qui regroupe Cyrène, Apollonia, Ptolémaïs, Arsinoé – nouveau nom de Taucheira – et Euhespérides, rebaptisée Bérénicé. Mais ce serait là un autre sujet…

Jean-Jacques Maffre
Avril 2002
 
Bibliographie
Libye grecque, romaine et byzantine. édition revue et augmentée Libye grecque, romaine et byzantine. édition revue et augmentée
Jean-Marie Blas de Roblès
édition revue et augmentée
Édisud, Aix-en-Provence, 2005
2ème édition revue et augmentée
Cirene Cirene
Nicola Bonacasa, Serena Ensoli et al.
Electa, Milan, 2001

La Cirenaica in età antica La Cirenaica in età antica
Enzo Catani et Silvia Maria Marengo
In Atti del convegno di studi (Macerata, 18-20/05/1995), Macerata, 1998


Le dialecte des inscriptions grecques de Cyrène Le dialecte des inscriptions grecques de Cyrène
Catherine Dobias-Lalou
Paris, Centre d’études archéologiques de la Méditerranée, université de Paris-Sorbonne, 2000

Cyrène et la Libye hellénistique. Libykai Historiai Cyrène et la Libye hellénistique. Libykai Historiai
André Laronde
Études d’antiquités africaines
Éditions du CNRS, Paris, 1997

Cités, Ports et Campagnes de la Cyrénaïque gréco-romaine. Actes de la journée d’étude sur la Cyrénaïque (Paris, 21/11/1992), Paris, Centre d’études archéologiques de la Méditerranée Cités, Ports et Campagnes de la Cyrénaïque gréco-romaine. Actes de la journée d’étude sur la Cyrénaïque (Paris, 21/11/1992), Paris, Centre d’études archéologiques de la Méditerranée
Edité par André Laronde et Jean-Jacques Maffre
Université de Paris-Sorbonne, Paris, 1999

L’Afrique antique : histoire et monuments L’Afrique antique : histoire et monuments
André Laronde, Jean-Claude Golvin
Tallandier, Paris, 2001

Cyrène sous la monarchie des Battiades Cyrène sous la monarchie des Battiades
François Chamoux
de Boccard, Paris, 1953

Mentions légales Conditions Générales de vente Qui sommes-nous ? Nous contacter