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Chasseurs de Sibérie ou marins d'Océanie,
l'énigme des migrations précolombiennes
Carmen Bernand
Membre de l'Institut universitaire de France.
Professeur à l'université de Paris X-Nanterre

Depuis les premières descriptions des Antilles faites par Christophe Colomb, les origines des Indiens du Nouveau Monde hantèrent l'imagination des chroniqueurs et des historiens. La découverte tardive, à l'aube de la Renaissance, des vastes contrées américaines réactiva mythes antiques et médiévaux. L'Amérique serait-elle l'Atlantide de Platon, ou encore, le pays des mines du roi Salomon ? Aurait-on retrouvé les îles occidentales, où des moines irlandais, conduits par saint Brandan, avaient fondé, au VIe siècle, une cité consacrée à Dieu ? Depuis, la recherche scientifique a progressé, sans pour autant résoudre toutes les énigmes que posent les peuples précolombiens. Carmen Bernand fait ici le point des dernières découvertes.

Premiers contacts et premières hypothèses

Toutes les légendes sur l'origine du peuplement précolombien demeurent sans fondement. L'existence du continent submergé de l'Atlantide, comme la réalité du voyage de saint Brandan ne peuvent être prouvées, même si ce dernier a effectivement pu atteindre Terre-Neuve. À la même époque en effet, des religieux irlandais peuplèrent successivement les Orcades, Shetland et les îles Feroë, et accostèrent probablement en Islande.

On sait en revanche que, vers la fin du Xe siècle, les Norvégiens entreprirent des voyages vers l'ouest. Erik le Rouge quitta l'Islande pour le Groenland, dont les côtes septentrionales avaient été aperçues quelques décennies auparavant. Pour ces marins hardis, le détroit de Davis, entre le Groenland et l'île de Baffin, ne pouvait pas constituer une barrière. Les sagas scandinaves citent d'ailleurs trois régions nord-occidentales : Helluland, une terre froide et aride qu'on identifie avec la côte est de l'île de Baffin, Markland, pays de forêts, au sud de Baffin sur la côte du Labrador et enfin Vinland. Dans cette île, ou presqu'île, au climat relativement doux, habitable et plantée de vignes, Leif Eiriksson fonda en 986 une colonie. On hésita longtemps à situer avec exactitude Vinland. Le site appelé « anse aux Meadows », au nord de Terre-Neuve, n'est plus contestable depuis que des fondations de maisons typiques des Norvégiens de cette époque y ont été mises au jour. Cette colonie ne put toutefois prospérer en raison de son éloignement et de l'hostilité des indigènes, appelés les Skraelings – probablement des Eskimos – par les Vikings. L'influence des Scandinaves sur les Indiens fut minime, même si des outils de fer – métal inconnu en Amérique – circulèrent un certain temps parmi les groupes Eskimos.

Il est vraisemblable, même si les preuves scientifiques ne sont pas convaincantes, que les pêcheurs de morue basques, anglais et bretons, s'aventurèrent au-delà des côtes du Groenland et eurent des contacts sporadiques avec des Eskimos. L'influence européenne ne commença vraiment à s'exercer qu'à partir de 1492 et la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb. L'Amiral croyait que les Antilles étaient situées à l'extrémité de l'Asie et que ses habitants, naturellement, étaient des Asiatiques. Après que l'expédition de Magellan eut achevé le premier tour du monde, il fallut trouver une autre explication à l'origine des Indiens, pour les rattacher à l'humanité, c'est-à-dire à la Bible qui en retraçait la genèse. La thèse la plus diffusée fut celle de Pierre Martyr : les populations du Nouveau Monde seraient l'une des tribus perdues d'Israël et l'île de Saint-Domingue ou La Hispaniola ne serait autre que la fabuleuse et légendaire Ophir.

En 1655 parut à Amsterdam un manuscrit anonyme postulant l'origine préadamite des Américains. L'auteur était en fait un Huguenot français, Isaac de La Peyrière, qui, sur la base des contradictions nombreuses que l'on trouve dans la Bible, affirma que l'humanité avait été créée deux fois, la seconde étant celle qui débute avec Adam, ancêtre du peuple juif. Ces deux théories, guère soutenues à l'époque moderne, préfigurent pourtant les discussions scientifiques des XIXe et XXe siècles : d'un côté, les partisans d'une origine extra-continentale des Indiens d'Amérique, de l'autre, ceux qui affirment que les cultures du continent se sont développées hors de tout contact avec le Vieux Monde.

Aujourd'hui l'énigme que constitue le peuplement des Amériques n'a toujours pas été élucidée, malgré des avancées scientifiques importantes. Jusqu'à présent, aucune fouille n'a livré de fragments osseux d'hominiens archaïques ni même de Neandertal : les vestiges humains trouvés sur l'ensemble du continent appartiennent à la branche Homo sapiens sapiens. Morphologiquement, tous les squelettes américains sont donc modernes, et les populations, par conséquent, arrivées à la fin de l'ère quaternaire ou pléistocène. Si la question de l'origine géographique, de la date et des conditions d'accès des peuples du vieux continent en Amérique n'a toujours pas été élucidée, plusieurs hypothèses ont été avancées. Le peuplement par la Béringie, frange de terre qui unissait à la fin du pléistocène supérieur la Sibérie et l'Alaska, apparaît la plus vraisemblable. Cette migration n'a probablement pas été unique ; d'autres hypothèses d'un peuplement par voie maritime sont aujourd'hui envisagées à partir, soit de la Sibérie, soit de l'Océanie.

Béringie et le couloir interglaciaire

L'époque connue sous le nom de pléistocène fut marquée par de longues périodes de glaciation séparées par des intervalles aux températures moins rudes. En Amérique, la glaciation la plus intense fut celle de Wisconsin, qui dura approximativement de 80 000 à 7 000 avant notre ère. À cette époque, la partie septentrionale de l'Eurasie et l'Amérique du Nord étaient recouvertes d'une épaisse calotte glaciaire qui descendait jusqu'à la confluence de l'Ohio et du Mississipi. Au sud de cette barrière infranchissable s'étendait une végétation de toundra, et l'État de Virginie ressemblait alors au Labrador actuel. Toutefois, une grande partie de l'Alaska, réchauffée par un courant chaud maritime, ainsi que la vallée du Yukon, échappaient à l'emprise des glaces.

Une des conséquences de l'extension des glaciers fut la baisse du niveau de la mer. Au cours de la longue période de Wisconsin, le détroit de Behring s'assécha par deux fois. La première, entre 50 000 et 40 000, la seconde, entre 25 000 et 14 000 avant notre ère. Les deux continents se trouvaient donc unis par une frange de terre désignée sous le nom de Béringie. C'est en l'empruntant que des chasseurs paléolithiques, originaires d'Asie, se seraient engouffrés en Amérique, suivant ensuite un corridor situé à l'est des montagnes Rocheuses. L'importance de la faune – des mammouths, des bisons, des ours, des camélidés et des chevaux de petite taille, qui s'éteignirent vers 10 000 av. J.-C. – aurait d'ailleurs attiré d'autres migrations de chasseurs. L'Amérique était déjà, en ces temps reculés, une terre d'abondance. L'arrivée de cette migration fut datée aux environs de 14 000 av. J.-C. On estime qu'alors le couloir interglaciaire entre la Cordillère et les Laurentides se creusa, permettant les déplacements humains vers le sud. En 1929, Ridgely Whiteman découvrit des pointes de flèche admirablement taillées dans un site près de Clovis (New Mexico). Si la pierre n'a pu être datée au carbone 14, l'analyse des matières organiques, dont les objets étaient entourés, t l'existence d'un peuple, dénommé Clovis, venu de Sibérie, et dispersé dans tout le continent. C'est également à partir de ce foyer de civilisation paléolithique qu'une technique de fabrication de silex cannelés se serait diffusée dans d'autres régions, y compris en Méso-Amérique.

Les premières cultures de l'âge de pierre

Pendant des décennies, il fut impossible de trouver des outils plus anciens que ceux de Clovis. Il fallut attendre les dernières décennies du XXe siècle pour voir la chronologie officielle remise en question. En Amérique du Nord, au sud de Richmond, en Virginie, le site de Cactus Hill révéla une présence humaine remontant au moins à 18 000 av. J.-C. Près de Pittsburgh, en Pennsylvanie, sur un affluent de l'Ohio, les artefacts de Meadowcroft Rockshelter indiquaient que des hommes vivaient à cet endroit autour de 20 000 avant notre ère. Ces datations furent soumises à débat, les matières organiques pouvant avoir été contaminées par d'autres substances. L'importance du couloir de Mackenzie dans le peuplement du continent fut aussi mise en doute puisque des vestiges lithiques provenant d'une époque plus ancienne, remontant au moins à 18 000 av. J.-C., avaient été trouvés. Dans la vallée du Yukon, le site de Old Crow livrait des os qui avaient été travaillés par l'homme entre 29 100 et 25 750 av. J.-C.

La richesse des langues amérindiennes et la diversité génétique des peuples plaidaient de surcroît en faveur d'une origine bien plus ancienne que celle qui avait été admise jusque-là. Les premiers résultats des analyses d'ADN montrèrent que les marqueurs génétiques des Indiens actuels étaient comparables à ceux des populations d'Europe et d'Asie centrale, et non de Sibérie arctique. Du point de vue génétique, il semble que le berceau des peuples indiens d'Amérique ait été la région du lac Baïkal. L'Amérique du Sud, qui était censée avoir été peuplée plus tardivement, offrit elle aussi de nombreux exemples d'existence de très anciennes cultures lithiques. Au Pérou, les artefacts de Pikimachay (près d'Ayacucho) se situaient dans une fourchette temporelle allant de 14 700 à 20 000 av. J.-C. Au Brésil, dans le Minas Gerais et dans le Piaui, des abris de peintures rupestres furent datés au moins de 12 000, et certains préhistoriens hasardèrent même des chronologies plus anciennes. C'est au Chili du Sud, près de Puerto Montt, que le modèle dominant, qui faisait de Clovis le site préhistorique le plus vénérable et situait les premières migrations vers 14 000, fut définitivement discrédité. Monte Verde fut découvert en 1976 par des bûcherons qui, dégageant les rives du ruisseau Chinchihuapi pour faire circuler des tombereaux, trouvèrent des os de mastodonte et des morceaux de bois enfouis dans la tourbe humide, ainsi que des outils de pierre taillée. Des analyses leur attribuèrent une ancienneté de 33 000 ans environ avant notre ère. Malgré les réticences de quelques chercheurs américains, pour qui seules les datations de Clovis étaient fiables, il était désormais impossible de soutenir qu'avant 13 000 les glaciers avaient barricadé le passage entre la Sibérie et le centre de l'Amérique du Nord et empêché toute progression humaine. Il s'agissait dès lors de déterminer comment ces groupes avaient réussi à migrer de la Béringie au sud de l'Amérique. On émit l'hypothèse que des migrations avaient eu lieu à une date antérieure à l'extension de la calotte glaciaire, c'est-à-dire avant 20 000.

La voie maritime

L'ancienneté des sites sud-américains jetait en fait le doute sur l'existence d'une voie unique d'entrée dans le continent, par la Béringie. Le détroit de Behring n'a effectivement jamais constitué une barrière infranchissable pour les Eskimos qui possédaient des bateaux de cuir avec lesquels ils pouvaient naviguer sur de longues distances. Rien ne s'oppose donc à ce que les premiers hommes soient arrivés par voie maritime. L'Australie, qui pourtant n'avait jamais été rattachée au continent asiatique, fut peuplée par les ancêtres des aborigènes vers 20 000 av. J.-C. Un scénario similaire est vraisemblable pour l'Amérique.

Des fouilles sur l'île Prince-de-Galles, au sud-est de l'Alaska, révélèrent que contrairement aux idées jusque-là dominantes la vie humaine avait été possible dans cette région. La traversée de la Béringie n'aurait donc été qu'une voie possible, l'autre étant l'arrivée par mer le long des côtes du continent. Les Channel Islands, au large de la côte de Californie, en apportèrent la preuve ; ainsi, sur l'île de Santa Rosa, on trouva des restes humains de 13 000 av. J.-C. Les expertises s'avérèrent toutefois difficiles et hasardeuses.

Aujourd'hui l'arrivée des premiers hommes est repoussée à 20 000 ou à 30 000 av. J.-C., voire au-delà. Plutôt que de parler d'une seule migration, il faut envisager plusieurs vagues migratoires. Malheureusement les preuves matérielles de l'existence de ces expéditions maritimes manquent car les bateaux anciens étaient faits de matériaux périssables. On sait cependant qu'en Océanie et dans la péninsule de Malaisie il existait, depuis des temps reculés, des marins remarquables. Un document chinois du IIIe siècle après J.-C. décrit l'emploi en Asie du Sud-Est de la voile aurique, trapézoïde et enverguée obliquement à l'arrière du mât. Cette voile, d'après les experts, est la meilleure pour affronter l'océan. Selon d'autres spécialistes, les canots pourvus de voile de Micronésie, tributaires des inventions nautiques des marins du golfe de Bengale, sont les plus rapides. Toutes ces embarcations auraient pu traverser le Pacifique. Les premiers contacts maritimes entre l'Asie et l'Amérique ont probablement été réalisés grâce à des radeaux construits avec des troncs. On sait d'autre part que dès la période formative, c'est-à-dire de 1 400 jusqu'en 400 av. J.-C., des contacts eurent lieu entre le Guatemala et l'Équateur.

Afin d'expliquer l'anomalie que constitue, par sa perfection et son ancienneté (3 000 av. J.-C.), la céramique de Valdivia, sur la côte de l'Équateur, on recourut à une explication diffusionniste. Des vaisseaux japonais de l'époque Jomon auraient introduit en Amérique leurs techniques et leurs canons esthétiques. Selon des annales chinoises du début de notre ère, Hsu Fu reçut de l'empereur des subsides considérables afin de mettre le cap vers l'est pour y repérer des contrées riches en drogues médicinales. Une convergence linguistique intéressante pourrait également plaider en faveur de ces voyages transpacifiques : la patate douce a le même nom au Pérou et en Polynésie : kumar/a.

Sans recourir à des explications compliquées qui ne s'appuient pas toujours sur des évidences scientifiques, il semble toutefois que l'Équateur se soit trouvé au carrefour des circuits marchands reliant la Méso-Amérique et le monde andin, occupant ainsi une place particulière dans la formation des peuples andins. Un certain nombre d'objets, possédant des formes similaires, ont été trouvés dans la région de Guerrero (Mexique), au Costa Rica (Necoya) et en Équateur. Un coquillage bivalve, le spondylus, que l'on trouve le long du rivage équatorien, servait de « monnaie » d'échange et jouait un rôle important dans les rituels religieux. En Équateur, des sites archéologiques, Santa Elena et El Inga, près de Quito, remontent à 9 000 av. J.-C.

caballitos de mar faits avec deux bottes de roseaux totora et chevauchés par les pêcheurs de la région péruvienne de Moche-Chimu. Ils n'ont pas encore disparu à l'heure actuelle. Bien évidemment, ces « petits chevaux de mer » ne permettaient pas de s'aventurer très loin. Pour naviguer, les habitants de la côte du Pérou fabriquaient des radeaux de troncs de balsa, bois léger des forêts tropicales, et pourvus d'une voile trapézoïdale.

C'est l'une de ces embarcations que le pilote de l'expédition de Francisco Pizarro, Bartolomé Ruiz, aperçut en 1526. Ce radeau transportait une vingtaine de passagers, mais il y en avait de plus grands sur lesquels « cinquante hommes y tiennent à l'aise ». Ce radeau a été dessiné et décrit par les Espagnols. Des marchandises étaient posées sur une plate-forme : bijoux, étoffes, grelots, pectoraux, vases, couronnes et même une sorte de balance. L'embarcation, croisée par les conquistadors à la hauteur de Manta, se dirigeait vers Tumbes où l'équipage comptait s'approvisionner en spondyles.

Au sud de l'actuelle ville de Lima, sur la côte, le seigneur de Chincha jouissait d'un immense prestige auprès de ses voisins, y compris les Incas. Grâce à des documents du XVIe siècle, nous savons qu'il contrôlait un réseau commercial de très grande ampleur, qui reliait son territoire à l'Équateur (Guayaquil). Ses réseaux pénétraient également à l'intérieur des terres, jusqu'au lac Titicaca. Il disposait d'une véritable flotte de six mille marchands et de dix mille pêcheurs. Les marchands partaient vers le nord à la recherche des fameux spondyles, en emportant pour les échanges des poissons séchés ou salés et des gourdes décorées. Chincha était si important qu'il se trouvait auprès de l'Inca Atahualpa à Cajamarca au moment de la conquête du Pérou.

Les radeaux pratiquaient-ils uniquement le cabotage ou bien s'aventuraient-ils en haute mer ? C'est l'opinion de Thor Heyerdahl, qui réussit à traverser le Pacifique d'est en ouest, avec le Kon Tiki, fabriqué avec les mêmes matériaux que les radeaux péruviens. La traversée réussit et montra qu'elle était possible, faute de prouver qu'elle avait eu réellement lieu par le passé. Cependant Heyerdhal n'était pas parti à l'aveuglette, mais il s'était fondé sur un mythe, rapporté par deux chroniqueurs du XVIe siècle, concernant le légendaire Topa Inca, conquérant de Chimu. Ce dernier aurait organisé une expédition maritime de cinq cents radeaux, qui, au terme de douze mois environ, serait revenue avec des prisonniers de couleur foncée et beaucoup d'or et d'argent. Une légende recueillie cette fois-ci en Polynésie, sur l'île de Mangareva, comporte à ce propos d'étranges coïncidences, puisqu'elle parle d'un chef appelé Tupa, venu de l'est sur des embarcations inconnues.

Contacts atlantiques

Les théories relatives à l'existence de contacts atlantiques entre l'Amérique et l'Europe semblent pour leur part, à l'heure actuelle, difficiles à prouver. Les arguments s'appuient sur la qualité de la taille de pierre de Clovis, que l'on a comparée à celle des silex en forme de feuille de laurier de Solutré – qui représente l'apogée de l'âge de pierre européen. Dennis Stanford, membre de la Smithsonian, et l'archéologue Bruce Bradley soutiennent cette hypothèse osée et affirment que les peuples de Solutré auraient pu effectuer des navigations maritimes sur des bateaux similaires à ceux des Eskimos. Mais les techniques de la taille de la pierre de Solutré disparaissent autour de 19 000 av. J.-C. Comment alors expliquer l'écart de cinq millénaires qui les sépare de Clovis ? D'autres éléments alimentent cette controverse. À Belo Horizonte (Brésil), le crâne Luzia, trouvé il y a un quart de siècle et daté de 13 500 av. J.-C., ne ressemble pas du tout à un crâne amérindien mais présente des caractéristiques morphologiques africaines ou océaniennes. Aux États-Unis, l'homme de Kennewick trouvé dans l'État de Washington en 1996 et vieux de 9 600 ans ne ressemble pas non plus à un crâne d'Amérindien.

L'origine du peuplement de l'Amérique ne peut donc être connue de façon définitive. Si aucune preuve sérieuse ne permet d'établir l'existence de contacts réguliers entre l'Europe et l'Amérique, les voyages maritimes entre l'Asie et l'Amérique apparaissent vraisemblables. Il faudra cependant attendre d'autres avancées scientifiques pour en déterminer l'impact. La question des bactéries, notamment, plaide en revanche pour l'isolement du Nouveau Monde. L'arrivée des Européens en 1492 entraîna la contamination des Indiens dans des proportions pandémiques, parce que ceux-ci manquaient de défenses immunitaires contre la variole, la coqueluche, la rougeole et autres maladies courantes dans le Vieux Monde. Aujourd'hui, l'énigme américaine demeure…

Carmen Bernand
Février 2001
 
Bibliographie
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Michael Coe
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Hunt for the first Americans  Hunt for the first Americans 
Michael Parfit
In National Geographic Magazine, december 2000, p. 41-67.


Man across the Sea. Problems of pre-columbian contacts Man across the Sea. Problems of pre-columbian contacts
Riley, Carroll, Charles Kelley, Campbell Pennington & Robert L. Rands
University of Texas Press, Austin & London, 1971.

Les origines de l’homme américain Les origines de l’homme américain
Paul Rivet
Paris, 1957.

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